samrong

La route de Banteay Cchmar

La nuit, à Samraong, c'est concert de grenouilles et aboiements de chiens dans le lointain. Par moment, juste pour rappeler son existence maussade, un gecko fait entendre sa plainte au timbre triste. Et peu avant 4h, s'ajoute à tout cela les sourdes mélopées des moines qui réveillent le monde.

Loin encore, les cloches - celles des moines - tintinnabulent, et le vent d'octobre vient en porter l'écho au-dessus du lac assoupi, jusqu'à cette chambre aux murs chaulés que l'aube éclaire peu à peu, et où je ne dors décidément plus.

Vers 5h, les étudiants du centre se réveillent, se lavent en silence, s'assoient sur leurs bancs de bois durs et commencent l'étude.
A 7, ils sont en route pour l'école.

A 8, je suis, moi, sur une moto de marque Honda, fatiguée, dans la poussière de cette vieille piste rouge que les rizières au vert toujours aussi poignant enserrent, et au bout de laquelle se niche, au coeur d'un bois touffus cerclé de douves emplies de nénufars géants, le plus beau temple qui soit : Prasat Banteay Chhmar.

Mon chauffeur de motodop pilote sa petit Honda fatiguée avec aisance, en connaisseur. Il anticipe les innombrables nids de poule, les évite, et se tourne vers moi un grand sourire aux lèvres afin que je puisse convenir, avec lui, que oui, il gère comme un chef ! Puis il s'excuse les rares fois où il n'a pas pu faire autrement, que nous avons manqué nous foutre en l'air…

A un moment, son portable hurle et il s'arrête le long de la piste. Une voix de femme pinaille et je l'entends distinctement, lui, l'air confus - mais suis-je dans le vrai en concluant à ça ? prononcer les mots de “Banteay Cchmar”, et “Barhang"…

J'imagine alors, que la voix de femme qui pinaille appartient à sa femme à lui. Et j'imagine, aussi, la nature probable de cette discussion de bord de piste.

Lui, tout fier :
_ C'est bon, je conduis un barang à Banteay Cchmar ! C'est 50 000 riels (12 dollars) !
Elle, douteuse, avertie, ou disons habituée :
_ Ouais, ne rentre pas trop tard quand même et évite de boire tout cet argent, nous en avons besoin.
Etc.,

Ici, c'est le Cambodge vrai. Tout le monde est plus ou moins paysan, plus ou moins menuisier, plus ou moins mécano, marchand ou motodop à l'occasion : il suffit de posséder une vieille Honda et le tour est joué. Mais quoi qu'il se passe, un sou est un sou et un sou est souvent, avant tout autre chose, la perspective d'un bonne biture entre copains.

Mais je me demande, tout de même, s'il donne à sa femme le vrai prix de cette course ou s'il le minimise. Martin dirait sans doute que tout en envisageant de méchamment ponctionner la somme que je lui donne pour sa peine, il n'aura sans doute pas l'imagination de servir à sa femme un gros bobard qui arrangerait pourtant bien ses affaires.

De Martin, j'ai appris il y a déjà longtemps que les Khmers ne mentent pas : ils donnent une autre version de la vérité ; qu'ils ne volent pas : ils prennent sans demander.

Je crois que cette simple vérité, si modeste soit-elle, à contribué à me faire aimer au-delà de beaucoup, ce peuple de menteurs, de voleurs et de bagarreurs.

En attendant, la piste continue son bonhomme de chemin et les deux heures promises pour arriver à Banteay Cchmar ne sont pas du pipeau.  Et si, par je ne sais quel procédé étrange, mon fondement pouvait s'exprimer sur ce point, il aurait des mots durs qui prendraient vite un tour à sa hauteur.

Encore un mot : Banteay Chhmar, quand mon fondement, mon motodop et moi y arrivons enfin, est une cocote minute au bord de l'implosion : Hun Sen, le glorieux Premier Ministre à vie du royaume, arrive dans deux jours pour distribuer des actes de propriété aux gens de la commune… Les militaires pullulent et tous les habitants se sont vus forcés d'arborer au front de leurs bicoques, de magnifique banderoles aux slogans convenus, du type : "Ensemble, soutenons la politique de notre premier ministre, Hun Sen”.

Hun Sen, dont le gouvernement ne se prive pas d'expulser qui et qui pour diverses raisons, sans jamais de motifs, distribue des actes de propriété en homme magnanime, compréhensif des misères d'un peuple dont il se complait à acheter la mansuétude, le silence, ou les voix ou que sais-je, dès que cela l'arrange.

Vaste programme qui préfigure les élections législatives à venir. Vaste histoire, en somme de chèvre et de choux, de corbeaux et de renard, de grenouille et de boeuf…
Je sèche. Je fais l'interview pour laquelle je suis là et je rentre à Bangkok.

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Water pollution in Thailand

The film tells the story of 13 year old Suwimon Daengniam and 59 year old Wali Pejarean who both live along the Samrong Canal, one of the major canals that flows in to the Chao Phraya River in Thailand. Through their stories we begin to understand how integral the canal is to the every day lives of the communities who live there, as a source of food, trade and way of life. We hear about the effects this has on the people living there.

อิ่มจังตังครบ กุ้งเทมปุระ มีคนเลี้ยง ได้บัตรส่วนลดมาได้ แจ่ม กินได้คุ้มเฟ่อ อร่อย นาทีนี้เมื่อเห็นอาหารไม่กลัวความอ้วนละ แต่พอกินอิ่มแล้วรู้สึกอ้วนขึ้นทันที 555 #japannese #foods #yayoei #ahroi #makmak #like #imperial #samrong #กินเสร็จห้างปิดพอดี #ฟินเฟ่อ #ฟินแลนด์ #fin…