tocarde

Bon honnêtement I get it, je peux voir d'où vous venez, c'était pas mon premier choix non plus. Il y en a plein qui l'ont vraiment mauvaise à l'idée de ‘devoir’ voter Macron et qui disent que c'est plus leur problème… mais le truc, c'est que les électeurs du fn ne vont rien lâcher, et ça on le sait tous. Ils vont rameuter des gens, avoir plus de voix, récupérer où ils peuvent avec un nationalisme décomplexé balançant des horreurs à tout va et ils vont se mobiliser… donc à force de dire “c'est pas mon problème et Macron à pas besoin de moi pour gagner, je ne veux pas souiller ma conscience comme ça” on joue un peu avec le feu, on flirt avec le précipice.
Vous aurez les législatives pour faire comprendre à Macron que vous l'aimez pas et que vous voulez lui foutre des bâtons dans les roues, la priorité actuelle c'est de s'assurer que ça soit bien lui qu'il faille bloquer avec une cohabitation, pas la Le Pen.
C'est plus une question de ‘je m'abstiens faute de mieux’ là. Non, non, c'est (en) ‘Marche ou Crève’ alors ça vous fait chier parce que c'est le fils du Hollandisme, parce que c'est un financier, un libéral, un tocard, que sais-je encore, mais c'est pas l'héritier du négationisme, le porte-parole de la haine, il est pas pote avec Ménard et sa Gestapo 2.0, il est pas l'oncle de Mlle Avortement-de-Confort.
Que vous n'aimiez pas Macron est une chose mais il ne faut pas oublier qu'il y a plus à haïr dans le camp d'en face et qu'elle est là, l'urgence absolue.
Le reste, on y survivra.

Connard. Bâtard. Salopard. Enculé. Menteur. Gros con. Sale merde. Abruti. Bouffon. Couillon. Crétin. Crevard. Enflure. Enfoiré. Ordure. Salaud. Tocard. Vas te faire enculer. Débile. Imbécile. Merdeux. Minable. Sous-merde.
—  Et encore c’est faible pour te décrire.. 
Dis Julie, c’est quand qu’on deviendra normaux ?

Et derrière tous ces qualificatifs « instable », « mélancolique », « incoercible », « dans son monde », « tumblr girl », « triste », « salaud »

Il y a cette part d’ombre dénuée de beau. Ne pas s’inspirer de ces gens-là, hormis pour être un bon exemple de mauvais exemple, c’est simplement ce que j’ai envie de dire. Non, la part d’ombre n’est pas belle, elle devrait faire peur, elle devrait se prévenir. 

Les bipolaires n’ont rien pour eux, s’en occuper n’est pas facile, assister à une de ces crises n’est pas souhaitable, pire elle marque une vie. T’as envie de les voir normaux ceux-là, t’as envie que leur vie soit un long fleuve tranquille, c’est peine perdue, condamnés à ingurgiter ces foutues pilules chaque jour, attendant la prochaine crise, espérant que celle-ci ne soit pas la dernière. 

Les dépressifs sont fatigants, on ne sait jamais quand ils finiront par nous abandonner. À tous moments ils peuvent sauter du balcon ou s’électrocuter dans leur bain. Tu les vois un jour, tu les vois 5 minutes avant, t’ouvres la porte, et tu vois ce corps inerte, t’as rien pu faire, t’as rien pu faire mais t’es en colère, en colère contre toi-même de pas avoir pu empêcher ce triste carnage. 

Les types instables, ceux qui te cognent quand ils ont un trop plein d’émotions, oh oui qu’ils sont détestables, tu les aimes, tu les aimes de tout ton être, t’es sado-maso, tu t’échines à vouloir les changer, à les apaiser avec tes bras, et ils le savent, ils le savent et te font mal, vraiment mal, bien plus avec leur attitude que tous leurs coups. Mais ils sont incorrigibles, victime de leurs vices et cette colère omniprésente. Et toi, t’es là, mais t’espères plus, tu te sens vaincue. 

Quant aux camés, ils ne sont pas beaux, ils sont malades, ils sont dans leur monde incompréhensible, ils sont là et toi t’es là aussi, tu les vois mais eux semblent te voir sans prêter attention. Virée chez le dealeur pour l’héroïne, la cuillère sur le clipper, le liquide qui commence à bouillir, la seringue aspire cette merde, le camé se pique et toi, t’es là, t’es là et t’as envie de pleurer, t’as envie de les secouer, de les réveiller, mais pas comme eux le font, toi t’as envie de les faire rentrer dans la normalité. 

Et les jeunes filles enceintes, avez-vous déjà entendu leurs cris à l’annonce de la terrible sentence, avez-vous vu les yeux humides d’une jeune fille qui avait tout pour vivre, une belle gueule, un copain, des amis, des bonnes notes, des parents. Tout ceci balayé d’une traite par cette espèce de chose dans leur vagin, et toi, t’es là, tu sais pas réagir face à leur détresse, t’as que tes bras, tes larmes et ton sang-froid, mais à l’intérieur, t’es dans le brouillard, t’as envie de partir, de fuir, tu te dis « mais pourquoi ». 

Les parents absents, et leurs enfants en mal d’attention, t’en fais quoi aussi ? Tu fais quoi devant ces gamins à l’enfance solitaire, ces gamins mal-aimés, tout cassés ? T’as pas l’amour d’une mère toi, toi t’as que 19 ans et tu ne remplaces pas cet amour si unique, tous tes câlins n’auront jamais la sensation d’une tape dans l’épaule, de la part d’un père fier de son garçon. Toi t’es qu’une gamine qu’essaye mais qui ne répare rien, le mal est fait. 

Et ceux qui se coupent là, ceux-là qu’ont des pulsions morbides, ceux qui extériorisent leur mal-être à coup d’anxiolytiques, ceux qui sont en pleine défonce, tu leur parles, tu leur demandes s’ils ont mangé, ils te répondent « oui » avec la bouche et « non » avec les yeux, t’en fais quoi ? Tu les claques parfois, tu les apaises, t’as tout essayé, t’as tout essayé, mais c’est pas assez, eux ils cachent un mal si profond qu’on y perd un peu de soi-même en tentant de les sortir de là. 

Les gens qu’ont pas un rond, ceux qui mangent des pâtes et du riz en début de mois matin, midi et soir, pis juste une pomme pour la journée au fil des jours, tu peux faire quoi pour eux ? Hein, tu leur donnes le peu que tu as, mais c’est pas assez, c’est jamais assez. 

Et les enculés qu’écrasent tout le monde dès qu’ils en ont l’occasion, ceux-là là, qui sont méchants gratuitement, ultime trace de leur triste adolescence, les « losers », « Pédé », « enculé », « bon à rien », « tocard », résonnent encore dans leur tête dès qu’ils ferment les yeux. « Kill them with kindness » que tu leur répètes, pis parfois tu rentres dans leur jeu, à répondre aussi méchamment qu’eux, pour voir s’ils réagissent. Et parfois ils s’effondrent devant toi et tes phrases coupantes, ils se taisent, ils te détestent, ils reprennent leur attitude de victimes du lycée qu’ils étaient. Tu les prends dans tes bras, tu leur files un pilon pour apaiser quelque peu leur cœur, tu les protèges, tu réponds à leur place pendant qu’eux s’asphyxient avec leurs larmes. Mais c’est pas assez, le mal demeure, jusqu’à en crever le coeur. 

Et les alcooliques, ceux qui boivent leur mauvais pinards dès qu’il fait nuit noire, ceux qui ne supportent pas cette lucidité, cette « normalité », pour vivre, non pour tenter de vivre plutôt, t’en fais quoi ? L’addiction est une terrible maladie, parfois tu les encourages quand ils essayent de s’en défaire, tu ne les récrimines pas si leur tentative est un échec, t’es là mais tu peux rien faire, ils se sont enfermés dans l’addiction, délaissant peu à peu chacune de leurs relations pour un peu plus de défonce ou d’état d’ivresse.


La normalité, la normalité putain, ça a son charme, bien plus que tout ça putain.  

Portrait du mercredi soir inopiné en l’honneur d’un gars de ma classe.

Felipe, aka L I P E L I, un « tocard » (selon ses dires) de 19 piges à moitié brésilien, toujours le sourire aux lèvres et la phrase de vieux sage qui fait du bien. Il est relax, tellement qu'on dirait qu'il fume la moquette avant de se ramener en classe (alors que non), il aimerait changer le monde, potentiellement, il nous fait des tours de magie (de tocard) à la cantine avec son pote Arnaud, il est jamais stressé et affirme à qui veut l'entendre que de toute manière, tant que t'es vivant, « y'a pas de souci ». Il dit « énervé, chanmé, golri » pour tout et n'importe quoi, il écoute du rap (du vrai, attention), aimerait être papa et avoue du bout des lèvres que quand même, il « aimerait bien faire des trucs importants, et arrêter un jour d'être un tocard pour devenir un artiste ».

Garde ces gens-là, ceux-là là, qui se lèvent à 5h du matin pour venir te chercher à la gare, ceux qui t’emmènent toujours dans des plans foireux, ceux qui font l’effort de te parler, les entêtés qui refusent tes non-réponses, ceux qui volent jusqu’à toi dès que tu en as besoin, ceux qui puent la galère, ceux qui rient pour rien et ceux qui sont toujours blasés, ceux qui sont fauchés et ceux qui ont de l’argent à jeter, ceux qui parlent jamais et ceux avec qui t’arrives pas à en placer une, ceux qui t’appellent à 3 heures du matin en ayant perdu leurs clefs, ceux qui sont toujours dans la lune, ceux qui sont toujours en retard, ceux qui t’engueulent parce-qu’ils étaient à l’heure, ceux qui aiment la trance et ceux qui adorent Renaud, ceux qu’ont du mal à vivre et ceux qui ne demandent qu’à vivre, ceux qu’habitent à 400 bornes et ceux qui vivent à 5 rues, ceux qui ne font que cavaler, ceux qui hurlent, ceux qui râlent, ceux qui parlent pas français, ceux qui finissent en PLS les soirs de semaine, ceux qui tiennent pas l’alcool et ceux que t’arrivent pas à suivre, ceux qui boivent cul sec et ceux qui noient leur chagrin dans la bouteille, ceux qui balbutient, ceux qui ont envie de mourir, ceux qui chantent juste et les casseroles, ceux qui voyagent, ceux qui stagnent, ceux qui ont une petite vessie, ceux qui ressemblent à des hippies, ceux qui jouent de la musique, ceux qui t’emmènent au septième ciel, ceux qui te tirent en haut, ceux qui te cognent toujours, ceux qui s’ennuient, ceux qui font que dormir, ceux qui se lèvent jamais avant 16h, ceux qui sont au chômage, ceux qui ne veulent pas grandir, ceux qui veulent fuir.

Oui ceux-là, les bosseurs, les grand-cœurs, les fêtards, les tocards, les oubliés, les inachevés, les mélancoliques, les bucoliques, les rêveurs, les tombeurs, les charmeurs, les teuffeurs, les enculés, les tarés, les don juan, les mécontents, les enragés, les fumeurs de cannabis, les toxicos, ceux qui prennent de la coke, de la kéta et toutes ces choses, les éternels incompris, les incorrigibles optimistes, les littéraires, les téméraires, les barbus, les « m’as-tu vu », les timides, les perfides, les connards, les saoulards, les superficiels, les infidèles, les bipolaires, les éternels célibataires, les beau-parleurs, les acteurs , les peureux, les coléreux, les indécis, les amis, les amours, les vautours.

Oui, ceux-là, ceux qui te rendent meilleure, ceux qui te font rire, ceux qui ont besoin de toi, ceux qui n’attendent que toi pour festoyer, ceux à qui tu manques, ceux qui t’admirent, ceux qui veulent devenir comme toi, ceux qui envient ton train de vie, ceux qui réussissent à vivre avec ton sourire, ceux qui te donnent l’énergie d’avancer, ceux qui tapent du pied avec toi jusqu’à midi, ceux qui ne connaissent pas la fatigue en ta compagnie, ceux qui sont toujours prêts à foutre la zizanie avec ta connerie, ceux qui t’aident à escalader tous ces murs, ceux qui te serrent au creux de leurs bras, ceux qui t’envoient un kilo d’amour par jour, ceux qui te disent ce qu’ils pensent de toi, ceux qui t’ouvrent la porte quand tu tangues, ceux qui t’hébergent dès que tu en as besoin, ceux qui restent éveillés tard le soir pour te parler, ceux qui partagent tes nuits d’insomnies, ceux qu’essayent de t’apaiser le cœur, ceux qui te connaissent par cœur, ceux qui sont pas vraiment des enfants de cœurs mais qui t’ont offert leur cœur, ceux qui n’ont pas de rancœur pour toi, ceux qui veulent te voir tout en haut, ceux qui espèrent te voir légaliser la beuh, ceux qui vident leurs poches quand t’es fauchée, ceux qui n’ont pas besoin de parler pour te comprendre, ceux qu’essayent sans relâche de te cerner, ceux qui sourient rien qu’en ta présence, ceux qui te croient parfaite, ceux qui savent faire la fête, et même ceux qui baisent chez toi, ceux qui dégueulassent l’appart à chacun de leur passage, ceux qui sont toujours dans le brouillard, ceux qui font que tu es simplement toi, toi l'énergumène qui prend de la place mais qu'a toujours cette foutue grimace qui montre tes dents blanches.  

Le meilleur du sexisme dans la chanson française [Culture du viol #2]

Vous avez peut-être récemment entendu parler d'Orelsan, de ses paroles aussi violentes que misogynes et du procès qu'il a gagné. Si je ne vais pas vous reparler du bonhomme et de ses chansons c'est d'abord parce que je pense pas pouvoir ajouter quelque chose en plus par rapport à tout ce qui s'est dit sur l'ensemble des pages féministes, et ensuite parce que j'aurais malgré ma bonne volonté du mal à trouver une vanne sur « Tu vas te faire Marie Trintigner ». En revanche, Orelsan n'est pas le premier à avoir eu l'idée d'écrire des chansons sexistes, et toute cette histoire m'a donné “envie” d'explorer la chanson en tant que vecteur supplémentaire du sexisme au quotidien.

Mise au point avant de commencer : si jamais vous me dites que c'est que de la chanson ou que les voies de l'art sont impénétrables ou ce genre de conneries, je vous préviens tout de suite, je m'en fous.

Mélissa : Julien Clerc


Si vous saviez à quel point cette chanson m'horripile à chaque fois que je l'entends à la radio ce qui arrive malheureusement assez souvent, cette chanson étant quand même plus ou moins un classique, le genre dont on connaît deux trois bribes sans vraiment en connaître les paroles.

Ben je vais vous les apprendre moi :

Mélissa métisse d'Ibiza vit toujours dévêtue

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue
Le matin derrière ses canisses A-Lors qu'elle est moitié
nue
Sur les murs devant chez Mélissa y'a tout plein d'inconnus

Je suis pas spécialiste de la question de l'oppression raciale, néanmoins je me demande si Julien Clerc aurait osé nous pondre ça sur l'air de la lettre à Elise :

Élodie la blonde de Neuilly, se promène toujours toute nue

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Elodie me tue

Le matin derrière ses persiennes alors qu'elle est dévêtue

Devant le jardin d'Elodie y'a tout plein d'inconnus.

Donc je voudrais signaler à Julien Clerc qu'une métisse n'est pas une créature exotique aux mœurs étranges mais bien une femme.

“Descendez ça c'est défendu! Oh c'est indécent!”

En effet, oui.

Elle crie mais bien entendu personne ne descend

Euh…. du coup Julien… il y a ta copine qui est en train d'être regardée nue sans son consentement… tu pourrais peut-être faire autre chose que chanter une chanson à la mélodie joyeuse, là ? Genre….l'aider ? Dégager les connards de devant chez elle, allez voir la police… ? Non ?

Sous la soie de sa jupe fendue en zoom en gros plan

Tout un tas d'individus filment noirs et blancs
Mélissa, métisse d'Ibiza a des seins tous pointus
Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue
“Descendez ça c'est défendu! Mater chez les gens”
Elle crie mais bien entendu y'a jamais d'agent

De mieux en mieux. Julien! Bouge toi!

Elle crie c'est du temps perdu personne ne l'entend

La police c'est tout des vendus dix ans qu'elle attend

Ah ok !!! En fait c'est une critique ultra-subtile de cette société sexiste où personne n'est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence, battues, harcelées, agressées sexuellement, violées parce que tout le monde s'en fout ? Je rappelle en effet que la situation de Mélissa, à défaut d'être aussi joyeuse que dans la chanson est en fait assez souvent vraie.

Mélissa, métisse d'Ibiza a toujours sa vertu

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue

Effectivement, elle risquerait de mal prendre le fait que tu dévoiles toute sa vie intime depuis tout à l'heure oui.

Ouh! Matez ma métisse, ouh! Ma métisse est nue

Ouh! Matez ma métisse, ouh! Ma métisse est nue

Julien. La prochaine fois que tu as envie de montrer aux gens quelque chose de tout nu, tu te déshabilles et tu montres ta bite. Ou ce que tu veux d'autre de ton corps. Je m'en fous. T'as le droit. C'est à toi. Mélissa en revanche ne t'appartient pas.

Mélissa métisse d'Ibiza vit toujours dévêtue

Dites jamais que je vous ai dit ça je vous ai jamais vu
Le matin derrière ses canisses A-Lors je vends des longues
vues
Mais si jamais Mélissa sait ça là c'est moi qui vous tue

Ah ben c'est bête parce que j'ai prévu de tout lui dire. De toute façon, t'es déjà mort 40 fois auparavant dans la chanson donc je crains pas grand chose.

Non mais sérieusement, le délire là c'est que le mec de Mélissa qui est métisse aide des tocards à regarder sa copine nue et raconte sa vie intime à tout le monde contre sa volonté et que Julien Clerc en fait une chanson dansante. Bah oui. Bah voyons. Ben soyons fous. Je pense donc que cette chanson rentre entièrement dans ma série d'articles sur la culture du viol qu'il faudrait d'ailleurs que je commence à écrire un jour depuis le temps que j'en parle.

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