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Diana Vreeland, une femme du monde
« Je déteste la nostalgie ». Ce sont ses mots et pourtant elle n’a pas hésité à écrire sa biographie où, des Années folles aux eighties à New-York, elle a été la femme la plus excentrique, à tu et à toi avec toutes les personnalités en vue de la société américaine. L’humour est omniprésent « Je ne crois en rien datant d’avant la découverte de la pénicilline ». Un soir, en voyant que Jack Nicholson ne peut s’asseoir sur une chaise en face d’elle, elle lui propose de le soulager en lui mettant des patchs chauffants dans les toilettes d’un restaurant. Il enlève son pantalon, ce qui la fait s’écrier « Très bonne mine. Je dois avouer que ton métabolisme est excellent ! Bien rose et rebondi ». Sa famille remontait à 834, sous le règne de Kenneth II d’Écosse, et son nom de jeune fille Daziel signifiait en gaélique « J’ose… C’est tout moi ! » avait-elle conclu. Elle croise à la maison Diaghilev, une présence imposante avec une mèche blanche et une mèche noire et Nijinski, qui ressemblait à « un griffon domestique mais le plus grand danseur du monde ». Les femmes de la société Les femmes du Bois de Boulogne sont les élégantes du moment. Comme elles prennent l’air de bon matin, elles avaient toujours bonne mine ! Changement dû à Poiret, de ligotées et corsetées, les courbes furent remplacées par les lignes droites, mais les jupes étaient si moulantes qu’elles marchaient à petits pas avec un gigantesque chapeau garni d’oiseaux de paradis, de cocardes ou d’aigrettes. Travaillant au Harper’s Bazaar, un chasseur de chez Maxim’s lui remet un carnet où figure la liste de toutes les femmes célibataires de Paris avec force détails, « Un grain de beauté sur la hanche gauche » ou « Pas tout à fait de premier ordre ». À une époque où on disait chez Dior « Ces messieurs anglais venaient à Paris pour les garçons et les filles jouaient le rôle de couverture ». Les stars en une L’actualité des stars, c’était l‘affaire du visionnaire Condé Nast qui voulait élever le standing des Américaines et mettre le monde à portée de mains. Il créa Vogue pour la mode, House & Gardens pour leurs maisons, Vanity Fair pour les arts et le Café Society pour les soirées sur invitation comme celle qui accueillit Joséphine Baker, une Noire à la maison ! Elle la retrouva au cinéma un soir assise à côté d’elle, avec son guépard qui l’entraîna dès la projection terminée dans une Rolls blanche, « C’était le comble de la vitesse et du style. Le style était une grande affaire en ce temps-là ». De Mona Bismarck à Audrey Hepburn, de Gloria Guinness au Duc de Windsor, Diana les a tous rencontrés, férue de mode, elle a regardé les défilés des plus grands, de Molyneux à Balenciaga, en passant par Chanel, a vécu à Paris, Londres ou New-York et privilégié la beauté et l’originalité en tout, « Les Esquimaux distinguent 17 nuances de blanc. C’est plus que même moi je serai capable d’en imaginer ! » Elle aimait Paris et la langue française et cite cette phrase de Napoléon qu’elle avait faite sienne « Allez à Paris et devenez une femme ». Vicky Sommet D.V. de Diana Vreeland aux éditions Séguier (juin 2019) - Paru aux États-Unis en 1984.