traqus

Il n'y a pas véritablement d'héroïsme dans ce singulier récit d'aventures où résonnent les échos de Conrad, de Melville ou de Cormac McCarthy. Juste l'âpreté d'une campagne de chasse à la baleine à bord d'un trois-mâts parti du Yorkshire au début de l'hiver 1859. Tous les épisodes y sont — la traque, la tempête, la promiscuité, la scène de dépeçage —, mais dénués de tout romantisme, de toute bravoure. Dans les eaux du Grand Nord est un texte cru qui dit jusqu'à l'éblouissement la souffrance des hommes et des bêtes, la brutalité des gestes et des esprits, la crasse, le sang, les humeurs, les odeurs pestilentielles. La violence est nue, le roman d'aventures se hisse au niveau de la tragédie où s'affrontent un chirurgien, embarqué comme médecin de bord, soldat déchu à l'humanité fragile, et un harponneur pervers, figure primitive du mal. Le bateau se trouve bientôt bloqué dans les glaces, chacun cherche à sauver sa peau à défaut de son âme. La blancheur du paysage se pare de poésie noire, le thriller de reflets métaphysiques. Aux frontières de l'imagination.

Je suis encore un peu groggy, j'arrive pas à trouver les mots.
Pour l'instant, comme toujours quand quelque chose de terrible arrive, je suis en pétards.
Là, je suis en pétards pour deux raisons.

La première, et la plus importante, c'est qu'une communauté très proche de moi, historiquement et personnellement, a été touchée de plein fouet. Un massacre. Gratuit. Pendant une soirée Pride spéciale Gay/Trans Latinx. Par un type malade de haine et d'ignorance. Le nombre de morts est effarant. J'ai des amis aux USA, des amis qui en reviennent et qui appartiennent à la communauté LGBTQIA+. Donc ça me fait doublement peur. Je ressens aussi un peu ce sentiment de traque que j'ai ressenti pendant les attentats. Le fait qu'on en veuille à des “gens comme moi”.

Ensuite, la seconde raison pour laquelle je suis en colère, c'est les conclusions que certains commencent déjà à en tirer, en plein Ramadan. Alors laissez-moi remettre quelques trucs au clair.
1) Le tireur n'était pas musulman pratiquant. Il ne priait pas, il ne jeûnait pas pendant le Ramadan. Dixit sa propre famille.
Donc déjà l'islamophobie qui cherche une raison de pointer son nez = exit. Obsolète.
2) Cet homme était connu pour être homophobe. Pas parce qu'il était musulman ou quoi. Parce qu'il était homophobe, point. Ignard et haineux, mais homophobe de son plein gré et sans aucun lien avec une pratique religieuse.
3) Ce massacre est donc une attaque homophobe, queerphobe, transphobe. P O I N T. En aucun cas, en étant le plus rationnel possible, ne peut on établir un lien avec l'Islam.
4) Si certains sont tentés de cracher sur l'Afghanistan, pays donc le tueur est originaire (ORIGINAIRE, ce n'est pas sa nationalité): l'Afghanistan a une frontière commun avec l'Iran, dont je suis originaire. On y parle la même langue (entre autres), le farsi.
Les afghans sont connus pour être un peuple très doux, cultivé, qui aime la poésie et parle un farsi beaucoup plus rigoureux et académique que le farsi parlé en Iran.
Allez donc en Afghanistan avant d'ouvrir vos bouches haineuses, allez-y les mains dans les poches, regardez comme les habitants vous accueilleront à bras ouverts chez eux, vous entourerons d'attentions, se mettront en quatre pour que vous puissiez vivre le plus confortablement possible parmi eux. Regardez et apprenez.
Si il y a quelque chose que les afghans peuvent vous apprendre, c'est l'amour inconditionnel de son prochain.

J'aimerai enfin juste dire quelque chose de personnel. Je ne l'ai jamais dit publiquement parce que pour moi ça n'avait pas vraiment d'importance vu où j'en étais dans ma vie et dans mon acceptation de moi-même, mais cette revendication me semble désormais nécessaire:
Je suis bisexuelle, je suis genderqueer, je suis aussi iranienne et arménienne.
Et devant ces raccourcis, ces accusations, ces stratégies de l'homme de paille à deux balles, cette rhétorique ignarde, que dire? À part: Nique ta haine.

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Tomb Raider comics II #6 Art cover by Agustin Alessio.

Story:
EN - Tamaki’s exhilarating first arc comes to a close!
Professor Demur has located a mushroom said to grant the impossible in a feat that nearly cost him his life – and Lara’s!
However, danger still lingers, and it’s stalking Lara Croft!

Histoire:
FR - Le premier arc de l’aventure du Tamaki arrive à sa fin!
Le professeur Demur a localisé un champignon accordant l'imortalité qui a failli lui coûter la vie - et celle de Lara!
Cependant, le danger persiste encore, et il traque Lara Croft! 

Written by Mariko Tamaki,
Artwork by Phillip Sevy,
Colored by Michael Atiyeh.

Mais qu'est ce que ça change?

Je me lève le matin. Je regarde la brume. J'ouvre la fenêtre, j'inspire un grand coup, j'ai froid, je m'enrhume. Le monde est si beau à cette heure là. Mais qu'est ce que ça change, puisque tu n'es pas là? Mais qu'est ce que ça change si tu ne frissonnes pas?
Je regagne mon lit, je cherche la chaleur. Je ronronne entre les draps, je découvre la langueur. Ma peau appelle des mains, mes frissons appellent tes bras. Mais qu'est ce que ça change, puisque tu n'es pas là? Mais qu'est ce que ça change si tu ne me réchauffes pas?
Et puis je vis. Je vois le monde, je vois du monde. Je vis et je vibre même, parfois. Et je m'endors en te le racontant tout bas. Je dis la beauté, je dis la laideur. Je dis les bruits et les odeurs. Mais qu'est ce que ça change, puisque tu n'es pas là? Mais qu'est ce que ça change si tu ne m'écoutes pas?
Et puis je suis belle. J'essaye. Je garde ma peau douce et ma taille souple. Je guette les rides, je traque les bourrelets. Mon corps est mon angoisse. Mais je plais encore. Je plais, je souris. Je m'entraîne à te plaire. Je reste la même, je ne vieillis pas. Mais qu'est ce que ça change, puisque tu n'es pas là? Mais qu'est ce que ça change si tu ne me vois pas?
Alors je sors. Alors ils approchent. Je les laisse approcher. Ils me touchent, ils me prennent, ils m'imprègnent. Je leur donne tes baisers. Je leur offre mon corps, je leur offre tout. Je meurs dans d'autres bras, je te voudrais jaloux. Mais qu'est ce que ça change, puisque tu n'es pas là? Mais qu'est ce que ça change, puisque tu t'en fous?

La Louve.

vimeo

Court-métrage d'animation de fin d'études (promotion 2014).

Réalisateurs : Paula ASSADOURIAN, Marlène BEAUBE, Débora CRUCHON, Maxime DELALANDE, Thibaud GAYRAL, Batiste PERRON

Synopsis : 
La traque infernale d'un jeune homme par sa copine qui n'a pas digeré leur rupture.

An angry girlfriend’s infernal hunt of the man who broke her heart.