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Harcèlement scolaire #3 : Les conséquences | Voyel s'en mêle
Si vous n’avez pas lu le début de ce dossier sur le harcèlement scolaire, rendez-vous ici tout de suite ! Vous parler de la destruction que cause le harcèlement a été un défi la semaine dernière. Cette semaine sera encore plus difficile car elle abordera les conséquences, qu’elles soient sur du court, moyen ou long terme – la plupart du temps sur le long terme. Je vais donc parler de l’impact qu’a eu le harcèlement sur ma scolarité, sur ma santé et sur ma sociabilisation. Une scolarité sacagée Pendant toute ma scolarité, j’ai tellement été concentrée sur comment éviter mes harceleurs que j’ai eu une perte énorme d’attention, mes notes ont commencé à chuter à partir de la Quatrième, j’ai commencé à être absente plus souvent en cours, mais surtout j’ai commencé à répondre aux professeurs et à avoir un comportement irrespectueux envers certains d’entre eux. À cause du harcèlement, j’ai été dans deux collèges et trois lycées différents, mais tous étant dans le même département, voire la même ville, j’ai retrouvé mes harceleurs partout où j’allais. D’ailleurs, entre la Seconde et la Première, j’ai été obligée de partir en lycée professionnel, ce qui n’était pas mon objectif initial, car mes notes et appréciations étaient catastrophiques. J’ai repris un peu confiance en moi en BEP (que j’ai passé en un an) et ai pu réintégrer une Seconde technologique d’insertion l’année d’après. C’est dans ce lycée que j’ai repris progressivement confiance en moi, mes années de Première et Terminale se sont très bien passées. Bon, j’ai tout de même vécu le harcèlement, mais rien de vraiment comparable aux années précédentes, d’autant plus que j’avais un excellent ami dans ma classe avec qui je passais le plus clair de mon temps. Aujourd’hui, ce lycée est d’ailleurs réputé pour mettre en place de nombreuses actions contre le harcèlement scolaire. Une santé dégradée J’étais constamment sur les nerfs, à fleur de peau, fatiguée et triste, ce qui a déclenché des problèmes de santé. J’ai d’abord commencé par me faire vomir lors de crises de boulimie, puis j’ai arrêté de m’alimenter normalement, je ne me nourrissais que d’une pomme et d’un morceau de pain afin d’éviter au maximum la cantine du collège et du lycée. J’ai également eu de nombreuses crises d’angoisse, principalement en classe de Seconde, qui fut clairement ma pire année en terme de harcèlement et de décrochage scolaire. Je suis alors entrée dans un cercle vicieux entre stress, angoisse et insomnie : le premier entrainait le second, qui lui-même entrainait le troisième, qui entrainait le premier, et ainsi de suite. Une sociabilisation réduite Vous l’aurez bien compris, je n’avais pas d’ami. J’ai eu une amie en Seconde, dans une autre classe, mais on ne passait que nos mercredis après-midi ensemble, à boire de la bière généralement – au lieu d’aller à notre option théâtre. Le manque de sociabilisation est, de mon point de vue, la plus grosse conséquence du harcèlement que j’ai vécu, car elle est encore très présente aujourd’hui. En plus d’avoir très, très peu d’amis, j’ai une très faible estime de moi-même. Je ne me sens jamais à la hauteur de rien. Je suis, par exemple, incapable de parler en public, ou même devant seulement 4-5 personnes car j’ai constamment peur du jugement dont ils pourraient faire preuve. Je rate régulièrement mes entretiens d’embauche également car je ne sais pas me vendre, puisque je pense ne pas être à la hauteur malgré mes diplômes et mes expériences passées. J’ai beau connaître la théorie, je perds mes moyens et suis incapable de la mettre en pratique au moment opportun. Aujourd’hui encore, j’ai beaucoup de mal à travailler en équipe, c’est pourquoi j’ai opté pour le télétravail – j’ai la chance de faire un métier qui le permet. Dans le prochain article, je vous parlerai de ma longue, très longue, reconstruction, qui n’est malheureusement pas terminée car très, très longue…