satirique

Quelques Brèves de comptoir (Jean-Marie GOURIO) : il s'agit de phrases réellement
entendues par l'auteur dans des bistrots :

Ma femme peut pas me quitter, je suis jamais là !

A la naissance le nain est normal, c'est en grandissant qu'il rapetisse.

Ça m'inquiète de prendre la voiture bourré mais en ce moment j'ai pas le
choix, je suis tout le temps bourré.

Ce qui ne va pas dans la société, c'est les gens.

En moto, tu peux boire plus qu'avec la voiture, le vent ça dessoûle.

Faudrait lui passer la cervelle au Karcher tellement il est con.

Il a perdu son taxi parce qu'il buvait trop, maintenant il est chauffeur de car en Bretagne.

Il faudrait qu'à l'auto-école on nous apprenne à conduire bourrés, on apprend bien la conduite sur glace.

J'étais ivre mort et j'ai pas pris ma bagnole… c'est bien, non ?

Je n'achète rien quand c'est fabriqué par des enfants du tiers-monde, ça se casse tout de suite.

Je serais chercheur, moi je saurais pas quoi chercher.

Je suis chômeur occasionnel et en ce moment c'est l'occasion.

Je suis le plus grand auteur maudit, j'ai jamais écrit une ligne.

L'apéritif concert, j'y vais pour la musique parce que de l'apéritif j'en ai à la maison.

La forme de l'eau, on la sait quand ça gèle.

Le mariage des pédés, ça va obliger le pâtissier à poser des pédés sur le gâteau.

Le naturisme, sur le dépliant c'est des jeunes filles à poil sur la plage mais quand tu y es, c'est que des retraités de la SNCF.

Les livres, j'aime pas le sujet.

Les peintures de Lascaux on trouve ça génial, mais si ça se trouve à l'époque personne en voulait chez lui.

Quand tu tues ta femme, c'est pas la peine de prendre la fuite, elle va pas te courir après.

Si c'est toi qui décide de boire, c'est pas comme un microbe. Si c'est le microbe qui décide, c'est une maladie.

Tant qu'elle est pas ouverte, l'huître sait pas qu'elle est dans la cuisine avec des gens qui la regardent.

Une journée sans voiture ! t'as vu le bordel ? des embouteillages partout! dans ce cas-là qu'ils fassent une journée sans pognon !

Y faudrait un distributeur d'apéros dans le mur pour quand ça ferme, pareil que les banques.

Le 14 avril 1930, fin de l’aventure pour Vladimir Maïakovski, il vient de se tirer une balle en plein cœur. Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski est né à Bagdadi (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père. Il adhère au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s’initie à la poésie alors qu’il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909. Il devient rapidement un maiakovskydes meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu’il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l’étrier ». Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint des sommets de lyrisme dans La Flûte en colonne vertébrale ou dans son Nuage en pantalon (1914), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu’il a rencontrée en 1910 alors qu’il entretient une relation avec sa jeune sœur qui elle, deviendra célèbre, Elsa Triolet. Comme disait Jabiru dans son blog « c’était en quelque sorte le beauf d’Aragon ». Voici, ci dessus, une photo de Maïakovski en compagnie de Lili Brik, revue et corrigée par la censure soviétique… Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l’ami et l’éditeur du poète. Un ménage complice à trois s’instaure. Avec Serge Tretiakov ils fondent le journal LEF qui influencera toute une génération d’écrivains.

De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine » mais il se heurte rapidement au conformisme des critiques et du Parti. Il sillonne pourtant l’Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la révolution dont il est le chantre. Il se met au service de l’agence télégraphique russe et conçoit les images et les textes des posters satiriques vladimirAgitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson. Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s’est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre, à la mort terrible d’Essenine, est lui aussi « reparti vers les étoiles ». On trouvera ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ». Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu’il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». «Ils l’ont tué une seconde fois» dira Pasternak.

anonymous asked:

Salut, je ne veux pas relancer le débat mais il y a quelque chose que je ne comprend pas. En quoi Charlie Hebdo représentait la liberté d'expression, et en quoi le spectacle de Dieudonné était-il un discours antisémite, puisque c'était de l'humour, comme Charlie ? L'interdire n'était-il pas une atteinte à la liberté d'expression dans ce cas ? Je ne soutiens évidemment pas Dieudonné, mais je me demandais en quoi les deux étaient différents. Je suis sûrement juste ignorante.. Merci de ta réponse !

Oula, alors il ne faut pas faire d'amalgame entre satire et incitation à la haine. 

Charlie Hebdo est un journal satirique, c'est à dire qu'il réagit à l'actualité avec un regard humoristique, et ce peu importe l'actualité. C'est une réaction simple, un peu bête et méchante, à l'actualité : ça peut traiter de fondamentalisme religieux, de politique, d'évènements culturels.. Ca rejoint un peu tous les humoristes radio comme Sophie Aram, Canteloup, qui tournent l'actu en dérision plus ou moins acide . Bien sûr que parfois, des opinions transparaissent à travers les propos tenus, mais il n'est jamais question de prôner quelconque doctrine. Charlie Hebdo tape sur tout le monde, Chrétiens, Athées, Musulmans, Juifs, Manifs pour Tous, Pro-LGBTQ, politiques de gauche ou de droite… Charlie Hebdo, c'est un peu la machine à la bonne (ou mauvaise blague), un peu comme le mec bourré au zinc d'un bar qui, en regardant les infos passer sur la télé du bar, voit par exemple un énième attentat en Syrie et dit : “Ah bah moi si j'étais Mahomet, j'aurais franchement les boules d'être vénéré par des cons pareils.” “Tiens, si j'en faisais un dessin !” Ca passe auprès de certains, pas auprès d'autres.

Mais Charlie Hebdo n'est jamais à propos d'inciter qui que ce soit à combattre, à se soulever ou rien. Il n'est pas question d'endoctriner, Charlie Hebdo est une volonté de protéger une certaine insolence en humour, du “on peut rire de tout”, il y a une volonté de protéger une liberté de ton qui est un peu une signature française. D'ailleurs, la même qu'utilisait Coluche, Les Nuls et j'en passe. On n'a pourtant jamais dit que Coluche était raciste ou antisémite, au contraire. Chez Charlie Hebdo, on croit que banaliser l'horreur de l'actu avec un humour caca pipi, c'est aider la lutte contre le racisme et l'antisémitisme ou tout autre phobie qui détruit la France et le monde. Qu'on adhère ou pas au moyen, Charlie Hebdo reste dans une démarche très démocratique. C'est vraiment la génération Coluche, c'est une génération portée sur l'amour de l'autre mais aussi à l'humour particulièrement corrosif. Qui dit corrosif ne dit pas agressif ou discriminant.

Les dessinateurs de Charlie Hebdo se sont très souvent engagés , à titre personnel, dans les luttes contre le racisme, contre les discriminations en tout genre. D'ailleurs, on retrouve beaucoup de dessins de Cabu ou de Wolinski dans les livres d'école pour illustrer les discriminations. Avec eux, on est dans l'ultra-gauche, c'est à dire une gauche partisane des valeurs de la Résistance, une gauche très égalitaire, très tout. Leur lutte à Charlie Hebdo, c'est vraiment banaliser pour que les gens finissent par s'en foutre. Ceux qui ont du mal avec Charlie Hebdo et qui les accusent de racisme et autres, c'est souvent parce qu'ils ont une conception de l'humour différente, à savoir qu'on ne peut pas rire de tout et qu'il existe des sujets intouchables, qu'y toucher amène une équation automatique de type rire d'un black = racisme, rire d'un juif = antisémitisme, etc. 

Dieudonné, c'est compliqué. Là, on n'est même plus à l'ultra-droite. C'est un électron libre avec des idées pire que le FN père (C'est dire). Certes il est humoriste de profession, cependant il utilise l'humour pour vendre une doctrine antisémite. Il ne tacle que le “lobby juif” qu'il accuse de tous les maux de la terre. Preuve en est : hier, il participe à la Marche Républicaine et poste sur son facebook en rentrant que personnellement, il se sent “Charlie Coulibaly.” (= “La liberté d'expression antisémite” > La liberté de s'exprimer contre les juifs) C'est constant chez lui, de s'insurger sur le fait qu'on lui supprime sa liberté d'expression.

Le problème, ce n'est pas son ton d'humour, c'est le discours qu'il tient, quand on analyse un tant soit peu ce qu'il dit. L’“avantage” de l'humour, c'est que cela peut plus facilement être compris par des populations influençables et/ou moins éduquées, et qui ont donc moins de faculté d'analyse. Il se sert de l'humour pour enrober des pilules d'antisémitisme, et les personnes qui les gobent finissent par penser, puisque le message a été transmis avec la “douceur” de l'humour, qu'il est le défenseur d'une certaine vérité. Et que donc, comme lui, il faut combattre ce “lobby juif”. Il y a chez lui une volonté de buzz, de faire le spectacle, avec sa quenelle, avec ses déclarations grandiloquentes… Sans se mentir, je pense que c'est une volonté de toucher un plus large public aussi. Plus on en entend parler, plus on est curieux, plus on tente de voir… Et Dieudonné tente d'accrocher des proies faciles sur sa toile.

De plus, il s'allie de plus en plus à des politiques très ancrés dans la discrimination, comme Alain Soral, avec qui il a tenté de créer un parti politique. C'est à cause de ce problème de doctrine et d'influences que Dieudonné est dans le collimateur de la Justice. Il y a une réelle volonté politique antisémite chez lui, il la revendique. Or, l'antisémitisme est un délit en France, et il en est de la responsabilité de l'Etat français de contrer cette volonté politique, d'autant plus quand elle s'inscrit dans le temps. Faut voir les choses en face, la quenelle, c'est le salut nazi inversé. Ca te donne une idée du problème.  

shutyourpride  asked:

Je pense que a un moment faut se renseigner sur le contexte et l'histoire de ce journal satirique. Je comprends tout à fait le choc, le malaise et l'incompréhension de certains face aux couvertures. Mais en tant que française j'estime que je sais me renseigner sur les faits et les motivations de ces journalistes avant de balancer des accusations de haine sur leur travail. Mon tumblr a un article, si ça t'intéresse. Cordialement.

Et je pense qu’il y a un moment où il faut arrêter de prendre les gens pour, excuse-moi l’expression, des cons. Je sais parfaitement me renseigner aussi sur les faits, figure-toi. Et je suis témoin de comment le discours médiatique à travers ces années (auquel Charlie Hebdo a participé) est devenu de plus en plus islamophobe parce que, devine quoi? Ma communauté l’a ressenti en tant que musulmans et on y fait face à cette islamophobie ambiante. Ca fait des années que les militants anti-racistes ont dénoncé les couvertures et dessins de Charlie Hebdo, des années que les organisations anti-racistes (non, pas les arnaques telles que SOS Racisme et autres) et contre l’islamophobie n’ont pas arrêté de le faire remarquer. J’ai pas attendu cette tuerie pour en parler.

J’ai vu; c’est quoi qui rend Charlie Hebdo anti-raciste comme par magie? Le fait qu’ils aient mis le signe du FN à côté d’un dessin de Taubira la montrant comme un singe? Génial, la subtilité de la déconstruction du racisme structurel ici. C’était pas raciste, les gars. Regardez, ils ont mis le signe du FN à côté du dessin. Satire! Ca me fait penser au type derrière ExhibitB, ce zoo humain en exposition il y a quelques semaines comme il y en avait durant le temps des colonies et de l’esclavage, qui réfutait toutes les accusations de racisme parce que son oeuvre avait un objectif “anti-raciste”. C’est l’hôpital qui se fout de la charité. On ne va pas nous faire croire que ces oeuvres sont anti-racistes quand elles utilisent les mêmes clichés et les mêmes constructions racistes historiques et sociétales sous prétexte que ses auteurs prétendent que c’est de la satire. 

Je ne m’intéresse guère aux “intentions” ou ce qu’ils prétendaient être leurs convictions “anti-racistes” quand tout ce que leur “travail” a fait n’a été que de cautionner l’élite dominante dans son racisme et son islamophobie contre l’un des groupes les plus vulnérables de la société. 

Allez, un peu de lecture pour toi parce que j’estime qu’en tant que française, tu devrais savoir t’informer de la construction médiatique de l’islamophobie et des conséquences sur tes compatriotes musulmans ou présumés comme tels: 

“Cordialement”. 

Je suis Charlie.

Et nous le sommes tous.

Pour une fois que je bloggue en français, j'aurais aimé le faire pour une autre raison. Aujourd'hui, une fusillade au journal satirique Charlie Hebdo a causé la mort d'une douzaine de personnes, dont quatre dessinateurs, Charb, Cabu, Tignous et Wolinski, ainsi que plusieurs policiers. De ce que j'ai pu lire, plusieurs personnes sont également blessées. Le pays est passé au niveau maximal du plan Vigipirate, “alerte attentat”. J'en ai eu la preuve en sortant de mon université tout à l'heure, des policiers en gilet pare-balles partout, une sécurité accrue à l'entrée principale, de nombreux accès à la fac fermés.

Pour la première fois je suis sortie dans la rue en ayant peur, en plein jour.

Et je suis rentrée révoltée, écœurée et profondément triste pour les victimes, pour leurs familles mais aussi pour le symbole que cette attaque représente. Une atteinte brutale et inhumaine à la liberté la plus essentielle, la liberté de parole, de pensée, tout simplement la liberté de la presse.

Charb, Cabu, je les ai rencontrés plusieurs fois au Salon du Livre de Poche qui se tient chaque année dans ma commune (Saint-Maur-des-Fossés, dans le 94). Des mecs adorables, bourrés de gentillesse et d'humour, toujours prêts à discuter et plaisanter lors des séances de dédicaces. Il fallait bien l’œil malicieux de Charb et son coup de plume pour me faire sourire devant la dédicace qu'il m'adressait (j'en ai plusieurs, mais celle-ci est ma préférée) : un Sarkozy à genoux, avec une bulle “Marine, épouse-moi !”.

J'en profite pour appeler au respect de la population musulmane, qui n'a pas à être assimilée aux actes de barbarie qui ont eu lieu aujourd'hui. Ce sont les actes extrémistes qui ont été commis qui doivent être remis en cause.

N'oublions pas cette journée et, plus que jamais, battons-nous pour défendre la liberté de la presse et pour honorer la mémoire de ceux qui ont été tués.

anonymous asked:

Qu'est-ce que tu penses de tout ceux qui sont contre le hashtag jesuischarlie? Et qui parlent de Charlie Hebdo comme d'un journal extrêmement problématique? Merci

Qu’on soutienne ou pas le ton et les propos tenus dans Charlie Hebdo, le fond du problème n’est pas si Charlie Hebdo l’a “cherché” ou pas, c’est qu’aujourd’hui en France, la contestation et la satire sont des causes de mort. 
Donc, potentiellement, quiconque exprimant une opinion politiquement (religieusement) incorrecte et/ou pratiquant l’humour politique a une épée de Damoclès au dessus de la tête. Cela peut-être n’importe qui, n’importe quand, de n’importe quel bord politique ou religieux. 
Bâillonner Charlie Hebdo revient non seulement à bâillonner les principes de la démocratie, de la liberté d’expression et de presse, mais surtout, ça revient à sanctionner les véritables acteurs de la liberté d’opinion. Dire l’impossible, avoir le droit de dire l’impossible, c’est un droit en France. Mettre en cause ce droit est antidémocratique. Ces personnes contre le hashtag, qui pensent que parce que le contenu de Charlie Hebdo peut choquer certains il devrait être “limités”, disent donc que (par exemple hein, je prends un exemple au hasard) les LGBTQ ne devraient pas diffuser de dessins satiriques tournant en dérision les discriminations dont ils sont victimes car ça pourrait heurter la sensibilité de certains ultra-religieux dont les sexualités alternatives sont un grave manquement moral. 
Il ne faut pas oublier que Charlie Hebdo tourne en dérision des personnalités publiques ou des situations, souvent dramatiques ou inquiétantes. Ce n’est pas “que” pour le plaisir de choquer les nantis. 

Je dois partir faire des courses, je compte sur vous pour être odieux, cyniques, satiriques, insolents, irrévérencieux, imbuvables et surtout increvables. A très vite. Je vous aime.