senghore

Par-delà quelle nuit d’orage depuis trois jours se cache ton visage?
Et quels coups de tonnerre font bondir ce coeur tien hors de son lit
Quand tremblent les murs frêles de ma poitrine?

Je frissonne de froid, captif en la clairière de rosée.
Ah! je me suis perdu par les pistes perfides de la forêt.
Sont-ils lianes, sont-ce serpents qui entravent mes pas?
Je glisse dans les fondrières de l’angoisse, et mon cri s’éteint dans un râle aqueux.

Mais quand ouïrai-je ta voix, allégresse lumineuse de l’aurore?
Quand me mirer dans la glace souriante de tes yeux larges comme des baies?
Et quelle offrande apaisera le masque blanc de la déesse?
Sera-ce le sang des poulets ou des cabris ou le sang gratuit de mes veines?
Seront-ce les prémices de mon chant dans l’ablution de mon orgueil?

Dis seulement les paroles propices.

Léopold Sédar Senghor, Autres chants


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Shaka Senghor served 19 years in prison (seven in solitary confinement) for second degree murder. Since his release, he’s focused on mentoring young people, making amends for his crimes, and reducing mass incarceration. His book, “Writing My Wrongs” is a New York Times best-seller, and he joined Trevor at the desk to talk about crime, punishment, and atonement.

Dans l'esthétique gréco latine, qui a survécu dans l'Occident européen […] l'art est “imitation de la nature” - “imitation corrigée”; en Afrique noire, il est explication et connaissance du monde, c'est à dire participation sensible à la réalité qui sous-tend l'univers à la surréalité, plus exactement aux forces vitales qui animent l'univers.
—  Les Lois de la Culture Négro-Africaine, L.-S. Senghor
Je ne sais en quel temps c'était, je confonds toujours l'enfance et l'Eden - Comme je mêle la Mort et la Vie - un pont de douceur les relie.
—  Léopold Sédar Senghor, Éthiopiques

Poetry should not perish. Then where would be the hope of the world?Leopold Sedar Senghor

La poésie ne doit pas périr. Car alors où serait l'espoir du monde?
Léopold Sédar Senghor

Poème à mon frère blanc

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?

- Léopold Sédar Senghor -