vietminh

Ðiện Biên Phủ, la fin de l'Indochine

Aujourd’hui le Vietnam fête le 60ème anniversaire de la victoire de Ðiện Biên Phủ. Le 7 mai 1954, la lutte s’achève entre les soldats Français et Vietnamiens. Pendant 6 mois, la cuvette de Ðiện Biên Phủ est un théâtre où se succèdent de violents affrontements jusqu’à la défaite française.

A la fin de l’année 1953, ça fait déjà 8 ans que la guerre d’Indochine a commencé. Christian de Castries est à la tête des troupes françaises et le général Võ Nguyên Giáp mène les forces vietnamiennes. Le Viêt-Minh (organisation armée du parti communiste) a l’avantage de bien connaître le terrain et d’être en supériorité numérique par rapport aux Français.

Les soldats vietnamiens occupent d'ailleurs la région de Ðiện Biên Phủ. Ce qui n’empêche pas les Français de s’y installer en novembre 1953.
Cette cuvette entourée de plaines est située au nord-ouest du Vietnam, à la frontière avec le Laos. L’idée pour les Français est d’empêcher le Viêt-Minh d’accéder au Laos, indépendant depuis 1949.

L’occupation de la cuvette commence le 20 novembre 1953, c’est l’opération Castor. Des milliers de parachutistes sont envoyés sur place. Le 22 novembre, on y compte de 4000 hommes. Pendant les quatre mois qui suivent, les Français aménagent un camp de retranchement.

La première offensive Viêt-Minh commence le 13 mars. Les Français s’attendent à être attaqués mais il ne soupçonnent pas la puissance de l’artillerie. Le Viêt-Minh a creusé des tunnels en travers des collines et installé de bonnes positions de tirs sans être vu. Les Français sont pris au piège. 

Les 15 jours qui suivent, les deux armées réorganisent leurs unités, envoient des renforts et réapprovisionnent les stocks de munitions.

Les Vietnamiens bombardent les points stratégiques, notamment la piste d’atterrissage. Elle est essentielle puisqu’elle permet de faire la liaison entre Ðiện Biên Phủ et Hanoï. Le dernier avion français décolle de Ðiện Biên Phủ le 27 mars. Après cela, aucune évacuation des blessés n'est envisageable et les ravitaillements sont difficiles à mettre en place.

Un des personnages dont l’Histoire se souviendra c’est Geneviève de Galard. Cette infirmière militaire française est surnommée l’ange de Ðiện Biên Phủ. L’avion dans lequel elle se trouve le 28 mars est endommagé par l’armée vietnamienne. Elle est contrainte de rester sur place, bloquée dans le camp retranché. Elle reste auprès des combattants jusqu’à la fin de la bataille.

A la fin du mois de mars, le général Giáp fait appel a des milliers de coolies pour s’infiltrer dans la défense française. L’armée vietnamienne dispose d’un incroyable réseau de tranchées qui mènent à différents points stratégiques pour bombarder.

L’armée française voit tomber une à une ses poches de résistance lors de la seconde vague d’attaque, du 30 mars au 4 avril. Les parachutages français se poursuivent mais dans la plus grande confusion, ils sont directement exposés aux tirs ennemis. Les derniers parachutistes sont envoyés le 4 mai.

Le Viêt-Minh intensifie ses attaques provoquant d’énormes dégâts du côté français.Le soir du 6 mai, le camp français agonise sous un déluge d’obus vietnamiens. Les Français refusent de se rendre. L’ordre de cessez-le-feu ne vient que le lendemain à 17 heures, après une nuit de combats ininterrompus.

Le bilan humain de la bataille est lourd des deux côtés : plus de 13 000 morts des deux côtés. La défaite française accélère les négociations. Les accords de Genève sont signés en juillet 1954 et le Vietnam est divisé en deux au niveau du 17ème parallèle. Le pays ne sera réunifié qu'en 1975.

Le Vietnam a inauguré ce lundi 5 mai le musée historique de la victoire de Ðiện Biên Phủ, dans la province de Ðiện Biên. Le président du Vietnam, Trương Tấn Sang, n'a pas manqué de remercier les militaires et l'ensemble de la population vietnamienne pour leur contribution à la victoire de 1954. Un membre de la famille du général Võ Nguyên Giáp était présent. Il a tenu à offrir au musée une carte dont s'est servi le général pendant la bataille de  Ðiện Biên Phủ.

Voici le témoignage de Geneviève de Galard, l'Ange de Ðiện Biên Phủ. L'ancienne infirmière, âgée de 89 ans, s'est confiée à l'AFP sur son souvenir de la bataille, 60 ans après : https://www.youtube.com/watch?v=3bvGkmWUWeE