soudain

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HAPPY BIRTHDAY MELANIE (february 21st, 1983)

Il arrive un jour où vous aimez quelqu'un sans comprendre pourquoi. C'est le jour où votre cœur choisit de décider à la place de votre tête. Dans votre tête, il n'est pas forcément votre idéal sur tout les points mais vous l'aimez parce que votre cœur vous dit de l'aimer et qu'il se fiche de tout le reste. C'est comme ça que votre cerveau cesse soudainement de fonctionner. Et à ce moment-là, les mots ne suffisent plus. Vous l'aimez un point, c'est tout.

Le Rapt de Proserpine, œuvre de l’artiste Gian Lorenzo Bernini by IMAGYKA PHOTO
Proserpine était à cueillir des fleurs lorsque Pluton, le roi des Enfers, la voit. Ce dernier est soudain pris d'un grand désir pour la jeune fille. Il décide de l’enlever. L’œuvre du Bernin nous montre Pluton qui attrape Proserpine. Celle-ci tente de se libérer, sa main droite repoussant le visage du dieu.

Tous les matins la même routine quand j'sors d'mon lit pour rencontrer les yeux vides des passants, la même solitude qui me mine quand les gens s'parlent puis partent, le même dégoût quand j'croise des langues qui s'emmêlent dès le matin et leur amour qui éclate à mon visage, qui me rappelle toute cette rage qui soudainement refait surface. Tous les matins, j'baisse la tête, j'mets mes écouteurs et j'entends les battements d'mon cœur, le temps s'arrête; tous les matins j'suis seule.
—  lespiquresaines
Souvent, lorsque j'entends des gens me parler, je pense soudain qu'ils vont mourir et cela me les fait écouter différemment. Je les vois réduits à ce qu'ils sont, à ce que nous sommes tous, et j'ai envie de les débarrasser de leur comédie, de leur demander pourquoi ils s'agitent, se prennent au sérieux, pourquoi ces airs avantageux. J'ai envie de leur dire ce qui est essentiel pour eux ; j'ai envie qu'ils boivent. J'aime ce moment subtil et éphémère où, après quelques verres, les gens vacillent, s'abandonnent, où ils se délivrent de leurs vêtements, de leur théâtre : tous les masques tombent et enfin, ils disent des choses vraies.
Et puis on était tous les deux affalés sur ton lit, on regardait je sais plus quel film, un peu niais, un peu con ; et le mec a commencé à dire des jolis mots à sa copine. Il lui disait ô combien il était amoureux d'elle, ô combien elle était merveilleuse et il la remerciait parce qu'elle était la seule personne sur terre qui pouvait le rendre heureux. Il lui disait qu'il était désolée d'être un con, que pour elle il déplacerait les montagnes, qu'il l'aimait plus que la musique, plus que la bouffe et plus que tout ce qu'il possédait déjà. Qu'il ne la laisserait jamais, qu'il ferait tout pour qu'ils finissent leurs jours ensemble parce que, je cite “je suis amoureux de toi, je t'aime comme un fou”. Et moi, j'étais là, j'écoutais avec attention ce que ce pauvre mec était en train de déblatérer à son amoureuse, j'étais dans tes bras et j'ai soudainement eu envie que ça m'arrive. Alors j'ai lâché, pauvrement :
- J'aimerai bien entendre ça un jour.
T'as répondu que tu comprenais pas de quoi je parlais. J'ai précisé alors :
- Ça, tout ce qu'il lui a dit. J'aimerai qu'on m'aime, qu'un garçon soit amoureux de moi et qu'il me dise que je suis la raison de son sourire, qu'il n'ait plus envie de me lâcher, tout ça. J'aimerai qu'un mec prenne soin de moi, avoir un appuis, une attache, un soutien ; quelqu'un qui me serrerait tellement fort dans ses bras que j'aurai peur d'étouffer. T'sais, j'en ai marre des garçons qui ont juste envie de m'avoir dans leur pieu.
T'as pas su quoi dire. T'as pas su quoi dire parce que t'étais ce genre de mec, le genre de mec incapable de tomber amoureux de moi, pas parce que j'étais pas ton genre de fille, pas à cause de mon caractère de merde ; juste parce que j'étais pas la fille qui méritait de recevoir ton amour mais juste deux-trois bisous quand on se voyait, et une partie de sexe quand t'étais pas trop fatigué. T'as pas su quoi dire parce que tu faisais parti de ces garçons qui avaient juste envie de m'avoir dans leur pieu, prétextant que j'étais bonne et douée pour ce que je te faisais, souriant à l'idée de me voir nue, et bandant juste à la vue de ma jolie paire de fesses. Forcément, t'as pas su quoi dire. Qu'est ce que tu voulais répondre à la meuf que tu voulais simplement baiser jusqu'à 4h du matin, quand cette pauvre gamine avait envie que tu tombes amoureux d'elle, parce qu'elle avait envie de te donner de l'amour ? Parce que j'avais envie moi, de donner de l'amour. Enfin, de t'en donner, à toi… juste à toi. J'ai rien dit, j'ai gardé cette pensée niaiseuse pour moi, ne voulant pas rendre ce moment encore plus intimidant et gênant qu'il ne l'était déjà ; et j'ai attendu que tu répondes.
- Ça arrivera, tu le sais.
Ouais, mais quand ? J'avais envie de t'engueuler, de te dire d'ouvrir les yeux, de te cracher aux visages “mais t'attends quoi putain ?” parce que je savais que tu ressentais un petit truc pour moi. Bien sûr, la gamine de 20 ans en manque d'amour, on a pas envie de se la coltiner. Bien sûr, quand on est aussi beau et intelligent que toi, on a envie de plaire, et de se taper toutes les jolies filles qui passent. Bien sûr, c'est difficile de prendre soin d'une enfant comme moi, bouffée par la vie, trimballant son coeur brisé à chaque fois qu'elle se déplace simplement parce qu'elle sait pas où le mettre. Bien sûr, toi, tu voulais pas de moi. Alors j'ai continué a regarder ce film, jusqu'au moment ou t'as posé ta foutue main sur ma cuisse. Tout à coup, cette main qui m'aurait donné envie en quelques secondes, cette main que j'ai tant désiré voir parcourir mon corps des milliers de fois.. cette main qui, fut un temps, m'aurait excitée comme jamais, m'a parue dégoutante, sale et surtout glacée. Je me suis levée d'un seul coup sous ton regard ébahi. En vitesse, je me susi rhabillée, j'ai attrapé mon paquet de clope, mon téléphone, et puis sèchement, en sortant un briquet de mon sac, j'ai sorti : 
- On s'appelle.
Sans me retourner, j'ai ouvert ta porte d'entrée.
- Attends, tu vas où ? 
- Chercher l'amour au coin d'une rue.
—  jemetais
C'était le genre de petite salope que tu pensais ne pas pouvoir approcher, par dégoût de sa bouche ayant traîné dans toute la ville, mais dès qu'elle te disait un mot, toute cette saleté que tu avais construit dans ton imagination s'avérait fausse, car l'innocence que dégageait sa voix te brisait les côtes. Elle était folle, je l'ai su à son regard, à ses yeux, ses gestes, ses mains, son corps, son âme, sa manière d'allumer trois clopes à la suite, dans l'espace de 10 minutes alors que tu n'avais toujours pas fini ta première. C'était comme la folie en personne, elle pouvait se taire, rester silencieuse et ouvrir la bouche soudainement en exubérant sa sociabilité et son humour d'un autre monde. Elle riait comme si elle allait mourir, souriait comme si la vie était belle, et te regardait comme si t'étais Jésus uniquement parce que tu pouvais lui apporter ce qu'elle n'avait jamais eu. Petite conne que j'aie aimé, de la première seconde à son dernier putain de souffle. Elle et ses théories, ses théories sur la vie. Elle oubliait qu'elle n'avait que 17 ans, elle pensait vivre dans un tornade, qu'elle avait tout vu, tout vécu, tout ressenti. Je me souviens encore, de toutes ses paroles. Quand on marchait ensemble, la nuit sous les lampadaires éclairés, dans le froid. Dans ce putain de froid que seule, elle, pouvait effacer. Elle faisait naître Dieu un matin, pour le tuer au lendemain. Sous prétexte que sa vie est misérable, elle avait toujours une raison de se plaindre, d'être malheureuse. Elle prétendait toujours le contraire, mais je le savais. Je vais bien me criait-elle les larmes aux yeux avant de s'allonger sur le sol de ma chambre avec un joint entre les lèvres, pour y rester pendant des heures, sans rien me dire. Et je ne disais rien. Ce qui m'importait c'est qu'elle était là. Elle aimait tout le monde, personne n'était méchant, tout le monde méritait sa chance. Elle avait développé une théorie sur la folie, selon laquelle tous ces pervers, psychopathes, alcooliques, toxicomanes que l'ont voyaient défilé dans les rues de mauvais quartiers, ou dans le métro, n'étaient pas fous. “Je ne comprends pas comment l'on peut considérer une personne comme folle, à partir du moment où elle a réussi à s'habiller”. Elle me faisait rire, cette gamine. Elle ne croyait pas à l'amour, prétendait que jamais personne ne l'avait aimé alors qu'autour d'elle, de misérables garçons s'agenouillaient dans l'espoir d'un retour. Pendant ce temps-là, elle s'agenouillait auprès d'autres, de tous ceux qui ne voulaient pas d'elle. Pour se consoler, elle se faufilait dans les draps d'abrutis, pour oublier, pour ne pas s'attacher, car elle mendiait de l'amour, alors que ce n'était qu'une flippé. Elle haïssait l'amour, ce continent inconnu, sur lequel elle n'osait pas foutre les pieds. Elle préférait l'éphémère, la chaleur humaine, l'instantané qui s'effacerait, juste le temps de se sentir en vie, regardée, appréciée. Elle se plongeait toujours dans des illusions car sa réalité était noire. Pourtant, elle croyait au destin. Tout ira bien, je n'avais pas besoin de le lui répéter, elle le savait même en hiver. Elle était folle, je te dis. Parfois elle dansait pendant des heures avec moi, en riant, j'en avais mal au ventre. Elle voulait s'en aller, et elle disparaissait des mois entiers. Avant de revenir, avec sa cigarette entre les lèvres et qu'un mot: désolée. Je la giflais, elle ne disait rien. C'était un corps mort dans une âme vivante. Un jour, elle s'en est allée, et elle n'est jamais revenue. Je le sais, parce qu'elle se croyait immortelle, mais voulait mourir. Je crois qu'elle essayait de se prouver quelque chose. Je ne l'ai jamais retrouvé, mais parfois la nuit quand je ne dors pas, je la vois allongée à côté de moi, et elle s'excuse encore une fois.
Je veux t'épouser parce que tu es la première personne que j'ai envie de voir quand je me lève le matin et celle que j'ai envie d'embrasser avant de me coucher… Parce que la première fois que j'ai vu ces mains, je ne pouvais pas concevoir de ne pas les caresser… Mais surtout, lorsqu'on aime une personne comme je t'aime, le mariage devient soudain une évidence alors… veux-tu m'épouser?
—  Un jour peut-être, (2008) 
On se rend compte souvent qu'on aime une personne quand on sourit en la voyant soudainement, quand elle nous envoie un beau message, on s'en rend compte quand notre humeur ne dépend que de ses actes et de ses paroles. Mais la plupart des gens s'en rendent compte seulement quand cette personne est partie, et c'est souvent trop tard.
—  lespiquresaines

Gloire à l'Oiseau Noir !


Mais sa résolution vacille, lui qui d'habitude exécute ses pas sous le couvert des ombres, voit maintenant poindre l'aube. Viens donc à la lumière, l'implore soudain la douce Colombe, toi dont la grâce éclipse l’obscur pennage. Alors le Corbeau, enchanté, entre dans la danse, et tous, de l’humble pigeon à l'hirondelle aux yeux rieurs, et même le Roi Cygne, tous l'acclament. Gloire à l'Oiseau Noir !


My second picture, for a contest on a french forum. This time, I had to use only black and white for the clothes and the furnitures. Hope you like it !

If you are curious, you can have a look at the base screenshot here (open it with the final picture in two tabs to compare if you want ! 1 l 2)

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here we are.
this is my last postcard. i’m coming home.
soon you’ll be in my arms, my ju.
i miss you.
my heart is with you always.
your daddy.

et soudain tout le monde me manque (2011) dir. jennifer devoldère