stationner

Dans la plupart des histoires d'amour deux personnes tombent amoureuse l'une de l'autre. Mais nous dans tout ça ? Qui raconte nos histoires ? Celles où on tombe amoureux en solitaire. Nous sommes les victimes des relations à sens unique, nous sommes les amoureux maudits, nous sommes les sans-amours,les grands éclopés, les handicapés qui n'on pas le droit à une place de stationnement réservée .
—  The holiday
Se réapproprier la nuit

Je vois pas mal de marches nocturnes en ce moment, qui visent à dénoncer l’insécurité des femmes dans l’espace public la nuit.

Personnellement, je ne me sens pas le moins du monde aidée par ce type d’événements.

Je ne pense pas qu’on ait vraiment besoin de se réapproprier le fait de pouvoir marcher la nuit. Marcher d’un point A à un point B n’est pas ce qui nous expose le plus problème, n’est pas ce qui nous est le plus interdit. ça expose, bien sûr. Mais on le fait.

Le vrai problème, c’est de stationner.

Quand je marche la nuit, ce que je vois, c’est des groupes de mecs qui discutent un peu partout.

Jamais des groupes de filles.

J’en croise, pourtant, des filles comme moi, qui marchent. Pour rentrer chez elles, aller chez des amis. Seules ou en groupe, d’un pas décidé, pour ne pas traîner.

Mais des filles qui s’arrêtent pour discuter ? Une fille qui fume seule en bas de son immeuble ? Un groupe de filles assises dans un parc ? La nuit ? Jamais.

Je ne pense pas qu’on devrait faire des marches nocturnes

Je pense qu’on devrait stationner, la nuit. En groupes, un peu partout. Que les autres filles nous voient. Que les mecs nous voient. Parce qu’on a tout autant qu’eux le droit d’être là. Et d’y rester.

Je veux pouvoir stationner, et pas seulement traverser