sens of community

redbubble.com
‘The Powerpuff Senators!’ Sticker by vodkastinger
Let’s gear up to 2020 by celebrating our wonderful Powerful… erm Powerpuff Senators! Who knows, one of them might end up being the next Powerpuff President! • Also buy this artwork on stickers, apparel, phone cases, and more.

I DID ANOTHER DRAWING!

Show your love for the badass female senators and prospective candidates for 2020 Kamala Harris, Elizabeth Warren and Kirsten GIllibrand!

Get a sticker for your laptop, a cute pencil case, even a t-shirt (you name it!) to publicly celebrate these badass ladies!


You can also get a range of selected products just with your favourite kickass senator! Check out stickers, tote bags, spiral notebooks, phone cases and more:

Kamala Harris, Kirsten GillibrandElizabeth Warren

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Est-ce que je viens d’utiliser une citation de Sansa Stark (A Song Of Ice And Fire) pour un post sur MV ? Totalement.

buzzfeed.com
ACLU Lawyer Files Ethics Complaint Against Jeff Sessions Over Russia Testimony
The Alabama State Bar is being asked to investigate the attorney general's statements about contact with Russian officials to "determine whether he violated the Alabama Rules of Professional C...
By Chris Geidner

WASHINGTON — A lawyer with the American Civil Liberties Union filed an ethics complaint against Attorney General Jeff Sessions on Thursday, asking the Alabama Bar to “determine whether he violated the Alabama Rules of Professional Conduct” in his sworn testimony before the Senate Judiciary Committee regarding his contact with Russian officials.

“Mr. Sessions made false statements during sworn testimony on January 10, 2017, and in a subsequent written response to questions on January 17, 2017,” the complaint alleges.

Christopher Anders, a lawyer with the ACLU in Washington, DC, filed the complaint, which asks the state’s bar to investigate whether Sessions engaged in professional misconduct in the answers he gave to the committee regarding his contact with Russian officials.

The complaint points to two of Sessions’ answers to the committee — the exchange he had with Sen. Al Franken about Russian communications during the campaign, and a written follow-up response to Sen. Patrick Leahy — as potentially violating the Alabama Rules of Professional Conduct.

liberation.fr
Simone Veil ou le sens d’une vie
Son combat ne se réduit pas aux droits des femmes, il a une portée universelle. Comme les autres survivants des camps, Simone Veil a tiré de cette expérience une leçon philosophique : l’idée qu’il faut refuser toute dégradation de la vie, toute humiliation de l’homme.

A entendre l’unanimité qui s’élève dans notre pays pour saluer la personnalité exceptionnelle que fut Simone Veil et la décision prise par le président Macron de l’accueillir au Panthéon, on oublie l’âpreté des combats qui furent les siens et la manière dont ils se poursuivent aujourd’hui. Il est d’autant plus important de les replacer dans le contexte philosophique et politique de l’époque que ceux-ci nous éclairent sur l’importance du message qu’elle nous lègue face aux dangers de régression que nous connaissons aujourd’hui. Son action est inséparable, tous l’ont rappelé, de l’expérience de la déportation et des camps de concentration, et si le président Macron oublia de rappeler que c’est en tant que juive qu’elle eut à les subir, nul ne peut dire quel aurait été son parcours si elle n’y avait rencontré ce que rappelait Robert Antelme dans l’Espèce humaine : le fait que les nazis n’aient jamais réussi à briser l’humanité des déportés.

Ce qui n’a pas assez été rappelé, c’est la leçon philosophique que Simone Veil a tirée de cette expérience, l’idée que la vie ne se résume pas à produire une conduite individuelle ou collective, morale ou légale, mais qu’elle commande de se préoccuper de sa dimension éthique. On a ainsi trop vite limité son combat au seul féminisme, réduisant à une moitié de l’humanité ce qu’elle concevait au plan de l’universel. Qu’elle ait lutté pour les droits des femmes, notamment des femmes algériennes, dans le cadre de ses premières activités de magistrate, c’est qu’il lui paraissait insupportable de voir la vie humaine profanée en tant que telle. On lit à travers son action le sens que les survivants donnèrent à leur combat : refuser toute dégradation de la vie, l’humiliation de l’homme au sens où Primo Levi l’entend dans Si c’est un homme. Car ce que nous disent les survivants passés par les camps de la mort, c’est que l’extermination emporte dans son abaissement non seulement les victimes, mais les bourreaux eux-mêmes. Ainsi faut-il comprendre le sens de l’engagement européen de Simone Veil et de sa main tendue immédiatement après-guerre aux Allemands.

C’est sans doute cette décision de considérer que la gestion de la vie revenait désormais à l’homme, pleinement conscient de sa tâche, qui fait l’unité des combats qui furent les siens. Elle rejoignait ici une poignée de scientifiques et de médecins qui se retrouvèrent au sortir de la guerre pour poser ensemble les pierres qui jalonnent les étapes de ce que l’on a coutume de nommer «la libération de la femme». Il ne s’agit plus alors d’opposer, comme ce fut longtemps le cas, la vie à la mort, ni d’aborder la question du point de vue de la démographie, à la manière d’Alfred Sauvy, chantre de l’idéologie nationaliste, dont se réclameront en 1974 les opposants à l’avortement, mais d’affirmer que seule vaut d’être vécue une vie dont l’humanité est reconnue et librement exercée. Le silence coupable de l’Eglise, la faiblesse des gouvernements démocratiques et le consentement de leurs peuples face à l’existence des camps et à la volonté de génocide mise en actes par le régime nazi les avaient disqualifiés pour revendiquer la direction du salut de leurs semblables.

Il revenait alors à quelques individus de reprendre le flambeau. Juifs, communistes pour certains, tous issus de la Résistance, ils sortent de la guerre convaincus que la vie ne vaut pas en elle-même, mais pour ce que les vivants en font. Simone Veil fut aux côtés de ceux-là, scientifiques renommés, marchant sur les traces de la révolution scientifique initiée par les travaux de Crick, Watson et Wilkins, autour de la découverte de la double hélice des acides nucléiques, médecins libres-penseurs, gynécologues-obstétriciens, et endocrinologues. Ils ont pour nom François Jacob, Jacques Monod, André Lwoff du côté des savants, Fernand Lamaze, Jean Dalsace, Pierre Simon, Pierre Velay, Etienne-Emile Baulieu, Henri Fabre, du côté des médecins.

Entrés en dissidence dès le début des années 50 face à la bien-pensance d’une société qui, sous couvert de morale, laisse les femmes mourir et souffrir, ils sont engagés dans un combat frontal contre l’ordre des médecins, hérité de Vichy, et entreprennent de convaincre des forces politiques alors peu informées et prisonnières des schémas anciens. Ils importeront en France les techniques de l’accouchement sans douleur, mettront en place les techniques de contraception, feront voter la loi sur l’interruption de grossesse avant de réfléchir aux problèmes liés à la procréation médicalement assistée et à l’euthanasie. Et s’ils trouvent, en 1967, le relais de Lucien Neuwirth pour coucher dans le marbre de la République les progrès accomplis, c’est que ce grand résistant a, lui aussi échappant à la mort, mis sa vie au service d’une vision de l’humain.

Il faut rappeler aujourd’hui les risques que prirent ces pionniers de la contraception et de l’avortement. Soumis nuit et jour aux insultes, risquant la condamnation et la prison chaque fois qu’ils ramenaient d’Angleterre les contraceptifs sur le sol français, menacés jusque dans leur vie, ils tinrent ferme, convaincus que médecine et société ne pouvaient aller l’une sans l’autre. Il faut se souvenir que ceux-là mêmes qui traitèrent Simone Veil de nazie sur les bancs de l’Assemblée furent ceux qui traitèrent le Dr Pierre Simon de Hitler en première page du Monde.

Pourquoi rappeler ces combats ? Parce qu’ils donnent leur ampleur au message que nous lègue Simone Veil, à savoir que la mémoire n’est pas seulement faite d’héritage, mais se construit au présent. Parce qu’ils nous enseignent que rien n’est jamais définitif et que les régressions politiques, qu’elles viennent d’extrême droite ou d’extrême gauche, font souvent écho aux régressions qu’entérine le corps social, en l’occurrence aujourd’hui une essentialisation de l’homme qui le ramène à ce que la nature a de plus trivial. L’élection d’un Trump aux Etats-Unis, le score réalisé par le Front national, la force politique d’un mouvement comme Sens commun doivent nous alerter. Si l’exemple de Simone Veil a autant compté, c’est parce qu’elle savait que la vie n’est sacrée que parce qu’elle porte au plus haut l’humanité de l’homme.

Roger s'est échoué comme une baleine sur la plage de Fort-Mahon. Las de la vie, Roger voulait changer d'air. Il a enfourché son vélo, est parti droit devant lui et, sans y réfléchir, s'est retrouvé sur la plage de Fort-Mahon. Bien sûr, il n'a pas sa tenue de plage, de toute façon, on n'est encore qu'en avril, il fait frisquet sur la Côte picarde et, comme le dit le proverbe, et le bon sens commun, en avril ne te découvre pas d'un fil. Le voilà donc sur la plage de Fort-Mahon, sans sa tenue de bain.

J'imagine, je brode, je n'ai pas connu Roger. Ils sont des centaines comme ça, ceux que je ne connais pas. Ils m'accompagnent, il faut bien que je leur recréé des histoires. J'ai vu Roger sur la photo et la première phrase qui m'est venue à l'esprit est : Roger s'est échoué comme une baleine sur la plage de Fort-Mahon. Si ça se trouve, Roger se trouvait là pour une toute autre bonne raison. Si ça se trouve, Roger ne s'appelait même pas Roger.

anonymous asked:

prof de philo: du genre "un homme qui se prend pour une femme est comme un fou qui se prend pour Napoléon". "C'est une anomalie qu'il faut prendre en compte mais quand ils vous demandent de les appeler "elle" c'est vous demander de mentir, et vous n'avez pas à mentir pour eux". Et le plus beau "Le féminisme doit se séparer de cette idée que ce sont des femmes parce que ça réduit la femme à un esprit, or la femme a un corps."

Blague à part, yep, belle transphobie de première classe.
Brownie points pour “Le féminisme doit se séparer de cette idée que ce sont des femmes parce que ça réduit la femme à un esprit, or la femme a un corps.” La fin de l’objectification et l’instrumentalisation du corps commence peut-être par arrêter de demander aux femmes, voir qui que ce soit en fait, de justifier de ce qu’iels ont et comptent en faire ?!? Genre, c’est du sens commun ?!! Genre comment la “validation” des minorités va aider la cause féministe ??! Genre pour qui iels se prennent pour “valider” ou “invalider” qui que ce soit ????!

anonymous asked:

Au sujet du vote : si on lâchait un peu la grappe aux électeurs insoumis, (dont seulement 15% vont voter Le Pen d'après le dernier sondage Cevipof) pour se concentrer sur les 30% de fillonistes qui vote FN ? Vous me direz c'est l'ultra-droite irrécupérable, alors que les mélenchonistes sont décents, mais quand même, ça fait pas un peut deux poids deux mesures ?

Tbh, je doute que des fillonistes passent sur mon blog, donc j’essaie même pas de leur parler, et comme tu dis, je crois que personne n’est vraiment étonné. Aussi, Fillon a quand même appelé à voter Macron… contrairement à Mélenchon. 

Je pense qu’on parle pas tant des fillonistes parce que… c’est logique ? Il a prs des voix de Sens Commun, d’anti-mariage pour tous, de cathos traditionnels… la droite a un vrai problème avec son électorat, c’est clair, mais ça date pas d’hier.

Des zones d’ombre et un cygne, en minuscule

« Ils ont relâché Madame Sauvage », me dit Kadidia* en guise de bonjour.

Ma tête part en arrière ; « woh ! » est le seul commentaire que j’arrive à faire, le seul que j’ai le temps de faire avant que Kadidia me colle son portable dans les mains et me dise : « Oui ben regarde ce qu’ils écrivent » et retourne dans la salle entourer de ses bras Mathilde*, en larmes, qui triture un mouchoir tout déchiré.

[* prénoms modifiés]

Ils, ce sont des juristes. Magistrats, avocats, principalement. La sacro-sainte séparation des pouvoirs est attaquée, ils se hérissent pour la protéger, pour protéger l’indépendance de leur justice, qui leur tient tant à cœur. Ils y croient, eux, en la Justice – ils mettent une majuscule à justice – elle se doit d’être indépendante, elle se doit d’être juste – une juste justice majuscule. Ils s’élèvent sur le piédestal de leur vocation et s’insurgent : peu importe l’affaire Sauvage, peu importe son cas, s’ils prennent la parole aujourd’hui c’est au nom de l’équité, leur devoir est de défendre la Justice, ils seront le dernier rempart pour qu’elle s’exerce de façon équitable pour tous les citoyens.

Ils, ce sont aussi des journalistes – ou des juristes, encore. Ils prétendent apporter des éléments complémentaires au public sur le « cas Jacqueline Sauvage ». Sur les zones d’ombre de cette femme. Ils insistent sur cette étrangeté : elle aurait été victime de violences conjugales – ils écrivent « aurait été » – elle aurait été victime de violences conjugales pendant 47 ans mais il n’y a qu’un seul, un seul certificat qui atteste des coups. Ah ah ! N’est-ce pas là une étrangeté !

Par ailleurs, poursuivent-ils : elle a tiré dans le dos de son mari. Dans son dos, alors qu’il ne la battait pas à ce moment-là ! Nouvelle bizarrerie !

Ils enfoncent le clou avec ses enfants : il paraîtrait – le verbe est de nouveau conjugué au conditionnel – il paraîtrait que les filles de Jacqueline Sauvage ont été violées par leur père. Eh bien alors, pourquoi n’a-t-elle rien fait ? L’« emprise » – ils mettent le mot entre guillemets –, l’« emprise », ce pseudo-état qui empêcherait – conditionnel – les femmes de se sortir de leur situation de victimes de violences conjugales, admettons, mais les femmes parviennent à dépasser cette soi-disant emprise lorsqu’il s’agit du bien-être de leurs enfants, tout le monde le sait ! Un peu de bon sens ! Si ce n’est pas là la preuve ultime que toute cette affaire n’est qu’une arnaque ; que Jacqueline Sauvage a en fait tué un homme, certes un peu bougon, chacun son petit caractère, mais qu’elle a menti, ses filles aussi, et que sa place est en prison.

Les articles sont largement partagés.

Dans la salle, les chaises sont vides, hormis celles de Mathilde et Kadidia.

« Faut leur dire, dit Mathilde entre deux sanglots. Faut leur dire que c’est pas vrai.

— Ils s’en foutent, répond Kadidia. Sinon ils poseraient des questions aux femmes comme nous, au lieu de parler de zones d’ombre et de dire des conneries. Ils préfèrent croire ce qui les arrange. »

Les zones d’ombre.

Sur les chaises vides étaient assises des femmes, actuellement ou anciennement victimes de violences conjugales. Dans ce groupe de parole, elles ont passé entre 5 et 38 ans avec leur conjoint. Entre 5 et 38 ans à subir des violences conjugales et certaines n’ont pas même un seul certificat médical attestant du moindre coup, du moindre hématome. Certaines n’ont pas un seul témoin. Pas de voisin qui pourrait venir raconter à la barre, si elles avaient tué leur conjoint, qu’il était violent ou même colérique. Le couple déménageait tout le temps ; le couple n’avait aucun ami ; Monsieur isolait suffisamment Madame pour qu’elle ne connaisse personne ; ou bien il était un être adorable en société, en public et devenait méconnaissable dans l’intimité du couple. Il y a aussi des violences qui ne laissent aucune marque ou si peu. Mathilde, dont le conjoint était médecin, frappait peu et ne laissait aucune trace. En guise des gros hématomes que l’on voit traditionnellement sur les affiches de prévention, Mathilde subissait « le gant ». Son conjoint lui appliquait un gant mouillé sur le visage « pour la calmer » jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus respirer. À l’oreille, il lui disait « ne crie pas ou les enfants vont te voir être hystérique ». Mathilde ne criait pas. Elle espérait mourir pour de bon. Aucune trace. Le mari de Kadidia lui donnait 5 francs quand elle avait été « gentille ». S’il estimait qu’elle n’était pas gentille, il l’enfermait dans la chambre et la forçait à boire son urine. « Je tuerai tes parents » lui disait-il. Elle obéissait. Pas de trace. Les victimes de violences conjugales qui n’ont aucune preuve de leur calvaire sont légion. Pas de certificat médical, pas de témoin, elles n’ont que leur histoire, leur parole.

Toutes, elles ont toutes pensé à tuer leur conjoint. Certaines ont même essayé. Elles n’ont pas trouvé la force ; elles n’ont pas réussi ; elles ont arrêté leur geste, leur plan en route. Dix fois, cent fois, elles ont imaginé comment le tuer. L’une a songé l’empoisonner. L’autre droguer son café avant qu’il prenne la route. Une autre s’est armée d’un couteau la nuit, quand il dormait, et l’a tenu au-dessus de son cœur. Elles ont toutes imaginé le tuer parce qu’elles ne voyaient pas comment s’en sortir autrement. Elles ne l’ont pas fait chacune pour des raisons différentes. « Je l’aimais encore trop », « J’ai eu peur », « Je devais être là pour mes enfants » , « Je suis incapable de tuer »… 

Le propre de l’emprise est de persuader la victime que son agresseur est surpuissant, qu’il a tout pouvoir sur elle, qu’il est invincible, littéralement. Ce n’est pas un processus rapide, c’est une mise en place excessivement lente, un déplacement de la réalité qui se construit petit à petit. La victime de violences conjugales est persuadée que son agresseur pourra la retrouver n’importe où, elle se retourne dans la rue, sûre qu’il est derrière elle même à l’autre bout du monde, elle est convaincue qu’il est surpuissant, plus fort que tous, y compris que d’autres formes de pouvoir (forces de l’ordre, justice, administration, services sociaux, etc.). À un certain degré d’endoctrinement, la fuite n’est plus une solution que la victime parvient à envisager – et pour cause : une victime de violences conjugales a toujours tenté de partir de multiples fois, avec échec. Elle est revenue, la première fois de son plein gré, la fois suivante parce qu’il insistait trop, utilisait des moyens de pression, les fois suivantes, tout devient confus : il est impossible pour elle de distinguer quelle est sa part de libre-arbitre, elle n’est plus elle-même.

Le départ, la fuite ne fait plus partie des options qu’elle envisage. Combien de fois, au tribunal, la question « pourquoi n’êtes-vous pas partie ? » est-elle posée ? Cette question n’a aucun sens. Cette question est d’une violence inouïe, d’une indécence sordide. Elle rappelle chaque jour qu’un manque total de formation sur les mécanismes de la violence conjugale existe dans notre pays, que les premiers à en être démunis sont ceux qui devraient écouter et comprendre les victimes ; qu’au lieu de cela, ils s’étonnent de ce dysfonctionnement au prisme de leur propre normalité. « Si on m’avait demandé de boire de l’urine, je serais partie vite fait, je te garantis ! » entend-on dans les couloirs du palais de justice. L’éléphant dans le salon.

La fuite n’est plus une option, « il va me retrouver », « la police ne peut rien pour moi », « il saura où je suis », « il me tuera, il me l’a dit, si je pars il me tuera ». Oui, elles pensent à le tuer. Elles pensent à mourir. Elles pensent que la seule façon que tout s’arrête est la disparition de l’un des deux. 

Le tuer en lui tirant dans le dos ? Et comment aurait-elle dû le tuer pour que ces Messieurs-Dames soient satisfaits ? Elle aurait dû se laisser castagner, une autre fois, et là, dans un réflexe de survie digne des plus grands films, elle aurait dû trouver quelque arme à sa portée, s’en saisir et dans un geste de défense, le tuer. Car c’est cela qu’il faut pour contenter la foule : il faut un geste de défense. C’en était un pourtant – au sens commun, pas au sens légal de légitime défense.

Oui, il y en avait d’autres. Non, elle n’a pas pu les envisager.

Non, tuer son conjoint violent n’est pas la solution. Le quitter est la solution. Encore faut-il que l’on puisse être entourée, accompagnée, soutenue, avant, pendant, après cette démarche. Encore faut-il que le pays tout entier, que chacun.e dans ce pays prenne conscience des enjeux de ce combat, ouvre les yeux, s’interroge, se forme, remette en question ses croyances, ses jugements hâtifs, prenne le temps de tendre la main plutôt que de passer son chemin. Encore faut-il que les politiques légifèrent, que les professionnel.le.s se forment, que tous parlent avec attention.

Des zones d’ombre.

Il est des hontes que les victimes porteront toute leur vie et qu’elles ne se pardonneront jamais. Hontes qui touchent au sexe, au mensonge, aux délits. Hontes qui touchent majoritairement à leurs enfants. Ces mères, aujourd’hui seules, ou parfois en couple de nouveau, élèvent leurs enfants avec amour et dévotion. Et pourtant. Hors du groupe de parole, car ces secrets-là ne se disent qu’à une seule confidente, elles racontent parfois les mères qu’elles ont été. Négligentes, inattentives, complices des maltraitances de leur compagnon car elle les ont tues ou y ont assisté sans rien dire, sans rien faire. « Comment j’ai pu, comment j’ai pu », elle hurle, pleure, se plie en deux d’une douleur invisible mais qui emplit pourtant la pièce d’un cri sourd. Le simple fait de n’avoir pas réussi, physiquement, à empêcher leur conjoint de frapper leurs enfants les hante. « Je me mettais devant mais j’arrivais pas à l’arrêter, j’arrivais pas. Il m’assommait et après il passait à mon fils. » Des années durant il faudra les aider à se reconstruire. Inutile, chers journalistes et consorts, d’encourager la plèbe à déverser sa haine sur ces mauvaises mères ; jamais le peuple ne pourra les haïr autant pour ce qu’elles ont fait qu’elles se haïssent elles-mêmes.

Il n’y a pas d’étrangeté, pas de bizarrerie, pas d’arnaque ni de foutues zones d’ombre. Jacqueline Sauvage est, tristement, une victime de violences conjugales comme les autres. Si vous vous intéressiez quelque peu au sujet, vous le sauriez.


Quant aux amoureux de la juste justice majuscule, je suis ravie de les voir ainsi s’insurger pour davantage d’équité envers les citoyens et de lutter pour l’indépendance de leur enfant chérie. Considérant les longs textes qu’ils ont pris la peine d’écrire et de partager à ce sujet, je suppose que je vais, sans nul doute, retrouver d’autres écrits de leur part, anciens ou à venir, qui défendent cette cause noble. Des textes rageurs, à propos de la Haute Cour de Justice ou de la Cour de Justice de la République, ces instances dérogatoires au fonctionnement ordinaire de la justice juste majuscule équitable et indépendante. Ces tribunaux spéciaux, qui permettent de soustraire à la justice pénale ordinaire les gouvernants jugés par trois magistrats et… douze autres gouvernants. Une belle indépendance de la justice majuscule que voilà. Je ne trouve pas leurs textes, sans doute une mauvaise recherche de ma part.

Cherchons-en d’autres, avec une date, ce sera plus précis : le 22 juillet 2016. Cette fois-ci, plus de doute, ils ont dû écrire des kilomètres de textes, ces défenseurs de la séparation des pouvoirs ! Le Conseil constitutionnel, saisi d’une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) jugeait le 22 juillet 2016 que le « verrou de Bercy » était conforme à la Constitution, dans l’affaire d’un pharmacien poursuivi pour fraude à la TVA. Le « verrou de Bercy » permet au ministre du Budget, et à lui seul, de choisir de poursuivre pénalement un fraudeur fiscal ou de lui proposer de payer quelques amendes en plus de ses impôts. Recommençons, voulez-vous bien : le ministre du Budget, et non les magistrats, choisit qui sera poursuivi et s’exposera à d’éventuelles peines de prison et qui pourra s’en sortir en alignant seulement des liasses de billets. Quid de la séparation des pouvoirs ? Quid de l’indépendance de la justice juste majuscule ? Pas de trace de manifestation de mes juristes outrés.

Peut-être faut-il alors quitter l’inéquitable traitement des gouvernants et puissants par la justice et se tourner vers les justiciables broyés, ceux qui n’ont ni le pouvoir, ni les liasses pour s’offrir un tribunal dérogatoire ou une absence de procès. Ceux qui, chaque année, sont contrôlés au faciès par les représentants du pouvoir, qui meurent entre leurs mains lors d’interpellations ultérieurement qualifiées d’« accidents », de « malaises », d’« infections », d’« allergies », de « crises cardiaques » et j’en passe. Ceux qui devront se battre des années pour arriver devant un tribunal et en repartir anéantis, les responsables de la mort de leur proche arrivant libres par la grande porte, et repartant libres par la grande porte. Quelle mansuétude de la justice majuscule pour des personnes soupçonnées d’un crime. Combien, combien de suspects ont le privilège de rester libres, de ne pas être placés en détention provisoire alors qu’ils sont accusés d’un crime ? Ceux qui sont sur le banc des parties civiles sont incrédules ; toute leur vie durant, ils ont vu les représentants de l’État se saisir de ceux qu’ils considéraient suspects, les contrôler sans ménagement, pour une couleur de peau. Poursuivis, les suspects ont toujours été placés en détention provisoire. Ils ont toujours perdu leur travail. S’ils étaient ensuite relaxés, jamais la justice – minuscule – ne s’excusait, ne dédommageait. Alors, sur les bancs des parties civiles, ils regardent ces autres suspects, dans leur uniforme qui n’est qu’un rappel de ce qu’eux ont toujours leur travail. Ces autres suspects qui bénéficient, sans que cela ne soit écrit nulle part, d’un régime dérogatoire. Leur parole est plus précieuse, plus véridique, davantage écoutée. Quel que soit le crime reproché, les collègues viennent en masse pour assurer un soutien, légitimation par ses pairs, qu’ils soient fiers de leur violence ou effrayés que cela leur arrive un jour. Moi aussi j’aurais pu le faire

En faut-il des années de lutte pour arriver à un début d’espérance. Quand la technologie permet de filmer, en direct, les interpellations, les violences, et de montrer, de prouver les mensonges de forces de l’ordre, alors quelques condamnations tombent. Mais lorsque l’on doit s’assurer, à chaque moment de sa vie, d’être prêt à filmer, pour apporter à la justice plus que sa parole, car l’on sait d’avance que sa parole ne vaudra rien, où est l’équité ?


De la part de ces soudain paratonnerres immaculés de la Justice, je n’ai pas trouvé d’autres foudres. Peut-être que leur stock d’éclairs est limité à un seul par an. Peut-être que leur vision de la justice est biaisée par le fait qu’ils en sont des acteurs – qui aime à reconnaître qu’il participe à un système d’injustice, plus particulièrement lorsque ce dernier se nomme justice ? 


Rien n’est plus minuscule que la justice en France, qui n’a les moyens de rien mais se croit toujours au-dessus de tout. Des palais – quel mot merveilleux – des palais de justice délabrés, ou, selon la ville, affichant des façades resplendissantes, et à l’intérieur des bureaux vides de personnels, vides de matériels, et débordants de dossiers jusqu’à la gorge. Des délais de traitement inhumains qui voient régulièrement des personnes mourir avant que leur affaire ne soit traitée – record en la matière : la CNITAAT, juridiction méconnue, traitant des appels des tribunaux du contentieux de l’incapacité. Située à Amiens, elle met en moyenne 3 à 4 ans à traiter une affaire pour des personnes en situation de handicap dont la plupart exige un règlement urgent.

Des palais de justice où parade une cour en costume qui se pense supérieure au vulgum pecus. Régulièrement, ces instruits se gaussent des ignares qui ne comprennent rien au droit, matière noble s’il en est, science des dominants conçue par eux et pour eux – seule matière à n’être aucunement enseignée aux collégiens et lycéens, pas même de façon fragmentaire, il ne faudrait pas que tout un chacun puisse maîtriser les principes du droit, qui se réserve à une élite. Un article tout récent de la Voix du Nord titrait Les perles de l’année au tribunal et reprenait les propos des prévenus, visant à faire rire les lecteurs. Il fut partagé des milliers de fois par des internautes hilares, qui ne voyaient pas le problème à rire, notamment, de cette phrase : « Si vous m’incarcérez, cette fois trouvez-moi en même temps quelque chose pour ma sortie, sinon je reviendrai. » 

Ou de celle-ci : « Je le sais d’avance. Quand ses yeux sortent de sa tête, c’est qu’il va frapper. »

La justice française est minuscule et traite ses justiciables minusculement.

Ce n’est pas en gesticulant pour défendre l’honneur bafoué de votre canard boiteux qu’il va subitement se transformer en beau cygne blanc. 

2

Can someone do a Discworld!AU where Bilbo is the Shire’s witch ? 

Commun sens is all ready a hobbit super power, just imagine it combine with sass, some bad ass commun magic and a lot of black.

Gandalf will come to her saying “I need you in a very dangerous and stupid quest, so get your ass up and get your coat”

Bilbo would say that she can’t leave the Shire, that they need her and all that jazz. Gandlaf won’t have any of this “There is more commun sens in here that in the rest of ME, beside dwarves need supervision, like, all the time.”

Yes, the dwarves. They would be even more sorry for them. Insted of the grocer thing, Thorin would ask her what kind of magic someone as small as her use. Bilbo will say “ the kind that requier thinking before actually using it.”

I wish I was good at writing T_T

42 OU POURQUOI CE BLOG ?

Pourquoi(qui?) on écrit ce blog, pourquoi ce ton, ce contenu ? 


Le sens commun voudrait qu'un voyage et son récit soient le reflet d'une expérience libératrice, exclusivement positive, l'histoire d'une extase sans interruption. Seulement, le voyage ne peut pas être que cette consommation béate de bonheur. 

Notre ton parfois incisif, nos choix de contenus, le but du blog etc, on pourrait croire qu'on met beaucoup de “negatif” ou de critique. On voulait partager avec vous là-dessus.

On ne veut pas, et c'est un choix réfléchi, ne vous transmettre que les sourires, les beaux paysages et des photos de plats typiques. Déjà, si on est des étudiants en histoire, en sociologie, géographie et science politique, c'est pas pour rien. On aime avoir un regard critique sur la réalité qu'on voit, qu'on vit, analyser les rapports de dépendance, de pouvoir qu'il y a entre les gens, dans la société. Rencontrer des gens ça nous permet de découvrir à combien est le salaire minimum dans tel pays, quelles sont les conditions de travail pour tel job etc. 

Par exemple, une fois, à la sortie d'un supermarché où pendant nos courses on a laissé nos sacs sur des caisses fermées, pcq une employée nous a conseillé de le faire, une manager de 18ans se pointe et nous demande nos cartes d'identité et de dénoncer l'employée pour la pénaliser. C'est ce type de situation qui nous fait réaliser le genre de dureté du monde du travail, la délation à l'oeuvre. Ça nous intéresse pour comprendre le pays, ce que les gens vivent d'un point de vue politique.

En plus on est tous les trois des personnes engagées politiquement, et on ne veut pas travestir nos pensées pour correspondre à quoi que ce soit d'autre.  

Ensuite, notre mode de voyage implique forcément d'être confrontés à des situations épineuses et des aléas imprevisibles. Pas ou peu de zones de repli, pas de zone de confort. Loin de nous l'idée de nous plaindre, c'est notre choix et en le faisant comme ça on est sûrement plus proche de la réalité que dans les bulles touristiques. On se déplace presque exclusivement en autostop avec toute notre vie sur notre dos. Jusqu'ici 80 personnes nous ont pris en stop, combien de milliers d'autres nous ont recalés parfois très violemment, parfois avec un mépris qui fait mal au coeur, demandé des thunes en échange ou bien embrouillés? Tous les soirs on dort en camping sauvage, souvent en ville. On galère pour trouver un endroit discret, pas trop près des habitations pour ne pas déranger ou faire peur. Nous aussi parfois on craint de se faire voler ou engueuler. Un jour sur deux on se fait emmerder, vraiment. Dans ces conditions c'est normal que tout ne nous apparaisse pas comme un long fleuve tranquille et qu'on le raconte tel quel. C'est la réalité de notre voyage.

Bien sur ya des gens hyper cools, généreux, sympa à t'en fendre le coeur, et ça l'emporte sur tout. Mais parfois le gars trop cool qui te prend en stop et finit par t'accueillir chez lui, s'avère être un énorme raciste, qui laisse aucune liberté à sa femme, et qui finalement veut nous montrer à quel point sa piscine est belle. Qu'est-ce qui nous marque dans tout ça? Qu'est-ce qu'on raconte?

Bien sûr si on fait ce voyage c'est qu'on est profondément convaincus que l'homme est bon.


On choisit de vous emmener en voyage avec nous, totalement, au jour le jour. Moi, Raph, je veux autant vous partager le moment ou c'est le pied total quand je me baigne pour la première fois dans la méditerranée que le moment ou je fais les cent pas dans l'hôpital et que le temps paraît infini. On a envie d'être assez transparents avec la famille et les amis auxquels on donne l'adresse du blog et qu'on estime. On veut vous partager notre bonheur sans oublier de décrypter. Encore une fois on kiffe notre voyage, on a choisi de le faire comme ça et de le raconter comme ça. Finalement, le blog, on le fait pour vous, mais aussi pour nous. 


Mille bisous. 


Matis, Noé, Raph.