sauvageot

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“J’aime et remercie tous les doux”

Impossible pour moi de ne pas faire le rapprochement entre Kurt Jackson et Isabelle Sauvageot que j’aime tant elle aussi, pour ce qu’elle peint et surtout ce qu’elle pense :

“L’art contemporain”, j’y vois une sorte de secte, régie par la loi du plus fort, du plus féroce, du plus cynique, du plus mort, et du plus dégoûtant, un groupe de happy few où on ne pourrait entrer qu’en ayant signé allégeance au morbide, représentant des cadavres, des fantômes, des crânes, des gens à têtes d’animaux descendants d’Isis et Osiris, des visions dantesques d’un au-delà crotté, et si jamais on se risque à la représentation enfantine, c’est pour bien sûr, la montrer objet, sacrifiée à l’obscène ou livrée à l’absurde. 
Tout ça avec le très louable dessein de nous montrer l’horreur du réel, un soi-disant monde tel qu’il est, violent, féroce, où la lucidité nous mènerait automatiquement à la décomposition par le désespoir.
J’aime et remercie tous les doux, les créatifs courageux ou amoureux qui se risquent à montrer un autre monde que celui-là ou encore ceux qui montrent les choses viles mais avec en sous texte un réel souci d’amour.