violeurs

The Handmaid’s tale in English, French and Spanish

Handmaid - Servante - Sirvienta
Dystopia - Dystopie - Distopia
World - Monde - Mundo
United States - Etats-Unis - Estados Unidos
Mexico - Mexique - Mexico
Canada - Canada - Canada
Slavery - Esclavage - Esclavitud
Slave - Esclave - Esclavo
Rape - Viol - Violación
Raper - Violeur - Violador
Hanging - Pendaison - Ahorcamiento
Traitor - Traitre - Traidor
Treason - Trahison - Traición
Liar - Menteur/menteuse - Mentiroso
A lie - Un mensonge - Mentiro
A murder - Un meutre - Asesinato
An eye - Un œil - Un ojo
An aunt - Une tante - Una tía
A child - Un enfant - Un niño
To be pregnant - Etre enceinte - Estar embarazada
To give birth - Accouchement - Dar a luz
Fertility - Fertilité - Fertilidad
Infertility - Infertilité - Infertilidad
To flee - Fuir - Huir
An escape - Une fuite - Una fuga
A refugee - Un réfugié - Un refugiado
A government - Un gouvernement - Un gobierno
A commander - Un commandant - Un comandante
To kill - Tuer - Matar
To mutilate - Mutiler - Mutilar

You can message me if you want a list of vocab from another TV show :)

The Stranger Things version

The This is us version

Nous aurions pu être des violeurs

École primaire - Je suis amoureuse du nouvel élève. Je le dis à ma meilleure amie. Elle lui dit. Il vient me voir à la récré, prend ma main, et me tord le doigt.

Il suppose qu'il ne peut pas parler à une fille comme il parle à un garçon. C'est ce que disent les contes et les dessins-animés. Personne ne lui explique le contraire.



Collège - Des garçons s'amusent à attraper des filles dans le couloir pour leur toucher les seins. J'ai encore un corps d'enfant, je ne fais pas partie des victimes. Mais je suis déléguée et je ressens un besoin de faire quelque chose. Chez moi, je fais un collage avec des images de poitrines découpées dans les pages lingerie de LaRedoute, et je balance mon œuvre dans les vestiaires des garçons pendant le cours de sport.

Je suppose que les garçons ont des envies de sexe qu'ils doivent nourrir d'une façon ou d'une autre. C'est ce que disent les séries télé et les magazines pour adolescentes. Personne ne m'explique le contraire.



Collège - On a droit à un cours d'éducation sexuelle de 20 min. Je sais maintenant où trouver des préservatifs et j'ai l'adresse du planning familial sur une brochure, au cas où j'ai besoin d'avorter. Je ne connais toujours pas le mot « consentement ».



Lycée – Je suis intéressée par un garçon de ma classe. Je voudrais qu'on soit amis. Il me propose une sortie au parc. Il se met à me caresser les bras et le dos. Il m'embrasse. Je suis mal à l'aise, j'ai la tête qui tourne.

Je suppose que c'est de ma faute, qu'accepter un rendez-vous à deux implique ce genre de chose, et qu'il ne voudra pas de moi comme amie si je refuse maintenant. C'est ce que disent les séries télé, les magazines féminins, les films, les jeunes de mon âge. Personne ne m'explique le contraire.

Ça n'ira jamais plus loin avec ce garçon. Il rompt car « je suis trop bien pour qu'il me fasse ça ». Je suis dévastée, j'étais pourtant prête à coucher avec lui pour être normale, puisque c'est normal, puisque c'est ce que disent les magazines, puisque personne ne m'a expliqué le contraire. Je ne connais toujours pas le mot « consentement ».



Fin du lycée – Je commence ma relation avec l'homme formidable qui partage encore ma vie aujourd'hui. Après quelques mois, j'ai envie de faire l'amour pour la première fois. Je me déshabille l'air de rien pendant un câlin. Il est mal à l'aise, mais je continue. Il finit par entrer dans le jeu.

Je suppose qu'un garçon a forcément envie de faire l'amour, qu'il est trop timide et que je dois prendre les choses en main. C'est ce que disent les magazines, les séries télé, les films, internet, les jeunes de mon âge. Personne ne m'explique le contraire.



À chaque rapport, j'ai mal pendant les premiers va-et-vient, et puis ça passe. À chaque fois il me demande si ça va, me propose d'arrêter, mais je veux continuer.

Je suppose que c'est normal d'avoir mal. C'est ce que disent les magazines féminins, les films, la télé, et ma mère infirmière. Personne ne m'explique le contraire.



On n'a pas toujours envie en même temps. Parfois l'un se force un peu, pour faire plaisir à l'autre. Ça devient un jeu, un défi : « ok, donne-moi envie ». Parce qu'on s'aime. On suppose que c'est normal, qu'on doit faire l'amour au moins toutes les semaines, à 20 ans. C'est ce que disent les magazines, la télé, les jeunes de notre âge. Personne ne m'explique le contraire…

Il veut me caresser le matin quand je somnole encore. Je lui dis que ça me dérange. Il comprend et ne le fait plus. On commence à parler sérieusement.



Fac - On commence à ne plus trouver tout ça normal. On commence à entendre le contraire. Grâce à une professeure de littérature américaine, je m'éveille au féminisme. On en parle à deux, beaucoup. On lit Virginie Despentes. On lit Causette. On découvre des initiatives comme la vôtre. On apprend le mot « consentement ».



Aujourd'hui – On a moins de 25 ans. On n'a pas fait l'amour depuis 6 mois et on s'en moque. On se respecte. On s'attend. On a mis des mots sur nos erreurs et on s'est pardonné, à l'autre et à nous-mêmes, de notre ignorance.

On continue de parler de féminisme. À deux. À plus que deux. À nos amis. À nos familles. À ma jeune sœur qui a 11 ans. Je tiens à lui expliquer le contraire.

Je tiens à expliquer ce qu'est le consentement. Que non, ce n'est pas normal d'avoir mal la(les) première(s) fois. Qu'il faut prendre son temps, s'écouter. Ne jamais le faire « pour faire plaisir », « parce qu'on n'est pas des vieux », « pour le garder », « parce que c'est normal ». Le faire parce qu'on a envie. Et uniquement si on a envie.



Nous aurions pu être des violeurs. Parce que c'est un peu ce que disaient les contes, les dessins-animés, les magazines féminins, la télé, internet, les jeunes de notre âge, nos parents. Mais surtout parce que personne ne nous a expliqué le contraire.



04/09/2018

Elle me ramenait des coquillages ou des jolis cailloux de chacun de ses voyages. Elle était la personne qui me connaissait le plus sur cette planète. Je peux dire que je la connaissais par cœur aussi. J'aimais la façon dont elle remuait des épaules quand elle riait, et ses manières de pas savoir faire face à l'avenir, son côté mauvais-perdant quand je la battais à la Wii, elle choisissait toujours les bons mots dans ses écrits. Et je pouvais deviner chacune de ses réponses à mes SMS…

On se connaissait depuis nos 15 ans.

Puis un jour, on avait 22 ans, elle est rentrée d'un de ses voyages et ça a éclaté. Parce qu'elle était toujours en contact avec un connard qui m'a détruite, depuis plusieurs années. Et au début j'essayais de me le cacher. Elle savait qu'il fallait pas m'en parler. Mais avec le temps je n'ai plus pu encaisser ça.

Ce mec là, m'a détruite. Je le déteste encore plus que mon violeur. Encore plus que le mec qui m'a harcelé pendant 6 ans. Beaucoup plus que mon ex minable. J'ai mis des années à me réparer.

Il n'a pas fait que me détruire. Il a détruit mon petit frère, mes parents, ma famille. C'est grâce à lui que mon oncle a coupé les ponts avec moi.

Je le déteste, j'ai énormément de haine envers lui, énormément de rancœur. Et je pensais qu'Elle allait comprendre ça. Je pensais que ce mec tordu comptait moins que moi. Mais non. Elle a argumenté avec des “mais tu me dis ça du jour au lendemain t'aurais pu me dire ça avant” “et puis on se parle plus tellement que ça… On est pas trop en contact”…

Ils sont allés au Japon ensemble, en Allemagne ensemble, ils sont amis sur Facebook, ils se suivent sur Instagram. Ils se likent.

Quand j'y repense ça l'arrangeait peut-être cette perte de contact avec moi vu que sa copine était jalouse qu'Elle me parle autant…

Ce mec aura vraiment tout détruit dans ma vie. Moi, mon frère, ma famille, la seule réelle amitié que j'avais.

Ces mots traînent depuis janvier dans ma tête, fallait que ça sorte ce soir.

liberation.fr
#LesMotsTuent : et si les journalistes arrêtaient d’être des serial killers ?
Alors que le «crime passionnel» ne figure pas dans le code pénal, de trop nombreux journaux utilisent encore cette expression pour édulcorer ou indirectement justifier le meurtre conjugal. Les violences faites aux femmes sont souvent banalisées, comme s’il s’agissait d’événements isolés, liés au hasard et non systémiques.

Une femme décède tous les trois jours, victime de son conjoint ou ex-conjoint. Alors que de trop nombreux journaux parlent de «coup de sang», de «pulsion» ou de «pétage de plomb» pour justifier un meurtre, les chiffres nous apprennent que dans bien des cas, l’acte était prémédité et s’inscrivait dans une longue série de violences installées. Les expressions «drame de la séparation», «drame conjugal» utilisées par de nombreux titres de presse sont problématiques car elles mettent sur le même plan le coupable et la victime. Elles circonscrivent à la sphère intime des phénomènes de société qui les dépassent largement. Il n’y aurait alors que des meurtriers malgré eux, les femmes étant considérées comme les éléments perturbateurs du couple.

Ces homicides sont pourtant très révélateurs du sexisme à l’œuvre dans notre société. […] Mauvaise rencontre, faute à pas de chance ou tenue provocante : de trop nombreux titres de presse laissent encore entendre que la victime serait indirectement responsable de ce qui lui arrive ou imprudente. Le mythe du tueur ou du violeur sur un parking a encore la vie dure alors même que les chiffres nous apprennent l’inverse. Il est nécessaire de rappeler que le foyer est le lieu de tous les dangers pour les femmes : la famille et l’entourage proche constituent ainsi le premier espace dans lequel se produisent les agressions. Dans 37% des cas, c’est le conjoint qui est l’auteur des faits.

Les violeur.se.s ne sont pas des monstres


 
Bill Cosby, Sean Penn, Johnny Depp, Serge Gainsbourg, Charlie Chaplin sont incontestablement des personnes de talent, d’incroyables créateurs, des philanthropes, et qui ont également commis des abus contre les femmes.

Comment est-il possible que toutes ces personnes que nous admirons, qui ont eu une influence positive aussi bien sur notre vie personnelle que sur la culture, se sont rendues coupables du pire?

Si vous pensez qu’il n’est pas incompatible d’être une personne qui a accompli des choses formidables, ou même d’être une personne attachante et de pouvoir également commettre des actes très grave, alors vous êtes sur la bonne voie pour comprendre les mécanismes derrières les violences faites aux femmes.

La vérité, c'est qu'une personne peut à la fois être aimante, et capable de commettre un acte, voir des actes abjectes. Les êtres humains sont complexes, et peuvent commettre le meilleur comme le pire.

La vision que l’on a des hommes violeurs/violent à l’égard des femmes est bien souvent simpliste, caricaturale.

Ce qui a pour effet dommageable que dès qu'une personne que l'on affectionne, que l’on respecte, est accusée d’avoir commis un crime, on ne peut la juger coupable, car on refuse de considérer qu'elle puisse avoir des contradictions : soit c'est un monstre, soit c'est la personne formidable que vous pensiez qu'elle était. Mais pas les deux à la fois. 

Cette vision n'est pas vraiment proche de la réalité, et c'est ça le problème. Car les personnes responsables de violences physique ne sont pas toutes des monstres sortis de nul part, cela peut aussi être des personnes que nous aimons ou que nous admirons.

Attention, je ne dis pas que vous devriez vous méfiez de tout le monde.

Simplement imaginez ceci : vous venez d'apprendre qu'une personne a été victime d'un viol. Et vous découvrez que la personne qui a commis ce crime est votre cousin bien aimé. Ou un homme de dieu ~respectable. Ou un ami du collège. Ou un célèbre musicien, qui vous a aidé à surmonter vos passages à vide. Ou un formidable écrivain dont vous admirez le talent.

Comment allez vous concilier cette information - le fait que la personne que vous appréciez est capable d'avoir violée - avec votre croyance que les violeur.se.s sont forcément “des monstres”?

Difficile de concilier ces 2 notions opposées…
Donc soit vous en venez à la conclusion que la victime doit mentir, soit vous vous sentez honteux.se d'avoir pu apprécier un.e violeur.se.

Or, vous ne devez pas penser en ces termes.

En réalité, puisque les viols conjugaux sont un sujet complexe, il est nécessaire que l'on arrête de penser que les personnes “gentilles” sont incapables de la moindre violence.

Car la réalité est plus complexe que cela, et quand on perpétue ces idées manichéennes, on permet au cercle de la violence de se répéter.

Voilà ce qui arrive quand on pense que des personnes ne peuvent être que, au choix : - des personnes formidables… - ou des monstres :

1. On préfère blâmer la victime car on ne peut imaginer que lea violeur.se puisse être en tort.

Si vous pensez que seuls les monstres sont capables de viols et d'abus, et qu'en conséquent, un personne que vous savez ne pas être un monstre se voit accuser de viol, qu'en déduisez vous?
Malheureusement, beaucoup préféreront blâmer la victime. C'est ce que l'on constate très souvent que dans les affaires de viol, et c'est d'autant plus vraie quand lae violeur.se est généralement connu.e pour être “une bonne personne”

Si vous pensez que lae violeur.se n'aurait “jamais pu commettre une telle chose” alors vous sous entendez que la victime ment. Ou que c'est en partie de sa faute si elle a été victime.

C'est toujours ce que l'on remarque quand une célébrité est accusée d'avoir commis un viol.

C'est vrai par exemple pour Bill Cosby, accusé d'avoir violé et drogué des douzaines de femmes, et il a lui même reconnu l'avoir fait. Et pourtant, les victimes ont eu droit aux insultes et aux accusations.
Idem pour Johnny Depp. 

“C'est elle qui a fait le choix de le suivre dans sa chambre d'hôtel, elle s'attendait à quoi?”

“Pourquoi a-t-elle attendu avant d'aller à la police”

“Cette [insulte misogyne] ne cherche qu'à se faire du fric”

Le truc, c'est que Bill Cosby est populaire, et que son image n'est pas réelle, on ne voit que son personnage télévisé, et non la personne derrière.

Et même si il existe toutes les preuves de sa culpabilité, et le fait qu'il a été si aimé et admiré, n'enlève rien au fait qu'il peut être un violeur.

Le viol n'est jamais de la faute de la victime. Quand vous perpétuez l'idée que le violeur ne peut être entièrement fautif si il est “gentil”, vous faites offense à tout.e.s les survivant.e.s.

2. On place les gen.te.s que l'on admire sur un piédestal et l'on refuse de leur attribuer la responsabilité de leurs abus.

Bill Cosby n'est pas le seul à avoir bénéficier d'un énorme bénéfice du doute, en raison de son image de “gentil”. Bien trop souvent, en admirant nos idoles, on les penses incapables du moindre défaut.
Ce qui n'est pas problématique quand on s'en tient à dire qu'iels sont les meilleur.e.s dans leur catégorie, mais ce qui devient problématique quand on les pense incapable de commettre la moindre erreur.

Il en va de même pour nos proches.

Par exemple, quand on admire un.e camarade militant.e, on en vient à penser qu'iel est incapable de commettre le moindre faux pas. Iel symbolise l'espoir, la libération, la lutte contre les oppressions.

Et cela peut être dévastateur d'apprendre que cette même personne a commis un abus. On en vient à nier l'existence de cet abus dans l'espoir que cette personne continuera ce combat qui nous tient tant à cœur, et qu'elle personnifie.

Mais ces personnes ne sont que des symboles, les voir comme parfaite leur enlève leur humanité.
Nous sommes toustes capable de commettre des abus, même celleux qui gravitent dans les milieux militant.e.s.

Pour réellement interrompre le cercle de la violence, nous devons considérer chaque personne comme un être humain, capable de commettre de graves erreurs.

Il faut privilégier les besoins des survivant.e.s, même si on a pu admirer leurs abuseur.ses. et mettre un terme au cycle de la violence.
Nos héro.ine.s ne sont pas infaillibles, et nous devons les tenir seul.e.s responsables de leurs erreurs.

3. Nous passons à côté de la justice et de la responsabilité

Vous pouvez hésiter à rendre une personne responsable de ce qu'elle a fait, si vous avez peur des conséquences de cette diabolisation. Réfléchissons donc au sens du mot justice.

Très souvent, quand on parle de “punir le viol”, les gen.te.s se réjouisssent à l’idée que le violeur subira le même sort que ses victimes en prison. Ainsi, on préfère perpétuer le cycle de la violence, car “ces gen.te.s n'ont eu que ce qu'iels méritaient, en étant elleux même victimes de violences sexuelles.”

Mais souhaiteriez vous la même chose à une personne que vous aimez?
C'est le cas, si pour vous, un.e violeur.se doit à son tour être violé.e pour que justice soit faite.

Or, pour que la justice soit faite, il ne faut pas nécessairement qu'il y ait eu de revanche.
Reconnaître la responsabilité d'une personne ne signifie pas que vous devez cesser de la voir, de lui parler, ou lui souhaiter le pire.

Vous avez le droit d'être horrifié.e, d'être dégouté.e, et de continuer de traiter cette personne avec dignité.

Etre proche avec une personne qui a commis un abus vous permet de mieux connaitre la complexité d'un être humain, vous savez qu'iel a commis des choses horribles, mais vous savez aussi qu'iel peut en commettre des bonnes.

Donc savoir reconnaître leur faute, c'est aussi savoir reconnaître leur meilleur facette. et les aider à reconnaître leur propre faute, et les emmener à respecter les besoins des survivant.e.s.

Cela ne veut pas dire que vous les excuser. Au contraire, vous les emmener à penser qu'iels valent mieux que cela.

Répondre à la violence par la violence peut causer plus de trauma et de division, que de résilience.

Il est possible de vouloir à la fois la justice et la réparation pour lea survivant.e et en même temps d'apporter son soutien au violeur.

Si vous pensez que vous ne pouvez vivre avec cela, et ne pouvez pardonnez au violeur, il est possible de mettre des barrière avec lui, pour votre propre bien être, sans pour autant considérer que cette personne n'est rien d'autre qu'un horrible monstre.

4. On simplifie la notion de consentement

Ce serait trop simple de classer les gen.te.s entre “les gentil.le.s” et “les monstres”, si le consentement était aussi une notion simple. Or le consentement peut être complexe.
Si pour vous le viol, c'est juste un obscur étranger qui attaque dans la nuit, alors vous avez sans doute du mal à imaginer que cela peut être une personne lambda.

Mais ce n'est pas la seule forme de viol ; et bien souvent, le viol, prend d'autres formes.

Cette idée “de l'étranger dans la nuit”, est dangereuse car elle occulte toutes les autres formes de viols : les viols par coercition, par chantage, ou le fait d'avoir pris le silence comme une permission. et elle invisibilise les viols conjugaux, les viols par abus de pouvoir.

Whoopi Goldberg a ainsi régit à propos du viol par Roman Polinsky d'une jeune fille de 13 ans. “ce n'était pas vraiment un viol” selon elle. Tentant de prouver qu'il n'avais été condamné qu'en raison de l'âge de la victime.

En tant qu'homme de 43 ans admiré, Polanski avait énormément de pouvoir sur sa victime qui ne pouvait consentir librement.

Le viol ce n'est pas juste une question de force physique, cela peut aussi être une question de pouvoir, d'influence.

Entre la vision binaire d'une “personne violemment attaquée par un étranger” et d'une personne “qui n'aurait jamais fait une telle chose” il y a bien d'autres formes de viols, qui peuvent s'appuyer sur la pression ou la manipulation.

Ce mythe du monstre laisse à penser que seules les personnes bizarres, ou anormales peuvent violer ; alors qu'une personne qui n'a pas respecté le consentement d'une autre personne peut être… parfaitement “normal”

5. On simplifie la notion de partenaire abusif.ve

Dans notre société, on aime à penser que l'on peut facilement repérer les partenaires abusif.ve.s.
A quoi pense-t-on quand on pense à un.e partenaire violent.e?
L'image la plus fréquente qui nous vient à l'esprit est celle d'un homme battant sa femme avec rage.

On pense que l'on peut identifier les hommes violents comme des gens mauvais et les éradiquer avec des slogans aussi simples que “les vrais hommes ne battent pas leurs femmes”. On dit des choses telles que “je ne laisserais jamais personne me battre”, et l'on a tendance à penser que les femmes qui se font battre n'ont “qu'à partir”.

Tous ces stéréotypes viennent à exclure du tableau toutes formes de violences qui ne cadrent pas avec ce type de représentation de ce qu'est la violence conjugale.

La violence peut exister dans les couples queer, la violence peut exister même si la personne victime de cette violence reste dans la relation, la violence peut provenir d'une personne que personne ne soupçonne d'être violente.

La violence conjugale peut prendre plusieurs formes : abus affectif, chantage émotionnel, abus financier, abus sexuel… Elle peut être cachée, invisible. elle peut exister chez les personnes racisées, blanches, favorisées, ou défavorisée.

La violence c'est aussi une question de pouvoir et de contrôle.
Il est donc impossible de juger, de l'extérieur, si une personne est capable de violence domestique ou pas.

Quand on se défait des stéréotypes sociétaux sur l'abus, sur le fait qu'une personne soit “gentille” ou “méchante”, on peut aider une personne à se sortir d'une relation toxique, ou aider une personne à ne plus commettre d'abus.

6. On se rend responsable de sa propre agression quand on est victime

Les survivant.e.s peuvent intérioriser le fait que les gen.te.s ne peuvent être que des saints ou des monstres. Ce qui est des plus dommageables.
Pour bcp de survivant.e.s, le scénario est le même : iels pensent que le violeur ne peut être qu'un monstre. Iel s'est entouré de personne de confiance, et s'assure de faire des choix qui ne lae mettront pas en situation de danger.
Donc, quand un proche, de confiance, devient abusif.ve, iels préfèrent se faire des reproches, en se disant qu'iel a du faire qql chose de mal, ou qu'iel aurait du voir le danger venir.

Si cela vous arrive, cela ne sert à rien de vous faire le moindre reproche, vous n'y êtes pour rien. Ce n'est jamais de votre faute si vous avez été victime d'abus, même si vous avez fait confiance à votre bourreau. Il est certes difficile de se dire qu'un proche a pu vous faire du mal, surtout si iel a ou vous faire du bien auparavant.
Même si ces sentiments sont contrariés, ces sentiments sont valides.
Et si vous essayer de comprendre comment une personne a pu être à la fois abusive d'un côté et “gentille” de l'autre, sachez simplement que ce n'est pas incompatible. La vérité c'est qu'un être humain est complexe, et comprendre cette complexité vous permettra sans doute d'aller vers la voie de la résilience.

Lysandra


Inspiré de l’article d’everyday feminism “6 Awful Things that happen when we think “good people can’t be rapist or abuser””

“Il y a trop d'incohérences madame.”

En mai mon mec me viole. Le lendemain, je vais déposer plainte. Le bridagier n'est pas empathique. Il s'exécute et transforme ma déposition à sa sauce mais je peux à peine la corriger puisque je dois partir à l'UMJ. Le lundi, le flic m'appelle pour la confrontation. Je refuse, il s'énerve et me dit “mais monsieur va passer la nuit en garde en vue”. Je lui réponds que ce n'est pas mon problème. Il me dit que si je ne viens pas le lendemain il fait classer l'affaire. Le lendemain, le violeur reconnait tout du bout de lèvres et minimise en évoquant un jeu. Sidérée, j'étouffe presque de rage mais il en a dit assez pour que je sois rassurée pour la suite. Pourtant, le flic éteint la caméra et ses abus orduriers commencent, il me crie dessus en m'expliquant que je mens et qu'il ne me croit pas. Il vocifère et appuie ses arguments sur ses “ressentis” grotesques en me déclarant, irascible “ici on n'est pas au Maghreb”. Là, je comprends que le mec est raciste et que je suis considérée comme une mythomane. Par contre, il est très respectueux avec cet enfoiré d'agresseur pervers. Allié du violeur, il lui dit gentiment que ce n'est rien et qu'il sera libéré dans l'heure. J'éclate en sanglots et là, le fonctionnaire sadique me lance, “et en plus, vous n'allez pas jouer les victimes”. Là, c'est la 4ème dimension. Je rentre chez moi doublement sidérée et reste en boule dans mon lit. Le lendemain le flic m'appelle pour me donner le rendez-vous avec l'expert psychologue puisqu'il faut vérifier si je suis la menteuse. Durant cet appel, je lui demande si la partie où il m'agresse a été enregistrée. Il s'énerve et me demande pourquoi je lui pose cette question perverse et me menace. J'en tombe de ma chaise. Le psy me dit qu'il me croit. Cela fait plus de deux mois que j'attends que le procureur qualifie et depuis, je passe ma vie en thérapie et mon avocat s'est bien foutu de moi. J'ai fait un signalement à l'IGPN qui a logiquement couvert ce fonctionnaire bien noté ayant “la confiance des magistrats” ce qui n'augure rien de bon et depuis, je m'attends à une classement sans suite. Alors, tous les beaux discours sur la libération de la parole, et les blabla sur le fait d'avoir le courage de porter plainte pour protéger les éventuelles victimes c'est de la démagogie. Je ne regrette pas ma plainte sinon, cela aurait été bien pire mais j'ignorais que de vouloir faire reconnaitre un acte aussi abominable était un calvaire. Je suis dans une petite ville, dans le 66 et j'ai honte d'être dans un pays où les femmes sont vilipendées parce qu'elles ont osé dénoncer des agresseurs qui bénéficieront d'une impunité automatique vu comment les policiers traitent les victimes. J'ai la nausée parce que j'ai subi une triple peine : le viol, l'agression du flic et enfin le silence de la justice. En attendant le violeur vit sa vie et n'est pas inquiété. C'est injuste mais les stéréotypes restent présents surtout en matière de viols conjugaux. Depuis, j'ai la nausée mais je ne lâcherai pas et j'irai jusqu'au bout, n'en déplaise à ces deux machos qui ont cru m'abattre. 

Quand tu croises ton agresseur en manif

Originally posted by selenaco

[TW Violeur dans les milieux militants bordelas]:

“J'avais 14 ans et je sortais de quatre années de collège assez difficiles quand je suis sortie avec Florian Petitalot. J'étais très fragile psychologiquement et j'avais déséspérément besoin de compagnie. Au bout de deux semaines de relation, je l'ai invité chez moi, et nous sommes allés dans ma chambre. Quand il a commencé à aller plus loin que de simples baisers, je lui ai signifié que je refusais que ça aille au delà. Il a pris note mais ne s'est pas arrêté. J'ai fixé le plafond en attendant que ça passe. Il a ensuite considéré mon corps comme un dû, et a commencé à exiger de moi que je lui fasse des fellations ou que je lui envoie des messages susceptibles de l'exciter. Au milieu de notre relation (de 7 mois), j'ai commencé à être dégoûtée par lui et j'avais cessé de lui écrire spontanément. Il m'a alors harcelée pour que je lui dise, non pas ce qui n'allait pas, mais que je l'aimais. J'ai mis 3 mois à réussir à le quitter, à chaque tentative, il pleurait, suppliait et refusait de me laisser tranquille. Lorsque j'ai finalement réussi à m'en séparer, il s'est scarifié et drogué (médicaments, alcools…) et m'a envoyé des messages dans lesquels il me l'expliquait afin de me faire culpabiliser. Il a continué à se dire amoureux de moi pendant une année supplémentaire, et n'a pas hésité à s'énerver contre moi lorsque je suis sortie avec d'autres personnes, à pleurer ou a me montrer sur ses bras combien je lui faisais du mal par mes agissements.
J'ai longtemps tiré une grande honte de cette relation sans en comprendre la cause. En effet, j'avais oublié tout de ces évènements, et les rumeurs qu'il répendait sur nos actes sexuels (il raccontait à ses potes que nous l'avions fait, que j'avais fait ceci ou celà…) me semblaient infondées. Pendant 5 ans (du jour où il a cessé de ressentir quoi que ce soit pour moi à il y a peu), j'ai ignoré ses remarques insistantes et allusions salaces (allant d'un simple “très jolie” au plus violent “j'ai peur de te violer si je bois en ta compagnie”), pensant comme les autres membres de mon groupe d'amis qu'il ne s'agissait pas de choses importantes, seulement d'une facette de son personnage d’“obsédé”. Le déclic et la mémoire ne me sont venus qu'après qu'une de mes amies m'a racconté le harcèlement sexuel dont il s'est rendu coupable envers elle. Il avait en effet insisté pour qu'elle le suce, et ce à plusieurs reprises, prétextant tantôt un désir pressant, tantôt que ça le réconforterait dans une période difficile. J'ai d'abord pensé que j'inventais des souvenirs, étant donné que beaucoup d'histoires le concernant devenaient connues dans mon groupe d'amis (nous sommes aujourd'hui et à ma connaissance au moins 3 à avoir fait les frais de ce garçon), puis je me suis souvenue d'un reproche qu'il m'avait fait, au lycée, lorsque je lui avais demandé de cesser de mentir sur notre vie sexuelle passée. Florian m'avait alors reproché d'avoir tout oublié de notre relation, phrase sur laquelle je n'avais alors pas tiqué, mais qui donnait à mes souvenirs le crédit dont j'avais besoin.
Aujourd'hui, Florian Petitalot est connu pour avoir été candidat pour le Parti Communiste en 2015, il tient une chaine Youtube militante, et fait partie d'associations féministes et LGBTQ+. Au vu de ses actes, sa présence au sein de la JC, du PC, du syndicat Solidaires et de l'association étudiante Wake up est intolérable.”

—  Lundi j'ai porté plainte, j'ai porté plainte contre mon violeur. Cet homme que j'ai aimé et adoré pendant 5 ans. Nous avons même eu un enfant. Tristement c'est là que l'enfer s'est intensifié. Ca fait trois ans maintenant que nous sommes séparés après qu'il m'ait trompée et autre. Lundi j'ai porté plainte car il m'a violée une semaine avant. Aujourd'hui il y a la confrontation et ça me pétrifie, les policiers ne sont pas tous tendres, mais je serai forte.

anonymous asked:

Pourquoi être féministe ou masculiniste et pas seulement "pour l'égalité" ?

Mais je suis pour l’égalité. C’est pour ça que je suis féministe. D’ailleurs, si ça ne t’embête pas, je vais recycler ce que j’avais publié (ailleurs) pour le 8 mars :

  • Je suis féministe parce qu’un homme n’aura jamais à se battre pour avoir le droit de se faire avorter.
  • Je suis féministe parce que pour les homophobes, deux femmes qui s’embrassent c’est “sexy”, mais deux hommes qui s’embrassent, c’est “sale”.
  • Je suis féministe parce que les gros lourds qui sortent des “blagues” sexistes s’offusquent quand on ne rigole pas et disent “De toute façon, tu n’as pas le sens de l’humour !” (Genre “c’est ta faute si je ne suis pas drôle”.)
  • Je suis féministe parce qu’on se fait traiter de pute et/ou de mal baisée (oui, c’est compatible apparemment) quand on ignore les inconnus qui sifflent et qui nous appellent en pleine rue.
  • Je suis féministe parce que “Mais ça va, t’as tes règles, ou quoi ?”
  • Je suis féministe parce que, quand on parle d’injustices ou de problèmes qui concernent les femmes, il y a toujours quelqu’un pour s’immiscer dans la conversation pour dire “Oui mais c’est pas facile pour les hommes non plus !”, quel que soit le sujet.
  • Je suis féministe parce que “je veux que mon enfant ait un maître, parce que les maîtresses ont moins d’autorité.”
  • Je suis féministe parce que l’expression “garçon manqué” n’est plus une insulte depuis longtemps, mais quand un petit garçon s’intéresse à des jouets trop estampillés “fille”, il faut tout de suite le “remettre dans le droit chemin”.
  • Je suis féministe parce qu’il y a encore des gens qui pensent qu’être féministe c’est être une hyène hurlante dont le raisonnement se limite à “FEMME = BIEN et HOMME = PAS BIEN”.
  • Je suis féministe parce qu’en 2016, 4 Français sur 10 pensent que la responsabilité d’un violeur varie selon l’attitude ou les vêtements de sa victime.
  • Je suis féministe parce que pour beaucoup d’êtres humains sur la planète, le corps d’une femme est fondamentalement plus impudique, voire obscène, que celui d’un homme.
  • Je suis féministe parce que quand une femme a beaucoup d’aventures, c’est une traînée, et quand elle n’en a pas, c’est une prude (ou pire, quelqu’un qui a une dent contre les hommes).
  • Je suis féministe parce que les scénaristes trouvent trop souvent qu’un seul personnage de femme dans une équipe d’une demi-douzaine d’hommes, c’est bien suffisant.
  • Je suis féministe parce que des études ont démontré que dans un groupe composé à 50% d’hommes et 50% de femmes (ou même d’un tiers de femmes et deux tiers d’hommes), les hommes ont l’impression qu’elles sont plus nombreuses qu’eux. (D’où une perception faussée de la représentation des femmes dans les médias.)
  • Je suis féministe parce que trop de gens considèrent “50 Nuances de Grey” comme féministe parce que c’est écrit par une femme et que ça parle de sexe. (Spoiler : C’EST CARRÉMENT L’INVERSE.)
  • Je suis féministe parce qu’on entend parler d’avortement “de confort”.
  • Je suis féministe parce qu’on entend dire que les tampons et les serviettes hygiéniques sont des produits “de luxe”.

Donc je suis féministe parce que les femmes ont des voix qui ne sont pas celles des hommes, que chaque femme a une voix, une expérience de la vie différente qui mérite d’être entendue ; parce que je suis pour l’égalité et la parité entre les sexes dans les deux sens, parce que le machisme et la sur-masculinité toxiques fait aussi du mal aux hommes (notamment à ceux qui sont victimes de violences de la part de femmes et sont doublement meurtris), mais aussi parce qu’à un moment, les femmes ont un utérus et tout ce qui va avec, donc il y a des injustices sociales, médicales, etc., dont elles sont les victimes exclusives.

Ça va elle est pas morte.
—  En philo, on débattait de quand il est acceptable de se venger. On a soutenu que c'était légitime de se venger du violeur de sa fille, et un gars de ma classe a sorti ça.
Le violeur e(s)t (le) gendarme

Mon ex-mari est gendarme. Il m'a violée. Durant plusieurs années. Dans la caserne où nous vivions. Il m'a fait subir des violences psychologiques, d'autres formes de violences sexuelles que le viol, des violences économiques, des menaces de mort ainsi que du harcèlement moral et sexuel y compris après la séparation définitive.

Mon ex-mari, c'est le gendarme sympa qui ne verbalise pas une femme en minijupe s'il estime qu'elle est “bonne”, le gendarme marrant qui fait des blagues sur la femme qui témoigne dans la salle d'à côté et qu'il “enfilerait bien”, le gendarme compétent qui prend des plaintes et les raconte en détail à son entourage avec plein de petits commentaires sur l'attitude et la tenue de la femme.

Quand j'ai fini par parler de ce qu'il m'avait fait, sa défense a été : “Je suis gendarme, on te croira pas.“ Il est gendarme, il est toujours au même endroit protégé par ses collègues qui ont refusé d'enregistrer mes dépositions. L'institution étouffe désormais mon dossier. Et la justice ne m'écoute pas.

Il y a des histoires qui parlent des gendarmes et des voleurs. Parfois le gendarme est le violeur, mais on préfère ne pas le savoir.

« Il semble que cette fois-ci, c'est la bonne.

Et si c'est pas aujourd'hui, ce sera dans une semaine, un mois, deux mois. Le bouton “faire appel” de Facebook, c'est l'équivalent de l'avocat commis d'office pendant un procès soviétique.

Au-delà de ma petite personne, bien insignifiante dans l'immensité de cette humanité en charpie, ce sont désormais tous les artistes, blogueurs ou écrivains estampillés “patriotes” qui sont depuis quelques mois les victimes d'une purge sans précédent.

Une purge molle, en plus. La République française d'aujourd'hui, c'est le fond de Staline avec la forme de Yann Barthès. C'est Auschwitz, sauf qu'à la place des SS t'as un végan avec une casquette multicolore et un IPhone.

Putain, ça manque de style, ça manque d'uniformes, ça manque de matraques, ça manque de milices. Sortez les flingues et venez nous chercher, plutôt que de parler de démocratie et des valeurs de mon cul, ayez le courage de venir nous envoyer physiquement au goulag, assumez-vous.

Cette purge s'étend bien au-delà de Facebook. Il n'y a qu'à voir la lourdeur des peines infligées aux penseurs de cette mouvance, parfois condamnés à de la prison ferme pour des écrits, quand des violeurs ou des braqueurs bénéficient d'un bracelet électronique et d'une pipe par l'assistante sociale. Pour ma part, je passerai devant la “justice” d'ici quelques mois, à la demande de la féministe ultra de l'été 2016 qui avait appelé au signalement en masse de ma page. Je sais que le maximum sera demandé contre moi, pour un peu que le juge soit membre du Syndicat de la magistrature. Vas-y, tas de merde, fais une capture d'écran, j'en ai plus rien à foutre.

Bref. Inutile de me conseiller d'aller sur tel ou tel réseau social. Quand un de ces réseaux sera aussi puissant, efficace et performant que Facebook, je m'y rendrai. Pour l'instant, je n'ai ni l'envie de recréer une page ici ou ailleurs, ni le temps de l'alimenter.

J'aimerai enfin dire à toutes les autorités bien-pensantes, culturelles et journalistiques, accessoirement payées par nos impôts, qu'elles sont en train de créer des fachos par cargos entiers. À traîner dans la boue, à diffamer, à harceler, à étouffer celles et ceux qui sont coupables de ne pas partager votre vision dégénérée du monde, vous les poussez à la radicalité.

Vous n'aurez pas ma haine. Ma semelle de Caterpillar dans vos dents et mes jointures dans vos pifs, éventuellement.

Ce pays est foutu, à tous les niveaux, et je suis bien malheureux d'être le contemporain de ce pourrissement sans précédent.

Pour mes lecteurs : on reste en contact régulier via cette page [Ring Facebook], ne vous inquiétez pas. Demain est un autre jour et ta mère dans la Safrane biturbo.

Breum journée,

Marsault

PS : “Le véritable exil n'est pas d'être arraché de son pays, c'est d'y vivre et de n'y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer” (Edgar Quinet). » 

Parlons-en de l'amour:

Depuis la naissance de mes seins à eux-mêmes,
comme une chose nouvelle
soumise aux joies et aux épreuves qui mènent à
sa maturation,
depuis la naissance de mes seins à leur propre
convoitise et à celle des autres,
j’ai porté sur mon épaule la lourdeur du regard des hommes.
j’ai aimé la nudité de mon corps bougeant dans l’eau du fleuve.
Ils m'ont reproché de donner naissance à leur désir.
j’ai aimé les routes et les jardins sauvages.
Ils m'ont reproché d’attirer les violeurs par mon inconséquence.
j’ai aimé les femmes, mes sœurs, leurs formes douces.
Ils m'ont reproché de ne pas tout sacrifier à la procréation.
J’ai aimé l’amour,
donné sans rechigner.
Et ils m’ont reproché de n'être pas la servante d'un seul

—  Lyonel Trouillot - Le doux parfum des temps à venir

eufry  asked:

Hey, could you tag your hate and not say anti-ace stuff in the ace tag? Thanks. It's already painful enough that people have to suffer the current TERF bs that's so popular right now (dans le French side, no less...). Bref.

I tagged a post I reblogged on my blog to be able to find it again, as is my right. Besides, tags don’t belong to people or communities. They are meant to properly file posts and to share opinions. You all need to stop believing that social networks are anything other than public spaces. Everyone is entitled to post whatever opinion they wish about any subject and tag it accordingly for people to find. Even men are entitled to criticise feminism and tag it accordingly. If anyone disagrees, then the only thing left to do is to reply. Also… “hate” ? Lol. So much fragility. These magical words are so conveniant. I disagree so it’s “hate”. I might swear like a sailor but I never told anyone to kill themselves, unlike some people. Which brings me to…

TERFs… I am one, actually, oops. Not that I actually use this word to describe myself, but yes, I do think that trans politics are harmful to women. You wanna see real hate? Here. Et là je vais passer en français, parce que de franchouillarde à franchouillarde (tu es peut-être un homme ceci dit), laisse-moi te dire une chose: le discours féministe libéral américain, c’est de la merde. Le mouvement trans t’as mis dans la tête qu’il existe un troisième sexe et qu’être une femme relève de l’identité personnelle au lieu d’être une réalité matérielle. On veut te faire croire que Marsha P. Johnson (de son vrai nom Malcolm Michaels) a balancé la première brique à Stonewall et qu’il a déclenché le mouvement de libération homosexuel, alors qu’il a commencé au début du XXème siècle. On réduit les femmes au silence parce qu’elle osent relever les contradictions du discours trans. On incite les jeunes enfants à transitionner sous prétexte qu’ils aiment des barbies alors qu’ils devraient jouer à faire la guerre ou vice-versa. On promeut des interventions chirurgicales dangereuses pour créer des vagins ou des pénis qui ne fonctionneront jamais comme de véritables organes sexuels. Tu sais comment les trans appellent les autres trans qui osent critiquer l’idéologie dominante du mouvement? “Truscum”. Elle est belle, la solidarité.

Vous buvez tous le discours communautaire et narcissique d’une bande de révoltés outre-atlantique qui ne savent plus pourquoi ils se battent. Vous vous félicitez de lois aberrantes qui reconnaissent des sentiments plutôt que des réalités matérielles. Maintenant, il suffira pour un violeur de dire “Je suis une femme” pour être transféré dans une prison pour femmes. On ne pourra rien dire, la loi aura décidé qu’il a raison. Les maladies qui touchent principalement les femmes ne seront plus reconnues parce que les médecins devront respecter l’identité personnelle d’un homme qui voudra être examiné comme n’importe quelle femme. Et le milieu sportif, on en parle ? Les hommes commencent déjà à s’infiltrer dans les compétitions sportives réservées aux femmes pour des raisons évidentes : les hommes sont, en majorité, plus grands, plus forts, et plus rapides que les femmes parce qu’ils ont de plus longues jambes et le double de masse musculaire. Pourquoi tu crois qu’on enseigne des techniques complexes de self-defense aux femmes ? C’est facile de taper sur quelqu’un qui fait ton poids. Quand un homme lui tient la gorge entre ses grosses paluches, elle va faire quoi la nana avec son mètre cinquante ? Même au sein des catégories pour les hommes et les femmes, les sportifs sont divisés entre poids lourds et moins lourds.

Vous ne vous rendez pas compte de la gravité de ce que réclame le mouvement trans et les défenseurs du genre. Ouvrez les yeux. On est en train de perdre du temps à disserter sur l’oppression inexistante des gens qui baisent pas et ceux qui pensent pouvoir changer de sexe comme de chemise. “Salut, moi je suis non binaire, je ne suis ni homme ni femme” dit la nana qui aura été insultée de traînée trois jours plus tôt parce qu’elle portait une jupe. Vous êtes trop occupés à gober des couleuvres pour voir que la haine des femmes s’est infiltrée dans le mouvement et que vous la répandez comme une traînée de poudre. On en est à un point où des imbéciles qui pensent révolutionner la société suggèrent des termes neutres complètement givrés comme “progéniture”. Pendant ce temps-là, des militants de pacotille comme Riley Dennis postent des vidéos en partenariat avec l’énorme plateforme américaine Everyday Feminism dans lesquels on t’explique que refuser des rapports sexuels avec une femme trans quand t’es lesbienne, c’est de la discrimination. On incite les lesbiennes à s’essayer à la bite alors qu’elles n’en veulent pas. Vous parlez de culture du viol mais vous acquiescez comme des bobbleheads face à des hommes en collants qui vous soutiennent que la bite est un organe féminin et que refuser ne serait-ce que d’envisager de la leur sucer est une violence. On va me dire que c’est une minorité, que la majorité des femmes trans ne sont pas d’accord. Peut-être. Et donc ? C’est pas grave ? C’est pas une dérive, ça ? Pourquoi il n’y a que les féministes radicales qui en parlent ? Pourquoi on balaie ces monstruosités sous le tapis ?

Les femmes sont terrorisées à l’idée d’émettre leurs doutes parce qu’elles savent qu’on va les traîner dans la boue comme des porcs à l’abattoir. Celles qui osent parler le font souvent derrière un pseudonyme. On en est là. Et ça ne vous fait ni chaud ni froid. Mais dis-toi bien que le jour où la France proposera une loi comme celle qui est récemment passée au Canada, moi je serai dans la rue pour protester, et je sais que je ne serai pas toute seule.

Les mecs, par pitié, arrêtez de faire vos hypocrites de parler des victimes de viols alors que vos potes sont eux-mêmes des agresseurs sexuels ou des violeurs, franchement si je le vois je lui en touche deux mots

À ceux qui ne se reconnaîtront pas

Ils sont des mecs. Ils sont des mecs, mais ils sont féministes, égalitaristes. Ils sont des mecs, mais ils comprennent ce qu'on vit et ils ne sont pas machos pour deux sous. Attends, ils ont des mères, des soeurs, parfois des filles…


Ils sont des mecs qui se vexent quand on sous-entend qu'ils pourraient être attirés par d'autres mecs. Ne te méprends pas, ils n'ont rien contre et respectent toutes les orientations sexuelles, juste que ce serait grave humiliant d'être un de ceux qu'ils respectent…


Ils sont des mecs qui ne culpabilisent pas de pourchasser des proies de la moitié de leur âge car, vois-tu, c'est différent aujourd'hui d'hier, me dit-on, les petites jeunes, c'est plus ce que c'était. Cette génération a déjà vu le loup, les abîmer n'est plus possible, tu comprends, il n'y a plus de pureté à souiller, autant se servir. Les filles d'aujourd'hui sont les femmes de quand ça les arrange.


Ils sont des mecs et jamais ils ne se passeraient du consentement de qui que ce soit. Certes, il leur arrive d'insister un peu après qu'elle ait dit non. Ils ne forceraient pas, ce n'est pas leur genre, mais ils pensent connaître les mots et les gestes qui transforment les “non” en “peut-être” et les “peut-être” en “tout ce que tu veux”. Alors ils tentent. Ils veulent pas forcer, juste il tentent. Ils ne sont pas des agrresseurs.


Ils ne sont pas machos pour deux sous, ils sont juste des mecs, des mecs normaux. Des mecs normaux qui ne comprennent pas trop ces attitudes de meufs qui cherchent à attirer les regards sans chercher à attirer le palpage. Ils ne comprennent pas qu'elles puissent se réchauffer des caresses des yeux et se révulser sous les caresses de leurs doigts ou ceux de leurs copains. Ils ne comprennent pas qu'une fille peut penser ‘oui’ jusqu'au moment où un geste un peu brutal, un regard moins caressant ou une parole malheureuse lui fasse penser ‘non’. Ils ne comprennent pas que souvent, ils sont en supériorité physique, plus grands, plus forts, et que ça peut suffire à transformer des “oui” en “peut-être” et des “peut-être” en “arrête”.


Ils sont des mecs normaux, des mecs gentils qui n'ont pas la moindre idée de ce à quoi ça ressemble, passer sa vie avec une cible géante sur le cul ou sur le coin de la gueule.


Ils sont des mecs bien qui se disent qu'elle doit l'avoir cherché, forcément. Elle doit être autant à blâmer que le coupable, forcément. D'ailleurs, ils ont probablement des amis qui pourront attester qu'elle avait une attitude ambigüe qu'elle séduisait, qu'elle dansait, qu'elle se frottait…


Ils sont des mecs bien qui jamais ne violeraient une fille, leur maman les a bien élevés, ils ont des amies filles, des cousines, des nièces.


Se rendre complice de viol? Non mais et puis quoi, encore. C'est quand même pas leur faute à eux si celui qui s'en est rendu coupable est un bon copain. C'est pas comme s'il risquait de les violer, eux (*rire gras*).


Certes, la situation pourrait être différente si la victime était leur mère, leur soeur, leur amie, leur femme, leur cousine, leur nièce. Ils le jurent, ils régiraient autrement s'il s'agissait d'une fille qu'ils connaissent, dont on aurait plus de mal à remettre la parole en question. Mais c'est juste une fille, une fille normale, qui l'avait donc surement bien cherché.


Non, ils n'en sont pas sûrs, ils ne sont sûrs de rien, mais dans le doute, doit-on prendre le risque d'être complices d'un violeur qu'on aime bien, ou d’être alliés pour des meufs qu'on connaît même pas?


Ce sont des mecs qui ne comprennent pas pourquoi je me sens aussi en sécurité avec eux qu'avec une grenade dégoupillée dans le sac banane. Ce sont des mecs qui ne comprennent pas que j'ai peur, qui ne comprennent pas que je sois en colère, qui me conseillent gentiment de me faire aider par des professionnels de la santé mentale. Peut-être un psy pourra-t-il me donner le même médicament qu'à eux, celui qui transforme l'indignation et la révolte en protestations mollassonnes et en pintes de bière.


Ce sont des mecs, des mecs biens, des mecs gentils. Des mecs gentils qui, en ce qui me concerne, peuvent s'étouffer avec leur mauvaise foi et leur solidarité en forme de grosses couilles poilues. Ce sont des mecs de la même race que ceux qui violent et/ou regardent sans rien dire. Ils sont leurs complices passifs et s’en défendront toujours.
Ils sont des mecs biens.


Des mecs bien qui ne voient pas le problème.
Des mecs bien qui SONT le problème.

Des alliés, quoi.