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Ce qui a changé par rapport à ma « vie d’avant ». Six mois aux Pays-Bas - Nos besoins d'ailleurs
Cela fait six mois que j’ai quitté la France pour les Pays-Bas, le moment donc de faire un petit bilan de ma vie ici, et de ce qui a changé par rapport à ma vie en France. Ça ne fait que six mois, et pourtant j’ai l’impression que cela fait beaucoup plus longtemps. En effet, en six mois, j’ai enchaîné trois jobs différents, j’ai rencontré des dizaines de personnes et me suis fait de nouveaux amis. J’ai fait des expos, des festivals, j’ai visité plusieurs villes dans le pays, me suis familiarisée avec un nouveau mode de vie et une nouvelle culture, et j’ai même appris les rudiments de la langue néerlandaise (c’était pas gagné). De fait, en six mois, ma vie a beaucoup changée comparée à ma vie en France de l’année dernière, et a fortiori de « l’avant voyage ». Alors si l’expatriation te tente, en particulier aux Pays-Bas, continue donc de lire ! Un tournant dans ma vie professionnelle La plupart des gens s’expatrient pour des raisons professionnelles. Ça n’a pas été mon cas, je me voyais juste mal rester en France après mon voyage, j’ai eu un coup de cœur pour Rotterdam, j’avais plusieurs amis dans le pays, j’ai donc décidé de m’y installer, un peu sur un coup de tête. Il faut savoir qu’aux Pays-Bas, la concurrence est rude pour trouver un emploi, et cela peut vite devenir un parcours du combattant, surtout quand comme moi, on ne parle pas couramment la langue du pays et qu’on est diplômé dans des domaines très spécifiques ou peu diplômé. Je suis donc arrivée dans le pays avec un job de serveuse décroché à la hâte en attendant de trouver mieux. Malheureusement, avec un tel contrat précaire, il a vite été difficile de joindre les deux bouts et pour la première fois de ma vie, j’ai dû ravaler ma fierté et demander de l’argent à mes parents. J’ai ensuite travaillé dans un call-center pendant un mois avant de me résoudre à postuler pour des offres d’emploi à Amsterdam et de décrocher mon job actuel qui m’a enfin apporté un peu de répit et une stabilité financière qui m’avait grandement fait défaut les trois premiers mois. Aujourd’hui, je travaille pour le service client d’une start-up néerlandaise, en français, et ça me change beaucoup de ce que j’ai pu connaître en France. Déjà, c’est la première fois de ma vie que j’ai un job de bureau, et il a parfois été difficile physiquement de m’adapter et de rester assise toute la journée devant mon ordinateur et mon corps a parfois tendance à me le faire payer. De même, qui dit travail de bureaux dit horaires de bureaux, soit 9h-17h30. Il faut également savoir qu’ici, la durée légale de travail est plus importante qu’en France, entre 38 et 40h (40h pour moi, avec des pauses déjeuner très courtes (30 minutes). Pour ma part, je fais mes 40h, mais je connais beaucoup de gens qui sont payés 40h mais en font en réalité moins. En outre, les salaires sont plus élevés qu’en France et le salaire minimum est, dans mon expérience, moins généralisé qu’en France. Enfin, le plus gros changement pour moi est la durée de trajet entre mon domicile et mon travail. A Paris, j’en avais pour 30-40 minutes en porte à porte. Quand je suis arrivée aux Pays-Bas, j’étais à moins de 10 minutes de vélo du restaurant où je travaillais, et ça, c’était vraiment le pied. Pouvoir finir à 17h maximum et avoir ensuite du temps devant moi pour faire 1001 choses. Si j’avais su, j’en aurais plus profité. Aujourd’hui, en travaillant à Amsterdam, c’est entre 1h15 et 1h45 en porte à porte, sachant que pour être sûre de ne pas arriver en retard à cause de problèmes de trains fréquents, j’arrive 30 minutes en avance au boulot. De ce fait, mes journées sont très longues, levé à 6h, départ à 7h, et je ne suis pas de retour à la maison avant 19h. Beaucoup de changements donc sur le plan professionnel, mais que je ne regrette pas, car ma vie ici est loin de se résumer à mon travail. De nouvelles habitudes de consommation En arrivant aux Pays-Bas, mes petites habitudes françaises ont été mises à rude épreuve, et j’ai dû m’adapter. J’ai déjà un petit peu parlé de l’attachement des Néerlandais à leur pain + fromage au déjeuner, mais ce n’est qu’une partie des bouleversements dans mes habitudes de consommation. En France, j’ai travaillé près de deux ans en magasin bio, je me suis donc nourrie presque exclusivement de produits bios pendant cette période, je mangeais strictement de saison, je récupérais les fruits et légumes moches ou abîmés gratuitement et disons-le, avec la réduction à laquelle j’avais droit, je pouvais me faire plaisir. En outre, j’achetais beaucoup de choses en vrac (riz, pâtes, noix, graines, fruits secs, etc.) ou avec très peu d’emballage, et surtout jamais en plastique (les rares fois où j’utilisais des sacs pour mes fruits et légumes, c’était en papier ou en tissus). Bref, j’étais une consommatrice plutôt éthique et très attentive à ce que j’achetais. En arrivant aux Pays-Bas, deux problèmes : les Néerlandais n’ont aucune notion de la saisonnalité et faire ses courses en supermarché sans utiliser de plastique est mission impossible. Je m’explique. Aux Pays-Bas, une grande partie de l’agriculture se fait sous serre. De ce fait, ici, on mange des fraises et des tomates toute l’année, et ça ne choque personne. Personnellement, je ne sais pas ce qui me choque le plus : le fait de manger des tomates en hiver, où le « goût » desdites tomates qui n’ont jamais vu un rayon de soleil de leur vie. Bref. De plus, qui dit serre, dit consommation énergétique importante, et pour quelqu’un qui a consommé presque exclusivement bio pendant 2 ans, ça me dérange. Ici, la filière bio est très peu développée (moins de 2% de la production agricole globale), et donc les produits biologiques sont très chers. De ce fait, faute de pouvoir tout acheter en magasin bio et éthique, je me suis tournée, comme tout le monde, vers les supermarchés. La première fois, que j’ai dû faire mes courses, j’ai failli ressortir les mains vides, tant j’étais dégoûtée par tout ce suremballage et ce plastique, y compris les fruits et légumes, qui sont déjà presque tous conditionnés. Par exemple, aux Pays-Bas, il est impossible de trouver des pommes de terre en vrac. Pareil pour les brocolis. Et le pire, c’est que les fruits et légumes biologiques sont aussi sous plastique, pour éviter les contaminations croisées avec les produits en agriculture conventionnelle, on marche sur la tête ! Du coup, l’entre-deux que j’ai trouvé, c’est de faire les marchés. Le samedi, quand mon emploi du temps me le permet, je fais le Groot Markt à Rotterdam, pour faire le plein de fruits et légumes à petits prix, et en vrac. Niveau prix et choix, ce marché est imbattable ! Et je peux ramener mes petits sacs en tissus et boycotter les tomates au mois de février. L’agriculture aux Pays-Bas Les Pays-Bas sont un monstre agricole, deuxième pays exportateur derrière les Etats-Unis. L’agriculture est très performante en termes de rendements et les Pays-Bas sont à la pointe de l’innovation en termes agronomiques. Par exemple, produire 1kg de tomates ne nécessite que 9,5L d’eau contre 214L en moyenne au niveau mondial. L’élevage reste la principale activité agricole et occupe près de la moitié des exploitations. Les autres changements Une des premières et majeure différence avec ma vie parisienne, vous vous en doutez, c’est le vélo ! Bye bye le métro bondé et puant ! A moi l’air frais et les jambes de gazelle ! En allant travailler à Amsterdam, j’ai dû reprendre un peu le métro, mais rien à voir avec Paris, et mon moyen de transport principal reste le vélo, et c’est un vrai bonheur ! En m’installant aux Pays-Bas, j’ai aussi eu l’impression de faire mes vrais premiers pas dans la « vie d’adulte ». Certes, j’ai quitté le domicile familial à 18 ans, je fais mes impôts comme une grandes depuis plusieurs années déjà, mais pour la première fois de ma vie, j’ai dû chercher un vrai appart avec un vrai loyer (comprendre cher) et non pas une résidence étudiante, un « vrai » boulot, contracter une assurance (merci Maman pour m’avoir pris avec toi sur la mutuelle pendant 5 ans) qui me coûte les yeux de la tête (bienvenu aux Pays-Bas !), faire les démarches administratives nécessaires à mon installation ici, déménager seule, etc. J’ai parfois été un peu désespérée devant tous ces frais auxquels j’avais réussi à échapper jusque-là, mais au final, je suis aussi fière d’être en mesure de pouvoir me supporter financièrement. Niveau vie social, ça a aussi beaucoup bougé. En effet, aujourd’hui j’ai une réelle séparation entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. En France, la plupart de mes amis étaient aussi des collègues de travail. Ce qui faisait aussi que comme on se voyait tous les jours, on n’avait pas nécessairement besoin de trop se voir en dehors. Ici, j’ai des collègues géniaux, mais qui restent des collègues. Cela vient aussi très certainement du fait qu’eux vivent à Amsterdam et moi à Rotterdam. Je me rends également compte que j’ai finalement beaucoup plus d’amis aux Pays-Bas qu’en France, aussi surprenant que cela puisse paraître. En effet, en arrivant aux Pays-Bas, j’avais quelques amis rencontrés en voyage, mais il était très important pour moi de ne pas me raccrocher à ces quelques personnes et éventuellement à leur propre cercle d’amis, mais de me faire ma bande de potes à moi. Résultat, j’ai dû me bouger pour rencontrer de nouvelles personnes, notamment sur des groupes d’expats. Le fruit du hasard fait que la plupart de mes amis à Rotterdam sont francophones, mais pas seulement, mais j’ai aussi l’impression d’avoir une vie sociale beaucoup plus riche. Je sors plus souvent pour boire un verre, visiter une expo, faire les friperies, découvrir un nouveau café ou m’investir dans des projets tels que Rotterdammer Girls. De manière générale, j’ai l’impression d’être beaucoup plus curieuse de mon environnement, et je suis toujours partante pour une nouvelle activité ou découvrir un nouvel endroit. Ce que cette expérience m’a apporté jusqu’à présent De manière générale, en m’installant aux Pays-Bas, j’ai gagné en qualité de vie : moins de stress, un meilleur salaire, une vie plus stimulante et satisfaisante. Ce n’est pas le monde des Bisounours pour autant, mais la balance est clairement positive. A Rotterdam en particulier, je me sens bien. Je connais bien la ville, j’ai mes petites habitudes, mes bonnes adresses et mes amis. Je me sens chez moi. Au final, cette expérience d’expatriation, qui ne fait que commencer, est un peu la suite logique de mon voyage. Elle continu à m’apprendre l’indépendance, la résilience malgré les coups durs, la persévérance, le travail acharné, ne pas se décourager. Cela m’a également donné une vision plus claire de ce que je souhaite faire de ma vie. Aujourd’hui, je suis sûre de deux choses : je ne souhaite pas rester salariée toute ma vie et je souhaite pouvoir voyager le plus possible. J’ai donc décider de me former à des compétences diverses qui puissent me permettre d’allier les deux. J’aimerais par exemple faire un Yoga Teacher Training d’ici deux ans. Mais aussi faire une certification pour pouvoir donner des cours de langue (français, anglais, ou espagnol, que je parle couramment). J’aimerais aussi étudier l’Ayurvéda, qui m’intéresse beaucoup. Pourquoi pas aussi continuer la plongée ? Je commence également à regarder les jobs à distance, pour pouvoir travailler de n’importe où dans le monde, si tant est que j’ai une bonne connexion internet. Vous l’aurez compris, j’ai énormément de projets, et c’est un peu grâce à mon expatriation que je le dois. En effet, cela m’a montré que les choses que je désirais étaient à portée de main. Il me suffit juste de m’en donner les moyens. NB : cet article reflète uniquement ma propre expérience, de jeune femme blanche, diplômée (mais pas trop), célibataire et sans enfants. Bien entendu, d’autres expats ont...