rituels

Des fois, j'ai des rituels, des superstitions débiles. Avant de faire un truc stressant, j'ai besoin que mes parents me disent “bon courage, on pensera à toi, ça va aller”.

Même si ça change rien, c'est juste une manière de me rappeler que je ne suis pas seule, que quoi qu'il se passe, quoi qu'il m'arrive, quand je rentrerais à la maison ils seront là et que tout ira bien.

C'est stupide et immature. Mais ça m'aide à tenir jour après jour.

Jeg holder af hverdagen
Mest af alt holder jeg af hverdagen
Den langsomme opvågnen til den kendte udsigt
der alligevel ikke er helt så kendt
Familiens på en gang fortrolige og efter søvnens fjernhed fremmede ansigter

Morgenkyssene
Postens smæld i entréen
Kaffelugten
Den rituelle vandring til købmanden om hjørnet efter mælk, cigaretter, aviser -
Jeg holder af hverdagen
Selv gennem alle dens irritationer
Bussen der skramler udenfor på gaden
Telefonen der uafladelig forstyrrer det smukkeste, blankeste stillestående ingenting i mit akvarium
Fuglene der pipper fra deres bur
Den gamle nabo der ser forbi
Ungen der skal hentes i børnehaven netop som man er kommet i gang
Den konstante indkøbsliste i jakkelommen
med sine faste krav om kød, kartofler, kaffe og kiks
Den lille hurtige på den lokale
når vil alle sammen mødes med indkøbsposer og tørrer sved af panderne -
Jeg holder af hverdagen
Dagsordenen
Også den biologiske
De uundgåelige procedurer i badet og på toilettet
Den obligatoriske barbermaskine
De breve der skal skrives
Huslejeopkrævningen
Afstemningen af checkheftet
Opvasken
Erkendelsen af at være udgået for bleer eller tape -
Jeg holder af hverdagen
Ikke i modsætning til fest og farver, tjald og balfaldera
Det skal til
med alle sine efterladte slagger
Så meget usagt og tilnærmelsesvist
vævende og hængende i luften bagefter
Som en art psykiske tømmermænd
Kun hverdagens morgenkaffe kan kurere -
Fint nok med fester! Al plads for euforien!
Lad de tusinde perler boble!
Men hvilken lykke så bagefter at lægge sig
i hvilens og hverdagens seng
til den kendte og alligevel ikke så kendte samme udsigt

Jeg holder af hverdagen
Jeg er vild med den
Hold da helt ferie hvor jeg holder af hverdagen
Jeg holder stinkende meget af hverdagen

—  Hyldest til hverdagen, Dan Turèll, 1993

Alain Bashung - Mes Prisons

Mes prisons
Sont des modèles
De sublimes inquiétudes

À mes moments perdus
J'me fais du souci pour le prince
J'me fais du souci pour le maton
J'me fais du souci pour le prince
J'me fais du souci pour le maton

Mes prisons
Sont des femelles
À tromper ma vigilance

Des fois c'est tendre
Des fois y a mutinerie

Rendez-vous sur la lande
À l'endroit où l'on s'est épris
Les gens sont des légendes
Mais leurs âmes prennent le maquis
Dans les herbes folles
Tu peux courir
C'est pas un jeu

Mes prisons
S'évanouissent
Lorsque ta peau m'appelle

À mes moments perdus
J'me fais du souci pour le prince
J'me fais du souci pour le maton
J'me fais du souci pour le prince

Mes prisons
Sont des ruelles
Des cris des rituels

Des fois je prie
Des fois j'me réfugie

Rendez-vous sur la lande
Et qu'enfin cesse l'hallali
Qu'on me presse une orange
De ma peine je ferai mon lit
Dans les herbes folles
Tu peux courir
Pour des aveux

Non-lieu
Non-lieu

Made with Spotify
L’amour est un rituel, le désir un scénario. L’un est immuable, l’autre nécessite un renouvellement permanent pour ne pas dépérir. C’est l’écueil du couple libertin qui fonde sa dynamique sur les jeux sexuels et la quête prédatrice d’un plaisir narcissique interdisant tout lien affectif.

Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits. […]

Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, il l’ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça.

Ce n’est donc pas à eux, brebis bêlantes ou sombres fanatiques, que je m’adresse ici, mais bien à vous, mes chers mécréants, si dénigrés, si méprisés en cette merdeuse fin de siècle où le groin de l’imbécillité triomphante envahit tout, où la curaille universelle, quelle que soit sa couleur, quels que soient les salamalecs de son rituel, revient en force partout dans le monde. […]

Ô vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu’écœure l’épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n’avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d’Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l’astrologie crapuleuse comme des sectes « fraternellement » esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu’il est dans l’usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés!

Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu’on avait bien cru en train de crever de leur belle mort.

Vous qui savez que la question de l’existence d’un dieu et celle de notre raison d’être ici-bas ne sont que les reflets de notre peur de mourir, du refus de notre insignifiance, et ne peuvent susciter que des réponses illusoires, tour à tour consolatrices et terrifiantes,

Vous qui n’admettez pas que des gourous tiarés ou enturbannés imposent leurs conceptions délirantes et, dès qu’ils le peuvent, leur intransigeance tyrannique à des foules fanatisées ou résignées,

Vous qui voyez la laïcité et donc la démocratie reculer d’année en année, victimes tout autant de l’indifférence des foules que du dynamisme conquérant des culs-bénits, […]

À l’heure où fleurit l’obscurantisme né de l’insuffisance ou de la timidité de l’école publique, empêtrée dans une conception trop timorée de la laïcité,

Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, « causons dans le poste », éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés! […]

Simplement, en cette veille d’un siècle que les ressasseurs de mots d’auteur pour salons et vernissages se plaisent à prédire « mystique », je m’adresse à vous, incroyants, et surtout à vous, enfants d’incroyants élevés à l’écart de ces mômeries et qui ne soupçonnez pas ce que peuvent être le frisson religieux, la tentation de la réponse automatique à tout, le délicieux abandon du doute inconfortable pour la certitude assénée, et, par-dessus tout, le rassurant conformisme. Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent. […]

Un climat d’intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s’installe et fait tache d’huile. L’intégrisme musulman a donné le « la », mais d’autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.

Il suffit pour cela que des groupes ultra-nationalistes, et donc s’appuyant sur les ultra-croyants, accèdent au pouvoir. Ce qui n’est nullement improbable, étant donné l’état de déliquescence accélérée des démocraties. Le vingt et unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers. […]

François Cavanna, “Lettre ouverte aux culs-bénits”, Albin Michel, 1994.

Charlène

- Pourquoi ce miroir ?

C’est très simple, je n’ai qu’un seul miroir… Ah si, j’en ai un dans ma salle de bain mais c’est pas très esthétique, on verrait mes serviettes, mes robes de chambres. On me l’a offert, j’avais du shampoing mais pas de miroir. Je me moque de me voir dans un miroir, je ne vais pas m’y regarder deux mille ans

- Que fais-tu devant ce miroir en règle générale ?

Je me regarde… (éclat de rire) 

Je ne suis pas très souvent devant mais je fais des selfies avant de partir au boulot, c’est mon petit rituel, on pense de moi que je passe trop de temps sur les réseaux sociaux, je montre que je pars travailler, j’ai une vie.

- Que te dis-tu quand tu te retrouves face à celui-ci, donc face à toi-même ?

Je ne me dis pas grand chose, je ne me complimente pas. Je ne me parle pas, je ris, je me vois, je rigole, je n’arrive pas à être sérieuse. Ca me permet peut-être de dédramatiser mon manque de confiance en moi

- Est-ce que tu aimes celle que tu vois ?

Non… 

Je ne m’aime pas donc je ne vais pas me dire en me regardant dans un miroir : “Qu’est-ce que t’es belle !!!!”

Mais je ne vais pas me dire que je suis moche, je ne vais pas me dégrader.

Lettre 6 après une réponse de Frédéric

Frédéric est toujours au Japon et en dit peu sur son itinéraire. Le calvaire s'accentue pour Pierre et il voudrait voir son ami revenir. Cette situation l'emmène dans les travers de la folie: p>


Ils se douchent Frédéric ! Ils se douchent !

J'aurais dû me douter qu'un si long combat contre mon plafond engendrerait sueur et odeur.! J aurais dû prévoir que cette guerre froide nécessiterait une douche ! Mais je n'imaginais pas que ce nouvel affront à mon sommeil deviendrait un rituel nocturne : à présent ,après avoir traîné leurs cinquante kilos de long en large sur une surface certainement bien lustrée de 30 m2, ils se lavent à grandes eaux ! Balayant l'accalmie des quarante minutes qu'ils m'octroyaient jusque là. Je suis devenu une sorte de courtisan convoqué aux ablutions des divins. Mais de qui se joue- t -on ?

Leur intimité ! Mon intimité !


Je faiblis face à l adversaire et vous êtes loin mon ami….Je ne sais plus à quel saint me vouer pour que vous entendiez raison. L'urgence est ici et non là bas. Vos tentatives sont vaines et accordez au moins à vos erreurs l'opportunité de vous instruire : ce pays n'est ni pour vous ni pour moi. A la différence que vous, vous pouvez rentrer et oublier, alors que je vis avec le pays au dessus de ma tête. Je sais que vous faites tout ceci pour m'aider mais le Japon devient notre ennemi, et souvenez vous de ce que sont devenus les espions lors de la dernière guerre.
Votre précipitation vous joue des tours; je vous invite à penser avant d'agir Frédéric ! Ou êtes vous donc ?!
Pour revenir à la cérémonie de vos obsèques, elle manquait un peu de vous. N'ayant aucun corps à précipiter dans l'abîme des ténèbres, j ai failli me voir refuser le droit de vous célébrer. C était sans compter sur mon toupet ! Hé Hé ! J'ai enterré Marcel !
La supercherie est passée comme cette lettre à la poste! Sachez que ce vieux Bougre repose probablement en paix, sous votre identité, et en lieu sûr.

Si la folie vous habite encore, veuillez au moins m'en dire plus sur votre itinéraire. Ne soyez pas seul si loin, écrivez moi.

Amical et plus ou moins seul,

Pierre Leroux

Ecrit par Sophie R
Le territoire des raisins-secs

           J’utilise le tu et te nargue en chansons,

          mes complaintes aux blasons de tes façades crues,

          et le vison de l’animal m’appelle sans raisons,

          Tu me manques grand’mère, les rituels de ta vue

          au jardin resteront tes cendres abbattues

          et l’odeur dans le compost de tes raisins-secs

« Toute jeune à Domrémy, Jehanne gardait ses moutons et, de leur toison, filait sur sa quenouille le destin du royaume. Elle soignait les malades et avait la réputation de calmer les fièvres. Peut-être utilisait-elle pour cela l’eau pure de la source des Trois Fontaines, jaillissant sous le Hêtre des fées, appelé aussi « l’Arbre aux Dames ». C’est là que Jehanne a « entendement » de voix « angéliques » franchissant la frontière magique. Écoutons ses « aveux » : « J’ai ouïe dire une femme, épouse du maire Aubery de mon pays, laquelle était ma marraine, qu’elle avait vu les Dames fées »…

Ce Hêtre était l’Arbre de Mai, où Jehanne avec les autres filles, allait s’ébattre, accrocher des rubans, danser parée de verdure. Rituels frais et joyeux mais évidentes survivances païennes. Ajouté à cela que Jehanne a toujours refusé de réciter le « notre père » et que son charisme, tenant du sortilège, ait pu galvaniser ses troupe qui la vénéraient comme une déesse… il n’en fallait pas plus pour la traiter de « sorcière », l’accuser d’hérésie, voyance, diableries.

Mais Jehanne avait le don de communiquer avec l’invisible ! Et puis qui se souvient de la vieille prophétie de Merlin : »Une vierge libératrice sortira du Bois Chesnu ». Or, la colline boisée dominant la maison familiale de Jehanne, à Domrémy, se nommait « le Bois Chesnu » !!!

Au cœur de sa fantastique épopée, lorsque Jehanne fut arrêtée, l’évêque Cauchon et autres porcs l’emmenèrent dans la salle de tortures et, pour tenter de l’intimider, lui montrèrent les instruments « caressants ». mais sans se démonter, elle leur dit : « les paroles que vous obtiendriez de moi par ses moyens n’auraient aucune valeur ». Elle avait fort bien compris le processus des « aveux suggérés ». la racaille, prise de court, n’insista pas dans cette voie. Pour les tortures, Jehanne eut une chance rare, qui ne lui épargna point la cage en fer et les flammes.

Jehanne la fille-fay, celle que les Anglais appelaient « la sorcière de France » a été condamnée comme « erronée divineresse, ydolâtre, invoqueresse de diables, blasphémeresse en Dieu… » (…)

L’alchimie du cœur de Jehanne: il n’a pas brulé. Le bourreau s’acharne, mais le Feu ne veut plus prendre. Il le ramasse, le met dans un sac avec ses cendres et jette le tout dans la Seine. La voci fondue aux quatre Eléments : le Feu et l’Air avec le bûcher, l’Eau et la Terre avec la Seine boueuse près de Rouen … Jehanne reviendra !

Jehanne la fileuse,
Jehanne la voyante,
Jehanne l’entendresse,
Jehanne la chevaucheuse
Brandissait son étendard
Comme d’autres leur balai…

Tu es notre sœur, notre guide, notre étoile, Jehanne la fidèle aux racines de ton Arbre aux dames. »

Marie des Bois, S comme Sorcière. Cercle Beltane.

À la fin de la journée, ce que nous voulons vraiment, c'est être aux côtés de quelqu'un. Tout ce rituel, prendre de la distance, et faire semblant de ne pas se préoccuper des autres, c'est des conneries.
—  Grey’s Anatomy