ventilateurs

il y a quelque chose d’indécent dans la poésie en ligne
jeter à gris-regard des voyeurs-passifs
                              des sentiments-oisifs en échange de Fleurs
ce n'est pas très commode
                                          tes rêves de Promenade
                                                                                 peut-être nés louables d'un désir d'Innocence
Mais t'as perdu L'Esprit
                                     en voyant ça en GRAND
                                                           t'entendais La Musique
                                                                              les Tornades-Wagnériennes
ce n'étaient que les râles de ton ventilateur
il n'y a plus de Parnasse
                                      ni de disques-tourneur à Saint-Germain-de-Prés
te voilà revenu
                       au bleu Skyblog-moderne
                                                               comme un Adolescent découvrant tard Baudelaire
                 Rimbaud et Vian Boris
et t'écriant
                 HORREUR
                                  je peux bien faire pareil !
tu déchiffres la Notice au gré du Computer
                                                               tes doigts-en-chœur clapissent
                              de Verve-larmoyante
                                              t'en cracheras des fleuves
on te dira c'est chouette
                que t'es un vrai artiste
contente-toi de cela
                         La Poesia summer
                                                   et qu'as-tu fais pour elle
à part courir les filles ?

je sens que ma vie part dans tous les sens en ce moment. comme si elle était faite de plein de petits bouts de papier et que quelqu'un venait de brancher un ventilateur. mais quand je te parle, c'est comme si le ventilateur s'éteignait momentanément, comme si les choses commençaient enfin à avoir du sens. tu me rassembles, tu fais de moi un tout, et c'est très important pour moi.
—  John Green et David Levithan, Will & Will

S'assoupir et songer. Un autre monde, un autre droit. Faire marcher les ventilateurs et sentir souffler le vent de la liberté… ou du moins la sensation… Accomplissement capitaliste du mieux être… paraitre libre a défaut de l'apparaitre. Liberté de consommer, de penser, de parler (mais vous laisse t-on vraiment vous faire écouter ?), de circuler,… Et a part ça ? Ce semblant vous satisfait et vous met en position de donneur de leçon. Ironie démocratique. Insomnie amnésique. Continuer à y croire, et oublier tous les matins sa conscience de la situation hypocrite que nous cautionnons dans un mouvement individuellement collectif. Rester dans ses (ces) songes a défaut de croire au mensonge. Essayons de monter à la hausse la vitesse des ventilateurs.

Shanghai - RS - 2009