tu me fais du bien

Je te rencontre. Je me souviens de toi. Qui est tu ? Tu me tues. Tu me fais du bien. Comment me serais je doutée que cette ville était faite à la taille de l´amour ? Comment me serais je doutée que tu étais fait à la taille de mon corps même ? Tu me plais. Quel événement. Tu me plais. Quelle lenteur tout à coup. Quelle douceur. Tu ne peux pas savoir. Tu me tues. Tu me fais du bien. Tu me tues. Tu me fais du bien. J´ai le temps. Je t´en prie. Dévore-moi. Déforme-moi jusqu´à la laideur.
—  Marguerite Duras, Hiroshima mon amour
Je te rencontre.
Je me souviens de toi.
Qui es-tu?
Tu me tues.
Tu me fais du bien
Comment me serais-je doutée que cette ville était faite à la taille de l'amour ?
Comment me serais-je doutée que tu étais fait à la taille de mon corps même ?
Tu me plais. Quel événement. Tu me plais.
Quelle lenteur tout à coup.
Quelle douceur.
Tu ne peux pas savoir.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J'ai le temps.
Dévore-moi.
Déforme-moi jusqu'à la laideur.
Pourquoi pas toi ?
Pourquoi pas toi dans cette ville et dans cette nuit pareille aux autres au point de s'y méprendre?
Je t'en prie…
—  Marguerite Duras - Hiroshima mon amour
J’ai du mal à mettre des mots sur ce que je ressens actuellement. Mais tout ce que je sais, c’est que je t’aime et que tu me fais du bien. Alors reste auprès de moi et ne pars pas.
Je ne comprends pas trop, pourquoi tu souris autant lorsque je parle, pourquoi tu me regardes si souvent, si longtemps. Je ne comprends pas trop, ce lien qui nous unit. Je ne saurais dire si cet amour me mènera quelque part. La seule chose que je sais c'est que tu me fais du bien, et ça, c'est indéniable, infini.

   «Criss (et crises) de folle»


À toi, criss de folle qui pète des coches à ton chum…

Si tu lis ça, c’est que tu t’es reconnue et si tu t’es reconnue, j’aimerais régler quelque chose avec toi : Ne laisse plus jamais quiconque t’affubler d’un tel titre.

Alors on reprend : À toi, fille fragile, blessée, insécure ou sensible qui pète des coches à ton chum…Te laisser appeler comme ça ou même pire, te considérer toi-même ainsi, c’est juste pas correct. Même si tu pleures c’est pas correct. Même si tu cries c’est pas correct. Même si tu dis des choses que tu ne penses pas, même si tu fais des drames pour des détails, même si t’es jalouse, même si t’as besoin de consulter des psys… c’est pas correct d’assumer un tel nom. Tant que tu ne seras pas dans un institut psychiatrique, attachée à ton lit à réciter des psaumes d’une secte quelconque, tu vas juste être une fille en bonne santé mentale qui a parfois des émotions hyperactives.

Souvent, j’ai entendu dire: «Un homme qui se choque et qui fait une colère c’est un homme qui prend sa place et qui se tient debout, tandis qu’une femme qui se choque et qui fait une colère, c’est une hystérique». Bien moi je t’écris au nom de la fille «hystérique» qui a envie de te dire que la fragilité n’est pas une maladie. Parce que selon moi, peu importe pourquoi tu rédiges une crise dans les lignes de ta relation, tu l’écris toujours sur un fond d’écran de vulnérabilité. Avoir des émotions c’est pas un défaut, pis avoir des trop-pleins c’est normal.

J’ai moi-même toute une collection de raisons qui justifient ma sensibilité, alors je sais bien que ça peut être lourd pour les gens qui nous entourent et qu’à un moment donné, il faut que la princesse en détresse apprenne à venir à son propre secours. Mais des fois, ça demande plus de temps que prévu arriver à déjouer le dragon qui t’empêche de te sauver de toi-même. C’est pas un manque de volonté si on n’arrive pas toujours à éteindre la champlure de nos yeux. Pis dans ces moments de vulnérabilité-là, nos sentiments deviennent daltoniens. On arrive plus à juger avec discernement quelle couleur choisir dans notre palette à émotions, alors on se trompe et on gâche notre dessin. Après ça on se sent coupable et on a déjà peur de recommencer à gribouiller, alors on n’a  certainement pas besoin de quelqu’un pour venir ajouter à nos remords en nous disant qu’on est des peintres de marde. 

Chère fille fragile, blessée, insécure ou sensible qui pète des coches à ton chum,

Tu mérites d’être rassurée. Tu mérites d’être capable de le faire par toi-même aussi. Surtout. Mais en attendant, tu ne mérites pas d’être traitée de criss de folle simplement parce que tes flèches de colère ou d’affliction se trompent de cible. Si la personne que tu as accidentellement heurté avec ta crise était sur le chemin de tes émotions, c’est parce qu’elle était assez proche de toi pour  t’aimer sans juger ce que tu ressens et pour avoir la présence d’esprit de réaliser que tu n’es pas nécessairement une hystérique.

Finalement, à toi,  cher garçon  qui  m’a qualifié de criss de folle,

Si le son de mes larmes traverse les murs et qu’à cet instant tu me traites de «criss de folle», dis-toi que la pesanteur de tes propos traverse elle aussi les murs. Pis quand on est fragile, les mots comme les tiens on les avale comme des gorgées de sable. Sauf que moi, je préfère éplucher mes tristesses sanglot par sanglot plutôt que de les laisser macérer dans mon réservoir de bonheur en me faisant du mal… bien plus encore que tu ne le fais avec tes mots gratuits et blessants.


Tu dois savoir que de ton côté du mur tu as de la chance, comme moi, que la personne qui t’aime accepte tes défauts. Dans mon cas ce sont les crises et dans le tien c’est le fait que tu sois un peu niaiseux.  Heureusement pour nous, tous les chums ne sont pas si peu gâtés que toi en matière d’ouverture d’esprit et de maturité. En ce qui me concerne, le gars que j’ai choisi pour vivre en parallèle avec  moi ne porte pas de jugement sur les gens sans être renseigné de ce qu’ils vivent. Vraiment, tu es choyé d’avoir une blonde qui endure tes pannes de cerveau, mais quant à moi, je te souhaite que ta lumière revienne parce que je sais que toi aussi tu n’es probablement que fragile, insécure, sensible ou blessé.

- T'es remplis de jolis trucs que j'aime.
- Je suis sur qu'il y a des trucs que t'aimes pas aussi chez moi.
- J'aime le fait que tu sois pas parfait du tout.
- Oui donc il y a pleins de petits trucs chez moi que t'aimes pas. Mais c'est joliment dit.
- Si t'étais parfait je m'ennuierai beaucoup moi. J'aime bien parce que quand quelque chose m'énerve chez toi je me dis qu'à côté il y a quelque chose qui me fait du bien. Quand tu fais des bêtises qui me rendent tristes je me dis que tu fais aussi des bêtises qui me font rire. Quand je trouve qu'une de tes manies est insupportable je me dis qu'une autre te rend beau. Il y a toujours quelque chose qui compense et moi je trouve que tu devrais rester pas parfait comme ça.
—  Conversation tardive.
Hiroshima Mon Amour

Je te rencontre.
Je me souviens de toi.
Qui est tu ?
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Comment me serais je doutée que cette ville était faite à la taille de l´amour ?
Comment me serais je doutée que tu étais fait à la taille de mon corps même ?
Tu me plais. Quel événement. Tu me plais.
Quelle lenteur tout à coup.
Quelle douceur.
Tu ne peux pas savoir.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J´ai le temps.
Je t´en prie.
Dévore-moi.
Déforme-moi jusqu´a la laideur.
Pourquoi pas toi ?
Pourquoi pas toi dans cette ville et dans cette nuit pareille aux autres au point de s´y méprendre ?
Je t´en prie…

Hiroshima Mon Amour, Marguerite Duras