refermer

Comment se fait-il que nous puissions fermer les yeux et garder en nous le visible ? Et ne nous serait-il pas permis, et même intimé, de faire comme l'anémone qui se referme, au soir, sur ce qu'elle a absorbé de jour, et se rouvre le lendemain un peu plus grande ?
—  Rilke. Philippe Jaccottet

Déjà petite tu respirais la joie de vivre, t’étais assez rêveuse toujours le nez dans un livre; t’avais tout pour toi, ton sourire illuminait tous les visages et toi t’aimais scruter les paysages, t’aimais tous ces détails qui faisaient que le monde était beau, t’aimais même les garçons mais tu les regardais qu’en photo; tu disais aux autres qu’ils étaient cons. Toi t’aimais tout même si ça n’était rien; tu prenais trop à cœur ces trucs qui te faisaient peur et le seul problème c’est que tu n’acceptais pas qu’on t’aime. T’aimais tout, oui, mais pour toi c’était absurde qu’une autre personne puisse ressentir ça, tu pensais avoir un talent caché et elle était belle ta naïveté, mais regarde-toi, regarde où on en est arrivés. T’es brisée, blessée, parce que t’as ouvert ton cœur à un dérangé et j’sais plus comment le refermer. J’ai ton cœur entre les mains mais on en fera quoi demain ? Il saigne, il saigne, et pourtant… pourtant je t’aime. 

Les gens veulent que je donne des nouvelles en permanence.
Limite c'est un défaut et on me le reproche souvent. Mais j'suis pas comme ça. J'suis pas comme vous.
Je peux me passer de vous. J'en creverai pas, et limite ça m'fait du bien.
Les gens le comprennent pas. Souvent on me reproche de me refermer sur moi même, d'être égoïste… C'est peut être le cas, j'sais pas.
Je sais juste que j'ai pas besoin de vous parler tous les jours pour savoir que je vous aime ou bien que vous m'aimez.
Et je changerai pas ça pour vous.
—  La fille sans prénom
Depuis que t'es partie, je ne sais plus quoi penser,
Et toute notre histoire, j'ai trop de mal à l'oublier même
si le temps referme toutes les blessures.
Être loin de toi me paraît toujours aussi dur.
—  S-kyz
Même si c'était pas un compte de fée, meuf j'ai créé le carosse, j'ai créé le conte, jai ecrit les pages, j'ai jamais mis de points, j'ai gommer, pour réécrire des plus belles lignes par moment. Mais je l'ai rempli . Et c'est moi qui est du mettre le point . Alors que c'était moi qui avait inventer l'histoire . Jai du refermer le livre . C'est affreux
A quels moments les souvenirs cessent-ils de blesser?
A partir de quel moment cessent-ils d'être des lames qui cisaillent les mollets?
Quand les disparus cessent-ils d'être une pensée douloureuse pour devenir une pensée calme?
A quel moment peut-on rouvrir un album de photos sans éclater en sanglots, une boîte à musique sans la refermer aussitôt?
Combien de temps cela exige-t-il? Y a-t-il une règle? Une moyenne?
— 

Philippe Besson

Une bonne raison de se tuer.

16.03.17

Rêve. Un homme, qui s’est levé au haut bout de la table autour de laquelle nous sommes plusieurs à être assis, évoque des sévices que ses camarades de classe lui auraient infligés dans l’enfance. Au terme de son récit confus il ouvre sa braguette, en extrait, pour nous la présenter dans le creux de la paume, sa paire de couilles, vaguement épineuse, hérissée de tout petits fétus. Il signale en conclusion que depuis ces maltraitances elle ne cesse de le picoter, puis il la remet en place et referme sa braguette. Le rêve saute, comme parfois l’image d’un film. Je suis, adulte, dans ma chambre d’enfant, dont je sors pour me rendre aux toilettes situées juste en face (il s’agissait dans la réalité de la chambre de mes parents). Quand je clenche, la porte s’ouvre, heurte presque aussitôt le dos d’une robuste femme noire que j’invective, lui signalant qu’elle aurait pu pour le moins tirer le verrou. Elle m’informe qu’elle est transsexuelle. Le rêve saute encore. J’ai regagné ma chambre, où j’occupe une chaise, tandis que sur mes genoux ronronne une chatte rousse prénommée Justine, que j’ai perdue en deux mil cinq. Le rêve saute. La transsexuelle, sans ciller ni souffler mot, se tient devant moi. Redoutant qu’elle ait pris mon humeur pour de la transphobie, je me montre exagérément aimable, finis par lui proposer de caresser Justine. Cet ultime épisode, lorsque le matin je le raconte à J*, la fait rire aux éclats.

C'était il y a au moins 40 ans à Paris. Ma mère était dans le métro en train de marcher le nez sur les panneaux. Soudainement un homme se poste devant elle et ouvre brutalement son manteau.
Il était tout nu.
Ma mère, qui ne se laisse pas démonter, pose son regard sur la zigounette pendante, pouffe de rire et lui réplique :
- C'est quoi ça ? C'est tout ce que vous avez à montrer ?!
Le malotru rougit, referme précipitamment son manteau et détale comme un lapin !

C'est ultra con mais à chaque fois que je termine à livre je me sens trop triste parce que c'est la fin de de l'histoire, il n'y aura donc rien après que le livre soit fermé, les personnages y restent enfermé et ils vivent que quand le livre se rouvre et ça me fait de la peine pour eux, parce que genre quand on lit l'histoire les personnes vivent et tout c'est cool mais après on referme le livre et c'est comme si c'était la fin de tout pour eux.. fin jsp ça me fait de la peine. Non je ne touche à aucune drogue quelque soit.

Plus de phrase.
Seule demeure Clélia.
Son regard.
Limpide, lumineux…si troublant.
Les courbes. Sa nuque, ses bras, ses hanches, ses lèvres…
La douceur satinée d'une peau à peine effleurée. Promesse jamais tenue puisque jamais prononcée. Jamais envisagée.
La serrer.
Contre lui. Éternité. Refermer ses bras sur elle en un cercle minuscule et infini.
L'embrasser.
Lèvres qui se frôlent, baiser esquissé, retenu, prolongé…
La caresser.
Doucement. Voir dans ses yeux gris s'éveiller une flamme étonnée. Éblouie; Fascinée.
L'aimer.
En vrai. Sans limites. Hors du temps.
Désir.
Si fort. Si douloureux. Incompris.
Plaisir.

Solitaire.

—  Tour B2 mon amour. Pierre Bottero
Le cœur se brise, lorsque après avoir été dilaté outre mesure par l'espérance à la tiède haleine il rentre et se referme dans la froide réalité !
—  Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo
Ce qui est sûr, c'est que c'est la première plaie qui a le plus de mal à se refermer, et là-dessus les cicatrices se succèdent, à la fin on n'est plus qu'une masse de bleus et de bosses plus ou moins anciens, mais on avance quand même, on se relève encore, et parfois on n'est pas encore relevé qu'on est K.O. à nouveau, et alors il faut surtout respirer pianissimo et se faire oublier. Puis la lumière s'infiltre doucement et l'envie de vivre revient. En attendant, on peut toujours se mettre en boule comme un chat, et faire semblant de n'être pas là.
—  Simonetta Greggio, La douceur des hommes
Tu parleras de moi
à tes mauvais songes
Videur que je voudrais être
de tes noirceurs occupées sans cesse
à fermer et refermer tes volets
Le jour et moi
nous sommes juste derrière
avec les fleurs les chats les averses
les livreurs de pizzas les nuages les nénuphars
Et la terre entière
—  jacques dor