ratures

C'est ta tête, je sais pas, elle a quelque chose. Un truc quoi. Ca me fait rire. Mais non, je me fous pas de toi, c'est juste que j'aime bien. Ouais voilà, c'est ça, elle me rend bien ta tête, elle me rend le sourire. Me pose pas tant de questions, j'pourrais pas te répondre. Tu sais j'ai beaucoup de blessures, j'ai un cœur troué, percé comme un gruyère. Faut pas croire p'tit mec, parfois j'ai peur, tu sais mon visage, c'est un masque. Et là dessous, j'me cache. Ça t'étonne, hein ! J'sais bien ce que vous pensez, vous vous dites comment est-ce possible ? Comment je peux avoir mal, si mal, alors que chaque jour je vous envoie ma putain de joie de vivre en pleine gueule ? Alors que chaque seconde j'explose de rire, à en verser des larmes. C'est qu'une façade inhérente de ma petite personne. Faut pas se leurrer, je suis fragile, je me casse comme du verre, alors oui je vais peut-être avoir besoin de toi. Je dis peut-être mais au fond j'en suis sûre. Fais attention mon p'tit gars, fais attention à moi. J'ai des ratures derrière moi, des éclaboussures qui déchirent la peau et laissent des cicatrices imparfaites. Fais attention à moi, j'suis une vraie garce quand j'suis malade, malade de toi. Tu pourrais t'en mordre les doigts. Mais c'est ta tête p'tit mec, elle me fait quelque chose. Non je me fous pas de toi, j'l'aime bien ta tête. Je voudrais même qu'elle soit face à moi, un peu plus souvent, un peu plus près. Mais si tu le veux bien, retiens moi. Ta main elle a qu'à prendre la mienne. Qui sait, peut-être qu'on ira loin. Comme ça. Toi et moi. T'es beau à ta manière, c'est peut-être con, ça me tue mais j'aime ça.
—  Skins
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Where am I from? I come from my childhood. I come from childhood as from a homeland. (x)

Premiers cours et nutrition

Elle n'a pas mangé. Ça fait deux semaines qu'elle mange très peu, elle ne finit presque plus ses assiettes et ça ne la dérange pas de passer plus de 24 heures sans s'alimenter, elle ne ressent pas la faim. Elle se force pour manger désormais, c'est de la survie, c'est une “obligation”. Mauvaise période sûrement dû au stress et à la fatigue…
Elle a commencé ses cours lundi, ça fait presque 4 ans qu'elle n'avait pas foutu un pied dans une salle de classe. Les élèves qui l'entourent ne l'intéressent pas trop, de toute façon, elle n'a pas envie de parler et elle n'est pas là pour se faire des amis.
Le détail “rigolo” c'est que son premier cours porte sur la nutrition, les carences, et les différentes sortes d'éléments nutritifs… Elle a envie de vomir.
Ça lui fait bizarre de retourner derrière un bureau… Au bout de la première heure elle a déjà envie de bouger, se lever, regarder ailleurs, créer de ses mains… Dessiner des horreurs dans la marge ? Non, c'est la première semaine, ça ne ferait pas sérieux… Faut pas se faire remarquer. Faut suivre… C’est tellement facile et pleins de bons sens qu’elle s’ennuie beaucoup pour le moment…
La prof’ lui demande de lire. La panique dans sa tête, la panique dans son corps, elle se met à trembler, le cœur cogne dans sa poitrine… Elle va encore bégayer, oublier un mot ou se tromper de ligne… L'expression orale c'est pas son fort, même avec un support… Elle n'a pas le choix… Elle se met à lire les 20 lignes qui lui semblent interminables parlant de protéines… Les autres se retournent, ils la regardent, elle a une voix bizarre, qui ne va pas avec sa tête, on lui a déjà dit plusieurs fois de toute façon, elle le sait… Elle lit, sans bégayer, sans buter sur un seul mot, sans rature dans la voix… Elle lit bien. C'est sa petite victoire d'aujourd'hui, elle a lu, devant toute la classe, avec une voix intelligible.

-Aëlnaute

CHOSES QUE J'ENSEIGNERAI À MES ENFANTS.

1. Ne donne jamais une fausse image de toi.
2. Souris autant que tu respires, ça rend tes amis heureux et embête tes ennemis aux passage
3. Trouve quelqu'un qui te comprendra
4. Il faut savoir étaler le travail dans le temps
5. Garde les gens qui t'appaisent
6. Fais que le rire des gens devienne la source de ton bonheur
7. Ecoute, habille-toi et aime comme tu veux
8. Agis chaque jour comme si c'était la dernière fois
9. Ne dépends de rien ni personne
10. Offre des lunettes de soleil aux gens qui pleurent en public
11. Et puis prends cette personne dans tes bras jusqu'à ce qu'elle seche ses larmes
12. Complimente chaque fois que tu en as l'occasion
13. N'insulte jamais quelqu'un sur sa façon d'être
14. Lis tes ratures
15. Tu as le droit de défendre ton avis
16. Il faut se dire de belles choses qu'on gardera pour plus tard
17. Ça me ferait plaisir que tu ecoutes Fauve
18. Si tu mens, c'est que soit tu as fait quelque chose de mal, soit tu souhaites changer un moment de ta vie, ne mens jamais
19. Pardonne-leurs car ils ne savent pas ce qu'ils font
20. Adapte-toi à chaque personne de ton entourage
21. On dit des chevaux quand il y a plusieurs cheval
22. Tu es responsable de ton corps, dénude-toi si tu le souhaites
23. N'aies jamais peur d'avouer ce que tu en penses
24. Tu as le droit d'etre une personne solitaire
25. Mets un bikini sur la plage, tu es belle.
26. Tu n'es pas forcement un pd si tu aimes la danse classique
27. Ne laisse rien ni personne influencer ton coeur sur le choix de la personne que tu aimes pour de vrai
28. Il y a des adolescents inconscients comme d'autres responsables, matures.
29. Si au fond de toi, tu ne regrettes pas tes mauvaises actions, tu le paieras au jugement dernier, s'il existe
30. Regarder des scènes pornographiques n'est pas un crime
31. Si tu sors d'une soirée, bourré, appelle-moi, je te reconduirai, ça t'évitera de tuer ceux qui veulent rester en vie, sur la route
32. Evite d'abandonner quelqu'un alors que tu avais promis de rester
33. Ne promets rien, ou alors tiens tes promesses
34. Tiens un journal intime que tu reliras dix ans plus tard
35. C'est l'intention qui compte
36. Tu peux rire d'une personne, mais sans te moquer
37. Un emojis par message suffit
38. Soigne ton orthographe le plus possible
39. Et n'oublies pas de retourner tes chaussettes avant de les mettre à la lessive

Les corps nus d'amants aux visages troubles ne sont plus que brouillons et ratures sous mes mains. Comment aimer les hommes après avoir été amoureux si longtemps d'une déesse, après avoir connu sa peau douce et tendre, après l'avoir entendu prier, supplier sous mes caresses.

Je viens d'en perdre le souffle. Mon cœur bat en un rythme irrégulier, un peu comme l'horloge mal réglée que j'avais lorsque j'étais enfant. L'horloge que j'avais quand je croyais encore au prince charmant, à l'amour sans embuches, sans ratures, sans hésitations. Maintenant que j'y repense, c'était tellement surfait cette façon de voir l'amour, tellement niais. Le véritable amour, celui que je vis actuellement est complètement à l'opposé de celui que je m'imaginais. Et heureusement. Je m'imaginais un amour plat, un amour simple, sans bavures mais avec toi c'est tellement mieux, tellement véritable. Avec toi c'est les montagnes russes. Je passe du rire aux larmes, de la joie à la peine, je passe de rien à tout en un claquement de doigts. Tu m'en fais voir de toutes les couleurs mais jamais, au grand jamais, je ne pourrais arrêter de t'aimer.

Récolte et agoraphobie

Je n'ai pas vraiment une grande histoire à raconter, mais j'en ai long à dire, ou plutôt, à écrire. À force de patauger dans le marécage de mes mots et de mes idées, il faut croire qu'inconsciemment, j'ai voulu m'en sortir.

Mais comment ériger un roman quand on a que des petits bouts de phrases griffonnés par-là, par-ci?

Alors, je me retrouve encore une autre journée en quête de mots. Prêt à ramasser la grande récolte d'un vocabulaire que l'eau et le Soleil auraient pu faire pousser avec le temps.

J'ai échappé mon ego par terre, lancé mon orgueil par la fenêtre un jour de pluie et j'ai tenté de rassembler mes bouts de papiers griffonnés au stylo ou au plomb dans le but de me heurter à du concret. Me disant que la vie est ainsi faite: chaque vie vécue pourrait déboucher sur un livre qui mériterait d'être lu.

Chaque vécu insignifiant, magnifique. La beauté dans le détail. Une simple phrase peut s'imager comme une loupe qui mettra en relief le plus admirable des fragments… Mais installer une miette sur un piédestal et en apprécier toute son importance peut-il être considérer comme du concret? Voire de l'art?

Est-ce possible d'écrire un texte qui se tient, mais sans pilier? Aux yeux de plusieurs, je risque de passer pour un auteur raté, qui apposera des ratures sur la littérature.

Surtout, est-ce possible de combattre l'agoraphobie de mes paroles ? Comment réussir à convaincre mes propos si peu téméraires de s'aventurer sur d'interminables pages blanches et vides qui éventuellement, n'auront peut-être que pour seul destin de se détériorer avec le temps dans une boîte, dans les profondeurs d'un grenier peu illuminé.

Je me dis constamment que si j'avais un rôle à tenir pour une pièce de théâtre, je serais le rideau. 

Je pourrais essayer de vous raconter ce qui se déroule parfois derrière les amples voilages que je suis, qui servent à cacher au public la scène où l'action se déploie.

Septembre En Attendant.

C'était un jour épais. D'imposants nuages monochromes, ayant déjà dérobés le ciel, semblaient maintenant vouloir l'étouffer. C'était un jour épais. Un jour entre le blanc et le gris. Un jour à écrire des chefs d'œuvre pour légitimer sa gueule de bois. Quitte à ne pas réussir à l'estomper. Des ratures et des tâches de café. Un peu de cendres de cigarettes brunes. Et le spectre voluptueux d'une fille dévêtue pour tremper ses pensées.

Éteins-moi

et qu’importe puisque la page restera blanche et que mes sanglots n’y font rien. 

 Ecrire une ligne, puis deux, puis trois. Raturer tout recommencer.

 L’inspiration est partie, foutue en l’air, les mots se déglinguent entre eux et les phrases sonnent creux. Hurler, couper, déchirer, pour tout foutre en lambeaux puisqu’on n’a jamais su faire autrement qu’hurler notre rage, retourner à l’état naturel de monstre fait de haine et d'rancoeur. 

 J'explose, j'implose, j'implore tous ces putains de Dieux inexistants en ne voulant rien d'autre qu'une pitié qui me donnera la gerbe. 

Je me perds dans mes mots, dans ma tête, dans les rues soir et matin, j'me perds en toi puis tout ces inconnus cherchant un sens à ma misérable existence, foutue d'avance. 

 Gosse dérangée, pendue aux lèvres d'amours perdus depuis trop longtemps maintenant, chercheuse d'Aventure dans un coma éthylique irréversible.

 Bercée par les nuits d'insomnie et les alcools trop forts, dans une mare de fumée trop épaisse pour qu'ton prénom y apparaisse ou que l'sien refasse surface. 

 Noyée, pendue, brûlée vive sous l'feu du chagrin ardent, à hurler des absences trop répétées, des draps trop froids, un manque trop présent, 

Une vie passée à attendre un retour qui ne se fera jamais. 


 Ratures infinies, bouteille vide, absence absence absence. 

(Page blanche.)

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clic-droit et SUPPRIMER brouillons en .txt

ça va dans la corbeille

essayer de le faire avec le désespoir de celui qui jette, après les ratures et

une énième phrase chiée les feuillets au feu

c’est difficile

Une correspondance partie en fumée.

Ce soir-là, j'ai brûlé nos lettres et notre amour avec.

J'entendais encore le feu déchiffrer ton prénom avant de le réduire en cendres. Il m'arrivait parfois de recevoir à la gueule de vieux « je t'aime ». Le feu crépite tandis que moi, mon cœur vacille. Dans cette cheminée pleine de souvenirs, de cendres, et de poussières, je t'ai cherché. J'ai retourné cette terre noire à la recherche de tes « bonsoir ». Je la sentais s'effriter sous mes doigts maintenant sales, et j'avais cette impression de te perdre encore une fois. Je me vois à nouveau quelques heures plus tôt, noyer tes lettres et tes mots par quelques larmes au goût amer. Ton encre emportant tout, dérivant sur ton écriture, mélangeant ton discours et tes excuses, tes poèmes et tes ratures. J'ai encore ton prénom sur le bout des lèvres et tes mots rayés, déchirés, bousillés, cramés, mais que je n'arrive pas à oublier, en vrac dans ma tête. Comme si j'essayais de rassembler ces phrases, qui s'étaient mélangées la veille dans cet océan d'encre et ce nuage de fumée. Les braises de « nous » dansaient chaque nuit, et il m'arrivait parfois d'apercevoir ton visage ou ton sourire. La flamme que j'ai pour toi attise mon cœur. Le flambe. L'incendie. Et j'le sens tous les jours un peu plus mourir.

Un soir tu sais, j'ai mis l'feu à nos lettres, ton existence, notre amour et tes « adieux ».
Et j'crois bien, que je me suis brûlée avec.

Peaux

Aujourd’hui ma professeure de lettres m’a dit quelque chose de vrai. Elle m’a dit que dans le fond, le monde serait plus beau si tout le monde écrivait, si tout le monde avait confiance en son talent. Le monde serait beau, parce que si plus personne n’écrit parce qu’il se dit qu’il n’a pas de légitimité, parce qu’il n’a pas le talent, parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’il écrive quelque chose de bien, parce qu’il a peur qu’on le trouve orgueilleux, narcissique ou médiocre, alors on s’arrêterait d’écrire, il n’y aurait plus personne. Les auteurs d’hier auraient clôt la boucle, les auteurs d’aujourd’hui ne seraient que des imposteurs qui veulent gagner de l’argent. Mais l’écriture, c’est gratuit. C’est pour soi, c’est pour les autres, c’est un coeur de partage, c’est de la joie, de la réflexion, de la jubilation parfois, c’est de la créativité qui s’exprime, c’est quelque chose d’humilié qui fait avancer les choses. Pour une fois. La poésie n’existe que dans sa gratuité, dans le partage en ligne qui se fait dans le monde entier. On ne naît pas Baudelaire, on ne naît pas Proust, on apprend simplement, on travaille, on aime, on est passionné, on en veut. Narcisse n’a rien demandé. Quelque part seulement un plaisir, une envie qui naît, celle de se dire j’écris, et le flot part. Regardez moi ça.

Le regard des autres, c’est ce qui nous amène à nous cacher derrière des pseudonymes, c’est ce qui nous amène à cacher ce que l’on écrit par honte, parce que ça compte, ça compte et on a peur d’être démasqué, d’être vu. On a surtout peur que ce dans quoi on a mis tant de coeur soit le lieu de moqueries violentes. L’écriture est une marque de courage, on dévoile l’intérieur, on se met nu sur la toile, on s’expose au jugement. On prend à deux mains les mots, on les présente, bons ou mauvais mais c’est nous. C’est la peau que je met sous les yeux des autres, pour qu’ils m’assènent parfois de critiques acerbes, sans savoir que c’est ma peau qu’ils viennent raturer. Et pourtant, pour recevoir les critiques, les moqueries, les accusations d’orgueil, c’est bien que j’ai osé dire, c’est bien que j’ai osé montrer mon vrai visage. C’est peut-être quelque chose que certains n’oseront pas faire le temps d’une vie.

J’ai la belle prétention d’avoir oser franchir le pas, d’avoir reçu cent fois des encouragements, des mots merveilleux qui me restent au coin du coeur. Peut-être que cela vaut tous les risques, toutes les peurs. J’ai grandis avec les mots, ils m’ont poussé en avant, ils m’ont réconforté, ils m’ont fait réfléchir, expérimenter, rougir. Mais j’ai fais quelque chose. Et j’aimerais en faire quelque chose. Faites qu’il n’y ait plus un être d’écriture qui se love dans le silence de peur de dire, de peur de l’autre. L’autre vous aimera, si vous croyez un tant soit peu que votre écriture puisse offrir du bonheur.

Je remercie tous ceux qui m’ont envoyé des messages, tous ceux avec qui je parle régulièrement, avec qui j’échange, avec qui je peux être vraiment moi-même, à qui je peux montrer ce que j’ai dans le ventre sans pâlir de honte. Ceci n’est pas un adieu. Ceci est un second départ dans l’écriture qui m’a donné tant de courage.

maldoror6