stationner

Dans la plupart des histoires d'amour deux personnes tombent amoureuse l'une de l'autre. Mais nous dans tout ça ? Qui raconte nos histoires ? Celles où on tombe amoureux en solitaire. Nous sommes les victimes des relations à sens unique, nous sommes les amoureux maudits, nous sommes les sans-amours,les grands éclopés, les handicapés qui n'on pas le droit à une place de stationnement réservée .
—  The holiday
Guide de la route de montagne enneigée à l’usage des non-montagnards

-  Une bougie chauffe-plat est suffisante pour garder l’habitacle d’une voiture standard hors-gel pendant un bon moment. Prévoyez en quelques-unes et un briquet au cas où vous vous retrouviez coincés.

- Ne mettez pas vos affaires de neige, en particulier vos gants, au fond des valises, elles-mêmes au fond du coffre. Gardez une veste, un bonnet et de quoi vous protéger les doigts à portée de main.

- Ne cherchez pas à freiner sur de la glace, ça ne servira qu’à vous envoyer dans le décor. Laissez-vous porter quitte à aller doucement vous planter dans un talus, c’est toujours mieux que le ravin.

- La neige a plus de traction que de la glace, si vous sentez votre véhicule partir mais que vous avez encore assez de contrôler, essayer de guider une roue vers le rebord enneigé.

- Si vous voyez des véhicules en perdition, évitez de vous engager immédiatement, attendez qu’un chasse-neige passe. Vous mettre en travers ne va aider personne, surtout pas le chasse-neige.

-  Apprenez à mettre vos chaines avant d’être en situation d’urgence. Vérifiez qu’elles soient à la bonne taille, démêlées et en bon état.

- Les chaines sont faites pour rouler doucement et sortir d’un terrain glissant, pas pour rouler à 50 km/h et faire crisser les pneus dans les virages. Non seulement vous abîmez vos pneus en roulant à plus de 10 km/h avec des chaines mais en plus vous démontez la route.

- Par grand froid, prévoyez un paquet de litière pour chat, à saupoudrer derrière vos roues si jamais vous êtes coincés sur de la glace-vive. La DDE utilise du gravier mais la litière fonctionne aussi bien et est plus accessible.

- Si votre pare-brise est sec, vous pouvez le couvrir avec une bâche coincée dans les portières pour éviter de devoir gratter le matin. S’il est humide, ne serait-ce qu’un peu, oubliez.

- LE PAPIER JOURNAL SUR LES PARE-BRISES C’EST NON. Sauf si vous aimez gratter du papier-mâché de bon matin quoi.

- Il est interdit de rouler avec une voiture couverte de neige car elle risque de décharger n’importe où – sur une autre voiture, sur votre propre pare-brise. Déblayez votre véhicule, de toute façon un « chargement mal arrimé » est passible d’une amende de 450 euros.

- Si vous avez glissé dans un virage, aller attendre les secours / la dépanneuse de l’autre côté de la route. Si vous avez glissé, il n’y a aucune raison que les autres ne glissent pas aussi, hein.

- Gardez vos distance avec le véhicule de devant pour anticiper les obstacles et appréhender les zones glissantes. Prenez votre mal en patience, aussi, c’est inutile de doubler quelqu’un de lent.

- Si la voiture devant vous traîne mais qu’elle porte une plaque d’immatriculation du département dans lequel vous vous trouvez, demandez-vous pourquoi quelqu’un du coin va doucement et définitivement, restez derrière et prenez votre mal en patience.

- Souvenez-vous que les gens de la montagne ne sont pas des fragiles et qu’ils sont également un peu radin donc si d’un coup, vous voyez une glissière de sécurité alors que la route n’était pas protégée jusque là, c’est probablement que vous êtes dans un coin dangereux où les sorties de route sont fréquentes. Il en va de même pour les panneaux ‘verglas fréquent’ – ce n’est pas juste pour faire joli.

- S’il y a un panneau “stationnement interdit” dans la station de ski, ce n’est pas pour rien, ne vous garez pas là, vous allez sûrement bloquer le chasse-neige qui lui ne se gênera pas pour vous enfermer dans un remblais de neige à moins qu’il ne pousse votre voiture hors du passage. Ne sous-estimez pas l’absence de chill d’un employé de la DDE qui se pèle les meules à 6h du matin.

- Prenez à manger et à boire lorsque vous partez en vacances. Au moins un litre d’eau par personne, le froid déshydrate et déblayer de la neige est extrêmement fatiguant. Pour la nourriture, les barres céréales, la pâte d’amande, les pâtes de fruit, les compotes, des fruits du genre bananes / pommes / clémentines sont vos alliés.

- Les feux, c’est cool. S’il neige, allumez vos phares. Si vous vous plantez, allumez vos warnings. Vous êtes tenus par la loi d’avoir des gilets jaunes à bandes réfléchissantes, c’est le moment de vous en servir.

-  Dans votre kit de survie, vous pouvez aussi avoir :

  • Une pelle pliable ( type pelle de tranchée, une vingtaine d’euros dans surplus militaire, pratiquement incassable )
  • Une couverture
  • Une lampe torche
  • Mais en fait vous devriez avoir ça dans votre voiture tout le temps pas juste quand vous venez au ski.

- Quand vous rentrez chez vous, lavez votre voiture en pensant à bien rincer le dessous du véhicule. Le sel utilisé sur les routes ronge la peinture de la carrosserie et peut provoquer des points de rouille.

- Et tant qu’on y est, petit point bonus : le sel ne fait pas ‘fondre’ la neige, il fait baisser la température à laquelle la glace se forme ainsi c’est une mesure plus préventive que corrective.

June 5th - An awful day that found me running around the Black Country on errands. A strong wind, threatening rain and late for a meeting caused me to hop on a train at Wolverhampton.

Wolverhampton station is functional, but I dislike it - it always feels harsh, inhuman and exposed. With threatening skies today it was almost dystopian.

Se réapproprier la nuit

Je vois pas mal de marches nocturnes en ce moment, qui visent à dénoncer l’insécurité des femmes dans l’espace public la nuit.

Personnellement, je ne me sens pas le moins du monde aidée par ce type d’événements.

Je ne pense pas qu’on ait vraiment besoin de se réapproprier le fait de pouvoir marcher la nuit. Marcher d’un point A à un point B n’est pas ce qui nous expose le plus problème, n’est pas ce qui nous est le plus interdit. ça expose, bien sûr. Mais on le fait.

Le vrai problème, c’est de stationner.

Quand je marche la nuit, ce que je vois, c’est des groupes de mecs qui discutent un peu partout.

Jamais des groupes de filles.

J’en croise, pourtant, des filles comme moi, qui marchent. Pour rentrer chez elles, aller chez des amis. Seules ou en groupe, d’un pas décidé, pour ne pas traîner.

Mais des filles qui s’arrêtent pour discuter ? Une fille qui fume seule en bas de son immeuble ? Un groupe de filles assises dans un parc ? La nuit ? Jamais.

Je ne pense pas qu’on devrait faire des marches nocturnes

Je pense qu’on devrait stationner, la nuit. En groupes, un peu partout. Que les autres filles nous voient. Que les mecs nous voient. Parce qu’on a tout autant qu’eux le droit d’être là. Et d’y rester.

Je veux pouvoir stationner, et pas seulement traverser

Un Bistrot hors du temps, un Café historique.
Tel le petit village gaulois imaginé par Uderzo et Goscinny résistant à l’invasion romaine, le café Aux Sportifs réunis maintient le cap contre vents et marées depuis le début des années 50 à Paris au 75 de la rue Brancion. Certes, le quartier n’est plus le même. Les abattoirs et le marché aux chevaux d’en face ont fermé leurs portes monumentales, les vitriers sont devenus aussi invisibles que leurs glaces, et les marchands des quatre-saisons dont les voitures offraient une fête permanente de couleurs fraîches et de senteurs ne stationnent plus le long des trottoirs. Préface de Jean-Paul Belmondo.

Vocabulaire français

les piétons (-nnes) - pedestrians

le stationnement - parking la voiture particulière - private car un petit déplacement - a small journey la prolifération - the rapid multiplication (of sth) la dégringolade - downward spiral le soutien - the support les organismes de bienfaisance - charities
peu dignes de confiances - unreliable/untrustworthy (pl) casse-pieds - annoying rentable - profitable fautif/ve - at fault miser - to stress  en misant sur - by stressing (the importance of… ect) faire ses sorties - to go on outings fournir - to provide se rendre = aller (more “posh” : “proceed to”)  circuler à pied - to go about on foot rouler en voiture - to go about by car il s'ensuit - it follows(that…)  sombrer - to plunge/fall into s'épanouir - to fulfil oneself, open out, blossom commodément - easily, practically quelquepart - somewhere d'où ça me rend + adj ça me fait + verb les causes se résument à ceci - the causes can be summarised as this le machine fait le travail de l'homme - machines do the work of people faute de… - lack of..  il est inadmissible que + subjunctive

Cabin fever: adventurers hike, ski or snowshoe 11km from a Squamish, B.C. parking lot to Elfin Lakes Hut, a solar-powered shelter that sleeps 33.
Après 11 km à pied, en ski ou en raquette depuis un stationnement de Squamish, en Colombie-Britanique, les randonneurs peuvent toucher du bois au refuge des lacs Elfin.

Photo by / par Grant Harder.

See more from our March 2014 issue.
Découvrez le reste de notre numéro de mars 2014.

L’HOMME QUI PLEURE

“Il n'y a qu'un moyen de naître à une nouvelle vie : mourir avant la mort.” Elif SHAFAK, Soufi, mon amour.

A Valérie

Voici l'homme qui pleure.
Il est assis dans sa voiture, la tête courbée sur son volant. C'est une ombre cet homme qui pleure dans sa voiture. Rien ne peut arrêter le flux des pendulaires sur l'autoroute, à cinq heures du soir. Rien sinon les pleurs de cet homme fabuleux.
Il a couché ses eaux sur la chaussée et trois voitures sont parties en tête à queue.

Voici l'homme qui pleure.

Dans sa voiture
Il ne dit rien
La beauté
Décroche
Dévisse
Et va
S’encastrer
Dans un drôle d'emballage
On entend le froissement d'un sandwich

Les séparations
Tournoient sous la pluie
Et puis s'en vont
Comme des jeunes-filles

L'homme qui pleure
Se sépare
Dit adieu
Abandonne
Ne retient rien
Il pleure en surimpression
Des événements ordinaires
A deux pas de la station service
Là où le grand bonhomme à la pompe
Un gaillard impressionnant
Serre dans sa main
Le pistolet
De sa jeunesse mûre
Comme une tache d'huile
Sur le bitume
Réverbération
Évaporation

Les séparations
Tournoient sous la pluie
Et puis s'en vont
Comme des jeunes-filles

Il est cinq heures du soir
L'homme qui pleure
N'ira pas plus loin
Il a coupé le moteur
Il dit adieu
A ces fuites en avant
Que l’on rattrape
Et à qui l’on dit
Il n’est jamais trop tard
Pour recommencer
Les désamours

Et c'est pourquoi il pleure

Il a laissé partir
La beauté
Dans la lumière vitrifiée
De l’automne
Comme une fille
Sans baisers
Sans adieux
Le chaos n'a pas de visage
C'est juste une houle
Qui vous tient
Un cadeau qui vient de loin
Et que vous défaites
Dans le silence
D’un matin

Les séparations
Tournoient sous la pluie
Et puis s'en vont
Comme des jeunes-filles

L'homme qui pleure
Je le vois
Ebloui
Sur l'aire de stationnement
Il lève les coudes
Au grand soleil
Des pendulaires
Dans le couchant
A l'heure du lac
Qui joue
De son miroir
Et réfléchit
Toutes sortes
D'indifférences

Et lui
L'homme qui pleure
Dans ce grand soir
Qui vient
Se redresse
Lavé
Nettoyé
Il est de toute beauté
Fabuleux
Rutilant
Comme un été
Mouillé
Il se déploie
Quand le rougeoiement
Du soleil
A travers le pare-brise
Dépose sur sa joue
L’impact bruyant
D'une rose étoilée

Et voilà
L'homme qui pleure
Peut s'en retourner
Avec la marque
Du baiser
Qu'il est allé chercher

Les séparations
Tournoient sous la pluie
Et puis s'en vont
Comme des jeunes-filles

Philippe Herren
19 décembre 2015

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