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PSSFF #3 - Suite… et fin - Les Ecrans Terribles
Quatrième et dernière journée du Paris Surf and Skateboard Film Festival. Il n’a pas fait chaud aujourd’hui à Paris, et on remercie les programmateurs de nous avoir permis de voyager aux quatre coins de l’Océan pour cet épisode final. Côté films en compétition, nous avons pris des embruns plein les yeux, et côté courts métrages, la seconde vague s’est révélée aussi plurielle et intéressante que la première. La journée a démarré par la projection de White Rhino, documentaire poignant de Brent Storm relatant trois journées épiques de l’histoire du surf dans le Pacifique Sud. « Pour certaines personnes, avoir à s’inquiéter de sa survie pendant une session enlève tout l’aspect fun du surf. Pour d’autres, c’est la seule chose qui rend le surf amusant » résume plutôt bien le big-wave rider hawaïen Mark Healey. On vous laisse aisément deviner dans quelle catégorie se place ce dernier. Le film s’attèle au décorticage de ces trois jours historiques durant lesquelles des vagues monstrueuses, glaçant littéralement le sang, ont frappé les Fidji et Teahupoo en 2011 et du swell impressionnant qui a à nouveau touché les Fidji un an plus tard, en 2012. Les surfeurs, photographes et agents de sécurité y ayant pris part racontent sans filtre la réalité, et les histoires cachées, derrière ces vagues immenses et les clichés pris lors de ces sessions fortes en adrénaline. Un documentaire impressionnant qui n’est pas sans rappeler le sublime The Big Wave Project – A Band of Brothers (2017) de Tim Bonython. Au programme pour la suite de la journée : la seconde partie de la compétition de courts métrages. La session a démarré par le touchant portrait de Suganthi, une mère indienne célibataire qui se bat pour l’émancipation de sa fille Kamali par le biais du skateboard dans Kamali de Sasha Rainbow. Cette dernière est la seule fille de son village de pêcheurs à pratiquer le skate, et le court métrage dépeint avec brio la quête de liberté de ces deux femmes dans un monde masculin. Les festivités ont continué avec le court métrage expérimental Flux de Lewis Arnorld, questionnant l’état actuel du surf et les différentes influences traversant la discipline, mais aussi How to Learn How to Surf de Tom Sachs, qui accompagne un groupe d’apprentis surfeurs à Bali sur le long et difficile processus d’apprentissage du surf. La sélection s’est clôturée par le punk et réussi Bowl de Campagne d’Olivier Lambert, qui revient sur l’histoire du village de Chaulgnes dans le département de la Nièvre. Une bourgade de moins de 1 500 habitants qui a changé de visage grâce au skateboard à la fin des années 1990. Comme quoi, la pratique du skate est avant tout une façon de se réunir, de partager, de s’amuser et ce, toutes générations confondues. Spoons : A Santa Barbara Story de Wyatt Daily a par la suite clôturé la programmation des films en compétition. Entremêlant des images d’archives inédites sur l’âge d’or du surf et des images de certains des plus talentueux réalisateurs de surf, ce documentaire s’intéresse à l’un des fiefs les plus importants de l’histoire du surf (Santa Barbara donc), mais revient également sur l’histoire de l’artisanat et les traditions transmises à travers le surf. Une bien jolie découverte pour la fin du festival – qui a baissé le rideau dans la soirée, après la remise des prix du jury et la projection du docu-fiction authentique Skate Kitchen de Crystal Moselle (dont vous pouvez retrouver ma critique ici). Un grand merci au PSSFF pour toutes ces trouvailles des plus attrayantes, et pour cette ambiance conviviale à souhait qui donne fortement envie d’y faire un tour pour l’édition 2020. PALMARES DU PARIS SURF AND SKATEBOARD FILM FESTIVAL 2019 Prix du Meilleur documentaire surf : Spoons : A Santa Barbara Story de Wyatt Daily Prix du Meilleur court métrage surf : How to Learn How to Surf de Tom Sachs Prix du Meilleur documentaire skateboard : King Skate de Simon Safranek Prix du meilleur court métrage skateboard : Bowl de Campagne d’Olivier Lambert Crédits Photo : White Rhino © D. R.