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Laguna 69, Trek de Santa Cruz et Māncora

Bonjour tout le monde !

Avec cet article nous rattrapons notre retard et clôturons ces 5 mois fantastiques en Amérique du Sud.

Nous arrivons donc à Huaraz en fin de journée avec 2 heures de retard, ce qui nous laisse très peu de temps pour déposer nos sacs à l’auberge, faire les courses pour le trek, trouver un transport pour le lendemain… et être à la Plaza de Armas pour 20h afin de retrouver Denis et aller manger. On se trouve une petite gargote dans le coin du marché puis nous allons  boire une bière en terrasse. C’est marrant d’avoir des souvenirs communs en Bretagne avec une personne rencontrée à l’autre bout du monde !

Même si on ne rentre pas trop tard, le temps de faire les sacs de rando et de prendre  une douche mine de rien on se couche après minuit et le réveil à 4h30 fait mal, très mal (et ne nous rendra pas la journée facile !). On choppe un premier minivan pour Yungay : les sacs de randos bien chargés sur les genoux, serrés à l’arrière, on est crevés mais impossible de dormir. Ensuite on attend une heure au marché de Yungay que notre 2ème minivan parte, le temps d’avaler un café et un sandwich. Le trajet jusqu’à Cebollapampa, point de départ de notre 1ère journée est assez long et surtout sur de la piste pas vraiment en état. Antoine coincé à 4 à l’arrière se tape l’épaule contre le van à chaque soubresaut et moi ma tête ballote de droite à gauche et me « réveille » en sursaut quand je pique du nez. On achète les tickets pour le parc Huascaran dans la cordillère blanche et on descend pour attaquer la ballade de la laguna 69.

On a à peine le temps de se mettre en route qu’à notre plus grand désarroi 2 gros cars remplis de touristes arrivent. M**** on va pas avoir tout ce monde là sur le chemin quand même !? Comme c’est vraiment pas notre truc de marcher à la queue-leu-leu on décide de rallier la laguna par un chemin plus difficile et plus long mais où personne ne se dirige. Vu que ce soir on dort dans le camping situé à l’intersection de ces 2 chemins, Antoine décide de cacher la tente pour s’économiser 3,3kg sur son sac.

Ca commence directement par une bonne grosse montée, et vu qu’on est de base à 3900m d’altitude, le souffle est déjà court. Très vite je me rend compte que je n’ai pas de forces : la nuit de 4h, le transport chaotique et le sac rempli du 1er jour m’ont déjà épuisé au bout de 2km (et il y en a 15 à faire, avec environ 1000m à grimper !). Antoine se demande même s’il ne faudrait pas faire demi-tour, car à chaque pause je m’écroule littéralement sur le sol. 

Mais 2 choses me font continuer à avancer : le paysage, qui est absolument incroyable avec ses sommets enneigés culminants à plus de 6000m, et le beau temps. Clairement de la pluie m’aurait vidé de toute ma motivation ! Bon et puis aussi parce que j’aime pas trop abandonner, une fois au volcan Parinacota ça va bien.

On atteint le premier plateau et il est l’heure de la pause dèj, enfin. Je vois qu’Antoine qui était bien parti accuse finalement lui aussi le coup.

On repart doucement dans les rochers, on dépasse un petit lac qui semble perdu au milieu des cailloux. Et puis il faut monter, encore. C’est très aride à cette hauteur, il n’y a ni végétation ni animaux, juste de la pierre et de la neige en haut. On avance à vitesse d’escargot, Antoine peine, moi je suis à bout. Le mental le mental le mental ! Un pied après l’autre, un lacet après l’autre, on grimpe. Et enfin, on est au sommet… et le spectacle est incroyable. Un monstre de neige et de glace sur la droite, une vallée avec 4 ou 5 lagunes devant nous et derrière nous le chemin parcouru avec toujours en arrière plan des montagnes et volcans majestueux. On ne regrette pas l’effort fourni !

On redescend un petit peu jusqu’à avoir une vue plongeante sur la fameuse laguna 69 : c’est magique ! Celle-ci est d’une couleur bleue irréelle, alimentée directement du glacier par une immense cascade. Au dessus, un immense mur de glace. J’aurais été folle de louper ça ! On descend jusqu’au pied de la lagune, l’eau est transparente, le soleil fait miroiter la surface, c’est beau ! En plus en choisissant cet itinéraire, il n’y a plus personne à la lagune, les autres touristes sont déjà tous redescendus ! On peut donc profiter au calme.

Pour rentrer au camping il reste quand même encore 7km, et ça à beau descendre sur la fin la fatigue me rattrape. Ce soir là, on mange à 18h30 et on dort à 19h !!

Le lendemain, on se fait réveiller par une vache qui se demande quel goût peut avoir une tente ! L’intruse repoussée, on va attendre le colectivo sur le bord de la route… suivis par la vache qui semble avoir eu un coup de foudre pour Antoine.

On nous dépose à Vaqueria après une route pour passer le col un peu sport : les lacets étaient quand même biens serrés. On démarre le trek de Santa Cruz à proprement parlé. Et bien reposés, c’est déjà beaucoup plus facile ! Les paysages sont très variés et nous croisons énormément d’animaux : cochons, moutons, ânes, lamas et surtout beaucoup de vaches. 

Ca monte doucement mais surement, on essaye de nommer les montagnes autour de nous grâce à nos cartes (sur smartphone). On a décidé de faire le trek en 3 jours (il se fait normalement en 4) du coup on doit quand même pousser un peu loin aujourd’hui, et le dernier km est dur, nos jambes se souviennent de la veille ! L’emplacement de camping à une vue plutôt pas mal, encore une fois on est seuls au monde, et il y a même encore suffisamment de soleil pour faire sécher la tente.

On repart de bonne heure le lendemain, et le temps est franchement mauvais : il y a une espèce de gros nuage blanc assez bas qui bouche absolument toute la vue. Et puis il se met à pleuvoir, la température chute…mais il faut grimper pour passer le col ! Ca monte assez dur et mon moral chute quand la pluie se transforme en neige : il fait froid… Mais c’est le début de journée, on a encore toutes nos forces et on atteint le col assez tôt : 4750m, pas mal ! Bon on voit rien, on n’a pas vraiment de chance avec les cols à plus de 4500m ! On redescend rapidement de l’autre côté, j’aimerais retrouver des sensations dans mes mains congelées. On croise plusieurs groupes qui font le trek en sens inverse, avec guide et mules.

Pour manger le midi on atteint le mirador de l’Alpamayo. Le temps se dégage, on fait même une petite sieste au soleil avant de repartir. A partir de maintenant, c’est que de la descente ! On passe une zone étrange, très large entre 2 montagnes, toute plate et composée de …. Sable.

On s’installe dans un campement où l’on se fait adopter par 2 chiens qui passeront la nuit de part et d’autres de notre tente à monter la garde. Je surnomme le premier Rouky car il ressemble vraiment à un renard et le 2ème Rox… bin parce que Rox et Rouky ! Ceux-ci nous suivent pendant toute la matinée du dernier jour, avant de nous abandonner pour un mec qui fait le trek dans l’autre sens et en mode trail. Le début de la journée est tranquille est très joli, on suit la rivière, la végétation est tropicale et il y a toujours autant d’animaux partout. Sur la fin pour arriver à Cashapampa (le terminus) c’est un peu moins drôle, ça descend plus raide et le chemin a subit les récentes intempéries du Pérou, il y a beaucoup de caillasses dues aux éboulements et le passage est parfois très étroit et proche du canyon.

Mais on arrive au village comme prévu avant midi pour pouvoir trouver un minivan : on a de la chance il y en a justement un qui part. Encore un superbe trek qui se termine, on est bien crevés et très très sales (pas de douche depuis 4 jours, berk !) mais contents de nous. On attrape un autre colectivo à Caraz pour retourner à Huaraz, le trajet se passe relativement sans encombre malgré le gros micmac engendré par un tractopelle tombé d’un camion bloqué en travers de la route et un conducteur qui ne devait pas avoir passé le permis.

On est un peu pris par le temps donc dès le lendemain matin on prend un 1er bus pour rejoindre les plages du nord du Pérou. La route pour rejoindre la Panaméricaine est plus longue que prévu, en effet celle-ci vient à peine de rouvrir suite au phénomène El Niño. Et effectivement elle a sacrément morflé : des tronçons entiers ont été emportés, il y a des éboulements de terrains un peu partout qui n’ont pas encore été déblayés, on croise de nombreux agents qui sont en train de dynamiter les gros morceaux de rochers qui bloquent la route… Mais bon, on passe à chaque fois. On arrive à Chimbote en début d’aprem, mais il n’y a pas de bus pour Mancora avant 21h le soir. Après 5 mois de voyage, on est habités à attendre : on se trouve un petit coin tranquille et on s’occupe.

On arrive avec pas mal de retard à Mancora, mais on n’a pas trop mal dormi dans le bus donc on est relativement en forme. Dès qu’on met un pied hors du bus on est au moins rassuré sur une chose : il fait CHAUD !

L’auberge que nous avons choisi est plutôt pas mal, on est les seuls clients et à 5 minutes de la plage. Les 3 jours qui viennent ne vont pas être violents : plage, baignade, bronzette, déjeuner au marché, glandouille, films, dodo, lavage de la tente et des affaires de randonnée pour ne pas se faire recaler en Nouvelle-Zélande, mise à jour du blog, découverte du résultat du premier tour de l’élection, et un resto étonnamment délicieux (je me régale d’un risotto de quinoa avec du thon cru au roquefort… une tuerie !)

C’est bizarre, on a une impression de fin de vacances, alors que pourtant on continue derrière ! On est à la fois triste de quitter l’Amérique du Sud, et excités à l’idée d’aller en Nouvelle-Zélande.

On reprend un bus de nuit pour Lima… en 5 mois, on aura parcouru environ 21500km en bus, en 354 heures : ça fait quasiment 15 jours complets passés dans les bus, quand même ! Après une courte nuit, on enchaîne avec un Uber, un avion pour Santiago, 12h d’attente dans l’aéroport de Santiago, et enfin un Boeing 787 pendant 12h qui passe à toute allure…

Welcome in New Zealand guys !

Kiss !