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Traité transatlantique : quand les politiques organisent leur propre impuissance
FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que WikiLeaks appelle à faire fuiter le contenu du TAFTA négocié dans l'opacité à Bruxelles, Paul Zurkinden estime que le Traité lie les mains des dirigeants politiques.

Paul Zurkinden est secrétaire national du MRC chargé de la mondialisation et du TAFTA et vice-président de Critique de la Raison Européenne.

Disons-le d'emblée, ce traité signe la fin des chimères de «l'Europe qui protège les peuples» et du vieux rêve fédéraliste qui leur est naturellement associé. Car quel serait le sens d'éventuels Etats-Unis d'Europe, sinon de conduire des politiques économiques sur leur territoire - bref, de défendre une souveraineté européenne? Avec la signature du traité transatlantique, l'idée fédérale perd sa substance même: un traité décidera à la place des dirigeants de la politique des taux de change, des normes applicables en matière environnementale, sanitaire, agroalimentaire. Que serait donc ce pouvoir introuvable qui ne pourrait qu'agir sur le marginal, le mineur, le négligeable?

Ainsi, les promoteurs du fédéralisme se trouvent face à la contradiction de vouloir à tel point diluer les normes sociales, environnementales, sanitaires, au profit du marché qu'ils vident par avance leur entité supranationale de tout contenu. Mais, puisque marché unique nous voulons, celui-ci doit être de taille mondiale, et puisque toute souveraineté nationale entrave le marché, celle de l'Europe doit également passer à la trappe.

Cette contradiction entre le rêve fédéral et le mondialisme se trouve largement partagée par les partis politiques de gouvernement, et particulièrement à gauche où de telles positions sont dévastatrices. Être de gauche, n'est-ce pas concevoir et mettre en œuvre un projet de transformation sociale s'attacher à la protection des travailleurs, à la défense de normes sociales plus (…) Lire la suite sur Figaro.fr

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