saccager

Est-ce que chacun de nous a ressenti cela au moins une fois dans sa vie, la tentation du saccage ? Ce vertige soudain tout détruire, tout anéantir, tout pulvériser parce qu’il suffirait de quelques mots bien choisis, bien affûtés, bien aiguisés, des mots venus d'on ne sait où, des mots qui blessent, qui font mouche, irrémédiables, qu'on ne peut pas effacer. Est-ce que chacun de nous a ressenti cela au moins une fois, cette rage étrange, sourde, destructrice, parce qu'il suffirait de si peu de choses, finalement, pour que tout soit dévasté ?
—  Delphine Vigan
Kybah Shade - Mon amour

https://www.youtube.com/watch?v=sYwXXqACWCs


Mon amour,

Par où commencer quand je vois l'monde,
J'vis dans une sorte de boucle où tout c'que j'vois finit par me faire fuir,
Et t'y es pour rien, t'es cette lumière du fond du noir
Mais cette odeur nauséabonde incruste les murs de notre avenir

J'aurais du pousuivre mes études pour me ranger,
et dev'nir riche parce qu'au moins on pourrait s'barrer,
On pourrait s'aventurer dans les steppes en Mongolie,
là bas au moins j'aurai l'idée de c'que signifie la vie

On irait chatouiller nos coeurs avec une dose d'humanité,
celle que j'recherche ici sans grand espoir depuis qu'j'ai r'gardé
les infos
où des gros cons s'engraissent sur une majorité
incapable de réagir,
confortablement installée
dans son canapé parée pour tpmp
avant d'enchainer l'énième rediff de sa soirée
Qui s'donne pour objectif d'aller s'coucher pour être en forme
Demain matin s'lever encore pour se voir ancrée dans la norme

Ils sont tous grands penseurs d'une génération indistincte,
mais faudra pas v'nir chialer le jour où ton espèce s'ra éteinte
“Je vois donc je sais”, la seule manière d'penser qu'ils ont
c'est cette impression de s'instruire à s'abrutir d'vant leur télévision,
dans les viseurs de nos médias ne se diffusent que des choix,
consomme mon con et tais toi
venez apprendre le b à bas qui crée l'Idiocratie de masse,
où les plus forts n'sont pas musclés mais surtout pleins aux as

Mon amour,

c'est pas un monde pour nos enfants,
j'leur apprendrai le respect d'soi, et d'leurs voisins chrétiens ou musulmans
car ils sont tous comme moi, deux bras, deux jambes, également
et si jamais il leur en manque ça n'les empêche pas d'être vivants

Quand je s'rai grand, du moins plus vieux encore,
je cultiverai dans mon jardin des graines qui feront pousser l'or,
puis je retournerai la terre, chaque matin, chaque soir,
afin que plus personne au monde ne puisse mourir pour cause de désaccords

Parait qu'nous sommes en guerre, mais contre qui exactement ?
J'trouve pas d'réponses à mes questions trop d'amalgames
ça porte à confusion
la haine n'a pas de visage et c'est contre elles que nous perdrons
les guerres d'idées ont dévastées bien plus de vie qu'elles n'en auront créées

Mon amour,
J'suis désolé de mes semblables,
Qui soit disant portent des couilles et qui pourtant saccagent le corps des femmes
Le sexe supérieur selon des cerveaux atrophiés qui ont oublié d'où ils venaient
avant d'clamer le droit de vous souiller,

Mon amour,

Il est temps pour moi de partir
Le temps m'attaque mais tant qu'je vis j'continuerai d'écrire
pour toi, puis pour tous ceux qui ne le savent pas,
mon amour il serait temps que notre monde s'mette à vivre ici bas.

[…]Je crois qu’au fond j’ai besoin de quelqu’un, je me sens me perdre et il faut que je parle de ce qui m’arrive, de ce qui s’est passé, de ce qui va arriver. Je sais qu’il faut que je le fasse, je sais, je sais… Mais je n’y arrive pas. J’y arrive pas et je pleure, je saccage tout, je cris dans mon oreiller, je cherche des moyens de me faire mal et puis j’abandonne pour pleurer de plus belle mais je. n’en. parle. pas. Je n’y arrive pas. Dis moi ce qui cloche chez moi, j’ai besoin de comprendre ce qui m’est arrivé. Parle moi de moi, de la personne que j’étais avant. Rappelle moi le nom des livres dont j’étais obsédée il y a juste 2 ans de cela. Décris la façon dont je m’habillais, et dis moi ce que je mangeais le midi aussi. Parle moi de mes passions, dis moi qu’est-ce que je faisais de mon temps libre? Rappelle moi le noms des gens avec qui je traînais, dis moi ce qui faisait qu’on était amis eux et moi. Et parle moi aussi de ma mère, j’ai besoin de me rappeler à quel point elle et moi on était proches. Et ma soeur? Dis moi, est-ce que je ne voyais mon père que 3 fois l’an déjà à cet époque? Et est-ce je passais déjà des week-end à me bourrer la gueule jusqu’à ce que je vois des étoiles dans mon appartement? Est-ce que je sortais déjà tard dans la rue rien que pour acheter de la weed dans les mains d'un gars connu pour avoir un casier judiciaire et ne s'être jamais pointé à son propre procès? Est-ce que je m'isolais déjà de mes propres amis au point qu'on ne me dise même plus bonjour et que plus personne ne s'assied à côté de moi dans le bus? Et les gens avec qui j'ai été amie, je m'amusais bien avec eux non?
Dis moi aussi comment tu fais pour dire que tu m'aimes alors qu'il y a un peu plus un an de cela tu ne passais pas 10 minutes sans m'envoyer de message, tu venais même me voir au milieu de la nuit parce que je voulais te voir et maintenant tu ne me voies même plus certaines fois quand on se croise dans le couloir, maintenant tu rentres chez toi le mercredi et vendredi après-midi au lieu de rentrer avec moi pour qu'on passe du temps ensemble, maintenant je passe des jours sans te voir et sans recevoir de messages. Est-ce que je m'accrochais à mes écouteurs comme si ma vie en dépendait de peur que quelqu'un débute une conversation avec moi parce que je ne sais absolument plus comment parler normalement à quelqu'un? Est-ce qu'à l'époque, je paniquais déjà en cours parce que j'ai oublié de prendre mes cachets contre le stress et l'angoisse qui me font croire que je vais parfaitement bien alors qu'ils n'agissent probablement pas du tout? 
J’ai besoin de réponses, j’ai besoin qu’on me ramène à moi. Je vis avec une étrangère, je sais pas qui elle est, je sais plus qui je suis, je sais pas comment j’en suis arrivée là et j’ai tellement peur. Je veux pas vivre avec elle, je veux pas devenir elle. S'il te plait dis moi qu'elle n'est pas vraiment celle que je suis maintenant. 
Je parle des autres, je parle de faits, de mes actes mais je ne parle pas vraiment de moi. De pourquoi j'ai peur. Je peux pas en parler. Pourquoi j'arrive pas à en parler? Je sais pas qui je suis, où je suis, ce que je fais, où je vais, je comprends plus, je sais plus, j'y arrive plus, je sais pas, je peux pas.
—  I believe I’ve become what they call a mess