ratures

Dans ce dédale de rues et de boulevards, nous nous étions rencontrés un jour, Denise Coudreuse et moi. Itinéraires qui se croisent, parmi ceux que suivent des milliers et des milliers de gens à travers Paris, comme mille et mille petites boules d'un gigantesque billard électrique, qui se cognent parfois l'une à l'autre. Et de cela, il ne restait rien, pas même la traînée lumineuse que fait le passage d'une luciole.
—  Rue des Boutiques Obscures, Patrick Modiano
Près de 40°C annoncés en France dans les jours qui arrivent (probablement plus donc).

Petit rappel important donc :

  • Pensez à bien vous hydrater.
  • LA TEMPÉRATURE NE BAISSERA PAS LA NUIT (CANICULE BONJOUR) donc pensez bien à garder vos volets fermés au maximum pour garder la fraîcheur dans les apparts, maisons, etc
  • Pour rafraîchir de 1°C ou 2°C une pièce, pensez à humidifier le sol (un coup de serpillière quoi) et à mettre une serviette humide devant un ventilo pour rafraîchir l’air
  • Privilégiez les fruits et les légumes (qui vous apporteront de l’eau) et évitez de prendre trop de sirop ou de jus de fruits qui, au contraire, vous donneraient soif. De même, évitez de trop saler. On sait jamais.
  • On se couvre de crème solaire les enfants pour éviter les coups de soleil et les cancers de la peau, MERCI !
  • Évitez d’aller bronzer autour de Midi - 14h (c’est là où ça tape et que ça sera plus dangereux qu’autre chose)
  • On prend soin des enfants en bas âge et des petits vieux. Surtout niveau hydratation, à ces âges là, on ne pense pas à boire.
  • BE SAFE LA FRANCE ♥

La peur est coriace, très sournoise, au point qu’on se dit souvent «  Euh… j’ai pas peur, moi ». Mais, si. Comme tout le monde, ou presque. Il faut vraiment la prendre à bras-le-corps pour s’en débarrasser.

Je parle de ces fausses peurs qui nous pourrissent l’existence, à tel point qu’on ne s’en aperçoit même plus. La peur de ne pas être la hauteur, la peur d’échouer, la peur de ne pas être aimé, la peur de rater un truc, la peur de décevoir, la peur de passer à côté de sa vie, la peur d’une situation nouvelle, de l’autre, la peur du changement, la peur de tout.

—  Antoine Paje, Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne…

                                                                          Auckland, Nouvelle-Zélande

L’Écume des jours

Dans son salon, Monsieur Henry lit. Sa pratique quotidienne a quelque chose du rituel. Aujourd'hui le récit est bon. Après un court effort de concentration, sans réaliser que les nuages qui lui embrouillaient l'esprit emportent les murs et dégagent l'horizon, voilà qu'il se détache de sa solitude et se laisse transporter. Il s'élève, s'apaise, respire. Médite cette phrase : Il lui suffisait de refermer le livre pour les voir revenir.

Aujourd’hui. - Seuls me plaisent les iconoclastes délirants mais joyeux.
L’emmerdement d’être fixé - oui voilà: terriblement envie de vous dire merde comme on se jette au cou de ceux que l’on aime.
L’emmerdement des airs pesants pour les choses profondes.

Pas de malentendus: ces grands prêtres me plaisent pour leur folie.
Absence de littérature. Ecoutez:
“…il est mon camarade de jeu. Il n'y a ni rime ni raison dans l'Univers. L'enjoué! larmes et rires, tous les rôles de la pièce. Ah, le divertissement du monde! Ecoles d’enfants lâchés, qui louer? Qui blâmer? Il n’a pas de raison. Il n’a pas de cerveau. Il nous dupe avec ce peu de cerveau et ce peu de raison. Mais cette fois, il ne m’attrapera plus. J’ai le mot du jeu. Au-delà de la raison et de la science et toutes les paroles, il y a l’amour.
Remplis la coupe et nous serons fous.”
Les iconoclastes, oui, mais pas les êtres en simili, pas les minauderies, pas la mièvrerie, le faux-semblant. Comprenez-vous seulement tout cela?


Fragment d’une lettre notre envoyée (juin ou juillet 1938) - Laure

Il m'a fallu beaucoup d'années pour vomir toutes les saletés qu'on m'avait enseignées sur moi-même, et auxquelles je croyais à moitié, avant de pouvoir arpenter cette terre comme si j'y étais autorisé.
—  James Baldwin
les lionnes

j'ignore

les ratures qui me disent que la nuit sont belles

les faucilles ses mains un bouquet qui dit que la nuit est b

une dorse ses mains qui grippe la poignée

frappe sur pied sa terre le beau défoncé

o après chante le pli blanc déroulé détournée sur la page

les voitures s'accoudent au mollement du pas dehors en pluie

entre l'action d'y pensée j'y vais une respire ça détend

je mange les mots de moncorps que tu es bon j'en reprends

tu es le narcissisme que j'ai comme une robe d'oiseau

ne veux pas te dire pourtant le sais mal mais non oui non ou

ou oui pourquoi pas des mots simplets de sa bouche

j'aaspire une dilate fraiche à la paille en sirop sur ma bouche

je trouve l'érotisme beau quand il est simple comme une fille en été

un serpent ça craque ça explose

en filets de morves incandescents cigarette j'aime feu

je me soigne en diverses brûlures 

DserDsirDouniaDfov

GchauveLaFaDspéGchauffeLaVoiDmé

à la tienne versée

vimeo

The story of a creating process. Sometimes I kill an old painting to make an other one.

Et tu attends, et tu attends l’unique,
qui amplifie à l’infini ta vie ;
La puissante, l’extrême,
le réveil des pierres,
profondeurs, qui t’appartiennent.
S’assombrissent dans les bibliothèques
les volumes en or et bruns ;
et tu songes en ces pays traversés,
à des tableaux, aux robes
de femmes à nouveaux perdues.
Et alors tu sais enfin : c’était bien cela.
tu te redresses, et devant toi se tient
une année écoulée
peur et figure et prière.


Souvenir - Rainer Maria Rilke

Un brin qui cri

En partant de tout, je reviens vers toi.

En parlant de tout, je parlais de toi.

En cherchant le bout, j'ai trouvé un toit,

Il y avait de tout, ne manquait que trois

Détails, souvenirs, parfums des doigts

Avec lesquels j'ai caressé la proie

De mon désir, le désir d'avoir foi,

En une vie d'émoi, de roi, chaque fois

où j'ai cherché à sonder tes rires.

Je suis entré, j'aspire,

Une fumée d'iris qui enivre,

Un parfum de femme soupire

J'ai retrouvé ce livre.

C'est celui que j'aurais aimé écrire. Et lire. Et vivre en même temps.

Le livre qui regroupe toutes les histoires qui précèdent les mots déjà usés de mon clavier. Les pages qui flottent n'ont rien à envier au PC qui tombe en Afrique, usé.

Exaucée, l'histoire délivrée de nos cerveaux qui bourdonnent de bruits superflus, ma tête qui se libère du temps perdu à jacqueter des paroles rythmées au flot incessant des JT, l'aurore d'une ère inventive et précaire. 

Je ferme les pages. L'histoire continue.

J'ai lu, il y a longtemps, je ne me rappelle plus. Il disait que les plus belles histoires n'étaient pas dans les livres qu'il avait écrit, mais entre eux. Entre deux. Entre feux, feu les histoires que j'aurais aimé produire, patiemment, avec ardeur, aimant, le labeur, aimant, le matin réveillant mon amante et lui glissant le bord de la couette sur la poitrine, me glissant dans la cuisine pour y faire chauffer le café brûlant et arracher les premiers mots du matin, les paroles du vin de la veille, les pensées, le met divin, qui s'infiltrent entre le sommeil et le soleil du matin.

Elle se rendort car mon histoire l'ennui. J'ai trop parlé, peu écrit. Mais j'ai pu songer et songer encore, toutes ces histoires sans écrit, sans feuilles flottantes ni PC tombant, sans vie matérielle, sans mémoire dure, sans lecteurs non plus, pure créativité débordée, sans rênes, sans forcer. Pas assez forcé pour en faire de la lecture avec le thé, pour cette jeune adolescente qui aurait aimé feuilleter l'histoire des jeunes loufoques dégénérés qui arpentaient Paris dans des voitures brisées et réparées, aux pneus recroquevillés, et qui flottaient au rythme de la fumée du pétard qu'ils consumaient en regardant les passants dépassés.

Pas assez forcé pour compter l'histoire de ce couple qui s'entre-déchirait sur un chemin mais ne pouvait pas se séparer, ils avaient un gamin, alors ils dormaient dans du foin et reprenaient le chemin. Pas assez creusé, ce trio de guedin.

Pas assez dépecé, le scénario à trois balles, peut-être le plus rude, celui qui m'emporterait sur le chemin du livre que j'aimerais vivre et écrire, l'encre plantée dans les tripes, celle des porcs et celle des pitres, je ne l'ai pas soupesé, mais il m'a déjà pesé un brin. Un brin qui cri et qui demande, qu'il faudra bien finir par écouter…

A nos Vies Multicolores aux Jaillissements Furieux

Tu Etais mon Enfant, mon Ami Compulsif

Quand le temps d’un instant entre deux éclairs vifs
Tu jaillis tumultueux et offres ta folie,
Quand pour passer le temps tu n’est plus qu’électrique,
Rien ne peut t’arrêter, pas mêm’ les paroles pieuses
D’un homm’ de foi constant dans sa tendress’ affable.
Aussi je ne sais pas comment te contenir,
Te laiss’ te consumer et m’enfuis en pleurant
Devant ta certitude et tes emportements.
Tu étais mon enfant, mon ami compulsif
Je te retrouv’ furieux, tout en éclaboussures,
Et je jette l’éponge, les larmes au coin des yeux,
Avec l’ami d’antan dans mon coeur envahi.

Basile Pesso-Paris/BCN © 2 012-June 2 015 for processing + poem
Editors, All Sparks
My Blip / My web magazine : Yes We Are

…and thanks a lot to Inoraa for the reblog of Violent Life !

Ta lettre a réveillé en moi tous les vieux démons qui ne dormaient que d’un oeil, guettant de l’autre leur moment propice, et c’est, il est vrai, une chose effroyable, on en a des sueurs d’angoisse (à leur sujet seulement, je te le jure, au seul sujet de ces puissances insaisissables); mais c’est aussi une bonne chose, une chose saine: on les passe en revue et on sait qu’ils sont là.


Lettres à Milena - Franz Kafka