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Harcèlement scolaire #4 : La reconstruction | Voyel s'en mêle
Si vous n’avez pas lu le début de ce dossier sur le harcèlement scolaire, rendez-vous ici tout de suite ! Le reconstruction après des années et des années de harcèlement scolaire n’est vraiment pas facile, ça m’a pris énormément de temps et d’investissement personnel pour comprendre que le problème ne provenait pas de moi. D’ailleurs, le chemin n’est pas encore terminé, puisque je souffre toujours de ça et certaines des conséquences précédemment énoncées sont toujours d’actualité. L’entourage La première chose qui m’a aidée à m’en sortir, ça a été d’avoir un entourage qui ne me jugeait pas, qui pour certains n’étaient même pas au courant, en fait, de tout ça. Ça a commencé par quatre rencontres quand j’étais en classe de Première : trois d’une autre classe et une dans ma classe. Aujourd’hui, deux de ces personnes ne font plus du tout partie de ma vie et les deux autres beaucoup moins qu’à cette époque (études dans différentes villes, projets de vie différents, etc.) mais sont toujours mes amis. Et même si on ne se voit plus, je leur dédie ces articles car ils m’ont énormément aidée. Sans le savoir, ils m’ont sortie d’un cercle vicieux dans lequel j’étais embourbée depuis tellement d’années que je ne m’en rendais plus compte. Grâce à eux, je suis sorte de mon anorexie, de ma boulimie. Alors oui, pendant mes années de Première et Terminale je continuais à me faire harceler, mais j’avais ces quatre personnes à qui me rattacher, qui m’aidaient chaque jour sans le savoir. C’est depuis ce jour que j’ai compris qu’il fallait que je m’entoure, et bien. Je n’ai pas besoin d’avoir des dizaines d’amis, tant que j’ai des relations saines avec eux. Aujourd’hui, je peux compter mes amis sur les doigts d’une main, peut-être deux, mais pas plus, vraiment. Et je m’en porte extrêmement bien car toutes ces relations sont saines et me font avancer chaque jour. Des projets Avoir des projets, qu’ils soient personnels ou professionnels, m’a beaucoup aimée dans l’augmentation de mon estime de moi. Bien sûr, ce n’est toujours pas ça, mais je gagne en confiance en moi d’année en année. En mai 2016, j’ai créé mon site sur les séries avec mon amie Léa (Just About Lizzie), en 2018, j’ai créé ce blog, en janvier 2019 j’ai accouché d’un petit garçon, aujourd’hui je vais me déclarer comme auto-entrepreneure pour pouvoir passer plus de temps avec ma famille… Tout ça, c’est ce qui me donne des ailes et le courage d’avancer chaque jour. Bien sûr, je n’arriverai jamais à mettre derrière moi le harcèlement et surtout ses conséquences, et ces années de calvaire ne m’auront clairement pas rendue « plus forte » comme certaines personnes (souvent les harceleurs) aiment à le revendiquer. Mais j’avance grâce à ces projets et aux personnes qui en font partie. La sensibilisation J’ai, depuis maintenant 5 ou 6 ans, l’envie de faire des interventions dans des établissements scolaires pour parler de harcèlement scolaire, ou juste de harcèlement dans sa globalité (parce que, comme si ça ne suffisait pas, j’ai aussi subi le harcèlement au travail durant mon alternance). Seulement voilà, les conséquences de mon harcèlement font que j’en suis tout bonnement incapable. Parce que, comme je le disais juste avant, ce harcèlement ne m’a pas endurcie, il ne m’a pas rendue plus forte. Alors, à la place, j’écris, je lis, j’en parle à mes amis, je compte sensibiliser mon fils… Bref, je m’instruis et j’instruis les autres comme je le peux. Un jour, je le sais et j’en ressens le besoin, j’arriverai à parler de ce que j’ai subi devant des collégiens et lycéens. Dans le prochain article, je conclurai ce dossier en vous faisant un petit bilan de mes dix ans de harcèlement et de mes dix ans après ce harcèlement.