vally

anonymous asked:

Interview de Valls par Christine Angot dans Libe.. ça devrait te plaire :) même moi qui n'aime pas Valls, je dois dire que l'interview m'a émue, m'a fait comprendre ses motivations. Ça m'a même donné envie de débattre avec lui! Bref, à lire :)

Comment te dire, Anon ? Je revis depuis que j’ai lu cette interview (et depuis son interview ce matin sur RTL. Et depuis qu’il est officiellement *dans* la majorité présidentielle. Aujourd’hui est une journée riche en émotions.)

Bref, l’interview en question. Quand j’ai vu ça, ma première réaction a été “ugh, Christine Angot.” Sauf que Manuel fucking Valls a démontré toute sa perfection m’a rappelé à quel point je l’aime est le seul homme que j’aimerai jamais a tout mon amour et mon admiration est très éloquent. 

Best of (je vais essayer de ne pas citer tout l’article) :

Le fait d’avoir une vie personnelle compte beaucoup pour moi, ça m’équilibre. J’ai toujours eu la marque de la solitude, depuis assez longtemps.

(Premières lignes de l’article et. Je. Chiale.)

Je peux comprendre qu’on trouve mes prises de position abruptes. Elles sont directes, sans concession, je pense que sur ces sujets-là il faut l’être. Mais, parce que j’ai parlé ainsi, l’opposition s’est formée contre moi sur ce terreau-là. Ç’a été exploité. Et Dieudonné est venu me combattre à Evry. Personne n’a cherché les raisons, personne n’a dénoncé, on l’a mis dans le même sac que Lalanne. Qui avait proposé d’ailleurs de faire une union sacrée de tous les candidats contre moi. Dieudonné, il fait des voix. 3 % dans la circonscription, 5 % à Evry. Ça n’empêche pas un journaliste du Monde de le présenter comme un «humoriste controversé». Non. C’est quelqu’un qui a été condamné. Qui invitait Faurisson dans ses spectacles, et le faisait applaudir.  

(YES. Le voilà le MV que j’aime et que j’admire.)

Sur le soutien de Dieudonné à la FI dans sa circo :

A gauche, on n’est pas à l’aise sur ce sujet-là. C’est presque un angle mort. Comme on est du côté des plus faibles, on dit «ce sont des victimes», on croit qu’il faut se mettre de leur côté, et on prend les voix. On est mal à l’aise, et on se retrouve à légitimer Dieudonné. On n’analyse pas le discours. Ç’a toujours été comme ça à gauche. En 1994, nous sommes quelques-uns à nous interroger sur la relation de Mitterrand avec Bousquet. Le PS trouve pour toute réponse : vous êtes contre l’union de la gauche. C’est la même chose aujourd’hui, on me dit «c’est parce que tu es un droitier».

(Une bonne partie du problème de la gauche résumé en quelques phrases. Merci Valli.) (et savoir que MV dans les années 90 a été de ceux qui au PS se sont interrogés sur la relation Mitterrand/Bousquet ne m’étonne pas, mais renforce encore mon admiration pour cet homme.)

MV qui analyse la gauche mieux que quiconque :

[C’est une complaisance ? ] Une gêne. Au moment de l’affaire Dreyfus, la gauche se demande : «Est-ce qu’il faut défendre ce juif, militaire, bourgeois, alors que la préoccupation essentielle c’est la classe ouvrière ?» A gauche c’est comme ça. Ce sont les termes du débat. Certains ne se trompent pas, Clemenceau, Jaurès, Péguy, Zola. Mais dès qu’on sort de l’explication économique et sociale, souvent la gauche est perdue. Elle est en difficulté sur les questions d’«identité». Hollande n’aimait pas les évoquer. Je vais être immodeste, mais quand je dis à l’Assemblée «nous sommes en guerre contre l’islamisme», je suis le premier à le dire. Ce n’est pas la première fois qu’il y a de la complaisance à gauche à propos du terrorisme. Au moment des Brigades rouges, comme on tuait des policiers, des patrons… Aujourd’hui ça continue. Il y a une complaisance, parce qu’il y a une gêne et une culpabilité. Les musulmans sont le prolétariat du XXIe siècle, les victimes, et en plus il y a une question religieuse… Mais on ne peut pas être naïf. La gauche s’est aussi bâtie contre le catholicisme. La République s’est bâtie contre ça.

(On peut dire ce qu’on veut sur MV, mais ses analyses politiques sont on. fucking. point.)

Idem pour le problème de la réponse de la gauche au terrorisme :

Avec le terrorisme, on est entré dans une nouvelle phase. Hollande joue son rôle de père de la nation. Je théorise ce qui s’est passé dans la société française. Mais ça ne suffit pas. Tant que la gauche n’aura pas trouvé sa propre réponse, différente de celle de la violence du FN dont le seul angle est l’exclusion des musulmans, elle laisse un espace à l’extrême droite, ou à La France insoumise, qui se compromet avec l’islam politique voire avec les islamistes. On tourne autour de ces questions-là depuis vingt ans.

La nouvelle secrétaire d’Etat, pour l’Egalité hommes-femmes, prétend qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans nos quartiers. Il y en a un, c’est le moteur idéologique du terrorisme. Je l’ai dit, et c’est comme ça qu’une partie de mon image est passée de l’autorité à l’autoritarisme, bref… c’est la vie… Mais je ne voulais pas laisser le territoire à ces gens-là.

*hugs* Oh, Valli.

Sur le recours déposé par FI :

Oui, c’est difficile. C’est toujours le même débat. La question de la violence en politique. Mélenchon est dangereux. L’idée du statut de la victime qui l’emporterait sur la violence. Bien sûr j’ai eu tort de dire qu’il ne fallait pas chercher la cause, il faut la chercher. Mais avant, il faut condamner. Il n’y a aucune cause qui puisse faire accepter la violence dans la démocratie. Les modérés la refuseront toujours. C’est ce qui fait la spécificité du Parti socialiste, opposé aux léninistes. Mais il y a toujours cette idée du romantisme. Je ne suis pas romantique.

(Le “romantisme” de l’idéal révolutionnaire, oui, oui, oui.) (et aww, Valli, tu n’es pas un romantique révolutionnaire, mais tout le monde sait qu’avec AG, c’est une autre histoire. “Vous savez, le coup de foudre ?” Nice one, Robocom, j’y repense toujours.)

Sur l’affect en politique, qui disparaîtrait avec EM :

Il [EM] ne veut pas accélérer l’affect. Il sait que c’est mouvant. Il faut faire attention, il le sait. Et il ne faut pas en dépendre. Sinon on souffre. C’est trop violent. Moi, avec tout ce que j’ai pris, je ne me sens jamais une victime. Il peut y avoir un papier qui blesse, mais, honnêtement, ça dure jamais longtemps. On est immunisé. On a une carapace. Ce sont les entourages qui reçoivent les coups. Toute la semaine dernière, je n’ai rien ressenti moi. J’ai pas ressenti les coups. Je n’ai rien senti de toute la semaine. Je me suis immunisé du commentaire général. Dimanche soir, un ami me dit «quand même, ce que tu as vécu Manuel…». J’ai été surpris. «Ah bon !» j’ai fait. Je me suis aperçu que je n’avais rien ressenti. J’ai compris qu’il ne fallait pas trop que je me coupe de ma sensibilité. Sinon les gens ne vous comprennent plus.

(Valliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!! #ProtectMV2k17)

Sur les “appels à la haine à peine voilés” de JLM vs. MV :

C’est comme ça. On ne touche pas à certaines figures de la gauche. Trop heureux de se retrouver contre les libéraux, contre la loi travail. Tous ensemble. Le PS se dit «ça y est, enfin, on est de nouveau dans l’opposition».

(Cette interview, c’est littéralement “MV décortique les problèmes de la gauche et les déplore de la même façon qu’il le fait depuis des années, mais personne ne l’écoute.” C’est son idée que oui, la gauche peut gouverner, et que si elle veut gouverner, elle doit s’assumer en tant que parti de gouvernement et non pas d’opposition.)

Sur l’injustice en politique :

Il y a la tentation parfois de dire que c’est injuste. Mais ça n’existe pas l’injustice en politique. C’est injuste qu’un bon député soit battu. Mais ça n’existe pas.

(J’aime cet homme.)

Sur la gifle de la primaire :

J’ai eu mal. Il m’a fait mal. Tout le monde a dit «c’est une gifle», mais non, c’était un coup de poing. C’est pour ça qu’il faut être solide.

Pardon pour le pavé, je savais que j’allais me laisser emporter, mais cette !! interview !!!!!!!!!!