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Le travail contribue t'il au bonheur ? - Les Secrets de Bountynette
Le travail contribue t’il au bonheur ? Vous avez 4h. Ça pourrait être le sujet du prochain bac de philo. C’est une collègue ce matin qui après ma réponse négative à sa question « Ca va ?« , m’a répondu « allez il y aura des jours meilleurs, estimes toi heureuse, tu as un chéri, tu as un travail….. » Dois t’on en déduire que l’on doit forcément aller bien si l’on travaille ? Que l’on a pas le droit de se plaindre si on a un salaire qui tombe tous les mois ? Le travail est t’il ce qui est de plus important dans une vie ? Je ne suis pas née avec une cuillère en argent dans la bouche, mais je n’ai jamais manqué de rien. Mes parents m’ont élevé avec des valeurs et la valeur du travail y prend une grande place. « On a rien sans rien« . Ce qui pourrait être assez ironique lorsque l’on sait que sur 3 de mes frères, 2 sont actuellement au chômage. D’ailleurs, il est assez courant que mon entourage familial me pose toujours la même question « Et au travail ça va ? Parce que le travail c’est important« Alors oui c’est important mais ça ne fait pas tout. Depuis quelques mois, je laisse mes préjugés me pourrir, ma confiance en moi en a pris un coup, et aujourd’hui je me rend compte que je vais pas bien. Je ne suis pas heureuse alors que je devrais l’être car j’ai un travail ? Je suis stressée mais je ne devrais pas car je n’ai que des délais à respecter, ni patrons sur le dos (parce que j’ai les patrons les moins chiants du monde), ni clients ? Je suis fatiguée mais je ne devrais pas car je ne suis pas surmenée ? Je suis noyée dans mon travail mais je ne devrais pas car j’ai régulièrement de l’aide de stagiaires ? Je n’ai donc pas le droit de me plaindre, car si je le faisais on pourrait me rappeler que je ne fais jamais d’heures supplémentaires gratuites (contrairement à la majorité des collègues) et puis parce que je gagne bien ma vie. Et puis si la je m’écoutais, je ne publierais jamais cet article, car je sais ce que vous allez me dire. Que je me plains beaucoup tandis que des gens n’ont même pas de quoi manger. Ça doit faire à peu près 2 ans que ça va plus dans mon travail. J’en ai bien sur parlé à mes patrons lors de l’entretien individuel il y a 2 ans mais je crois que je me suis mal fait comprendre, ou alors ils n’ont pas voulu m’entendre. La même année, je participais à un stage de gestion du stress, ou la coach décelait en moi un niveau de stress plus élevé que la normale. Elle m’avait d’ailleurs conseillé de participer à un stage plus intensif sur 2 jours. A l’époque, mes patrons n’avaient pas approuvé que je suive ce stage quand bien même il était gratuit, je n’ai pas cherché à leur demander pour la version payante. Durant ces 2 ans, je me suis accrochée. Mon job complémentaire aidant à positiver de mes semaines bien trop ternes et mon mariage approchant, j’ai réussi à maintenir le bateau à flot. Aujourd’hui tout m’a rattrapé. Le climat morose de ce début d’année, les réformes annoncées et la prétendue crise dont tout le monde a peur. Il n’y aurait guère que les menaces de licenciement qui ne me font pas peur ….. Aujourd’hui, parce que je me dis que je n’ai plus rien à perdre, j’ai appris à certaines de mes collègues que j’étais noyée. Noyée au point que je suis incapable de mettre un seul mot sur le pourquoi et le comment, noyée dans mes larmes qui ne sont ni des larmes de tristesse, ni des larmes de stress, noyée par des pensées négatives « rien ni personne ne peut m’aider ». Au point où j’en suis, je me laisse doucement couler vers le fond car je suis fatiguée de me battre. Je sais même pas si j’ai envie d’être secourue. Mes patrons doivent bien se douter de quelque chose car voila deux années consécutives que je n’ai plus eu de prime « au mérite » de fin d’année. Ils « savent », car je leur répète souvent que je m’en sort pas. Ils « savent » mais ne disent rien. En guise de sous main sur mon bureau, j’ai un mail dans une pochette transparente datant de fin novembre ou je les prévenais de la difficulté à assumer mes fonctions dans la normalité au vu de la période. Sur les 4 patrons à qui j’ai adressé ce mail, je n’ai eu qu’une seule réponse. Un seul patron « qui en a pris bonne note« . Alors à votre avis, le travail fait t’il le bonheur ? Moi en tout cas à cette heure ci, je ne me porterais pas plus mal si j’en avais pas …. Articles similaires