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J’ai voté. Et vous? | LEBON Trait d'union
Par Isabelle Millaire Le 21 octobre, c’était jour de vote au Canada. Tous les citoyens canadiens de 18 ans et plus devaient aller voter pour déterminer qui serait le gouvernement qui allait nous représenter au fédéral et donc sur la scène internationale. Je dis « devaient ». Ce n’est pas anodin. Voter est un devoir. Oui, oui. Et je suis sûre que vous le savez « en théorie ». Personnellement, je vote depuis que je peux le faire. Et j’en suis fière. Fière parce que je sais que tous, et surtout toutes, n’ont pas cette chance. Fière aussi parce que nos élections sont réellement démocratiques. Ici, je peux voter pour qui je veux sans avoir peur de représailles sous quelques formes que ce soit. Bien sûr, à la blague, on dit souvent qu’il ne faut pas parler politique dans les réunions familiales. Il n’est toutefois pas question ici de brimer la liberté d’expression, mais plutôt de conserver le côté festif de ces réunions, car les esprits peuvent vite s’échauffer quand il est question de convictions politiques… surtout si présence d’alcool il y a! Il était aussi très important pour moi de dire à mes enfants que j’allais voter. Mon plus vieux pourra voter dans 10 ans. C’est loin pensez-vous peut-être. Mais pas tant que ça. Le temps file tellement vite! Et puis, il est en âge de comprendre bien des choses. Je lui ai donc dit qu’aller voter, c’était exercer son pouvoir citoyen. Le pouvoir de décider qui est le plus apte à prendre des décisions éclairées pour nous en tant que société. J’ai insisté sur le côté « privilège » de la chose. Pour bien faire comprendre la chance que nous avons d’avoir un tel pouvoir (comme les super héros!), je lui ai dit que dans certains pays, les gens n’étaient pas libres d’aller voir et de lire ce qu’ils voulaient sur Internet. Ici, grands yeux incrédules de mon Lou. Il faut dire que mon grand garçon a bien hâte d’être adulte, notamment pour regarder ce qu’il veut, et quand il le veut, sur son cellulaire. Alors imaginez sa surprise quand je lui ai mentionné que des millions d’adultes sur la planète n’avaient pas ce libre choix! Et à son « Pourquoi?! » bien senti, j’ai répondu que sous les dictatures, les gens ne votent pas: ils subissent. Ils sont mêmes emprisonnés s’ils osent remettre en question une décision du dirigeant en place. Je ne suis bien sûr pas rentrée dans les détails macabres d’exécution sommaire, de torture, etc. Mon but n’était pas de terroriser mon Lou et de lui faire faire des cauchemars! Non, je voulais seulement lui faire prendre conscience de la chance qu’il a d’habiter au Québec. Dans un pays libre, c’est-à-dire un pays où il est libre de devenir ce qu’il veut. Et de changer d’avis!