transsubstantiation

osmose

Les termes d’osmose, de transmutation et de transsubstantiation, qui font respectivement appel aux registres de la chimie, de l'alchimie et de la théologie catholique, ont pour dénominateur commun de désigner le passage d'une substance dans une autre. Ils font de la relation entre spectateur et artiste un lien d'autant plus affirmé et réel que ne le définissent ni la conscience personnelle du premier, ni celle du second. On a vu déjà que l'artiste ne possédait aucun contrôle sur les réactions du spectateur. La description phénoménale de la réaction de la spectateur proposée par Duchamp, tout en intégrant les actions de déchiffrement et d'interprétation qui sont des étapes obligées du processus, n'attribue à ses jugements singuliers aucune valeur interprétative propre, et se refuse à les hiérarchiser. Socialement, le déchiffrement, l'interprétation ne valent pas pour le sens établi qu'ils produisent, mais comme moment nécessaire, et non suffisant, de la genèse de la valeur de l'œuvre : chaque spectateur introduit l'œuvre d'art (et non pas la matière inerte) dans le réel. Ce dernier possède une consistance avant tout sociale. Aussi aucun individu ne saurait-il prétendre achever à lui seul ce processus.

Jean-Philippe Antoine, « Une expérience démocratique de l'art ? Du Marcel Duchamp à Joseph Beuys », in Six rhapsodies froides sur le lieu, l'image et le souvenir, Desclée de Brouwer, Paris, 2002, p. 125.

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Jean-François Lecompte, auteur, entre autres, de La Symbolique du Graal, Éditions Édite, 2008, fait un point bachique sur la transsubstantiation, le vin, la religion, la magie…