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Les jeunes femmes dansent pieds nus sur le zinc | Jean-Michel Léglise
Au-dessus de ma tête l’opa­cité du ciel recouvre les arêtes des immeubles, la pénombre de la nuit accom­pagne mes pas. écho sur le trot­toir Au carre­four me déci­der entre une ruelle sinistre et calme et une rue aux murmures bruyants, par-devant des ombres agiles, proje­tées au sol, s’ar­ti­culent devant la devan­ture graf­fée d’un bistro. La porte s’ouvre lais­sant échap­per une lumière criarde plus nombreuses encore sont les ombres endia­blées qui ondulent sur l’as­phalte : les plai­sirs de la nuit attisent mon esprit curieux. mon corps s’avance vers elles Le seuil fran­chi l’en­droit vieillot s’es­tompe avec l’am­biance de la nuit tardive, des jeunes femmes dansent pieds nus sur le zinc leur corps attrayant et dési­rable accom­pagne au rythme d’une mélo­die jazzy, le musi­cien au piano et les applau­dis­se­ments de la foule au bar. La cohue de la salle laisse échap­per des rires et des mots parmi les regards quelques-uns se cherchent se croisent, se perdent parmi les sourires quelques-uns s’échangent se trouvent, s’ou­blient l’at­mo­sphère volup­tueuse la désin­vol­ture de corps ruis­se­lants favo­risent les baisers, les esprits désal­té­rés par l’al­cool appré­cient la souplesse de la nuit et oublient la rigi­dité du jour. — Regarde-les qui dansent… plus de notre âge tout ça ! me confie le barman qui me sert la bière. fixer les jeunes femmes resplen­dis­santes de fraî­cheur Et lui répondre : — Voudrais bien être parmi elles si je pouvais jouir ne serait-ce qu’une seule nuit de leur insou­ciance ! Mais une nuit entière jusqu’à l’aube ! Poème de Jean-Michel Léglise – Avril 2019