rattachement

Elle est ce genre de fille, vous voyez, cette fille à qui on parle quand on s'ennuie, cette fille qui se sent de trop, la bonne “copine” à qui se confier, cette fille qu'on ne choisit jamais en première. Elle est aussi cette fille banale, qui se rattache à de simples détails sans intérêt, mais qui pourront la blesser. Dans son cœur, il n'y a pas si beaucoup de place que ça, elle limite les entrées, parce que après tout, on part tous un jour. Quand elle vous aime, cette fille, c'est pour de vrai, même si elle a du mal à aligner les mots pour l'exprimer. Mais elle vous le fera ressentir. Par contre, cette fille, elle est effrayée par ce que peuvent ressentir les gens, elle n'arrive pas à croire que quelqu'un puisse réellement l'aimer, ou même, tenir a elle, alors elle ferme son cœur. J'ai oublié de parler de son manque de confiance en soi, elle préfère garder toutes ses émotions pour elle. Elle pleure souvent. Pleurer quand ça va pas, pleurer quand elle est touchée.
Est-ce qu'elle est faible ou alors blessée?
Blessée par les gens, blessée par les sentiments, blessée par le manque, blessée par les faux espoirs, blessée par les “promesses”, blessée par le manque d'attention que peuvent avoir les gens autour d'elle.
Ouais, j'crois qu'elle est blessée, parce qu'elle attend tellement de choses qui n'arriveront jamais, que les déceptions ne font que s'enchaîner et la consumer.
Alors elle dit qu'elle va changer, qu'elle va arrêter de donner toujours autant. Mais ce n'est pas si facile de lâcher prise et d'abandonner. Elle aimerait que l'éternel sois vrai, tout comme les mots qui lui sont adressés. Elle voudrait trouver quelqu'un en qui elle peut croire en chaque paroles, en chaque promesses. Parfois, elle aimerait être différente, ouais, être LE quelqu'un d'une personne. On lui dit d'attendre, qu'elle arrivera. Je préfère vous parler sous le nom de “cette fille”, elle est dur à déchiffrer, elle est compliquée. Elle aime sa vie. Elle n'aime pas qu'on la déteste cette fille là,vous savez pourquoi?
Parce qu'elle se déteste déjà assez elle même.
Elle a juste besoin de se sentir importante pour quelqu'un.
C'est dur de se faire cerner par les autres, alors je vous présente “cette fille”:
moi.
—  noirceur étouffante ( via noirceur-etouffante )
Mon identité n'est pas une blague.

Ça y est, à 27 piges, je crois que je commence enfin à arriver à saturation. Le-la prochain-e qui me fait une blague raciste, je pense que je lui fais bouffer ses pompes. Et ça s’adresse même à mes proches, aux gens que j’aime de tout mon coeur et qui - je le sais - ne pensent pas à mal, mais continuent à m’en faire quand même. Quitte à passer pour une casse-couilles, je vais arrêter de fermer ma gueule et de prendre sur moi - et ceux-celles qui ne se sentent pas capables de m’écouter et de me respecter pourront prendre la porte, ils-elles ne me manqueront pas.

Je suis métisse, à moitié kabyle, et ça fait 27 ans qu’on me renvoie très régulièrement mon identité à la gueule. Ça fait 27 ans qu’on en rit, qu’on se moque de mon prénom, de mon nom de famille, de l’accent et de la langue de mes grands-parents, de ma culture, et je ne peux plus le supporter. J’en ai chié pour assumer mes racines. Je galère encore, régulièrement. C’est un combat quotidien, surtout avec le climat actuel qui pue la merde et qui fait flipper. Je suis régulièrement mise dans une case, écartée, pointée du doigt pour ma “différence”. Tout prétexte est bon pour me rappeler que je ne suis pas “comme vous”. On fait des blagues avec des “vous autres” et des “chez vous” alors que je me considère des vôtres, et chez “vous”.

Je suis des vôtres et je suis chez moi.

Aujourd’hui, après une longue bataille, je peux enfin dire que je suis fière de ma culture et de mes racines. L’histoire de mon peuple, de ma famille, est riche et passionnante et fascinante. Je ne supporte plus de la voir réduite aux mêmes stéréotypes merdiques sans arrêt. Je suis enfin heureuse d’être celle que je suis, de porter le prénom que je porte, de porter cet héritage. Venez pas me chier dans les bottes pour une histoire d’humour et de liberté d’expression. Si vous voulez vraiment parler de ma culture, faisons-le, posez-moi des questions, écoutez-moi, soyez curieux, renseignez-vous. Mais si vous n’abordez le sujet de mes origines que pour en rire, pour faire des généralités et de l’humour “noir”, c’est même plus la peine de venir m’adresser la parole.

Des réflexions, au premier comme au second degré, je m’en prends toutes les semaines dans la gueule. Souvent par des gens qui ne “pensent pas à mal”. Des gens bien intentionnés, pas méchants, qu’on qualifierait de maladroits. Mais ça me gave, j’en peux plus, c’est insupportable d’être sans cesse ramenée à ma “condition”, à ma “différence”. L’humour n’est pas un prétexte, arrêtez avec vos blagues de merde, je vous en supplie.

Arrêtez de venir me taper sur l’épaule quand vous tombez sur un truc vaguement arabisant.

Arrêtez de me demander si machin est mon/ma cousin-e sous prétexte qu’on vient du même continent.

Arrêtez de me parler couscous, tajine, danse du ventre et youyous.

Arrêtez de me répondre “boah c’est pareeeeiiil” même “pour rire” quand je vous dis que je ne suis pas arabe, mais kabyle, et que j’essaye de vous parler de ma culture. Surtout quand c’est vous qui me posez la question sur mes origines. Ayez le respect d’écouter.

Arrêtez de dire “vous autres”.

Arrêtez de dire “chez vous”.

Arrêtez d’imiter l’accent arabe pour imiter ma famille.

Arrêtez de dire “de toute façon vous êtes tous les mêmes”.

Arrêtez de vous tourner vers moi quand on parle de vol.

Arrêtez de vous tourner vers moi quand vous parlez de terrorisme.

Arrêtez de dire “eh, c’est ta chanson !” quand vous passez Rachid Taha en soirée parce que Gad Elmaleh a fait une blague sur les gens qui disent “eh, c’est ta chanson” quand ils passent Rachid Taha en soirée.

Arrêtez de me dire “haaan attention, c’est du poooorc tu vas aller en enfer c'est haram !” à chaque fois que je prends une rondelle de saucisson.

Arrêtez de me dire “tu me le voles pas hein, j’vous connais vous autres !” quand vous me laissez à proximité d’un objet qui vous appartient.

Arrêtez de me dire “psartek starfoullah hamdoullah ma soeur”. D'autant plus que les kabyles ne parlent pas arabe.

Arrêtez de dire “ooooh ça vaaa, on rigooooole” quand je vous demande d’arrêter.

Arrêtez de chouiner parce que “ah vous vous avez le droit de faire des blagues racistes mais pas nous, c’est pas juste !” parce que vous n’avez aucune idée de ce dont vous parlez.

Je ne suis pas un tas de chair à canon dans lequel on peut se permettre de piocher quand on veut balancer une blague. Je ne suis pas un accessoire. Je ne suis pas une soupape de décompression, sous prétexte qu’on est proches et que je sais que vous déconnez. Je suis pas votre défouloir ou votre bouffonne. Je suis pas un putain de pokémon qu’on sort qu’à des occasions précises pour gagner des points auprès de ses potes.

Ça ne me plaît pas, ça ne me fait pas rire, et ça me fait du mal - et ça devrait suffire à vous convaincre. Vous n’avez pas besoin de plus d’arguments que ça, vous n’avez pas besoin de vous trouver des excuses pour justifier votre recours à cette forme d’humour. Ça vous tuera pas d’arrêter, ça vous enlèvera pas grand chose, ça vous fera pas de mal. Je ne vous ampute pas d’un droit fondamental.

Je vous envoie pas des photos de Maxime Le Forestier en vous demandant si c’est votre cousin, putain. Je vous envoie pas de photo dès que je passe devant une fromagerie en vous demandant si ça vous rappelle votre pays. Alors foutez-moi la paix, trouvez autre chose, y a mille façons de faire des blagues mais lâchez-moi la grappe avec votre humour raciste-mais-pour-rire à la con - c’est vieux et moisi et revu et j’ai vécu ça tous les jours de ma vie alors putain, faites preuve d’un peu d’originalité pour une fois.

Rendez-vous compte, une bonne fois pour toute, que c’est mon identité toute entière que vous tournez à la dérision. Vous faites de mon prénom, de mon nom, de ma famille, de notre histoire, de notre culture, une putain de blague. Ouais, j’ai un prénom original, mais il est beau et sa signification est belle et son origine est belle, et si vous ne le prononcez et ne vous y intéressez que pour vous en moquer, bah vous pouvez aller vous faire foutre. Ouais mon nom de famille est difficile à prononcer et à écrire, mais c’est le nom de ma famille, celui qui me rattache à mes racines et à mon histoire personnelle et culturelle, celui que portent tous les gens qui comptent le plus au monde pour moi. Il pourtant été synonyme de souffrance pour tous ceux qui l’ont porté - on nous l’a renvoyé à la gueule, on l’a prononcé avec dégoût et mépris, il a été craché, rejeté, moqué, et aujourd’hui j’aimerais le voir traité avec un peu plus de respect, le respect humain et basique qu’il mérite.

Si vous voulez vraiment vous démarquer de tous les “vrais” racistes, commencez par arrêter de faire les mêmes blagues qu’eux. Arrêtez de reprendre leurs termes pour vous en “moquer” - parce que c’est pas à eux que vous faites du mal, ils vous entendent pas et ils s’en branlent bien de vos moqueries, et nous on continue à trinquer. C’est pas parce que vous votez à gauche, que vous manifestez contre le FN et que vous mangez du couscous deux fois par an que vous pouvez vous permettre de prendre tout ça à la légère. C’est pas parce que vous avez conscience que ce que vous dites est révoltant que ça en devient marrant.

Apprenez à entendre et écouter ce qu’on vous dit, apprenez à regarder un peu plus loin que le bout de votre nez et à arrêter de voir cette forme d’humour comme un privilège dont vous ne pouvez pas vous passer.

Je suis coupable aussi, d’avoir laissé faire aussi longtemps, de vous avoir laissé croire que c’était pas grave et que vous pouviez vous permettre tout ça, d’avoir ri à vos blagues de peur de passer pour une relou et de pourrir l’ambiance. Mais c’est terminé, j’arrête, on arrête, on repart sur de nouvelles bases.

On repart de zéro, on oublie ce qui a été dit et fait avant, et à partir de maintenant on arrête les conneries, s’il vous plaît.

Mon identité n’est pas une blague.

[Edit : Puisque cet article est en train de tourner et de passer d'article de blog perso à manifeste public, je tiens quand même à rappeler que ce point de vue est le mien, ce ressenti est le mien, et je ne parle qu'en mon nom. Certain-e-s n'ont rien contre les propos et blagues dont je parle et les vivent parfaitement bien et c'est leur choix - je vous invite donc, par précaution, à dialoguer avec les gens et à les laisser vous dire ce qu'ils en pensent selon leur vision des choses et leur sensibilité, au lieu de décider à leur place.]

Mainz during the French Revolution (M. Gilli)

After the victory of Valmy, the Army of the Vosges, commanded by general Custine, took the offensive on the Rhine. Its march towards the Palatinate was carried out without difficulties because of the important support provided by the peasants. After the capture of Speyer and Worms, the prince-elector abandoned Mainz ; the city surrendered without difficulties and Custine entered it on 21 October 1792. This lack of resistance does not mean that the city was committed to the republican cause, and one did not encounter the same enthusiasm there as among the peasants of the Palatinate. The citizens of the city were indifferent and apathetic. Nonetheless, Custine was received by a certain number of enlightened citizens who were ready to help him. On 23 October a Society of the friends of liberty and equality was founded, created on the model of the Jacobin club in Paris. It counted 20 persons on the first day, 200 on the second and 400 to 500 afterwards. Doctors, teachers, jurists, scribes, students, academics, administrators, artisans and shopkeepers met there. The mission of the club consisted of spreading the Enlightenment and of helping reason to dominate. In order to win over the population, the clubistes sought for spectacular activities that were more or less appreciated: the planting of a liberty tree, festivals, balls, a livre noir (slavery) and a livre rouge (liberty-equality) where one invited the population to come in order to sign. The orators multiplied the speeches which were often of high quality (particularly those of Wedekind, Dorsch and Forster) and whose goal was to spread the ideas of the Declaration of the Rights of Man and to show all the advantages of changing the constitution. The press developed in an equally considerable manner, and an amateur theatre was founded which would play revolutionary dramas. Even during the siege of the city, it did not cease its performances. But the club had not always been equal to the height of its task due to numerous dissensions which manifested. The crisis of the club largely stemmed from the difficulties of the conditions that had been brought about by the policy of general Custine. Furthermore, the clubistes remained clumsy and, all things considered, quite far from the people. The errors which they committed often caused them to be hated, and the club was called Lumpenklub. It is due to this unpopularity and the divisions that the French commissioners decided to dissolve it in order to reconstitute it on 19 March 1793. But one cannot know, because of the siege which began, if this new society would have been more efficient.


The administrative transformations

In the beginning, Custine had the order to impose nothing and he summoned the corporations in order to ask them which constitution they desired. The latter wished to keep their institutions and came out, to the great consternation of all, in favour of a monarchical constitution that was to be limited by the States, whose members would be chosen within the bourgeoisie. Custine then established a provisional administration of nine members, with Dorsch being the president and Forster the vice president. The acts of the General Administration show that it almost exclusively had to deal with economical and practical questions: supply of provisions, lighting, deliveries to the French army, cleaning of the city, education etc… The administrators were equally concerned with the situation in the countryside, organising meetings. Their primary task was to prepare the elections. In December, Custine received new instructions: the generals had to introduce the institutions of the Revolution, have new authorities elected and abolish feudalism. Self-determination was no longer in question. The application of these instructions brought about important conflicts with the general administration.


The Rhenish-German Convention

It could be elected notwithstanding. It assembled for the first time on 17 March with 65 deputies. It then counted 130 members. Hofman was the president, Forster the vice president. The Noveau Journal de Mayence noted that this was the first time that the sun rose over a German popular assembly. On 18 March, a decree proclaimed that all lands between Bingen and Landau would henceforth form a single Freistaat and that the links with the empire would be terminated. Those who did not want to take an oath on the new State were expelled. Then, the problem of the fate of this State emerged. Forster was a partisan, from the beginning of the events onwards, of the rattachement to France, and he developed the argument of the natural border of the Rhine long before the French would think of using it. From 19 March onwards, the Conventionnels discussed this problem. There were two types of advanced arguments: first and foremost the security of the new State, but also the economy of the country which would flower again with a new regime. The decision was taken on 21 March and a delegation of three members was sent to Paris (G. Forster, A. Lux and A. Patocki) in order to request the incorporation of the free Rhenish people into France at the National Convention. On 30 March, the Convention promulgated a decree within which it accepted this freely expressed wish. On 31 March, the blockade of the city of Mainz began. The siege of the city was very hard and Custine was obliged to capitulate in July.


In spite of the difficulties and the indifference of the majority of the population, this ephemeral Republic represents more than a parenthesis in the history of Germany. For the first time since the Reformation, Germans were invested in political action ; for the first time, there were elections on German soil. Certainly, these nine months did not allow the realisation of veritable transformations, but one would rediscover the Jacobins of Mainz in the Cisrhenian movement and their children and grandchildren in the revolutionary movement of 1830 and 1848.

Keep reading

“L'homme est né pour mourir. Impossible de nier l'évidence. On se rattache à tout ce qui passe et on attend. On attend le dernier métro. On attend une paire de gros nibards dans une chambre d'hôtel, une nuit d'août à Las Vegas. On attend que les poules aient des dents. On attend que le soleil baise la lune. Et en attendant on se raccroche à n'importe quoi.”

(Auteur : Charles Bukowski
Livre : “Pulp”)

“La base du type aristocratique est d’abord toute spirituelle. On pourrait résumer l’essence de la vraie nature noble par cette formule : une supériorité raciale sur la vie devenue nature, elle domine et imprègne calmement la partie inférieure de l’être humain, se traduit par une dignité impérieuse, une force, une « ligne » et une maîtrise de soi, de sorte qu’elle donne naissance à un type humain dont le calme, la force intangible contraste avec celle du type « titanique », prométhéen et tellurique. Si l’antiquité attribuait symboliquement une origine « céleste », ouranique, à toutes les principales lignées porteuses de l’esprit aristocratique, c’est parce qu’elle voyait bien ce noyau « olympien » de l’essence aristocratique. L’ancienne conception du nous n’est pas l’ »esprit » des intellectuels modernes, mais, au contraire, l’élément surnaturel de l’homme, qui est à l’âme ce que le soleil est à la lune ; c’est la substance d’une virilité immatérielle, dont il a été dit que les dieux se la sont réservés pour eux,

L’idée raciale se rattache, dans ses significations les plus profondes et authentiques, à l’idée aristocratique.Les qualités « raciales » ont toujours été les qualités supérieures. Elles s’opposaient aux qualités de l’homme vulgaire, parce qu’elles étaient, dans une large mesure, essentielles, innées, liées à des significations supérieures. Pour clarifier ces significations, il est très important de distinguer divers aspects dans ce qu’est la race en général. Le premier aspect, c’est la race du corps ; le second, la race de l’âme ; le troisième, la race de l’esprit.”

Julius Evola

Pourquoi tu m'aimes ? Pourquoi est-ce que tu m'aimes encore après que je t'ai brisé ? À quoi tu te rattaches quand tu penses à moi maintenant ? J'ai été conne et j'ai brisée ce en quoi tu croyais, tes espoirs, tes attentes. Mais tu m'aimes toujours. Mais je ne te mérites pas, après le mal que je t'ai fait, comment pourrais-je me regarder dans un miroir d'abord mais surtout supporter ton regard sur moi ? Je t'ai brisée et c'est tout ce qu'il y a à dire mais en plus de te dire une nouvelle fois que je regrette je voudrais que tu saches que si on se relève de ça, si tu continues à vouloir de moi, j'aurais un profond respect envers toi et ta force mais surtout j'aurais peur de tes sentiments car je serais maintenant à quel point ils sont forts. À quel point ils sont forts par rapport aux miens qui se terrent dans un coin du monde. À quels points ils sont forts et comme ça peut être un danger comme une source de bonheur.
—  21:21
Ce texte part en couilles, un peu beaucoup comme ma vie.

Parce qu'au final ma mère avait raison t'sais quand elle disait qu'à partir du moment où le cordon est coupé on est seul, et pourtant tout le monde cherche à combler ça, tout le monde cherche son putain de cordon et à le rattacher à quelqu'un, c'est pas pour rien que le nombril est une cicatrice, c'est la première d'une longue lignée, alors comment on fait ? Parce que si se tripoter le nombril seul était une thérapie on le saurait depuis un moment. Putain j'ai le cerveau qui fume, je sais plus comment on réfléchit correctement, c'est juste un putain d'automatisme, je ressens plus et j'ai perdu toutes mes habitudes, je suis perdue alors que je commence à peine à me retrouver, c'est le bordel le plus complet et comment on échappe à ça ? On s'en remet ou pas, on le sait jamais vraiment, putain d'hasard. J'ai juste envie de hurler, y a rien qui sort.

Être de droite, non par conviction bon marché, pour des visées vulgaires, mais de tout son être, c’est céder à la puissance supérieure d’un souvenir, qui s’empare de l'être humain, et pas tant du citoyen, qui l’isole et l’ébranle au milieu des rapports modernes et éclairés où il mène son existence habituelle. Cette pénétration n’a pas besoin de la mascarade abominable et ridicule d’une imitation servile, ni qu’on aille fouiller la brocante de l’histoire du malheur. Il s’agit d’un acte de soulèvement autre : soulèvement contre la domination totalitaire du présent qui veut ravir à l’individu et extirper de son champ toute présence d’un passé inexpliqué, d’un devenir historique, d’un temps mythique. À la différence de l’imagination de gauche qui parodie l’histoire du Salut, l’imagination de droite ne se brosse pas le tableau d’un royaume à venir, elle n’a pas besoin d’utopie, mais elle cherche le rattachement à la longue durée, celle que rien n’ébranle, elle est selon son essence souvenir de ce qui gît au fond de nous, et dans cette mesure elle est une initiation religieuse ou protopolitique. Elle est toujours et existentiellement une imagination de la Perte et non de la Promesse (terrestre). C’est donc une imagination de poète, depuis Homère jusqu’à Hölderlin
—  Botho Strauss  “Le soulèvement contre le monde secondaire”

Pour La plupart très jeunes, ces garçons furent des contestataires
et refusèrent ·en bloc le monde que leurs cadets veulent détruire aujourd'hui.
Pourtant, toute similitude apparaît vite trompeuse : il y a loin de Nietzsche à Marcuse. Ces “soldats perdus” ne peuvent se rattacher à aucune tradition. Ils furent parfois cocardiers. au sein d'une armée internationale et souvent ingénus au cœur d'un système totalitaire.

Jean Mabire, La Brigade Frankreich

Quand on tombe amoureux c'est incroyable le nombre de choses qui nous rattache à cette personne. Quoi que tu fasses tu pensera à elle, c'est juste magique, et chiant..

“Les appels d'un enfant ou d'un coq apportés de la plaine par le vent, le vol plané d'un épervier, le tintement d'un marteau qui là-bas redresse une faucille, le bruissement de l'air animent seuls cette immensité de silence et de douceur. Ce sont de paisibles journées faites pour endormir les plus dures blessures. Cet horizon où les formes ont peu de diversité nous ramène sur nous-mêmes en nous rattachant à la suite de nos ancêtres. Les souvenirs d'un illustre passé, les grandes couleurs fortes et simples du paysage, ses routes qui s'enfuient composent une mélodie qui nous remplit d'une longue émotion mystique. Notre cœur périssable, notre imagination si mouvante s'attachent à ce coteau d'éternité. Nos sentiments y rejoignent ceux de nos prédécesseurs, s'en accroissent et croient y trouver une sorte de perpétuité.”

La colline inspirée, Maurice Barrès

j’en ai marre de ces putains de psychopathes massacreurs qui se cachent derrière la religion pour perpétrer des crimes atroces et entraîner dans leur chute plus d’un milliard de musulmans qui n’ont rient demandé à personnes et qui doivent vivre marginalisés et diabolisés. chaque nouvelle attaque est une nouvelle occasion pour certains de nous lapider dans les médias, de nous transformer en cible pour les racistes, de nous persécuter dans les écoles, dans les lieux de travail, dans la rue, etc. chaque nouvelle attaque est un nouveau clou qui s’enfonce et un nouvel amalgame qui se fait et un nouveau truc qui nous explose à la gueule. même en condamnant ces attaques on reste perdant parce qu’au final on est tous des “sales bougnouls de merde qui égorgent des moutons et des gens en hurlant allahu akbar”. j’en ai marre de voir l’étau se resserrer et nos libertés se limiter et nos chances de vivre normalement et sans qu’on nous rattache des préjugés s’amenuiser. 

J’veux pas que chaque fois que je te parle mes mots se perdent. J’veux que tu m’écoutes. Que tu m’écoutes bien. Je veux plus que tu fasses semblant de pas m’entendre. Parce que toutes ces choses que je t’ai dites ce sont pas des mensonges. Ce sont pas que des mots. Et j’m’en fous si ça fait cliché parce que j’explique pas ce qui me rattache à toi et j’ai pas envie de le perdre. Pas envie de te perdre. 

DISPARAÎTRE

Verbe intransitif.

[dispaʀ ε:tʀ ̥]

Matin. Petit déjeuner terminé. À mesure que je débarrasse les dommages collatéraux d’un festin fruit/ céréales/ laitage/ breuvage, mes pensées s’échappent vers l’étape suivante: m’habiller. Je choisi mon chino camel en même temps que j’emplis mon lave vaisselle du bol et de sa petite cuillère. J’opte pour mes tennis en daim au moment de transférer les dernières miettes depuis le bord de la table jusqu’à ma main ouverte mais incurvée en guise de récipient, aidé d’une éponge en fin de vie. J’appelle “en fin de vie” ce moment où je suis pris de la sensation qu’elle salit plus qu’elle ne nettoie ce avec quoi elle entre en contact. Pour le haut, j’hésite.

Ce flottement dans ma sélection vestimentaire impacte directement sur ma productivité ménagère matinale. Je reste planté là. Je me rattache au programme du jour pour me risquer à dénouer le dilemme. Rien de particulier. Tentative avortée. Quoique. Un déjeuner. Philippe, 13 heures, restaurant fusion cambodgien/ italien du dixième arrondissement. Philippe est graphiste, il travaille pour une chaîne de magasins de vêtements espagnole. Aux caisses. La pression vestimentaire est somme toute relative. Je me dirige, détendu, vers la poubelle. Cette direction me projette dans l’éventualité d’une rencontre fortuite. J’évacue les débris dans le sac. Contrarié. 

Aujourd’hui vous entrez au restaurant comme vous entrez en club. À la différence que le risque n’est pas tant de se faire “refouler” mais de se sentir en décalage avec son environnement immédiat. Evocation bien pire, car le mal, plutôt que de durer une minute, demeure tout au long de votre présence dans ledit lieu impliquant une digestion difficile, une humeur exécrable, et une remise en question absolue de votre place sur terre, voir de l’existence même de cette planète. Pression. Le restaurant sert une clientèle cosmopolite, plutôt CSP +. Je vais revoir mes ambitions à la hausse. Le jeu consistera à trouver l’équilibre parfait entre “vraiment” soigné et “faussement” décontracté plutôt que l’inverse. Piège. Chaussures vernies, bouts ronds. Pull cent-pour-cent cachemire, détails brodés, couleur unie. Je mets au placard les céréales et mes doutes. Je serai à l’aise. Je serai. 

J’appartiens. Pour exister il est préalablement nécessaire d’appartenir. Je veux appartenir à la clientèle de ce restaurant et à Philippe ce midi. Pour appartenir, il faut paraître. On ne peut être sans paraître. Il ne s’agit pas là d’une dictature de la mode ou de quelques velléités communautaires, c’est la langue française qui nous l’interdit. Aussi en décidant de ne plus paraître,  je dois accepter de disparaître, donc de ne plus être. Il manque à cette langue française une liberté, un verbe. Celle de pouvoir “dissêtre” ou “dissexister” et, subséquemment, rendre sa vraie mesure au fait de disparaître. L’homme n’est capable que de ce qu’il peut formuler. En lui permettant d’être sans paraître mais sans disparaître, on l’autorise enfin à exister par lui même. Et si l’on cherche à se persuader aujourd’hui du caractère individualiste de notre société, il faudra tout de même noter que le rattachement communautaire n’a jamais été si fort, si pointu, si revendiqué. En voici la raison. Notre ordre social, un ordre vocabulaire. J’éteins la cafetière. 

Disparaissez, et vous terminerez en photo sur ma brique de lait, au petit déjeuner, pendant que je pencherai pour les chaussettes vertes afin d’exister.

Trop c'est trop

Je hais que l'on me dise quoi faire.

Je suis féministe. Et quand je dis que je suis féministe, je veut dire que mon genre n'a strictement rien à voir avec mes libertés. Cette position de féministe fait qu'il n'y a trois trucs que je ne supporte pas:

Les gars qui me donnent des ordres sous prétexte que je suis une fille.
Les filles qui me donnent des ordres sous le prêtexte que je suis une fille
Les gens qui me donnent des ordres sous le prêtexte que je suis une fille.

Donc breaking news pour ceux qui en sont à m'expliquer qu'il faut que j'écrive mieux, que mon rire n'est pas sexy ou qu'ils faut que je prenne soin de moi: c'est pas à vous que je pense le matin en me fringuant. Parce qu'on ne peut pas penser à quelqu'un qu'on ne connaît pas. Ors il y a peu de chance pour que vous soyez dans mon entourage à la base, ou alors j'ai encore fais une grosse erreur de jugement. Mais dans ce cas ne vous inquiétez pas. Je vais réparer cela et pas plus tard que tout de suite.

Et maintenant à ces demoiselles m'expliquant que je ne dois pas céder a ces obligations d'être jolie et sexy: meuf ! On a déjà environ 50% de la planète qui se permet de nous faire chier sur notre look ! T'y mets pas aussi ! Laisse moi le choix ! Vous êtes aussi chiantes que les mecs sexistes et les filles qui sont d'accord avec eux.

J'ai pas envie de suivre vos schémas, les gens. Aucun des deux me donnent envie. Donc ça sert à rien de me culpabiliser en me disant que je suis une paresseuse qui se la joue, ou une abrutie tombée dans le système. Ça me donne pas plus envie se vous ressembler. J'ai pas envie de me rattacher à des gens qui tiennent des discours aussi insultants.

Donc je vais continuer à me maquiller. Que les yeux parce que le reste ça me gonfle. Je vais continuer à porter des talons de quatres centimètres. Ces talon qui ont vraiment besoin d'être cirés et qui calment les mecs qui se sont pris pour un copain potentiel. Et je vais continuer à me faire les ongles (et part là j'entends coller plein de couleurs dessus. J'ai entendu dire que y avait d'autres trucs qui rentraient en compte, mais je m'en fou en faite).

Alors ouais, ya des gens qui pensent que j'en fais trop, d'autre qui pensent que c'est clairement pas assez. Moi je prends tout les conseils. Parce que un conseil implique que dans tout les cas le dernier mot me revient. Mais pour le reste je vais vous en apprendre une bonne: votre comportement est insultant, culpabilisant et donc très mal venu. Vous ne possèdez ni la clé du bon goût ni celle de la liberté. Moi non plus. Je possède juste la clé de mon comfort. Elle consiste à avoir le look qui me tente là, maintenant, tout de suite, dans les limites posées par la loi.

Alors considerez moi comme une mal propre. Voyez moi comme une gourde, mais pas la peine de le partager avec moi. Parce que au moins je suis libre des clichés et de leur contraires.

L’après- attentats : appréhender la situation.

Je me permets de faire un post explicatif sur la situation géopolitique de la France car j’ai le sentiment que tout le monde s’éparpille et a du mal à voir plus loin que la douleur ou la naïveté. Là n’est pas question de sermonner, mais d’apporter des éléments de réflexion à une situation qui paraît confuse. Ce post constitue une opinion tout à fait personnelle, à l’opposé du savoir universel et j’aimerais que vous la compreniez comme telle. Awesomefrench est un blog personnel, je vous prie de laisser les querelles de voisinage sur le perron. 

48h après les attentats, on nous annonce un bombardement massif de Raqqa, haut-lieu du pouvoir de Daesh, en guise de représailles. Bien fait pour certains, qui pensent qu’il faut se venger; horreur pour d’autres, qui pensent aux populations civiles. 

Tout d’abord, il faut comprendre le type de frappes qu’a décidé d’effectuer le gouvernement français. On ne frappe pas au hasard : camps d’entrainement, centres pétroliers… Il est question de porter un coup majeur au fonctionnement de cette organisation terroriste. Des camps d’entrainement, pour prévenir la formation d’une nouvelle vague de kamikazes, et des centres pétroliers pour l’empêcher de s’enrichir et de posséder une puissance économique certaine. Il ne s’agit pas d’écoles, d’hôpitaux, de magasins. La “vie quotidienne” n’est pas ciblée, c’est l’organe intime de l’organisation qui est visé actuellement, et lui uniquement. Jusqu’à présent, les diverses opérations internationales visaient à stopper la conquête de nouveaux territoires et donc prévenir la prise de nouveaux capitaux… et aussi de nouvelles victimes. 

Les populations civiles locales ne vivent pas paisiblement leur vie dans l’espoir d’un recul de Daesh. Elles vivent sous la terreur de l’organisation : décimées, persécutées, exploitées, pillées… La terreur ne se situe pas uniquement dans les bombardements, elle se vautre dans la torture, les meurtres, la barbarie de l’oppresseur d’une manière générale. 
Les populations civiles n’émigrent pas par peur de la mort. Le chemin vers l’Occident est long et tout aussi mortel : ils se font tirer comme des lapins par Daesh et leurs soutiens, sont volés et abusés en “échange” d’une place sur un bateau précaire, sur lequel ils ont toutes les chances de mourir, pour rejoindre un hypothétique pays où ils savent pertinemment qu’ils seront persécutés aussi. Ce qui… 

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