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Off-Courts, 20ème / #1 - Les Ecrans Terribles
En l’honneur de la 20ème édition du Festival Off-Courts de Trouville-sur-mer, il n’était pas question que l’équipe des Écrans Terribles loupe le coche. Elle a tenu à envoyer l’un de ses espions en mission d’infiltration secrète. Pour brouiller les pistes, son choix s’est arrêté sur une nouvelle tête, répondant au doux nom de « Hugo ». Humble successeur du flambeau journalistique porté il y a un an par Alexandre Lança, je me présente à vous en toute humilité et vous promets de retranscrire avec la plus grande fidélité le fruit de mes investigations trouvillaises : mes impressions, mes opinions, mes humeurs… comme si vous y étiez. « True » quoi ? Non loin (à vrai dire, vraiment tout près) du très célèbre Festival du Cinéma Américain de Deauville, nous sommes tentés de chercher l’anglicisme à l’évocation du nom de « Off-Courts » et de « Trouville ». Malheureux que nous sommes ! Off-Courts défend ses propres intérêts, indépendamment de Deauville : une programmation francophone de court-métrages. Les films projetés sont divisés en trois grandes niches : compétition France, Québec, et pour finir Europe et francophonie. Les prix qui seront décernés à l’issue de la semaine sont divers (« Prix du public de la ville », « Prix région Normandie » et autres « Prix de la critique »), quantifiables en honneur et/ou en nouveaux francs (l’un ou l’autre, c’est tout bénéf’). Ils seront vivement débattus par cinq types de jurys. Mais tous les films projetés ne se disputent pas forcément de récompense. En effet, les propositions hors compétition sont aussi nombreuses que celles en compét’. Programmes thématiques, cartes blanches, programmes scolaires… Il y en a pour tous les goûts. Et ce n’est pas tout ! Nombreux sont les événements proposés : concerts, Kinoworld, Web TV, expositions, ateliers d’initiation aux techniques du cinéma, et pour la première fois, un concours de châteaux de sable ! (et pourquoi pas?) Vous l’aurez compris, Off-courts, c’est tout un… programme ! Entre les professionnels venus parler business, les amateurs déterminés à passer à la vitesse supérieure et les curieux qui ont vu de la lumière en passant, tout ce public se mélange joyeusement entre Cinémobile, village off et guinguette, et ce depuis vingt ans. Prise de température Arrivé durant la nuit, en toute discrétion, par voies marines, je profite de ma première journée de festival pour visiter et me familiariser avec les lieux, éplucher le programme, me mettre progressivement dans la peau d’un influenceur instagram (on recrute jeune chez les Écrans Terribles dans l’espoir de dénicher les étoiles montantes des réseaux sociaux… à vrai dire c’est plutôt raté, je dois vous avouer que j’ai publié ma première story instagram hier ; bravo la jeunesse!). Bref, tout ça pour vous dire que je suis plutôt dépaysé par les accents québécois entendus autour de moi, et qu’il fait bien plus froid que ce que je prévoyais… Mais ce n’est pas grave, mon cœur est réchauffé par ce festival programmé pile au moment opportun pour nous sauver tous de la dépression du mois de septembre. Ça devrait être remboursé par la sécurité sociale… Oh mais pas la peine, tiens donc, tout ça est gratuit ! Trouville, berceau de potentielles trouvailles (J’assume ce jeu de mot que je n’ai probablement pas inventé. Vous allez comprendre.) Pendant cette journée dominicale, je me suis penché sur le cas du Kinoworld, en assistant d’abord à l’une des réunions programmées. Celle-ci m’a permis de mieux comprendre la nuance entre Kino et 48h. Les deux concepts ont en commun de réunir en un même lieu des passionnés prêts à réaliser en 2 jours chrono (parfois plus, parfois moins) leur propre film, avec panache et souvent les moyens du bord. Mais contrairement aux compétitions 48h, les participants des Kino sont vivement encouragés à s’aider mutuellement : le mot d’ordre est ici la solidarité, d’ailleurs il n’y a aucune forme de compétition entre les équipes car il n’y a tout simplement pas de gagnant désigné. Les réalisateurs, débutants ou confirmés, arrivent (souvent d’un autre pays) et bénéficient du savoir-faire de maquilleuses, d’étalonneurs, même d’un steadycameur, ainsi que du matériel mis à disposition (caméra professionnelles, stations de montage, fonds vert, costumes…). La réunion de Kino du matin est l’occasion idéale pour moi de ressentir l’état d’ébullition créative propre à ce genre d’événement. A quelle autre occasion pourrait-on entendre des phrases telles que « bonjour à tous, je suis comédien, je peux aboyer et j’ai un détecteur de métaux si besoin » ou encore « je cherche éventuellement si possible une femme qui accepterait de se faire égorger ce soir pour un plan, après la projection, merci bonsoir » ? C’est là la magie du cinéma… En tout cas, le passionné de tournages que je suis n’a qu’une envie : dès que possible, foncer participer à un Kino. Le soir, la projections des Kino déjà réalisés confirme cette liberté que permet ce concept : entre rire, émotion, et guest stars (Catherine Deneuve, si si!), je sors rafraîchi par cette explosion de créativité. Dans la journée, j’ai également pu assister à la WebTV « Talents en court ». Le dispositif en question est encadré par Off-Courts (mais pas seulement) : il s’agit de dénicher de jeunes talents prometteurs en-dehors des circuits classiques d’apprentissage du milieu du cinéma (région parisienne, écoles de cinéma…) et de les aider, pendant un an, à l’aboutissement de l’écriture d’un premier scénario prêt à être produit. Cette initiative, que je salue, est réjouissante. L’influence du néo-réalisme italien ressort à un moment dans la conversation. Of course ! Tout cela me fait ressortir de cette journée avec une idée en tête : la nouvelle vague trouvillaise est proche. Tremblez ! Voilà pour aujourd’hui. On se retrouve dès demain pour parler des sujets qui fâchent : les films en compétition. Bisou.