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J'ai beau détester la chaleur et l'été mais j'en ai tout de même de bons moments , j'aime ouvrir les coquelicots avant que leur bouton floral n'ait pu le faire et ainsi découvrir le beau rouge caché, crier tout près du ventilateur et m'amuser à écouter ma voix déformée, chercher le moindre sol qui ne soit pas brûlant et où je pourrais me coller pour me rafraîchir un tant soit peu.
Par contre c'est aussi la période où j'ai le plus envie d'être six pieds sous terre.

Je n'ai vraiment pas l'impression d'exister en continuité; les heures passées sont déjà oubliées dans le néant, aussi bien que ma personne toute entière, je ne réside plus sur terre. Je suis seule parmi une immensité qui m'écrase. Là-haut je pleure, je hurle une colère sourde; le venin, le fléau de l'existence est la naissance, j'aimerais retourner à un état d'insouciance, ma présence est à la fois utile et inutile. La vie n'a aucun but particulier; on nait pour mourir. Entre les deux, on cherche à tout prit quelque chose pour ralentir le cycle. Le suicide est un droit commun à tous. Les pires des vices et des souffrances ne seront dénichés que dans la tombe.