vacances montagne

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Il était 23h13, j'étais affalé sur mon canapé, les volets étaient fermés, j'entendais le sifflement du vent entre les arbres dehors, j'avais mis un vieux vinyle Chuck Berry, il tournait depuis maintenant quelques heures, l'immeuble était vide, les voisins étaient tous partis en vacances à la montagne, d'après la météo sur mon vieux portable la neige était tombé sur les hauteurs, j'en aurais sûrement aussi profité si j'avais eu la tête à ca, mais là encore je n'arrive pas à avancer comme je le voudrais, je reste enfermé chez moi, à écouter de la musique toute la journée, à boire de la bière et du whisky, à compter le nombre de pas que fait la voisine quand elle monte les marches avec ses talons, à regarder des vieilles photos de la belle époque, à manger de la pizza surgelée, à me branler dès que je n'ai rien à faire ou encore à écrire des textes comme je suis en train de faire en ce moment même. J'aimerais avoir une vraie vie, j'aimerais sortir le soir, aller boire un verre avec les personnes qui étaient mes amis y a quelques temps, aller au resto, sortir au ciné, partir en vacances à la mer l'été, revoir le soleil se coucher ailleurs que derrière ces vieux volets, ailleurs que dans ce vieil appart’ dans lequel je commence à étouffer, à crever, je supporte plus de rester chez moi, mais si je sors je deviens fou, j'en peux plus d'entendre les gamins chialler, j'en peux plus d'entendre les vieux râler toute la journée à propos de la politique, des migrants, du prix du pain, des clopes, de l'essence qui augmente, des impôts et de toutes ces choses qui font que je ne supporte plus cette société de consommation.

Il était 23h25, j'étais toujours affalé dans mon canapé, je parlais encore tout seul de toutes ces choses qui me rendent dingue.

Il était 23h27, et je me disais qu'on vit dans une société de merde, à une époque de merde, avec des gens qui sont devenus de plus en plus cons, qui bouffent à s'en pêter l'estomac, qui font du sport dans des salles, enfermés, entassés les uns sur les autres à transpirer face à leur propre relfet, des gens qui crachent leur poumons pour un salaire de misère, des gens qui ont encore confiance et espoir en l'Homme, des gens qui n'ont peur de rien, qui inventent des tas de choses inutiles, des gens qui ne cherchent qu'à être les plus fricés, les mieux sapés, les plus beaux, les plus à la mode, les plus minces, les plus cons, les plus, les trop. J'en peux plus de voir ca, j'en peux plus d'entendre toutes ces conneries balancées par les médias qui ne valent pas plus que les politiques ou que les véritables connards qui jouent avec nous, depuis leurs bureaux, à je ne sais quel étage d'un building à Londres, Dubaï, New York ou Paris, j'en sais rien et j'en ai stricetement rien à foutre, je veux juste que tout ca change, que les gens qui gagnent 4000€ par mois sans rien foutre prennent la place des sans abris dans la rue ou sous les ponts pour le restant de leur jours, et qu'on crame tout leur argent qui les rends débiles, sales, inhumains, merdiques et qui ne méritent aucun respect, comme ceux qui poluent à outrance en étant totalement conscient de la connerie monumentale qu'ils sont en train de faire mais qui ne bougent pas leurs culs pour autant, puis y a tout ces vieux cons qu'on entends qu'aux repas de famille et qui critiquent les migrants, parce qu'ils sont racistes, qu'ils votent FN et qu'ils sont donc de bons gros connards de nazis dans le camp de l'enculé de gros Le Pen, ca me rend dingue, je supporte plus toute cette merde dans nos vies, j'en ai marre, vraiment. Alors vous aller me dire que ce n'est pas bien de juger telle ou telle chose, qu'on est libre d'avoir un opinion différent et bla et bla, effectivement mais je n'en ai rien à branler, je me laisserais pas marcher dessus pour devenir comme vous, des imbéciles qui claquent des doigts pour avoir tout ce qu'ils veulent sans penser aux concéquences derrière, comme la polution avec vos belles bagnoles, l'extinction de certaines espèces animales à cause de la chasse, la guerre à cause de l'argent, de la politique et de toutes ces choses qui ne mérites pas d'être citées, ni d'exister.

Il était 23h41, j'étais encore et toujous dans ce vieux canapé, je m'étais allumé une clope, j'avais ouvert une nouvelle bouteille de whisky et je continuais de parler seul dans mon salon, je criais parce que j'étais énervé, je pense que ca s'est entendu juste avant, mais j'étais trop fatigué pour m'arrêter, bonne nuit, peut être ?©