voilers

Parce que parfois il faut voir la réalité en face, arrêter de se voiler la face. Parce que parfois il est mieux de tout arrêter que de se battre dans le vide.
Parce que tu vois, je m'en fou. Pour une fois, je vais être franche et je vais arrêter de me voiler la face. Je m'en fou. J’m'en fou que tu décides de revenir sans raison, juste parce que t'as un petit soucis de conscience. J’m'en fou de ta pauvre gueule de connard, de ce que tu fais de tes journées et encore plus de si tu vas bien. J’m'en fou de tes excuses, du fait que tu regrettes, de tes pauvres explications de merde que t'arriveras jamais à me faire gober. J’m'en fou que tu sois ce genre de mec qui fera jamais l'effort de me prouver que j'ai tord, simplement parce que la plupart du temps c'est moi qui ai raison et qu'encore une fois t'es le con de l'histoire. J’m'en fou de te manquer, parce que moi, tu me manques plus, c'est fini. J’m'en que tu m'aimes et que t'aies jamais compris pourquoi, parce que peut-être que si tu t'étais rendu à l'évidence t'aurais pas tout gâché comme un crétin.
—  jemetais
Et je ne fonctionne pas très bien dans cette société, j'ai toujours vue les gens avoir une longueur d'avance sur moi. Malgré ça, je grandis mûrement et des erreurs, j'en ai faites mais je n'apprends pas de mes erreurs, j'apprends aux erreurs à ne pas me commettre. Et la blague dans cette vie, c'est bien de croire en la présence du monde lorsque tu as besoin d'une oreille mais combien de bras sont réellement là pour t'épauler ? Parce qu'on est seul, quoi que l'on fasse et la solitude, ça te tue démesurément au fil du temps. Et j'essaie de ne pas y penser, de mettre tout mon mal de côté mais ça me prend par la peau, ça me serre, ça me tire et finalement, sans prévenir, ça me déchire. Pourquoi j'continue à me voiler la face sur une tristesse qui s'étend progressivement et discrètement à l'intérieur de moi ? Comment aurai-je pu penser qu'un jour, j'aurais pu être sauver ? J'suis dans une routine perpétuelle, cherchant profondément à faire taire une douleur qui ne veut qu'hurler et tout les jours, je guette incessamment un changement, un jour de pluie, un miracle.
Arrête de te voiler la face, bon sang ! Tu vois bien que ça ne fonctionne plus, qu'on a beau faire tous les efforts du monde, on revient toujours au point de départ. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On se sépare. On prend un chemin différent, tous les deux loin l'un de l'autre. On se concentre sur ce qu'on a à faire, on évite de se foutre dans la merde, on profite de notre famille, de notre santé, de notre jeunesse, et on avance. On essaie de guérir de nos blessures en faisant d'autres rencontres, en remplissant nos journées de restaurants, cinémas et sorties entre potes. Voilà ce qu'on fait : on apprend à vivre autrement. Si on est fait pour être ensemble, alors le destin nous réunira. Sinon… j'ai juste à te dire adieu, et prends soin de toi.
—  lespiquresaines

En fait le seul truc qui me permet de pas être trop triste, c’est d’avoir des projets à court ou à long terme, quels qu’ils soient, même des trucs un peu nuls. Avant, j’aimais pas cette idée parce que je trouvais que c’était juste une manière de m’empêcher de réfléchir et de me voiler la face mais en fait, si ça me permet de pas me sentir toute triste et toute vide tout le temps, je vois pas le problème. Et puis, ça remplit ma vie de souvenirs alors je crois que c’est une bonne chose.

Tunisie : Une jeune Tunisienne affronte courageusement une bande d'islamistes, venus l'obliger à se voiler : Elle monte sur la voiture et leur répond: «Ici c'est la Tunisie, un pays de plus de 3000 ans d'histoire! Vous, vous n’êtes que des intrus, des parvenus de l’histoire, les descendants du sanguinaire Okba Ibn Nafu .. Jamais la Tunisie ne sera l'Afghanistan»

La dynamique d'objectification était lancée, et finalement la suite logique c'était le viol

Je connais un violeur, mais lui m'a probablement oubliée. Moi je me souviens très bien de lui.

Je revois son petit mot sous la porte de mon bungalow, je me revois hésiter et me décider à monter dans sa chambre. Sa chambre, nos soirées ensemble, son lit, ses cadeaux, sa douche, sa tendance à subtilement me contrôler, le regard des autres, leur intervention pour me mettre en garde, mon obstination, ma volonté farouche de me voiler la face sur sa personnalité. C'était ma première fois – du moins au sens traditionnel du terme – avec lui. Je ne crois pas qu'il ait été mal intentionné, mais il a profité de ma vulnérabilité, de l'innocence de mes 18 ans pour m'embarquer dans son délire, et il a cherché à faire de moi un objet précieux à protéger. J'ai été emporté par une vague et je n'ai pas su, pas pu, pas voulu résister.

La dynamique d'objectification était lancée, et finalement la suite logique c'était le viol : la prise du corps de l'autre comme objet de plaisir. Je suis sûre qu'il n'envisage pas du tout ce qui s'est passé comme un viol. Et pourtant : j'étais en train de m'endormir dans notre chambre d'hôtel, dos à lui. Je lui avait dit précédemment que je refusais la sodomie, presqu'une des seules choses que je lui avais refusées. Il m'a pénétrée très brièvement, par derrière. Il n'a rien dit et moi non plus. Je ne me souviens plus de ce moment précis, j'ai oublié la douleur. Mais je me revois allongée en train de fixer le papier peint et je m'entends penser : « attends, il vient de me violer là non ?». Et je n'ai rien dit. Et je me suis endormie à côté de lui, alors qu'il venait de me violer. Et le lendemain, ma mémoire traumatique avait joué son rôle protecteur : j'avais oublié. Je l'ai quitté plus tard, après une discussion avec mes parents, qui m'a permis de prendre du recul sur notre relation. Mes parents m'ont demandé s'il m'avait forcée, j'ai dit non et j'étais sincère, je le croyais vraiment, comme si cet épisode avait été effacé de ma mémoire.

Le peu de relations sexuelles que j'ai eu alors que je ne me souvenais de rien ont été interrompues parce que je n'étais pas à l'aise, mais à aucun moment je n'ai fait le lien avec lui. Je voulais l'oublier, malgré les quelques messages qu'il m'a envoyés pour reprendre contact. Je savais que c'était lui : il était le seul qui se permettait de m'appeler « princesse ». Toujours cette idée d'un objet décoratif à protéger finalement. Je n'ai jamais répondu et il a arrêté.

Un jour en naviguant dans la blogosphère féministe, je suis tombée sur un article décrivant différentes situations qui n'étaient pas considérées couramment comme des viols mais en étaient pourtant. « Un mec couche avec une fille. Malgré son insistance elle lui a bien spécifié qu'elle refuse la sodomie.  Et ce jour là, en levrette, il la sodomise.  ». Et là, comme une illumination, je me suis revue dans cette chambre d'hôtel miteuse à fixer ce papier peint à fleurs et j'ai mis, à nouveau, le mot viol sur ce qu'il m'avait fait.

Le soleil joue à cache-cache à travers la fenêtre, 
mon thé refroidit sur la table, bébé chat dort sur le canapé. 

Laurène m’a dit que maintenant que je gérais mes névroses alimentaires quand j’allais bien, il fallait apprendre à les gérer dans les moments difficiles.

Il fait beau, doux, et frais ici. C’est bon de revenir se blottir chez ses parents quand on chavire un peu. 

J’ai rêvé de lui cette nuit, assez fort et assez dur pour me réveiller au bord des larmes, à 4 heures du matin,
assez stupide pour y penser encore maintenant, pour y rêver encore
après le mal qu’il m’a fait - il me reste un bout d’mémoire, tout ce que le vent m’a laissé, plein de bouteilles et de guitare, plein de souvenirs éméchés ; il me reste un bout d’mémoire que le temps a fait vaciller, comme la flamme d’une bougie fatiguée. Mais Lulu, faut pas s’voiler la face, c’était facile, j’ai un peu abusé de toi et d’ta vertu (…)


J’ai cette chanson qui tourne en rond dans ma tête, 
il faudrait que je me lève du canapé, que j’aille courir, 
dehors le vent se lève 
il faut tenter de vivre.