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HS 7244 de Lorraine LETOURNEL LALOUE - Au fil des pages
Edition: Belfond Nombre de pages: 280 pages 0 % Résumé: Lorsque Marius se réveille dans cette cellule froide et puante, ses derniers souvenirs sont ceux d’une soirée arrosée et joyeuse avec Camille, l’amour de sa vie. Après Saint-Pétersbourg et Moscou, leur voyage à travers la Russie les avait conduits dans un petit bar de Grozny. Des vacances en amoureux, cela avait commencé comme ça... Aujourd’hui, Marius est enfermé, il a tout perdu, à commencer par ses droits. Il entend des hurlements, des hommes sont torturés. On les accuse d’être malades, contagieux. Dans cette prison non officielle, ils font l’objet d’expériences médicales, menées par ceux qui veulent trouver l’origine de leur mal et surtout un remède à ce fléau. Avec l’histoire de Marius, inspirée d’un drame qui a choqué le monde entier, Lorraine Letournel Laloue embarque le lecteur pour un aller simple en enfer. < p style= »text-align: center; »>Merci à l’édition Belfond pour cette lecture bouleversante Mon avis: Marius ne se rappelle comment il est arrivé dans cette cellule. Son dernier souvenir, c’est la soirée qu’il passait avec son ami, et un homme rencontré par hasard pendant leur périple en Russie. A la seconde où il ouvre les yeux, il bascule dans l’horreur. Il est en prison, et il ne sait pas pourquoi. Mais ce n’est pas une prison normale, il en prend vite conscience. Les prisonniers sont les victimes d’expériences médicales en tous genres: on leur inocule des virus, on teste leurs réactions face aux brulures diverses, à des amputations sans anesthésie, et bien d’autres choses encore… Ils ne sont rien, pour personne. Les surveillants les traitent d’une manière abominable, et leurs vies sont cesse en danger. Au début, il ne sait pas pourquoi il est là. Peu à peu, il comprend que le seul crime dont on l’accuse, c’est d’aimer un homme… Ce roman est un véritable coup de poing! Il ouvre grand des portes que l’on maintient fermées dans la société d’aujourd’hui. Le sujet traité, l’homosexualité, pourrait être tout à fait anodin. Après tout, dans notre société, on est enfin arrivés à comprendre que chacun peut vivre sa sexualité comme il l’entend. Mais les pays slaves, la position est loin d’être aussi ouverte! Je suis tombée sur des articles, il y a quelques mois, de journalistes expliquant les risques qu’encourent les homosexuels, à seulement se déclarer comme tels. Le gouvernement pousse à la dénonciation, à la répudiation, et cautionne des actes violents à leur encontre. Un fait choquant pour moi. Ce roman est une plongée effrayante dans le quotidien de ces personnes qui ne demandent rien à personne, si ce n’est de pouvoir aimer comme ils le veulent. Et c’est choquant, d’imaginer qu’on fait un bond en arrière dans le temps. Tout d’un coup, on se retrouve à l’époque des camps de concentration, empli de personnes qui n’avaient rien demandé à personne. Une régression honteuse qu’on passe sous silence. Ce roman m’a bouleversé. Il est rude, et il faut avoir le cœur vraiment bien accroché. Le narrateur, pris dans le marasme de ces actions monstrueuses raconte ce qu’il voit, ce qu’il vit, dans ce camp d’internement. Il explique le regard que pose la société russe, dans le cas présent, pose sur cette communauté si l’on peut dire. Je suis sortie de ce livre complètement secouée, mais en ayant pris conscience que le monde entier n’a pas encore évolué, qu’il reste du travail à faire, du chemin à effectuer. Il m’a convaincu de ne pas fermer les yeux sur les exactions commises dans l’ombre. Si vous avez le cœur bien accroché, arrêtez-vous et lisez-le.