throwing-muses

Enfin !!!

En ce samedi matin de mars, le ciel est grand et le soleil resplendit, et les criconstances vont m’amener à faire l’aveu que vous attendez tous, en tout cas beaucoup d’entre vous, parfois fébrilement, parfois avec une extrême nervosité qui s’est accumulée à mesure que les mois passaient sans aveux de ma part.

Oui, je suis méchant, ça c’est le premier point, mais est-il finalement besoin de le préciser étant donné que cela crève les yeux ? Oui, je sais, l’effet aveu est ici ce qui compte.
Oui, j’ai la haine de l’autre chevillée au corps, et, quand je croise des gens dans la rue, mon regard est si haineux que les gens, soit hurlent, soit s’enfuient, soit s’évanouissent, soit appellent les autorités.

Oui, je raconte absolument n’importe quoi sur internet JUSTE POUR ME RENDRE INTÉRESSANT car comme il est patent rien qu’à observer ma création et le travail intense et généreux que je fais pour la création et le succès des autres sans rien attendre en retour, ma vie est d’un ennui tel et d’un tel manque d’amour que je dois me mettre en scène et exposer une mythomanie résolument éreintante, et, à tout le moins, parfaitement pathétique.
Non, je ne connais pas Maria Luisa Romeu, j’ai inventé toute l’histoire parce que je suis malade ; de même, j’ai harcelé quelqu’un que je ne connaissais pas JUSTE parce que je suis homophobe et que je ne supporte pas le succès des autres.

Ce tableau clinique ne serait pas complet si l’on n’y ajoutait ma haine terrifiante de toute différence, en particulier la basanée. Dès que je croise quelqu’un dont la pigmentation est plus foncée que le beige très très très clair, je suis pris de panique et de démangeaisons, je rentre chez moi en courant, parfois suffocant, et je tape mes textes haineux d’un doigt tremblant, à la gloire du Führer et de ses descendants. Je n’ai pas d’expérience particulière du réel, mes écrits éructants ne sont que le résultat de mes peurs ataviques, de mon incapacité à communiquer, et de ma servilité aux médias de l’ultra-droite fachosphérisante.

De tout cela, j’ai décidé de m’excuser. J’espère ne pas trop vous avoir importuné, même si je sais qu’il sera difficile pour vous de me pardonner. Je ne suis rien, juste le petit blanc mainstream, désœuvré, un peu beauf, sans talent, que l’on trouve un peu partout, et de cela aussi, je m’excuse. Je ne pense pas pouvoir me sortir de ma haine un jour, mais j’espère que ce texte sera le premier pas vers un mieux-être, une acceptation de l’Autre, et de meilleurs sentiments. Mes médicaments aideront, et aussi, bien évidemment, votre mansuétude.

Amicalement,

Basile.
Barcelona, 18 mars 2 017
Throwing Muses (sung by Tanya Donelly), Not Too Soon

I find beauty in old piano keys and fraying guitar strings; I find beauty in lonely forests and dark caves, in abandoned bookstores and dusty libraries; I find beauty in music that means something and in people who are passionate. I find beauty in things that make time stop for just a second.
—  The World Moves Too Fast Sometimes