simple dit

Viens on dit...

Moi, j'veux retourner a l'époque où on était gamins et où un simple “viens on dit” pouvais faire tout et rien.

“Viens on dit qu'on est des bandits en fuite”

“Viens on dit qu'on est des sorcières”

“Vient on dit que la cour de récré c'est un château”

Tout devenait possible avec ces mots. On construisait des histoires.

On vivait ces histoires.

On vivait des aventures plus folles les unes que les autres, on devenait qui on voulait comme on le voulait, on jouait à deux, à quatre, à dix ou seul et on se perdait dans l'imagination d'univers fantasmé.

Tout était plus simple.

Gamins c'était l'insouciance qui nous guidait.
Et c'est ça que je veux retrouver.

Alors viens on dit qu'on s'en fout de tout?

Porté pâle

Ça fait un moment que je ne suis pas allé chez le médecin. La dernière fois il m'a fait voir ce que je ne voyais pas. Il m'a ouvert les yeux et j'ai pleuré. J'ai pleuré parce que je réalisais enfin à quel point je n'allais pas bien. Je réalisais que je m'enlevais à ma propre existence. Petit à petit je perdais le goût, la vue, le sens de la vie. Mais je pouvais très bien entendre les reproches et les accusations. Je pouvais très bien sentir mes proches mentir sur ma situation. La dépression ça se cache. Je suis porté pâle alors que je suis bien là, visible et écarlate à cause des larmes. Je souriais moins parce qu'il y avait moins de choses qui me faisaient sourire. Même la Lune ne m'intéressait plus. Je ne rêvais plus. Dans mon esprit le menage était mal fait et ceux qui s'y sont aventurés sont rentrés couverts des poussières de mes rêveries. Je ne trouvais plus les arc-en-ciel “magnifiques”. Je me fichais des étoiles et des constellations. Je ne devinais aucune forme dans les “drôles de nuages”. Même dans mon propre quartier je me perdais. La dernière fois que je suis allé chez le médecin j'ai compris que je ne voyais plus la beauté des choses simples. J'ai dit :“Je comprends pas”. Il a fait non de la tête en voyant ce que j'étais devenu :“Vous savez ce que c'est ? C'est une dépression”. Il se recule dans son siège comme pour s'éloigner de moi :“Pourquoi n'avez-vous rien dit ?”.

Quand en l’espace de 3 minutes au téléphone, mon père arrive à m’interroger sur :

  • Ma vie sociale
  • Ma recherche d’un job/service civique
  • Ma reprise d’études
  • Le permis

Moi j'aime bien les filles spéciales, qui ont un grain. Les filles complètement barrées qui rigolent pour un simple “fourchette” dit droit dans les yeux. Les filles folles et amusantes, qui rient de la même façon avec des amis, de la famille ou des inconnus. Elles sont marrantes, ces filles. J'aime quand elles sourient pour une futilité, pour un rayon de soleil qui filtre dans leur verre d'eau et forme un arc-en-ciel sur la table, pour une plume qui virevolte dans le vent, pour un chocolat chaud, pour un regard furtif. J'aime quand un nuage passe sur leur visage et assombrit leur sourire ensoleillé, quand leur corps est là mais leur esprit s'est enfui. J'aime les voir pensives et absentes, les imaginer vagabonder au bord des choses, se laisser aller dans le maelstrom de leurs pensées. J'aime quand leurs yeux sont pétillants et quand ils sont vides; quand ils sont malicieux et quand ils sont tristes; quand ils sont endormis et quand ils sont rougis de colère. Moi j'aime les filles souriantes qui explosent tout à coup, ces filles que l'on croyait calmes et qui nous montre qu'on avait tort. J'aime lorsqu'elles hurlent à s'en casser la voix, lorsque leurs mains tremblent, lorsque leurs yeux pleurent. Moi j'aime ces filles, indomptables et imprévisibles, ces accalmies douces et chaudes d'été, ces tempêtes estivales titanesques qui ravagent tout lorsqu'elles arrivent; ces mots doux et adorables qui nous réchauffent le cœur, ces grenades qui nous pètent à la gueule quand on croit leur faire plaisir. J'aime ces filles qui se vexent quand on les complimente et qui sourient quand on les taquine. J'aime quand elles mènent le jeu mais nous font croire qu'on a le pouvoir, quand on pense les posséder mais qu'elles s'échappent encore, vers autre part.

“Tais-toi et prends-moi.”

Voilà ce qu’elle avait dit. C’était simple, brut, naturel au possible et venant du plus profond de son être. Un désir sauvage qui voulait exister autrement que par des fantasmes. J’avais tenté de repousser ce moment, par peur de la décevoir, par peur de devenir un simple souvenir, un instant qui n’aurait plus aucune valeur à ses yeux dès que la semaine se serait écoulée. En vain. Je n’avais plus le choix. Que pouvais-je lui dire, maintenant? Que je ne voulais pas d’elle? Je l’aurais perdue. Que je n’étais pas prêt? Ç’aurait été la sixième fois, en presque trois mois. Que j’avais peur de la décevoir? Elle m’aurait ri au nez, puis serait partie, sûrement. Je n’avais plus le choix.
Ce fût merveilleux. Nos corps fusionnaient si parfaitement, il n’y avait aucun espace entre nous, nous n’étions qu’une entité. Aucun centimètre carré n’échappait aux caresses, aux lèvres… Nous nous abandonnions l’un à l’autre, l’un dans l’autre, et c’était bien mieux que tout ce que l’on m’avait raconté. La perfection pouvait désormais être décrite par ces mots: le sexe avec elle.