seuls les hommes

Le Petit Prince - quotes 🌠

Le Petit Prince (1943) is a novel by Antoine de Saint Exupéry, translated into English as The Little Prince.

🌟 1. Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications.

Grown-ups never understand anything by themselves, and it is tiresome for children to be always and forever explaining things to them.

🌟 2. Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir.

When a mystery is too overpowering, one dare not disobey.

🌟 3. La preuve que le petit prince a existé c’est qu’il était ravissant, qu’il riait, et qu’il voulait un mouton. Quand on veut un mouton, c’est la preuve qu’on existe.

The proof that the little prince existed is that he was charming, that he laughed, and that he was looking for a sheep. If anybody wants a sheep, that is a proof that he exists.

🌟 4. Mais les graines sont invisibles. Elles dorment dans le secret de la terre jusqu’à ce qu’il prenne fantaisie à l’une d’elles de se réveiller…

But seeds are invisible. They sleep deep in the heart of the earth’s darkness, until some one among them is seized with the desire to awaken.

🌟 5. Il ne faut jamais écouter les fleures. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en réjouir.

One never ought to listen to the flowers. One should simply look at them and breathe their fragrance. Mine perfumed all my planet. But I did not know how to take pleasure in all her grace.

🌟 6. Tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’aura apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…

You have hair that is the color of gold. Think how wonderful that will be when you have tamed me! The grain, which is also golden, will bring me back the thought of you. And I shall love to listen to the wind in the wheat…

🌟 7. On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Il achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!

“One only understands the things that one tames,” said the fox. “Men have no more time to understand anything. They buy things all ready made at the shops. But there is no shop anywhere where one can buy friendship, and so men have no friends any more. If you want a friend, tame me…”

🌟 8. Le langage est source de malentendus.

Words are the source of misunderstandings.

🌟 9. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

And now here is my secret, a very simple secret: It is only with the heart that one can see rightly; what is essential is invisible to the eye.

🌟 10. C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

It is the time you have wasted for your rose that makes your rose so important.

🌟 11. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

You become responsible, forever, for what you have tamed. You are responsible for your rose…

🌟 12. - Les enfants seuls savent ce qu’ils cherchent, fit le petit prince. Ils perdent du temps pour une poupée de chiffons, et elle devient très importante, et si on la leur enlève, ils pleurent…

“Only the children know what they are looking for,” said the little prince. “They waste their time over a rag doll and it becomes very important to them; and if anybody takes it away from them, they cry…”

🌟 13. Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c’est qu’il cache un puits quelque part…

“What makes the desert beautiful,” said the little prince, “is that somewhere it hides a well…”

🌟 14. Dessine-moi un mouton!

Draw me a sheep!

🌟 15. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète.

When you’ve finished getting yourself ready in the morning, you must go get the planet ready.

🌟 16. J'aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil…

I am very fond of sunsets. Come, let us go look at a sunset…

🌟 17. On ne sait jamais!

“One never knows!”

🌟 18. Il faut exiger de chacun ce que chacun peut donner, reprit le roi. L'autorité repose d'abord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d'aller se jeter à la mer, il fera la révolution. J'ai le droit d'exiger l'obéissance parce que mes ordres sont raisonnables.
Alors mon coucher de soleil ? rappela le petit prince qui jamais n'oubliait une question une fois qu'il l'avait posée.
Ton coucher de soleil, tu l'auras. Je l'exigerai. Mais j'attendrai, dans ma science du gouvernement, que les conditions soient favorables.

“One must command from each what each can perform,” the king went on. “Authority is based first of all upon reason. If you command your subjects to jump into the ocean, there will be a revolution. I am entitled to command obedience because my orders are reasonable.”
“Then my sunset?” insisted the little prince, who never let go of a question once he had asked it. “You shall have your sunset. I shall command it. But I shall wait, according to my science of government, until conditions are favorable.”

🌟 19. C'est véritablement utile puisque c'est joli.

It is truly useful since it is beautiful.

🌟 20. ‘Où sont les hommes ?’ reprit enfin le petit prince. 'On est un peu seul dans le désert.’
'On est seul aussi chez les hommes’, dit le serpent.

“Where are the people?” resumed the little prince at last. “It’s a little lonely in the desert…" "It is lonely when you’re among people, too,” said the snake.

🌟 21. Vous êtes belles, mais vous êtes vides…. On ne peut pas mourir pour vous.

You’re beautiful, but you’re empty…. No one could die for you.

🌟 22. Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

“Men have forgotten this truth,” said the fox. “But you must not forget it. You become responsible, forever, for what you have tamed.”

🌟 23. Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur.

But the eyes are blind. One must look with the heart…

“ Où sont les hommes? repris enfin le petit prince? On est un peu seul dans le désert…
- On est seul aussi chez les hommes, dit le serpent.”
Antoine de Saint Exupéry, Le Petit Prince

“Where are the people?” resumed the little prince at last. “It’s a little lonely in the desert…
- It is lonely when you’re among people, too,” said the snake.”
Antoine de Saint-Exupéry, The Little Prince

▫️▫️▫️▫️Photo ©Fan Ho - Approaching shadow, 1954▫️▫️▫️▫️


Tales of solitude

La liste ? Les deux connards pendant les vacances, le voisin, celui qui est passé devant chez nous, celui qui marchait vite la tête baissée, celui à qui tu montrais ton cul au magasin,…“
"Ta gueule, salope!
—  Comment je me sens ? Rabaissée, humiliée, salie. Je me demande comment l'homme avec qui je partage ma vie depuis près de 23 ans, mon mari, le seul et unique homme et amour de ma vie, le père de mes six enfants peut penser ça de moi. Mon cœur est brisé et j'aimerais simplement disparaître pour que simplement la souffrance disparaisse aussi…
Chérissez l’amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes, il y aura d’autres hommes. Après les livres, il y aura d’autres livres. Après la gloire, il y aura d’autres gloires. Après l’argent, il y a encore de l’argent. Mais après l’amour, Marcus, après l’amour, il n’y a plus que le sel des larmes.
—  La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dickers

Une salope mâle n'a que très peu de poils pubiens car c'est un signe de la masculinité. Ainsi, la salope doit avoir des organes génitaux sans poil en tout temps pour montrer sa soumission aux vrais hommes. Les poils doivent de préférence être enlevés par la cire, épilation ou techniques de rasage classiques. À la première occasion la salope doit se soumettre à un laser en utilisant l'épilation brésilienne ou électrolyse.


Une salope mâle doit porter des culottes tout le temps afin de se rappeler sa place dans le monde. Elle doit acheter ses propres culottes afin de montrer à tout le monde que l'achat est pour son propre usage. Ainsi l'humiliation de la salope d'être ainsi exposée de cette manière à de parfaits étrangers contribue à renforcer la salope que la honte et le ridicule sont ses nouveaux modes de vie.

Une salope mâle comme la plupart des femelles soumises n'est pas réellement gay, mais cela n'a pas d'importance. Sucer la bite lui fait plaisir, elle est là pour le plaisir de son Maitre et de ses amis. L'humiliation d'en être Elle doit s'obliger à sucer les queues avec entrain, et comme une pro, cela signifie qu'elle doit êre bien encadrée, formée et surtout beaucoup pratiquer. Une technique consiste à autoriser uniquement la salope à jouir avec une bite dans la bouche. Finalement, la seule vue d'une bite bien dure doit l'exciter.



Une salope mâle doit offrir sa chatte, en acceptant le fait qu'elle est juste un trou à jus pour le plaisir des mâles. Chaque tou  de ce qui était autrefois un homme peut se faire baiser. Des godes ou de vraies bites serviront à sa formation. Pour la plupart des salopes mâles (en particulier ceux qui se sont identifiés comme hétérosexuels) ceci est l'étape la plus humiliante de lzur formation afin d'accepter mentalement qu'elles ne sont plus que des trous à user et abuser.

Une salope mâle est maintenue dans la chasteté, ses orgasmes sontcontrôlés par son Maitre. Elle n'a plus un pénis, mais un clitoris. Certains clitoris sont plus gros que les autres, mais les Maitres en sont leur propriétaire. La formation en chasteté de la salope doit être stricte et régulière. Finalement, la salope est prête à tout sans l'espoirfaire quelque chose d'obtenir sa libération. Certains propriétaires peuvent récompenser leur salope avec une traite périodique (rythme à déterminer), tandis que d'autres, dans les cas extrèmes, nient à leur salope tout orgasme pour le reste de leur vie. En plus de dispositifs de chasteté, les piercings génitaux sont également très populaires pour contrôler et humilier une salope mâle.

     Une salope mâle en plus du dispositif de chateté doit avoir la chatte remplie. Lorsque le trou de la salope n'est pas utilisé, il doit être rempli. Ceci est un autre rappel que la chatte de la salope est toujours la propriété de quelqu'un. Les plugs peuvent aussi vibrer à des fins de formation. Finalement, la salope mâle sera mal à l'aise sans que quelque chose dans sa chatteet elle sera ainsi conditionnée comme une chienne soumise à être utilisée par d'autres.


Une salope mâle doit faire pipi comme une femelle. Elle doit s'asseoir lorsqu'ils utilisent les toilettes, même si c'est juste pour faire pipi. Seuls les hommes se tiennent debout. Cette règle vaut à tout moment, la salope doit utiliser les toilettes, indépendamment de leur emplacement, elle doit attendre un étal des toilettes femme pour se soulager même quand les urinoirs sont vides.

Espoir...

Je me demande toujours dans quel monde je suis né, dans quel monde je vis aujourd'hui, dans quel monde je survivrai demain. Dans ce monde où l'un distribue le malheur quand l'autre daigne tout juste avoir bonne conscience. Pourtant, j'ai cet espoir qui perdure, au fond de moi, j'ai cet espoir qui perdure. A la manière d'un oisillon abandonné de tous, abandonné de sa famille, abandonné par la vie elle même. Cet oisillon veut vivre, il en a la rage, l'espoir de devenir un oiseau, comme tous les autres. Je vivrai pour moi, je donnerai un peu aussi. Je vaincrais mes peurs, j'oublierai ma douleur. Toujours et encore j'irai, je parviendrai, je vaincrais la vie. Je sais que l'espoir entraîne la motivation tout comme sa perte entraîne la dépression mortelle. J'ai envie que les filles se remettent à danser seules, que les hommes aiment la pluie en tant que pluie, que chacun apprécie ce que la vie lui a offert sans daigner regarder à côté. Que chacun ose le défi de devenir altruiste sans peur, sans peur du mépris, sans peur du couteau dorsale, sans aucune peur. Qu'il le soit pour lui, en lui, mais jamais par but, pour aucune fin, aucune faim. Je rêve d'un monde désintéressé, un monde où tout à sa place en tant que brut, en tant qu'objet en soi. J'ai besoin d'apprécier la pluie, de transformer pour mieux apprivoiser, d'aimer pour mieux me sentir. D'écrire pour extérioriser mes peines, d'aimer pour partager mes rêves.

Quand j'étais plus petite, j'avais une démarche dynamique
Je marchais la tête droite, et je croisais le regard des gens ; souvent, on se souriait, rapidement, le temps de se croiser. J'avais le sentiment de partager l'espace, d'échanger un signe de reconnaissance entre membres d'une même société qui se respectent spontanément, c'était grisant de se promener en ville. Et puis je suis devenue une jeune femme dans une grande ville, j'ai entendu mes premiers “hé mademoiselle”, j'ai été suivie de façon un peu insistante par des types dont je venais à peine de croiser le regard, et j'ai commencé à changer, sans trop m'en rendre compte au début, je m'adaptais progressivement : je marchais la tête moins haute, je repérais du coin de l'oeil les hommes seuls ou en groupes pour ne surtout pas lever les yeux sur eux, je ne souriais plus qu'aux personnes âgées, aux femmes, et aux hommes à poussettes. D'ailleurs, j'aurais dû m'en souvenir : on m'avait bien dit qu'il fallait éviter de sourire aux hommes, ils peuvent interpréter ça comme une invitation.

Les deux exhibitionnistes que j'ai vus quand j'étais plus jeune, je ne les ai même pas comptés, ils étaient des “anormaux”, des “malades”. Mais bon… c'est bizarre que la très grande majorité des filles que je connais ont déjà vu des exhibitionnistes, et que tous les exhibitionnistes dont j'ai jamais entendu parler soient des hommes.

Un jour, pour un projet pendant mes études, je me suis retrouvée entre un boulevard routier et une voie ferrée, pas maquillée, les cheveux en queue de cheval basse brouillonne, avec des vieilles baskets, un jean crasseux sans contour, un pull informe que mon père avait porté vingt ans avant, une sacoche d'ordinateur portable, un appareil photo, et un petit bloc-note. En l'espace d'une demi-heure de boulot à photographier et prendre des notes, deux hommes ont arrêté leur voiture pour me demander combien je prenais pour une fellation. J'ai commencé à comprendre que ma tenue ou mon humeur n'étaient pas pour grand-chose dans mes mésaventures urbaines. Mais je suis quand même devenue de moins bonne humeur dans la rue.

Ça a continué, et ça ne s'améliore pas : parfois on me dit bonjour, et si je commets l'erreur de répondre “bonjour” (oui, c'est toujours une erreur, puisque, rappelons-le, c'est ma faute), que ce soit avec un sourire ou du bout des lèvres, sans jamais m'arrêter, on peut me suivre sur plusieurs dizaines de mètres en me faisant des avances. Si je ne réponds rien, on peut se montrer agressif et menaçant, et parfois on me suit aussi sur quelques mètres. Je dis “on” parce que c'est personne, c'est jamais le même, mais bien sûr, je pourrais dire “il”, parce que ce sont toujours des hommes. C'est leur seul point commun, d'ailleurs, des hommes de tous âges, toutes origines, tous physiques, se retrouvent dans une belle unité pour marquer leur pouvoir sur les femmes. 

Une fois dans le métro, l'affluence était tellement importante que je me suis trouvée pressée entre deux cloisons et deux personnes, en essayant de jouer du coude car le type à côté de moi se collait contre moi par à-coups de manière vraiment gênante, ce que ne justifiait quand même pas l'affluence importante. A l'arrêt, au moment où les portes se sont ouvertes à côté de moi, j'ai senti un truc chaud sur ma jambe, et j'ai levé les yeux vers l'homme qui avait la main sur sa braguette et commençait à la refermer, j'ai commencé à dire, hallucinée : “mais… mais il me pisse dessus ce… salaud…” et puis j'ai regardé à nouveau ma jambe et j'ai vu que c'était visqueux et blanc, et le type était en train de quitter la rame et partir très vite. Je suis sortie de la rame sous le choc, le type avait déjà disparu, je suis restée plantée là et j'ai commencé à pleurer. Pendant le reste de mon trajet, j'ai continué à pleurer, et plusieurs personnes se sont approchées de moi pour me demander ce qui n'allait pas, je n'ai pas réussi à dire ce qui m'était arrivée, j'avais trop honte, je leur ai juste dit “ce n'est pas grave, j'irai mieux un peu plus tard”. J'ai pleuré jusqu'à l'appartement de l'amie que je venais voir, et quand elle a ouvert la porte j'ai réussi à lui ai dire qu'on m'avait éjaculé dessus, et est-ce que je pouvais prendre une douche ? Pendant six mois après, j'ai inconsciemment évité de prendre le métro, je me disais qu'il faisait beau, et que là où j'allais ne prenait qu'une heure en vélib, ou que je ne mettrais que deux ou trois heures pour rentrer à pied, autant profiter du beau temps, et puis une ou deux fois j'ai dû prendre le métro pour rester avec mon groupe, et je commençais doucement à entrer dans un début de panique (trépidation, sueurs, nausée, respiration accélérée, vision qui se rétrécit), mélangée à une paranoïa épuisante (qui m'entoure ? hommes ou femmes ? où sont leurs mains ? comment sont-ils positionnés ? ils ont bougé, là ? et là ? et là ?). A la fin, je suis allée voir une psychothérapeute comportementale, et en deux séances j'ai été capable de reprendre une vie normale… et les transports en commun. Mais quand j'ai dû déménager, une de mes conditions non négociables a été que je pouvais être près d'une ligne de transport pratique pour mon travail, mais que je ne devais pas être trop loin et obligée de prendre les transports. Il fallait que j'aie d'autres options (pied, vélo…). Pour en revenir au harcèlement “de tous les jours”, il y a autre chose que les “bonjour” : il y a les sifflets, les regards, les expressions faciales, mais souvent, il y a les “compliments”. Et c'est marrant, parce que là encore, quand on en parle aux hommes autour de nous, ils ont l'air de penser qu'on devrait être flattées, que c'est agréable d'être complimentée. Ce qui est marrant, c'est que les harceleurs le pensent aussi. Et pourtant, s'ils faisaient ça pour nous faire plaisir, on pourrait penser que quand on leur montre que ça ne nous fait pas plaisir, ils arrêteraient, non ? Une fois, un type qui m'a fait remarquer, quand je passais devant lui, que j'étais “charmante”, a suivi d'un “et ben même pas un merci ?”. J'étais tellement outrée que je me suis retournée vers lui pour l'apostropher :“Et puis quoi encore ? Mais vous vous prenez pour qui ?” Il a eu l'air surpris et gêné, il a détourné le regard, et je suis partie.

Une autre fois, un type m'a arrêtée gentiment pour me dire qu'il appréciait mon style. J'ai dit “merci” et j'ai voulu continuer. Mais il a enchaîné une bonne minute, jusqu'à ce que lui dise que j'allais partir. Il m'a dit qu'il n'avait pas fini. Je lui ai demandé si c'était encore sur moi qu'il avait des trucs à dire, il a dit oui, alors je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas, et je me suis à nouveau tournée pour partir. Il a commencé à se fâcher et à me demander de le laisser s'exprimer. Incrédule, je lui ai dit que je ne lui devais rien, et que j'avais parfaitement le droit de ne pas l'écouter. Il a insisté encore plus fermement pour que je continue à l'écouter, je lui ai dit que je regrettais de m'être même arrêtée et que je n'avais pas du tout envie de rester, et qu'encore une fois, je ne lui devais rien, je voulais juste rentrer chez moi. J'ai poursuivi mon chemin d'un bon pas sur quelques mètres et j'ai senti quelqu'un courir derrière moi, je me suis retournée, complètement affolée, et encore plus quand j'ai vu que c'était bien lui qui venait de courir et qui arrivait juste à ma hauteur. Il m'a attrapé le bras en me disant qu'il n'avait pas fini, je lui ai dit bien fort, en me dégageant : “ça va pas la tête, d'abord on ne court pas après une fille seule la nuit, ça fait hyper peur !”. Il m'a regardée, il m'a frappée au visage, et il est parti en marmonnant “elle est folle, celle-là”. J'ai encore du mal à en revenir, pas du coup, même si c'est bien humiliant et que je regrette de ne pas avoir eu la force, le courage et la rage de le lui retourner sur le moment, mais du manque de recul de ce type tellement sûr de son bon droit et du fait que c'était moi, dont le comportement était anormal.

Le harcèlement de rue, c'est tous les jours où je marche plus de dix minutes, et même certains des rares jours où je ne sors quasiment pas.

Aujourd'hui, j'ai une démarche pressée, je marche la tête butée, et j'ai le regard prudent. Je ne souris plus beaucoup aux inconnues. Je suis une jeune femme dans une grande ville.

Mais je veux finir sur une note positive : j'en parle autour de moi, j'en parle avec mes copines, j'en parle avec mes collègues, on échange nos expériences (on en a toutes à la pelle, bien sûr), et on se serre les coudes. On ne change pas le monde, mais une collègue m'a dit récemment que ça lui faisait vraiment du bien qu'on ait parlé de certains comportements de harcèlement, qu'elle se sent plus prête à ne pas laisser faire sans rien dire maintenant qu'elle comprend que c'est anormal, que c'est calculé, qu'elle a droit de faire confiance à son jugement et d'établir ses limites. Elle se sent moins vulnérable, moins seule, elle sait qu'au moins nous la croirons. Et je suis sacrément fière, et sacrément touchée, qu'entre filles on puisse ensemble commencer à surmonter ça.

criquetcoi
Chérissez l'amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes il y aura d'autres hommes. Après les livres, il y a d'autres livres. Après la gloire, il y a d'autres gloires. Après l'argent, il y a encore de l'argent. Mais après l'amour, Marcus, après l'amour il n'y a plus que le sel des larmes.
—  Joël Dicker
Quelque part loin, très loin d'ici #2

Trois collègues hommes discutent quelque part, loin, très loin d'ici.

P : Hé, regarde, c'est Jean-Mi! Salut Jean-Mi! Alors, ce voyage d'affaires?

JM : Je veux pas en parler…

P :  À ce point là?

JM :  Ça s'est passé exactement comme on pouvait l'imaginer : j'ai passé deux jours à expliquer que je n'étais l'assistant de personne, que je n'étais pas le secrétaire ni le préposé aux cafés… et à faire des cafés pour tout le monde. J'étais le seul homme de moins de 30 ans parmis une horde de femmes Blanches hétérosexuelles de plus de 40 ans… Un cauchemar! J'ai mon amour-propre dans les chaussettes…

R : Hé dis-moi, la cliente, elle t'a pas trop…?

JM : La cliente? Le cadet de mes soucis! Le soir de la signature, la boss a exigé que je sois présent. Je comprenais pas pourquoi, normalement, au moment de la signature, il n'y a que les avocates de l'entreprise qui sont supposées être présentes… Mais là, devant tout le monde, K. a insisté pour que je sois là, juste elle, moi, son assistant et la conseillère juridique. En arrivant sur le lieu de la signature, K. a exigé que je j'enlève un bouton de ma chemise. C'est la seule fois du rendez-vous qu'on s'est adressé à moi. Je ne servais à rien d'autre qu'à la déco. Je ne m'étais jamais senti aussi humilié. J'ai fait 6 ans d'études pour qu'un jour, dans un bureau rempli de femmes riches, on décide que je fais joli…

R : Oh, mon chou, comme je te comprends…

JM : Le pire, c'est que pour le reste du voyage, les autres collègues me traitaient comme si j'avais reçu un traitement de faveur. J'ai eu le droit de me faire accuser d'avoir grimpé les échelons grâce à mes couilles… Alors que je dois toujours en faire plus qu'elles pour montrer que je suis au moins aussi compétent, elles me prêtent d'injustes facilités… Donc en plus d'être humilié, j'étais tout seul…

P : Et si tu avais refusé d'être présent, on t'aurait traité d'effronté, on t'aurait demandé pour qui tu prends pour te permettre de refuser ce genre de privilèges…

JM : Exactement… Franchement, les gars, parfois, je me dis que les mecs qui bossent en vitrine à la frontière belge, ils ont vraiment tout compris… J'veux dire, eux aussi doivent se faire humilier et avoir à faire à des connasses de misandres, mais au moins, quand la connasse a payé et qu'elle est partie, les gigolos sont pas obligés de débrieffer autour d'un déjeuner, ou de prendre l'avion ensemble, ou de se retrouver à la machine à café, ou d'entendre leurs blagues sexistes en réunion, ni de les accompagner au Zbouby Palace… Oui, parce que, évidemment, après la signature, il a fallu aller fêter ça dans la plus grande boîte de streap-tease de la capitale… normal, quoi…

P : Non, t'es sérieux?

JM : Oui, tout le staff et celui de la cliente.

R : Et personne n'a rien trouvé à y redire?

JM : Personne n'a osé en tout cas… Tu sais bien que c'est dans cette ambiance de ladies club et dans le champagne et le stupre que se font généralement les plus grands accords, que se mettent en place les bons partenariats… Refuser d'y aller, c'était refuser une opportunité d’être du prochain coup… Tout le monde le sait, donc personne ne proteste. Et surtout pas moi.

P : Et les femmes mariées?

JM : Comme si elles en avaient quelque chose à foutre…

R : Toutes des enculantes!

P : J'en ai marre d'être une minorité partout où je vais.

JM : J'en ai marre de cette bande de connasses.

R : En parlant du loup… Mieux vaut changer de sujet



K arrive

K :  Bonjour messieurs! Quelle douce vision que de vous voir tous les trois, aussi pimpants, dès le matin… On a vraiment une équipe charmante!

- Merci Madame K.

K : Oh, voyons Jean-Mi! Pas de “Madame” avec moi, pas après ce contrat! La cliente est FOLLE de vous!

JM : Mais je n'ai rien fait…

K : Ne soyez pas aussi modeste, mon p'tit Jean-Mi! Vous avez été brillant! D'ailleurs, à l'avenir, il n'est pas impossible que je vous laisse prendre un peu plus d'initiatives…

JM : Vraiment? Parce que justement…

K : Oui, on en parlera plus tard si vous voulez bien, pour l'instant j'ai rendez-vous avec les cheffes de services. Donc deux cafés noirs et un au lait, dans mon bureau. Merci mon p'tit Jean-Mi. Et… Patrick, cette chemise est… particulièrement seyante… Vous devriez prendre exemple Roger… Il ne suffit pas d'avoir des atouts, encore faut-il savoir les mettre en valeur…


Elle s'éloigne, fière d'elle, sous le regard consterné de Jean-Mi, Patrick et Roger, et rejoint ses collègues dans son bureau.

D : Dis-donc, j'espère que tu vas nous envoyer le petit asiatique pour le café… Il sert du jus de chaussette, mais… il est tellement croquant que je boirai de la pisse de chamelle macérée s'il me la servait..!

K : Non, l'asiatique est en procès contre nous pour harcèlement, tu te souviens?

D : Ha oui, c'est vrai, ça.

K : C'est le chargé de prod qui va nous l'amener.

J : Vraiment? Il accepte une tâche aussi subalterne?

K : Bien sûr, pourquoi il n'accepterait pas?

J : Oh, de nos jours, avec les masculinistes, tous ces mecs qui ne veulent plus être des mecs, qui nous font un scandale quand on leur fait un compliment… On sait jamais…

D : Tiens, en parlant de ça… Je sais plus quoi faire avec le standardiste…

K : T'as pas encore compris qu'il se moquait de toi?

D : Peu importe, le fait est qu’ il me rend dingue…

J : Raconte, j'ai pas suivi le dossier

D : Alors déjà, il a fallu un mois pour qu'il accepte ma première invitation à dîner… Sans exagérer! Il a fallu que je le lui demande tous les jours pendant un mois pour qu'il finisse par accepter! Et du bout des lèvres, encore!

K : Donc bon… tu sens déjà le mec qui dit non juste pour faire monter les enchères…

D : On dîne, tout se passe très bien, j'ai choisi un des meilleurs restos de la ville, je lui ai tout payé, grand cru, champagne, digestif à un mois de loyer… Et le mec, en sortant du resto, me dit qu'il habite tout près et me plante là. Sans un baiser, à peine un merci…

K : C'est pour te faire croire qu'il a l'habitude qu'on le traite comme ça…

D : Le lendemain, grande princesse, je lui offre un petit bouquet de fleurs, que je laisse au standard. Toujours aucun merci. Le jour d'après, je finis par lui demander s'il a aimé mes fleurs… Il me répond qu'il n'est “pas très fleur”.

J : Laisse-moi deviner : il est plutôt grosse montre?

D : C'est ce que je me suis dit…

J : T'as pas fait ça quand même?

D : Et pourquoi pas? Je le trouve beau, il jeune, il est frais, il sent bon, j'ai envie de le niquer… Si ça doit me coûter une Rolex, ça me coûtera une Rolex, et puis voilà!

J : Donc, la Rolex, ça a marché?

D : Même pas! Tu n'imagineras même pas ce que ce petit con s'est permis de me dire : il a refusé la Rolex parce qu'il trouvait que ça le mettait dans une situation délicate et que -attention, accrochez-vous- il ne l'assumait pas par rapport à ses collègues ! Non mais pour qui il se prend? Il devrait être flatté qu'une meuf de ma trempe daigne s'intéresser à lui et lui offrir une occasion de sortir de son caniveau… Moi?! Moi je le gêne? Ce petit crétin, c'est tout juste s'il est bon à cirer mes escarpins… En plus, je sais qu'il a pas de copine, je l'ai entendu parler l'autre fois…

J : Il est peut-être juste pas intéressé…

D : Meuf, je suis chef de service, je gagne en un mois ce qu'il gagne en deux ans, j'ai deux jambes deux pieds et je suis célibataire sans enfant… Qu'est ce qu'il pourrait vouloir de plus?

K : C'est vrai, je comprends pas son problème… un allumeur, j'te dis…

J : Non, mais c'est comme on disait l'autre jour : les meufs gentilles, ça les intéresse pas. Faut les traiter comme de la merde pour qu'ils soient intéressés… C'est de la biologie, hein, ils ont juste besoin d'être dominés…

D : Je sais que t'as raison, mais j'peux pas m'forcer, j'suis une fille bien… Moi, je marque ma supériorité dans la subtilité et la diplomatie…!

K : Dans le claquage de blé et l'intimidation?

D : Comme ma maman m'a appris.

* high-five*

J : Donc tu vas laisser tomber?

D : Hors de question… Si ce qu'il veut c'est préserver sa réputation de Saint-N'y-touche, je me ferai plus discrète, mais quand on veut quelque chose, on le prend! Je suis une femme, moi, pas un adolescent! Une femme, une vraie, ça prend! Et puis il n'y a que face à ce type d'attitude hyper-féminine qu'ils se sentent hommes, désirés et protégés…!

K : Prouve-lui que tu as le jet de pisse le plus puissant et il tombera le slip en moins de temps qu'il n'en faut pour dire “amour propre”.

D : Je dois filer, vous voulez pas qu'on finisse cette conversation ce soir au bar du coin?

J : Impossible pour moi… figurez-vous que ce soir je garde les mioches, mon mec sort avec ses copains…

K : Et ça te dérange pas?

J : Il leur faut bien un soir de temps en temps pour parler de trucs chiants, parler cuisine et mousse à raser, faire des ragots et se plaindre de leur femme …

D : Et tu vas être seule avec les mômes? Sans ton père, ni un baby-sitter?

J : Hé ouais…

D : Woaw… c'est incroyable… comme je t'admire…

K : Grave…T'es vraiment une super Maman!

Chérissez l'amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition.
Après les hommes, il y aura d'autres hommes. Après les livres, il y a d'autres livres. Après la gloire, il y a d'autres gloires. Après l'argent, il y a encore de l'argent. Mais après l'amour, Marcus, après l'amour, il n'y a plus que le sel des larmes.
—  Joël Dicker
- Où sont les hommes? reprit enfin le petit prince. On est un peu seul dans le désert…
- On est seul aussi chez les hommes, dit le serpent.
—  Le Petit Prince
Chérissez l'amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes il y aura d'autres hommes. Après les livres, il y a d'autres livres. Après la gloire, il y a d'autres gloires. Après l'argent, il y a encore de l'argent. Mais après l'amour, Marcus, après l'amour il n'y a plus que le sel des larmes
—   Joël Dicker - La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Je te regarde de loin, et putain, tu as l'air si triste, les larmes enfouis dans tes yeux, j'arrive à les voir ces yeux noirs qui virent au rouge… Je sais que c'est pas à cause de ton joint.
Cette nuit-là sur ce pont Marie je m'en souviendrai toute ma vie. J'ai merdé, je t'ai gueulé un million de fois de partir, tu es resté un temps, je t'ai giflé et fait pleurer, tu as encore la trace de ma main contre ta peau, et je me suis empressée de t'embrasser, mais il était trop tard. J'ai été la goutte d'eau dans tes larmes qui a fait déborder ton vase. On s'est noyé. Tu le disais si bien. Je vacille, et notre nacelle en pleine mer paraît si fragile. Le bonheur n'était qu'à mi chemin mais on a préféré le fuir avant qu'il ne se sauve. J'ai perdu mon trône depuis que tu n'es plus mon prince.
En me blottissant contre des torses, j'ai essayé d'éteindre la flamme qui m'allumait quand j'étais ta femme, mais je ne suis plus que des souvenirs sur les cendres que t'écrases. Et je tente de m'y faire.
Tu m'as dit de vivre alors je t'ai écouté, j'ai vécu avec le danger, mes talents d'actrice et de je m'en foutiste. J'ai essayé de vibrer, mais c'est pas pareil quand t'es pas là.
A l'heure qu'il est je sais plus si je dois te supplier de revenir ou m'obliger à supporter ton absence et tenter de rire quand-même à d'autres blagues que les tiennes, embrasser d'autres lèvres et faire l'amour avec d'autres sexes. J'ai cru que d'autres pouvaient être de bons similis, pourtant il n'y en a qu'un pour qui j'ai à la fois envie de donner mon cœur et mon corps. Tu es le seul homme que je considère comme ma moitié, les autres sont des pantins quand je suis glacée mais tu n'es plus là pour me réchauffer. Alors j'essaie juste de m'y habituer. Mais je te jure que je donnerai mon joint du soir juste pour t'avoir dans mes bras, une semaine sur deux.
Notre amour était une drogue, la descente est hardcore et la cure est trop dure.

Notre passion a brisé notre amour, et notre amour nous a tué, mais on respire encore.
Et je l'ai sous la peau cette passion. Je m'efforce de la cacher mais elle se devine.

J'ai peur parfois mais j'en ai marre de nous voir aussi tristes et éloignés et en même temps je ne veux plus m'entendre crier ton prénom dans le silence, ni même me trouver trop niaise et ridicule à chaque fois que je parle de toi. Parfois-même j'entends ta voix, qui m'appelle, qui me chante, et quelques minutes après je me rappelle que je suis trop bourrée pour pouvoir t'entendre : tu es à des kilomètres de moi. J'ai l'air si pathétique quand je ne peux pas être sans toi, on dirait une môme au besoin presque viscéral de s'enfermer dans les bras de l'amour pour avoir la force de vivre.

—  la louve, 08/03/2016.

@marioncotillard: This is going to be my first and only reaction to the whirlwind news that broke 24 hours ago and that I was swept up into.
I am not used to commenting on things like this nor taking them seriously but as this situation is spiraling and affecting people I love, I have to speak up.
Firstly, many years ago, I met the man of my life, father of our son and of the baby we are expecting. He is my love, my best friend, the only one that I need.
Secondly to those who have indicated that I am devastated, I am very well thank you. This crafted conversation isn’t distressing.
And to all the media and the haters who are quick to pass judgment, I sincerely wish you a swift recovery.
Finally, I do very much wish that Angelina and Brad, both whom I deeply respect, will find peace in this very tumultuous moment.
With all my love
Marion
Ceci sera la première et seule réaction que j'aurai concernant la déferlante inouïe qui à commencé il y a de ça 24 heures et à laquelle je suis mêlée malgré moi.
Je n'ai pas pour habitude de commenter ni de prendre au sérieux le tas d'absurdités déversées à mon sujet mais la situation prenant une telle tournure et affectant des gens que j'aime, je me dois de m'exprimer.
Pour commencer, j'ai rencontré il y a quelques années l'homme de ma vie , le père de notre fils et du bébé que nous attendons aujourd'hui. Il est mon amour, mon meilleur ami et le seul homme dont j'ai besoin.
Ensuite, à ceux qui me prétendent dévastée, je vais très bien merci. Ce genre d'inventions aberrantes ne m'affectent en aucun cas.
Et pour finir, à la “presse”, à tous les haters, trolls et consorts qui ont le jugement si rapide je vous souhaite sincèrement… un prompt rétablissement.
Ceci dit et un peu plus sérieusement, je souhaite à Angelina et Brad, deux personnes pour qui j'ai un profond respect, de trouver la paix dans ce moment tumultueux.
Avec tout mon amour.
Marion

Aout 1942 : À quelques centaines de mètres à l'est de l'entrée du port de Dieppe, la falaise de Puys se dresse verticale au-dessus d'une plage étroite, barrée par un mur haut de 4 mètres surmonté par des rouleaux de fil de fer barbelé. Les pièces d'artillerie que les Allemands y ont installées commandent directement l'entrée du port de Dieppe et toutes les maisons qui bordent la falaise et la plage ont été transformées en blockhaus. Les 600 hommes du Royal Regiment of Canada et du Black Watch of Canada lancés à l'attaque ne pouvaient trouver pire point de débarquement. La première vague d'assaut aborde le rivage avec 20 minutes de retard sur l'horaire prévu. Le jour est maintenant levé et la défense allemande est en état d'alerte.

Des tirs d'armes automatiques, des explosions d'obus et de grenades, des tirs de mortiers immobilisent les hommes sur la plage, alors que leurs camarades sont tués ou blessés avant même d'avoir pu quitter la passerelle de leur péniche. Un enfer mais aussi une tragédie. En cinq minutes, le bataillon est réduit à l'effectif de quelques dizaines d'hommes et le carnage ne fait que s'aggraver au fur et à mesure que débarquent les vagues d'assaut suivantes. À 8h30, après 3 heures de martyre, ce qui reste du Royal Regiment of Canada rend les armes.

Seuls quelques hommes, sous le commandement du colonel Catto, ont pu dépasser la plage, grimper sur la falaise et s'emparer de deux maisons fortifiées. Mais leur retraite est rapidement coupée. Isolés en terrain ennemi, ils sont contraints de se rendre quelques heures plus tard.

Photographie©23-11-2014Françoise Larouge