serione

On s’était dit « c’est pour la vie ». Entre nous, existait la promesse de ne jamais se séparer. Quoi qu’il arrive, nous serions toujours une équipe. Un pour tous, tous pour un. Jusqu’à se plier en quatre pour venir en aide aux uns, aux autres, si besoin en était. Unis comme les cinq doigts de la main. Mais, malgré toutes les bonnes volontés du monde, la vie sépare. Celui-ci est parti un jour à des centaines de kilomètres. Celui-là a consacré beaucoup de temps au travail. Celle-ci s’est vue accaparée par sa vie de famille… Il arrive que le hasard nous réunisse à nouveau, mais il semble que l’on n’ait plus grand-chose à se dire, que l’on n’ait plus rien à partager.

Il reste que la douleur abonde
ses colonies de cauchemars
ses armées d’hommes sans yeux
Le bonheur a bel et bien
cassé sa boussole
mais par le lin blanc de ton chemisier
entrouvert
un bouquet de seins surgit
Si le lait bleu du ciel s’en inspirait
à ce moment 
nous serions heureux
—  jacques dor

“Nous vivions dans l’insolence de notre force et fréquentions la table des puissants de ce monde. […] Il est des temps de décadence, où s’efface la forme en laquelle notre vie profonde doit s’accomplir. Arrivés dans de telles époques, nous vacillons et trébuchons comme des êtres à qui manque l’équilibre. Nous tombons de la joie obscure à la douleur obscure, le sentiment d’un manque infini nous fait voir pleins d’attraits l’avenir et le passé. Nous vivons ainsi dans des temps écoulés ou dans des utopies lointaines, cependant que l’instant s’enfuit. Sitôt que nous eûmes conscience de ce manque, nous fîmes effort pour y parer. Nous languissions après la présence, après la réalité, et nous serions précipités dans la glace, le feu ou l’éther pour nous dérober à l’ennui. Comme toujours, là où le doute s’accompagne de plénitude, nous fîmes confiance à la force, et n’est-elle pas l’éternel balancier qui pousse en avant les aiguilles, indifférente au jour et à la nuit ? Nous nous mîmes donc à rêver de force et de puissance, et des formes qui, s’ordonnant intrépidement, marchent l’une sur l’autre dans le combat de la vie, prêtes au désastre comme au triomphe.”

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen), 1939.

Une âme exposée au Soleil,
Tout près de la mer menaçante;
Les vagues s’écrasent réveillent
Une douleur sombre et latente

Que serions-nous sans le Soleil?
Ecoeurement, dégoût, souffrance
Stupidité de l’existence,
Tout disparaît sous le Soleil.

La chaleur de midi exhale
Le cors d’un plaisir immobile;
Désir de mort, oubli total,
Yeux clos sur un coma tactile

Sans pitié, la mer se déploie
Comme un animal qui s’éveille;
Cet univers n’a pas de loi
Que serions-nous sans le soleil?

—  Michel Houellebecq - Poésies
Evolution des forfaits DATA chez Sosh ?



Plutôt suiveur en ce qui concerne les offres proposées par sa branche lowcost Sosh, Orange pourrait augmenter le volume 4G de “son forfait Sosh 20 Euros” en intégrant 5Go en lieu et place des actuels 3Go inclus. C’est le site iGen.fr qui l’affirme.

Véritable info, ou simple rumeur, une chose est sûre c’est qu’avec une 4G qui fonctionne très bien il serait sympa que Sosh propose à ses clients un volume de données à la hauteur de son réseau. Alors que Free Mobile inclus 20Go dans le forfait au même tarif, les 3Go de Sosh font vraiment misère.

Très satisfait de la couverture du réseau Orange nous serions les premiers à nous réjouir de ce changement qui nous éviterait de nous restreinte afin d’être certain de ne pas nous retrouver en débit réduit où la connexion Internet mobile devient inutilisable. Les 3Go inclus c’est bien mais c’est vraiment trop peu avec les smartphones d’aujourd’hui.

Accéder à l’intégralité de l’article …

THE ERECTIONMAN 

Fond : ★★  /  Forme :  ★★

Michael Schaap, 2009, Pays-Bas, 52mn

Bon, c’est un documentaire qui date un peu (2009) mais étant donné son sujet, c’est pas bien grave.

Puisqu’il s’agit pour le journaliste Michael Schaap, dans une prestation de clown investigateur à la Michael Moore, d’enquêter sur ces pilules (Viagra, Cialis, Levitra) qui, depuis 1998, ont envahi le marché pour permettre aux hommes de tous âges et de toutes conditions physiques, de bander à volonté (enfin, à condition d’y mettre le prix, exorbitant).

Car à 40 ans, si nos zizis fonctionnent toujours très bien (en tout cas pour une grande majorité d’entre nous), à en croire la publicité des industries pharmaceutiques derrière la pilule bleue (puisque c’est à elle que s’attaque principalement Schaap et par conséquent, à l’industrie Pfizer qui est derrière) nous serions de plus en plus nombreux à souffrir de dysfonctionnement érectiles mais heureusement, rien de grave, puisqu’il existe désormais des cachets pour maintenir une érection en béton.

Et de fait, nous sommes de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes (beaucoup de gamins de 20 ans ont déjà essayé un de ces cachets) à nous être servis au moins une fois de ces pilules (j’ai testé, non de Zeus que ça marche bien! la potion magique des aventures en Gaule!) qui étaient censées permettre à des hommes bien plus âgés d’en avoir une dure.

Or après en avoir pris, Schaap s’est rendu compte non seulement que ça entrainait une forme de dépendance (oh punaise, même fatigué et stressé je peux bander comme un âne !) directement alimentée par une perte de confiance en soi (cette érection n’est pas la mienne, c’est grâce à la pilule que je bande).

Et c’est donc à propos de cette spirale qu’a voulu enquêter Schaap et il est parti en quête d’une interview des représentants de Pfizer pour tenter de comprendre pourquoi sur la notice du Viagra, il n’y avait rien qui alertait le consommateur quant aux risques de dépendance et de perte de confiance en soi.

Il n’aura personne de Pfizer en interview. Malgré son acharnement (gimmick identique à celui repris par les journalistes de Cash Investigation), on ne lui répondra pas favorablement à sa demande.

En revanche, il va rencontrer des médecins, des journalistes et des scientifiques qui vont lui apprendre (et donc nous apprendre) plusieurs points fort intéressants.

Déjà l’expression dysfonctionnement érectile est apparue en 1998, en même temps que la mise sur le marché des cachets miracle, et ça ne désigne rien de réel puisqu’à part un faible pourcentage de la population masculine qui souffre d’impuissance, la dysfonction érectile n’existe pas, on a des pannes, comme tout le monde, un moment de fatigue où l’on va difficilement en lever une demi-molle, mais avec du sommeil et moins de stress (et puis un/une partenaire qui y met du sien aussi, faut pas l’oublier !) ça repart sauf qu’en insinuant dans les esprits le dysfonctionnement érectile, les industries ont créé une angoisse neuve tout en lui apportant en même temps son antidote chimique. Et les publicités n’hésitent pas à mentir en assurant que le pourcentage d’hommes atteints par ces “dysfonctionnements” ne cesse de grimper.

On découvre également comment le marché, après avoir ciblé dans un premier – et très court – temps le client originel, les hommes âgés, s’est très vite lancé dans des spots publicitaires où l’on ne parlait plus de vieillissement mais de performances. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour dire trique, le Viagra est passé de solution miracle pour les seniors à dopant nécessaire pour bien niquer en toutes circonstances.

Et voilà comment, dans l’industrie du porno, puis chez les jeunes, le Viagra (et ses confrères, dont il est intéressant de signaler que le Levitra est fabriqué par Bayer …) a tout inondé, puisqu’il est devenu à présent synonyme de bon coup assuré or dans un monde où la performances sexuelle a été érigée en critère de domination dans la hiérarchie d’un groupe d’individus, bander devient une affaire de vie ou de mort sociale.

Ce qui permet à Schaap d’enquêter aussi sur cette pression exercée sur les hommes à propos de leurs performances sexuelles et montrer comment on est arrivés, avec le porno, les médias et les publicités de l’industrie des cachets érectiles, à fausser complètement la relation aux rapports sexuels, allant, d’après un professeur américain, jusqu’à tout dérégler de la sélection naturelle qui permettait à une femme de choisir un mâle étalon afin de se reproduire puisque dans un monde où tout le monde peut désormais être étalon, quel va être l’élément qui va jouer pour sélectionner un partenaire plutôt qu’un autre ?

C’est donc fascinant de voir comment, partant de notre sexe en érection, Michael Schaap en arrive à questionner l’ensemble des rapports entre les hommes et les femmes, remet en question la définition même de la masculinité et de ce que signifie aujourd’hui « être un homme » et prouve par la même occasion avec quel cynisme, quelle hypocrisie et quelle diabolique – mais édifiante – stratégie, les industries pharmaceutiques ont encore une fois, foutu un beau bordel !

Donc moi qui pensais enfin me sortir de mes documentaires plombant avec un film supposé rigolo sur nos érections, je me retrouve au final ((même si entre les animations très Monty Python et des rencontres improbables comme avec la « secte » des mecs, on se marre quand même)  avec une nouvelle attaque en règle d’un capitalisme dégénéré qui a décidé de contrôler nos vies, jusqu’au sang qui afflue dans nos queues.

Ce qui bien évidemment, ne provoque qu’une envie : passer ses journées à bander naturellement ne serait-ce que pour emmerder les multinationales.

Bon, et pour d’autres raisons aussi quand même.

La partie inférieure du corps n’est pas seulement inférieure physiquement. Elle est moralement inférieure. Elle est condamnée en tant qu’ “inférieure”. Ainsi, il ne faut pas respirer profondément, il faut rester en surface. Il est dommage que la respiration ne puisse s’effectuer que vers le bas, car si certains prêcheurs le pouvaient, ils changeraient le mécanisme tout entier. Ils ne permettraient que la respiration vers le haut, dans la tête. Alors, nous serions complètement asexués.

Rajneesh, Le Livre des secrets

Charpie Hebdo, Charlie et le droit à l'humour satirique

Charpie Hebdo, Charlie et le droit à l’humour satirique

Où commence et où s’arrête ce droit vis à vis d’un journal satirique comme Charlie Hebdo ?

A la première marche de l’escalier qui mène au sommet de l’indécence, serions-nous tentés de dire… ?

Oui et non.

Pourquoi l’un peut et pas l’autre alors que, si l’on entre “droit à la satire” dans Google, on trouve principalement des images concernant Charlie Hebdo ?

Charlie ne veut pas de Charpie Hebdo.

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