souiller

Bon honnêtement I get it, je peux voir d'où vous venez, c'était pas mon premier choix non plus. Il y en a plein qui l'ont vraiment mauvaise à l'idée de ‘devoir’ voter Macron et qui disent que c'est plus leur problème… mais le truc, c'est que les électeurs du fn ne vont rien lâcher, et ça on le sait tous. Ils vont rameuter des gens, avoir plus de voix, récupérer où ils peuvent avec un nationalisme décomplexé balançant des horreurs à tout va et ils vont se mobiliser… donc à force de dire “c'est pas mon problème et Macron à pas besoin de moi pour gagner, je ne veux pas souiller ma conscience comme ça” on joue un peu avec le feu, on flirt avec le précipice.
Vous aurez les législatives pour faire comprendre à Macron que vous l'aimez pas et que vous voulez lui foutre des bâtons dans les roues, la priorité actuelle c'est de s'assurer que ça soit bien lui qu'il faille bloquer avec une cohabitation, pas la Le Pen.
C'est plus une question de ‘je m'abstiens faute de mieux’ là. Non, non, c'est (en) ‘Marche ou Crève’ alors ça vous fait chier parce que c'est le fils du Hollandisme, parce que c'est un financier, un libéral, un tocard, que sais-je encore, mais c'est pas l'héritier du négationisme, le porte-parole de la haine, il est pas pote avec Ménard et sa Gestapo 2.0, il est pas l'oncle de Mlle Avortement-de-Confort.
Que vous n'aimiez pas Macron est une chose mais il ne faut pas oublier qu'il y a plus à haïr dans le camp d'en face et qu'elle est là, l'urgence absolue.
Le reste, on y survivra.

Kybah Shade - Mon amour

https://www.youtube.com/watch?v=sYwXXqACWCs


Mon amour,

Par où commencer quand je vois l'monde,
J'vis dans une sorte de boucle où tout c'que j'vois finit par me faire fuir,
Et t'y es pour rien, t'es cette lumière du fond du noir
Mais cette odeur nauséabonde incruste les murs de notre avenir

J'aurais du pousuivre mes études pour me ranger,
et dev'nir riche parce qu'au moins on pourrait s'barrer,
On pourrait s'aventurer dans les steppes en Mongolie,
là bas au moins j'aurai l'idée de c'que signifie la vie

On irait chatouiller nos coeurs avec une dose d'humanité,
celle que j'recherche ici sans grand espoir depuis qu'j'ai r'gardé
les infos
où des gros cons s'engraissent sur une majorité
incapable de réagir,
confortablement installée
dans son canapé parée pour tpmp
avant d'enchainer l'énième rediff de sa soirée
Qui s'donne pour objectif d'aller s'coucher pour être en forme
Demain matin s'lever encore pour se voir ancrée dans la norme

Ils sont tous grands penseurs d'une génération indistincte,
mais faudra pas v'nir chialer le jour où ton espèce s'ra éteinte
“Je vois donc je sais”, la seule manière d'penser qu'ils ont
c'est cette impression de s'instruire à s'abrutir d'vant leur télévision,
dans les viseurs de nos médias ne se diffusent que des choix,
consomme mon con et tais toi
venez apprendre le b à bas qui crée l'Idiocratie de masse,
où les plus forts n'sont pas musclés mais surtout pleins aux as

Mon amour,

c'est pas un monde pour nos enfants,
j'leur apprendrai le respect d'soi, et d'leurs voisins chrétiens ou musulmans
car ils sont tous comme moi, deux bras, deux jambes, également
et si jamais il leur en manque ça n'les empêche pas d'être vivants

Quand je s'rai grand, du moins plus vieux encore,
je cultiverai dans mon jardin des graines qui feront pousser l'or,
puis je retournerai la terre, chaque matin, chaque soir,
afin que plus personne au monde ne puisse mourir pour cause de désaccords

Parait qu'nous sommes en guerre, mais contre qui exactement ?
J'trouve pas d'réponses à mes questions trop d'amalgames
ça porte à confusion
la haine n'a pas de visage et c'est contre elles que nous perdrons
les guerres d'idées ont dévastées bien plus de vie qu'elles n'en auront créées

Mon amour,
J'suis désolé de mes semblables,
Qui soit disant portent des couilles et qui pourtant saccagent le corps des femmes
Le sexe supérieur selon des cerveaux atrophiés qui ont oublié d'où ils venaient
avant d'clamer le droit de vous souiller,

Mon amour,

Il est temps pour moi de partir
Le temps m'attaque mais tant qu'je vis j'continuerai d'écrire
pour toi, puis pour tous ceux qui ne le savent pas,
mon amour il serait temps que notre monde s'mette à vivre ici bas.

Aller gamine ré-illumine ce regard, masque-moi ces cernes noirs, chasse ce bourdonnement de tes oreilles, évite de remuer la tête, ton corps est encore frêle, foutu week-end. Aller, marche avec cette dégaine de shlag qui fait partie intégrante de toi, traine pas des pieds avec la tête baissée, lutte face aux tremblements, tu sais très bien que c’est pas le café, et arrête de fumer, ton cerveau va pas s’en sortir, aller gamine, relève toi, déballe tout à ceux qu’en ont pas rien à foutre de toi, putain meuf, t’as bien merdé et en beauté, je sais gamine, qu’à chaque fois que tu fermes les yeux ou que tes pensées d’ignare divaguent, t’as ces images qui te hantent, ce sentiment de saleté qui te colle à la peau, et les lèvres qui ne cessent de trembler, je te reconnais pas, ils t’ont eu ces charognes, ces ivrognes, t’as eu de la chance hein, ça aurait pu être pire, hier t’as voulu refaire la même connerie qu’il y a un an, on a bien failli retomber dans ces affres âpres, dans cette énième addiction autodestructrice, quand est-ce que t’arrêteras de te maltraiter, et arrête de jouer au con quand t’es irresponsable, t’as bien vu que t’es pas imbattable, aller arrête ça, arrête de te souiller, de te bousiller la santé, tu vois bien que ton corps va pas tenir, encore un micro malaise, encore une fois tu vois la terre chanceler, et mange bordel, je sais que t’as cette foutue nausée, partout tout le temps, t’es une foutue irresponsable, une incapable, une personne affable. Oh que tu es détestable, mais je vois que tu te bats, que tu t’échines à aller en cour, même si t’es en permanence dans un état de somnolence, la migraine a repris hein ? T’arrives plus à utiliser tes mains, t’as des sueurs froides, le regard qui divague, qu’est sur le point de prendre le large ? Mais qu’est-ce qu’on va faire si physiquement tu lâches ? Je vois bien que dans ta tête c’est l’enfer, celui dont tu n’arrives pas à te défaire, putain gamine, je peux même pas t’engueuler, t’as rien à regretter hein, c’est juste qu’on a bien merdé, qu’on a pas assuré, aller warrior, un jour de plus, pis un deuxième et ptetre que ça finira par aller non ? Aller gamine, va dormir, demain ça sera moins pire, t’as envie de vomir ? Oh Julie, je crois qu’on est allée trop loin, on va faire le point demain, on va se regarder et on va s’admettre la sombre vérité, tu n’es qu’une sombre enculée qu’on arrive pas à cerner, qu’on arrive pas à calmer, ni même aimer, tu sais même pas si on va s’en sortir indemne hein, tu te sens pire qu’une moins que rien, non, non, ne t’endors pas sur le clavier, non, non, c’est pas le moment, et va prendre un médicament, tu vas te sentir mieux non ? Ou une douche brulante, ça va peut-être desserrer ton cœur plein de malheurs. T’es vraiment paumée comme fille hein, et t’assumes plus grand chose, moi qui te croyait quelqu’un de grandiose, la fièvre te fait délirer maintenant ?

Aller, va te coucher, demain est une autre journée.

À ceux qui ne se reconnaîtront pas

Ils sont des mecs. Ils sont des mecs, mais ils sont féministes, égalitaristes. Ils sont des mecs, mais ils comprennent ce qu'on vit et ils ne sont pas machos pour deux sous. Attends, ils ont des mères, des soeurs, parfois des filles…


Ils sont des mecs qui se vexent quand on sous-entend qu'ils pourraient être attirés par d'autres mecs. Ne te méprends pas, ils n'ont rien contre et respectent toutes les orientations sexuelles, juste que ce serait grave humiliant d'être un de ceux qu'ils respectent…


Ils sont des mecs qui ne culpabilisent pas de pourchasser des proies de la moitié de leur âge car, vois-tu, c'est différent aujourd'hui d'hier, me dit-on, les petites jeunes, c'est plus ce que c'était. Cette génération a déjà vu le loup, les abîmer n'est plus possible, tu comprends, il n'y a plus de pureté à souiller, autant se servir. Les filles d'aujourd'hui sont les femmes de quand ça les arrange.


Ils sont des mecs et jamais ils ne se passeraient du consentement de qui que ce soit. Certes, il leur arrive d'insister un peu après qu'elle ait dit non. Ils ne forceraient pas, ce n'est pas leur genre, mais ils pensent connaître les mots et les gestes qui transforment les “non” en “peut-être” et les “peut-être” en “tout ce que tu veux”. Alors ils tentent. Ils veulent pas forcer, juste il tentent. Ils ne sont pas des agrresseurs.


Ils ne sont pas machos pour deux sous, ils sont juste des mecs, des mecs normaux. Des mecs normaux qui ne comprennent pas trop ces attitudes de meufs qui cherchent à attirer les regards sans chercher à attirer le palpage. Ils ne comprennent pas qu'elles puissent se réchauffer des caresses des yeux et se révulser sous les caresses de leurs doigts ou ceux de leurs copains. Ils ne comprennent pas qu'une fille peut penser ‘oui’ jusqu'au moment où un geste un peu brutal, un regard moins caressant ou une parole malheureuse lui fasse penser ‘non’. Ils ne comprennent pas que souvent, ils sont en supériorité physique, plus grands, plus forts, et que ça peut suffire à transformer des “oui” en “peut-être” et des “peut-être” en “arrête”.


Ils sont des mecs normaux, des mecs gentils qui n'ont pas la moindre idée de ce à quoi ça ressemble, passer sa vie avec une cible géante sur le cul ou sur le coin de la gueule.


Ils sont des mecs bien qui se disent qu'elle doit l'avoir cherché, forcément. Elle doit être autant à blâmer que le coupable, forcément. D'ailleurs, ils ont probablement des amis qui pourront attester qu'elle avait une attitude ambigüe qu'elle séduisait, qu'elle dansait, qu'elle se frottait…


Ils sont des mecs bien qui jamais ne violeraient une fille, leur maman les a bien élevés, ils ont des amies filles, des cousines, des nièces.


Se rendre complice de viol? Non mais et puis quoi, encore. C'est quand même pas leur faute à eux si celui qui s'en est rendu coupable est un bon copain. C'est pas comme s'il risquait de les violer, eux (*rire gras*).


Certes, la situation pourrait être différente si la victime était leur mère, leur soeur, leur amie, leur femme, leur cousine, leur nièce. Ils le jurent, ils régiraient autrement s'il s'agissait d'une fille qu'ils connaissent, dont on aurait plus de mal à remettre la parole en question. Mais c'est juste une fille, une fille normale, qui l'avait donc surement bien cherché.


Non, ils n'en sont pas sûrs, ils ne sont sûrs de rien, mais dans le doute, doit-on prendre le risque d'être complices d'un violeur qu'on aime bien, ou d’être alliés pour des meufs qu'on connaît même pas?


Ce sont des mecs qui ne comprennent pas pourquoi je me sens aussi en sécurité avec eux qu'avec une grenade dégoupillée dans le sac banane. Ce sont des mecs qui ne comprennent pas que j'ai peur, qui ne comprennent pas que je sois en colère, qui me conseillent gentiment de me faire aider par des professionnels de la santé mentale. Peut-être un psy pourra-t-il me donner le même médicament qu'à eux, celui qui transforme l'indignation et la révolte en protestations mollassonnes et en pintes de bière.


Ce sont des mecs, des mecs biens, des mecs gentils. Des mecs gentils qui, en ce qui me concerne, peuvent s'étouffer avec leur mauvaise foi et leur solidarité en forme de grosses couilles poilues. Ce sont des mecs de la même race que ceux qui violent et/ou regardent sans rien dire. Ils sont leurs complices passifs et s’en défendront toujours.
Ils sont des mecs biens.


Des mecs bien qui ne voient pas le problème.
Des mecs bien qui SONT le problème.

Des alliés, quoi.