tanka

なるかみの, すこしとよみて,
さしくもり,
あめもふらぬか,
きみをとどめむ

[A faint clap of thunder,
Clouded skies,
Perhaps rain will come.
If so, will you stay here with me?]

—  Yukino in The Garden of Words [movie] reciting a tanka from Man'yōshū, Book 11, verse 2,513

なるかみの, すこしとよみて, 
Il debole suono di un tuono,

さしくもり,
il cielo carico di nubi,

あめもふらぬか,
forse pioverà.

きみをとどめむ?
E allora, resterai con me?


なるかみの, すこしとよみて,
Il debole suono di un tuono,

ふらずとも,
anche se non piovesse

わはとどまらむ,
resterò qui,

いもしとどめば。
con te.

Il giardino delle parole (言の葉の庭) 

“Tanka-Photo-Art” is a collaborative work starting in the summer, 2016.
The members are Mr.Michael Boiano; poet, Mr.Daijiro TODO; specialist in literary words, Kay AIKA; coordinator at Koshirae-Bunkogura, and I.
There are 27 works since it took almost one year, and are available 10 works on the webshop Etsy koshigura is in downloading sales. Please access it.
Thank you, Jumy

Etsy koshigura
https://www.etsy.com/jp/shop/koshigura?ref=search_shop_redirect

Kokin Wakashū 古今和 歌集

ou Kokinshū 古今集 - 1ère Anthologie de waka 和歌

Printemps

C'est pour vous que dans
la lande printanière, je vais
cueillant ces jeunes pousses,
cependant que sur mes manches
tombent des flocons de neige.

021 - Kōkō Tennō (58) 光孝天皇 (830-887 r. 884 - 887).
(Recueil des joyaux d’or et d’autres poèmes, traduit et présenté par Michel Vieillard-Baron, Les Belles Lettres, Paris, 978-2-251-7225-2) 

Illustration du poème 021 - Utagawa Hiroshige 歌川広重 (1797 - 1858). 

Fine est la trame
du vêtement de brume
que porte le printemps
le vent de la montagne
le froissera sans doute.

023 - Ariwara no Yukihira 在原行平 (818-893).
(Recueil des joyaux d’or et d’autres poèmes, traduit et présenté par Michel Vieillard-Baron, Les Belles Lettres, Paris, 978-2-251-7225-2).

Illustration du poème 023 - Kojima Kōkei 小島光径 (1931 - ). 

Mille oiseaux gazouillent
c'est le printemps
bien que tout
se renouvelle
moi, je vieillis.

028 – Anonyme.

IIlustration du poème 028 - Ohara Koson 小原古邨 (1877 - 1945). 

I looked at you, love,
with a childish conviction,
you are all I need.
I melt in your piercing gaze
though I know where this would lead.

I caressed you, heart,
you, my loving affliction,
you are all I feel.
I breathed in your ev'ry touch
though I know my lungs won’t heal.

I kissed you, my dear,
you, my greatest addiction,
you are all I know.
I tasted your very soul
though it tastes of long ago.

—  Me (JNH). We are only a moment, I’ll enjoy us while we last.
Ariwara-no-Narihara 在原業平 (825-880)

Narihara était un aristocrate,  5ème fils du Prince impérial Abo 阿保親王 (792-842), fils de l'empereur Heizei (51)  平城天皇 (774-824 r. 806-809).

Narihira laisse de nombreux poèmes regroupés dans un recueil privé, le Narihira-shū 業平集. Plusieurs d'entre-eux seront compilés dans les anthologies impériales postérieures. Un poème sera également repris par Fujiwara no Sadaie 藤原定家 (1162-1241) dans son Hyakunin Isshu 百人一首 (n° 17).

Voici quelques poèmes :

Rentré cette nuit sans vous voir
les larmes ont trempé ma manche
plus encore que la rosée du matin

où je m'en retournais, écartant
les bambous nains de la lande d'automne.

Illustration du poème :  “Ariwara-no-Narihira cherchant le fantôme d'Ono-no-Komachi du regard" de  Tsukioka Yoshitoshi 月岡芳年 (1839-1892).

Au fond noir
des ténèbres de l'amour
je me suis perdu

rêve ou vérité
dites-le, mortels, si vous le pouvez.

Illustration : “Ariwara-no-Narihara” de Utagawa Kunisada 歌川国貞 (1786-1865) ou Utagawa Toyokuni III   三代 歌川豊国  (3ème génération Toyokuni Utagawa).

Oui, c'est bien la même lune
c'est bien le même printemps
que jadis, rien ne change

sauf mon corps qui n'est plus
celui d'antan.

Illustration : “Ariwara-no-Narihira and Nijo-no-Tsubone at the Fuji river” de Tsukioka Yoshitoshi 月岡芳年 (1839-1892).