une chambre vide

 J'ai changé.
- Ah ouais. Tes passé du stade enfoiré, à connard, c'est ça?
- Arrête.
-Non, toi arrête. Arrête avec tes promesses, tes belles paroles, qui, au final, ne veulent strictement rien dire. Arrête de me faire espérer, de me vendre du rêve, de me laisser m'imaginer tout les deux. Arrête de me faire croire qu'un jour ce sera possible, on sera tout les deux, rien que tout les deux. Tes qu'un beau parleur, et tu fuis face à tes responsabilités. Putain, tu m'énerve à pas être constant, assumes. Et..
- Chut. Tais-toi. Si je te dis que j'ai changé, c'est que c'est le cas. Je ne te mens pas. J'ai suffisamment marché seul, et j'en peux plus. J'en ai marre de me lever le matin et de ne voir rien d'autre que les murs blancs de ma chambre et un lit vide. De plus pouvoir raconter ma vie à quelqu'un qui sait me comprendre et m'aider. D'être seul chez moi, de ne plus entendre ton rire enfantin, de plus entendre ta douce et belle voix et voir tes magnifiques yeux. Y'a tes petites conneries, tes petites manies, tes petites réflexions débiles qui me manquent. Nos rire qui se mélangent, ça aussi, ça me manque. Faire les fous tout les deux, se sentir seul au monde, se “bagarrer”, te dire que tes la plus belle et que tu m'appartiens alors que nous ne sommes pas ensemble. J'en peux plus d'être vide à longueur de journée, de me sentir seul, je suis pommé. Y'a comme un énorme vide dans mon coeur, et je crois bien que tes la seule à pouvoir le compléter chérie. J'en ai connu des femmes tu sais, mais des comme toi, jamais. Je veux plus d'une relation d'un soir, me réveiller avec une inconnue dans mon pieux tout les week end. Et peut-être, qu'au final, toutes ces filles que j'ai connus, ce n'étais qu'un test. Un test avant de rencontrer la bonne personne. Avant de te rencontrer toi, celle pour qui je suis tomber amoureux au premier regard sans vouloir l'admettre, parce que j'étais fier que rien ne puisse me toucher. Mon coeur de pierre en avait prit un coup, j'avais immédiatement compris que la seule chose qui pouvait me faire du mal, c'était ta perte, et je voulais tout faire pour que cela n'arrive pas. Mais je me suis planté sur toute la ligne je le reconnais. Je voulais me protéger, mais j'ai fais qu'aggraver les choses, et aujourd'hui, je me sens seul. VIDE. Parce que tes partis, tes plus là. Si tu savais, à quel point je suis fou amoureux de toi. Je suis complètement ivre de ta présence, et je pourrais me shooter avec ton parfum. Tu me fais vibrer, y'a qu'avec toi que je me sens heureux. Tes les battements de mon coeur, la seule raison de mon bonheur, et ma seule raison de vivre. Il est temps de se retrouver. Rejoins-moi où tout a commencé.
—  Inconnu
Relais

Une interruption, un blanc. Chaque fois que tu t’absentes de Paris quelques jours, tu saisis l’occasion pour couper avec Internet, les réseaux sociaux, les mails, l’Abri… Quels effets produit cette soudaine purge sur les pensées qui te viennent ? Ce n’est pas le moment de fanfaronner, tu donnes plutôt le sentiment de déplacer une solitude : « Tout homme porte une chambre en lui… » Une chambre vide, oui ! Au moment de retrouver ta table de travail telle que tu l’as laissée avant ton départ, celle-ci t’est devenue étrangère. Entre-temps, les parois de ton abri se sont refroidies, tu ne sais plus très bien ce que tu fabriques ici. Une inquiétude perce dans le désordonné de tes gestes, ton corps semble s’être lui-même refroidi, comme à l’étroit dans son conduit. Aujourd’hui, premier mai, les rideaux de fer des boutiques sont baissés. Dans une semaine, à la même heure, nous serons fixés. Jusqu’à ce jour, tu ne seras pas tranquille, il te faudra reprendre tes activités, échafauder de nouveaux plans. Comme chaque année, au moment de remplir ta déclaration de revenus artistiques, tu es atterré, cela ne fait que mettre au jour l’inanité de tes efforts, tu ferais mieux de renoncer. Depuis que tu as quitté « L’Autre Rive » – l’agence de pompes funèbres dans laquelle tu as œuvré trois ans –, tu n’as pas réussi à rejoindre la rive de l’art, tu ne fais que vivoter, virevolter, revenir sur tes pas. Où est l’art ? Le chemin qui y conduit semble se dérober à celui qui s’en est écarté trop longtemps. « Le vrai chemin passe par une corde qui n’est pas tendue en l’air, mais presque au ras du sol. Elle paraît plus destinée à faire trébucher qu’à être parcourue. »  Ne joue plus au funambule. Regarde devant toi quand tu marches. Fixe un point au loin et pense à respirer de temps en temps. Ne cherche pas à combler le trou, ne cherche pas non plus à le creuser davantage. Ta pierre n’est pas encore scellée, tes dates ne sont pas encore gravées. Qu’est-ce que tu fais du trait d’union entre tes dates ? L’une t’est connue ; quant à l’autre, elle n’apparaîtra que le jour où tu ne seras plus. Entre les deux, il te faut trouver des raisons de vivre heureux. Pas de regard rétrospectif, s’il te plaît. Pas de plan sur la comète. Fais ce que tu voudras, fais ce que tu as à faire sur ton barreau d’échelle. Si la trouille est trop forte, regarde le barreau de bois auquel tu te cramponnes, ne regarde pas vers le bas. Maintenant, tu as l’Abri, tu as aussi les Promenades. Dans l’Abri, tu inventes tes amis ; lors des Promenades, tu renoues avec le vif de la parole. Deux espaces qui communiquent : dans l’un, tu traces des lignes ; dans l’autre, tu les emmènes en promenade. Chemin faisant, tu trouveras bien un être qui, par sa présence, t’obligera à quitter ton sillon et t’accueillera dans son monde. « Fais apparaître ce qui sans toi ne serait peut-être jamais vu. » Arrivé à un certain point, il n’y a plus de retour possible. Il est des seuils que l’on franchit sans s’en rendre compte. À l’instant où des voix se taisent, d’autres prennent le relais.

tu te retournes sur ton passé. il n'est rien ou si peu, une chambre vide, Quelques regrets sur quelques photos, rien ou si peu. À un moment, il serait bon d'apprendre à ne plus se retourner.
—  Jacques dor
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Rien ne distingue les souvenirs des autres moments: ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître, à leurs cicatrices.