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Leïla Bekhti et Reda Kateb

“Moi, je marche. Je ne flâne pas au rade, je n’ai pas le temps, je n’aime pas le trottoir et je ne suis pas plus pute qu’autre chose. J’emploie ce moyen parce qu’il est rapide, qu’il ne nécessite ni horaire ni apprentissage - ou si  peu : les pattes des souteneurs, les roublardises des clients, je m’en défilais déjà à seize ans, et rien n’a beaucoup changé depuis… Je ne crains vraiment que la poulaille, n’ayant pas le moindre papier à lui présenter en cas de rafle; mais sans cesse je change de rue, d’hôtel, d’allure; je renifle les passants avant de leur répondre; une intuition obscure et certaine m’arrête ou m’encourage, les feux de signalisation clignotent dans ma tête, rouge attention, vert c’est bon, passe, attends, n’attends pas et file, souris, viens. Le long des rues, je glisse des pas pressés, déterminés, je boitille à peine et je marche le plus vite possible : ce manque apparent d’intérêt, ce genre “Vous faites pas le genre”, me sert de rempart et d’appât.”

L’astragale, Albertine Sarrazin

8

favorite movies: Zero Dark Thirty (2012)

“ - I didn’t even want to use you guys, with your dip and velcro and all your gear bullshit. I wanted to drop a bomb. But people didn’t believe in this lead enough to drop a bomb. So they’re using you guys as canaries. And, in theory, if bin Laden isn’t there, you can sneak away and no one will be the wiser. But bin Laden is there. And you’re going to kill him for me. ” 

Loin des Hommes, or Far from Men, is set in the Algeria of 1954, but it might as well have been set in 2015: so many of the covered issues are issues that we are still learning to cope with today. Loosely based on Albert Camus’ The Guest, this film depicts the life of Daru, an ex-major, who has retreated into the mountains near Tinguit, Algeria, to teach Arabic children from the neighbourhood to read and write. Order is disrupted when the Algerian war for independence is brewing and Daru, as a French Algerian, is urged to leave the country. He refuses, but is soon forced to get a move on when a prisoner is dumped on his doorstep, who he needs to escort to Tinguit where the murderer will await trial. Daru eventually agrees to take the stranger to his death. 

As the film progresses, the relationship between the two men unavoidably thickens as the public is faced with the increasing cruelties of war surrounding the protagonists. From the very beginning, the local murderer, Mohamed, seems determined to go to Tinguit to turn himself in. This evokes something unexplainable in Daru: it angers him to see the ease with which Mohamed is prepared to give away his life. Gradually though, they get to know more and more about each other and prejudices start to fade. Daru finds out that since Mohamed killed his cousin, this murder now needs to be avenged by his cousins, which means his Mohamed’s family is in danger. To prevent this, Mohamed will need to be killed by the French, otherwise this vicious circle of honour killings will never end. 

As it turns out, not only Mohamed has had his fair share of despair in his life: both of the men are directly or indirectly wounded by fear and the effects of war. 

Daru grew up in Benzina with his Adalusian parents, yet he is now perceived as a Frenchman by the Arabs, while the French see him as an Arab. This sense of belonging nowhere, of being feared and prejudiced against by everyone, is a huge part of what makes the film’s message so powerful. It’s making the viewer conscious of how prejudice can poison your perspective and can make you view other people in complete black and white. These barriers between cultures and religions have established themselves even higher since the Algerian war: the Charlie Hebdo killings and Muslim killings in North Carolina show us fear is still a tangible and legitimate emotion for all and activator for all. 

Loin des Hommes zooms in on fear as an emotion and people that feel it: we are no longer people when we are scared, we are ‘far from men’, literally, and we are capable of such cruel things when misunderstood or closed off from one another. These powerful themes of inexplicable conflicts about belonging or not belonging and the inability to overcome war in a state of fear are substantiated by the powerful performances by Viggo Mortensen and Reda Kateb. The camera work was despicable at times (too many clumsy tracking or panning shots), but the soundtrack supervised by Nick Cave and Warren Ellis effectively conveyed a fearsome war-like atmosphere, which was reflected by the endless views of nothing but dusty and sundry landscape. 

If you see only one film this year, or ever, see this. It sheds such necessary light on some extremely dark aspects of life. 

Une liste de films

@foxcloon demandait des recommandations de films et @verdinoir m’en avait demandé aussi je crois. Si jamais ça vous intéresse ?

Du coup je vous présente une liste de recommandations cinématographiques hautement subjectives par Juliette.

Les enfants du paradis de Marcel Carné (meilleurs films français de l’histoire de l’humanité, chaque miliseconde de ce film est superbe)(François Truffaut est d’accord avec moi)
Shadows de John Cassavetes (Un film experimental qui se veut loin des studios d’Hollywood -l’histoire de la création de ce film est super marrante-, inspiré par la nouvelle vague et le néoréalisme italien, avec en plus un thème très social sur le racisme ordinaire)
Les septs samouraïs d’Akira Kurosawa (Ou le château de l’araignée qui est génial aussi, j’aurais pu t’en citer pleins de Kurosawa mais c’est mes deux petits préférés)
Bonjour de Ozu (un autre très grand monsieur du cinéma japonais mais une esthétique très différente de Kurosawa, avec beaucoup plus de place pour le vide)
Furyo de Nagisa Oshima (superbe musique de Ryūichi Sakamoto, super prestation de David Bowie. Il existe une version du thème principal du film chanté par David Sylvian -Qui est aussi le chanteur du groupe japan <3 <3 #NewWave #Néoromantisme)
Symbol de Hitoshi matsumoto (ce film est frustrant, il n’a aucun sens, mais il est fascinant. Un OVNI)
Les ailes du désir de Wim wenders (Superbe, là j’ai rien à dire, ce film est superbe. Gros plus pour la scène musicale avec Rowland S Howard)
Jour de fête de Jacques Tati (Tati, grand maître du cinéma sans parole, ce film est super drôle)
Levianthan de anderi zvaguinstsiev (un cinéaste russe contemporain qui parle beaucoup de la situation de la Russie à travers des thème assez universaux, aussi une certaine recherche sur le thème du père et de la filiation)
Papermoon de Peter Bogdanivich (très joli film sur l’enfance, ça m’a fait pleurer, mais c’est pas forcement triste)
Phantom of the paradise de Brian DePalma (culte. Tout. Est. Culte. les plans, l’histoire, les musiques. Assez Malsain, réécriture de faust, de Dorian Gray, du fantôme de l’opéra. Le meilleur Depalma pour moi)
El espíritu de la colmena de Victor Ericé (superbe métaphore et critique du franquisme + reflexion sur l’imagination et l’enfance.)
La prisonnière du désert de John Ford (un western ultra classique, parce que John Ford oblige, mais qui sur certains points fait preuve d’une grande modernité et d’un sous-texte plus humaniste que d’autres.)
Inside Llewyn davis de Joel et Ethan Coen (Si tu aimes bien l’ambiance folk de NY dans les années 60 type Dylan, Baez etc… ils ont réussi à rendre cet univers très froid, le traitement est super intéressant, et les reprises sont folle.)
JSA de Park Chan Wook (C’est un de ses films les moins violent, et un de ses premiers. Si la violence ne gène pas, je conseille aussi la trilogie de la vengeance, et son dernier Mademoiselle qui est vraiment fou)
Loin des Hommes de David Oelhoffen  (une belle adaptation d’un roman de Camus avec Viggo Mortensen et Reda Kateb qui sont fabuleux)
The machinist de Brad Anderson  (culte, malsain, un super scénario, une image superbe et complexe dans des tons très froids, un personnage super crédible. Le genre de truc qui te retourne la cervelle et te tient en haleine)
Tokyo Tribe de Sion sono (ce fim est horriblement mauvais, je l’adore. Cinema bis)
Brazil de Terry Gilliam (une très très libre relecture de 1984 de Orwell, je dirais que c’est le film majeur de Gilliam pour moi. On retrouve son univers à la fois très coloré, artificiel et super oppressant.)
Carol de todd haynes (c’est d’une douceur et d’une beauté fabuleuse, très beau traitement d’une histoire d’amour entre deux femmes avec un traitement de la couleur super intéressant pour faire penser aux photographies de l’époque. Très belle métaphore de la photo pour figer l’inconstance de l’être aimé)
l’échelle de jacob de Adrian Lyne (ce film est assez malsain et tripant, film culte de cinéma bis avec un sous texte sur la guerre)
Donnie Darko de Richard Kelly ( !!!! culte!!!, la BO est fantastique, le scénario complètement tordu à base d’univers parallèles et de voyage dans le temps qui laissent sur le cul.) (Est ce que j’ai dis que la B.O était absolument fantastique ??)
C.R.A.Z.Y de Jean-Marc Vallée (un film que je porte dans mon coeur, un personnage principal qui grandit, dont on suit les péripéties, et qui évolue au fil de la musique. BO de ouf aussi)

Pride de Matthew Warchus (Un feel good movie avec tout de même un sous-texte social super important dans l’Angleterre de Tatcher.) (en vrai j’ai l’air calme mais je pleure j’aime ce film ptn) 

A single man de Tom Ford  (Ce film est beau ptn, et c’est triste aussi. Colin Firth jtm)
The blues brothers de John Landis (culte, culte, culte alerte film culte.)
Control de Anton Corbijn (il est photographe à la base, l’image est absolument superbe, /!\Attention c’est triste c’est sur la vie de Ian Curtis.)
Take shelter de Jeff Nichols (le thème de la filiation est très présent chez Nichols, ainsi que le thème de la folie/premonition (surtout dans ce film) qui termine par te perdre aussi. Un énorme wow pour Michael Shannon qui est fabuleux) (je conseille aussi midnight special, si tu aime bien les films de sf des années 80-90, type rencontre du troisième type ou le cinéma de John Carpenter.) (je te conseille toute la filmo de Nichols, c’est l’amour de ma vie ce gars)
La mort en direct de Bertrand Tavernier (sorte de dystopie avec une réflexion sur l’image et la pulsion scopique. Romy Schneider, est un argument à elle toute celle, tout comme Harvey Keitel. Assez glaçant)
Les demoiselles de Rochefort (C’est culcul je sais MAIS ils ne faut pas s’arrêter à ça ! c’est un film En-chanté. Je conseille aussi fortement Peau d’âne.)
La belle et la bête de Cocteau (Et aussi Orphée) (Jean Cocteau, je te défendrai toute ma vie <3 c’est vraiment beau, poétique. Et puis Jean Marais quoi ahah.)
La Isla Minima de Alberto Rodriguez (un film espagnol récent -2015 je crois- qui fait énormément penser a True détective, que ce soit dans les thèmes, dans l’esthétique ou dans le duo de personnages. Bon film policier)
Cesar doit mourir des Frère Taviani (j’adore ce qu’ils ont fait dans le traitement du noir et blanc et de la couleur, en plus le texte de Shakespeare s’adapte bien au milieu carcéral. Ce ne sont pas des acteurs mais des vrais prisonniers.)
La mouche de David Cronenberg (Culte. Si tu ne connais pas Cronenberg, si tu ne connais pas ce film mais que tu es une personne courageuse, je te conseille de pas manger avant/pendant.)
The bubble de Eytan Fox (un joli film, sur une histoire d’amour entre un palestinien et un Israélien)
La planète sauvage de René Laloux ( Wowowowow, un des meilleurs films d’animation français -et Tchécoslovaque-, ce truc est fou, et un poil dérangeant mais vraiment superbe. La BO fait penser à du pink floyd, on comprend pourquoi.)


Et voila, à bientôt dans les salles obscures !