sansabris

PHOTOS

“Prends des photos de mon chien si tu veux mais je préfère que tu ne me prennes pas”

SON HISTOIRE

“Je suis tombé dans la drogue étant très jeune. La drogue a fait que l’on m’a mis dehors donc je me suis retrouvé au foyer. Au foyer, je fuyais, enfin, c’était la merde. Après le foyer, je me suis retrouvé dans la rue pendant 4 ans. J’avais 19 ans et demi à cette époque. Je suis ensuite parti en Bretagne travailler un an ou deux en abattoir. Je suis parti par la suite dans le Sud, j’ai trouvé une femme, je me suis marié, j’ai eu un enfant.”

“Ma femme m’a trompé avec le meilleur ami d’un ami. J’ai pété un câble, je l’ai frappé lui. J’ai fait neuf mois de prison. Donc plus de femmes, plus de gosses, plus de boulot, plus d’appart.”

SES ENFANTS

“J’ai encore des nouvelles de mes gosses, heureusement d’ailleurs !”

“J’ai une fille de neuf ans et un fils de trois mois.”

“Heureusement que j’ai des nouvelles car c’est ce qui me permet de tenir ! C’est ce qui me tient le plus droit.”

“J’AI ENVIE DE M’EN SORTIR”

“J’ai envie de m’en sortir mais il n’y a pas beaucoup d’aides. Je ne vais pas dire qu’il faut qu’on vienne tout m’apporter sur un plateau parce que ce n’est pas vrai, ce n’est pas comme ça que ça doit se passer. En arrivant ici en fait, j’ai envoyé des centaines de CV… et j’ai eu 3 réponses.”

“L’Etat devrait normalement un minimum nous soutenir et au moins nous donner une chambre ou un lit.”

SON CHIEN

“Il s’appelle Caillou”

“On me dit “laisse ton chien et tu peux venir dormir”. Forcément je dis non. Jamais de la vie. Mon chien il est trop important pour moi. 

Il a un an et demi lui. Avant lui j’avais son père. Il est mort à 14 ans. Son père est décédé un an avant lui.”

ETAT D’ESPRIT

“Je n’ai plus d’envie. Ce n’est pas la volonté, c’est l’envie. Je ne vais pas mentir, si on dit “viens, je vais te donner un boulot, un appart”, je viens tout de suite en courant”

“Mais c’est impossible. Sans travail, tu n’as pas d’appartements. Sans appartements, tu n’as pas de travail.”

“Je suis pas un fainéant, j’ai bossé pendant 10 ans, dans la même boite.”

LE NORD

“Je suis venu dans le Nord car on m’a dit “on va t’aider, on va te trouver un travail… tu parles. Après, y’a tellement de misère ici…”

ASSOCIATIONS

“Si, il y a des associations… Mais, ils nous aident à quoi ? À boire un café, prendre la douche, ouais, ça fait plaisir, c’est bien. Après t’as les Restos Du Coeur, les Croix Rouges, ils donnent des boites de conserve. Ça sert à quoi quand on est dehors ? J’ai pas le temps de chauffer moi !”

SUR L’ENTRETIEN

“Tu m’as proposé de boire un verre, à quoi ça sert ?”

“L’intérieur ce n’est pas mon univers, ce n’est plus mon univers”

“Ça fait plaisir de parler quand même.”

L’ENTRAIDE

“Il y a des gens, ils me voient comme un extraterrestre”

“À votre âge à vous, quand je croisais des gens dans la rue, je leur donnais quelque chose.”

“Un jour ma mère m’a acheté des baskets, je les ai enlevé et je les ai donné au sans-abris qui était là. Je suis rentré pieds nus. Ma mère m’a dit “Mais ils sont où tes chaussures” “Je les ai donné à un gars de la rue”. “

“Pour moi c’est normal de donner aux autres. Maintenant c’est banalisé.”

“On est trop maintenant. On ne peut plus donner à tout le monde non plus”

LES ROMS

“Les roms, ils ont tout ce qu’il faut. Je suis allé voir la mairie, on m’a donné une tente. À eux, on leur donne un mobil home. Donne moi un mobil home, la semaine d’après, je travaille. Ils sont pas tous pareils mais beaucoup sont comme ça. Il y en a, ils font les boiteux, tu les vois le soir marcher normalement…”

vimeo

Aujourd’hui, la ville d’Amsterdam compte plus de 15 000 sans-abris dans ses rues. Sans-abris qui, avec la crise persistante, ne trouvent aucune aide pour s’en sortir et retourner dans une vie normale. L’association BADT, luttant au quotidien pour leurs venir en aide, a organisé une campagne de dons très spéciale : pour qu’il n’y ait plus de sans-abris, il fallait en créer de nouveaux.

A l’aide de mannequins grimés de vieilles affaires, BADT a créé les premières tirelires humaines. Installé un peu partout dans la ville, ces « nouveaux » sans-abris portaient la pancarte « J’ai besoin d’argent pour les familles de sans-abris d’Amsterdam » pour que les passants puissent déposer de l’argent dans la tête des mannequins. Avec un budget minime, cette opération a offert une portée symbolique pour renouveler les campagnes de dons et attirer l’attention du grand public sur la condition des sans-abris.