villes

J’ai perdu tout désir, tout me dégoûte. Je déteste chacune des pierres de cette ville que je foule, je hais ma chambre, je hais les gens que je croise ; quelle torture de respirer cet air froid, humide et sale ! Tout m’oppresse ici, je dépéris. Je m’enfonce comme dans un marécage. Je suis sans doute trop jeune, et de toute façon je suis trop faible. Je ne me sens pas armé pour me battre, je n’ai pas de volonté, je suis pareil à un petit garçon au milieu de cette foule affairée.
—  Stefan Zweig, Wondrak, nouvelle : La scarlatine. 

This is from a Halloween concert they had in 2004 in London. There are A LOT of pics from that concert, but this one here? Nope, couldn’t find it. This is one of my all time favourite pictures of this man. I’m so glad I saved it and I’m happy to share it with you! 

Again, not mine. Credit goes to the owner.

Quand je suis censée dormir dans le salon parce que mes parents sont dans ma chambre mais que mon colloc veut regarder un épisode d’une série, qu’il est minuit et que je veux dormir.

When I’m supposed to sleep on the couch but my roommate wants to watch TV, it’s midnight and I want to go to sleep.

Avec mon frère quand on marchait en ville ensemble souvent on s'amusait à écouter les phrases que les gens qu'on croisait disaient et à se les répéter. J'ai fait ce jeu pour vous ce soir même si vous m'avez rien demandé.

“On peut manger une gaufre tu crois à cette heure ci ?”
“Mais c'est TROP LA CLASSE”
“Je la trouve vachement plus épanouie !”
“Les dépenses courantes”
“Casse couilles … franchement”
“Oui y a les flics oui, bah ils surveillent”
“Avec 6 heures de décalage, je vais pas l'embêter”
“À une époque c'était effectivement comme ça mais avec Internet…”

(Relève-moi.)

“Je veux revivre ça, chaque nuit.

Les choses ne se passent jamais deux fois de la même façon.”


Tes derniers mots que tu m’as glissés, il y a maintenant quelques années à l’esprit.

Tu as crié mon nom tard le soir dans les rues de Paris.

Je l’entendais partir en écho dans le ciel et dans la ville endormie. Mais je me suis rendue compte qu’il résonnait encore plus dans ma tête.

Tu t’es posée près d’ce réverbère à moitié grillé.

Posée, c’est l’mot, comme si j’me transportais et que j’étais trop lourde pour continuer à avancer.
Posée, échouée ouai. Moi et mon corps à la limite de la noyade interne. En plein naufrage.

Puis tu as levé les yeux. Ce regard qui cherchait quelque chose à quoi se retenir.

Même si je savais que les vœux n’étaient pas faits pour être exaucé.

T’as fait le vœu de me revoir, juste un soir.

Ce courant d’air frais dans le dos.
Tu étais là.

Planté là, devant toi.

Je le sentais.
Je te ressentais.

Une brume épaisse.
Un rideau de fumée.
Et la forme de mon corps qui se confondait dans les fines lumières de la ville.

Il m’arrivait même de te voir.
Ou de t’imaginer, je n’sais plus trop.

Mais, j’étais là.

Mais, tu étais là

Un coup de vent

une demie-seconde.

qui me fit disparaître.

Vertiges.
Et j’ai lâché prise.

Chaviré.

Et j’ai crié.

Transpercé la nuit.

J’ai hurlé.

Presque en apnée.

Mais rien n’est sorti, même pas

un son,

un souffle,

pour me faire revenir.

pour te retenir.

Le froid se transforma en océan.

Paralysée.

Submergée.

Je suis restée là.

Ne coule pas.

Allongée.

Relève-toi.

A attendre

Mais quoi ?

un bruit,

un signe,

ta voix,

ma voix,

ou des phares qui foncent vers moi.

Le jour lui, se lève.

Le réverbère s’est éteint, tout comme toi et ton existence.

Je reviendrais.

Brouillard matinal et toujours cette brume épaisse.
Rien n’avait de sens.
Tout était gris.
Tout était flou.
Tout comme ma vie.


Depuis cette nuit, il m’arrive parfois lors d’énormes coups de vent.
D’entendre ta voix. Ou de l’imaginer, je n’sais plus trop.

Écoute-moi.

J’ai pour habitude de prier la nuit,
au milieu de la chaussée,
près d’une bouteille de bière brisée,
près d’ce lampadaire maintenant complètement déglingué.

(Relève-toi.)(Relève-moi.)