veine bleue

c’est lui, c’est lui
aussitôt j’ai su
à l’instant même où il
mon sang a fait son grand tour
à l’instant même où je l’ai vu
dès que je vous ai vu, tu m’as plu
dès qu’il m’a regardé, je n’ai plus pu
dès ce moment je n’ai eu de cesse de
il a suffi que vous, il a fallu que tu
mon cœur l’a reconnu au premier coup de son œil
c’était en bas, dans la rue, chez des amis, au café
(il pleuvait)
son âme tout entière vaut le regard, détour, voyage
je vous aime depuis tous ces yeux que vous m’avez balancés
je vous aime car ma gorge s’est renouée, mon sang n’a fait qu’un, mes veines sont devenue bleues
vous m’avez donné le goût des larmes, des chaudes larmes, du sel dans la bouche
je vous aime pour tout ce sang que vous avez retourné jusqu’à ce que mon plus grand silence apparaisse
c’était chez des organes, il pleuvait, c’était au café, dans une salle d’attente, c’était, c’était là
quand je pense que je nous attendais depuis tant de temps, depuis tout le temps, depuis tout de suite, depuis là
—  Jacques Rebotier, Litanie du coup de foudre 
Enfin des hommes nus tout partout, des sexes dressés en noir et blanc s'animant sous l'appellation de “ Gif animé ”. Enfin des veines noires et bleues marbrant la peau, du muscle, des bras. Enfin des torses. Enfin des objets de désir que je peux ne pas prendre pour des objets. Enfin des inconnus sans visage pour me prendre, m'emmener dans mes rêves. Enfin ton nom d'homme dissimulé derrière tous ces corps chavirants, chavirés, anonymes. Enfin une multitude d'homonymes, de clichés sur lesquels je peux baver, sur les contours desquels mes yeux butent inlassablement, enfin folle. Enfin une bonne raison de vivre et de mourir, enfin des corps d'hommes.
—  Pée