villes

Tu as le chant des pas de crécelle et de soirée qui garnotte
Tu les récite par habitude
Renversée en tout sens dessus dessous
Les ponts qui s’écroulent, coincés par choc
En cavale de nuits trop courtes
Égrenées de bars sur le bar du vide
Toujours à deux doigts du grand écart
De vitesse, de feux rouges
Et de sinueuse dans les nids de poulette en talons hauts
Et des autres déchets, cuirs, velours
Jetés en bas des lampadaires, de tes fards à joue
Tu mets des bas de soie et te dénude en même temps
Du froid et des automnes ravisage, ravissant qui mire
En plein dans le mile-end, le Plateau
Ou Villeray qui a accroché aux fenêtres,
L’air clim’, l’hibiscus ou les bibelots de terre
Tu as glissé sous ta peau, des milliers d’abeilles qui meurent
Et les cyclistes te rappellent un peu plus longtemps sous leurs roues
Tu nous enterre sous tes mirages
Et tu nous crève le cœur-bétonnière
Ville vide de vidange vivante
Qui encourage nos délires de langue
—  JL