rappeure

Parce qu'ils savent qu'on fait partie d'cette jeunesse qui ne veulent pas d'c'qu'ils nous proposent
Ça veut dire qu'on veut rien ? Non on veut l'monde mais pas le leur
Tu dis qu'c'est la seule voie mais r'garde même toi t'es pas heureux
J'te parle d'ma jeunesse qui veut vivre, qui attend qu'les structures cassent
Qui a déçu ses parents qui la voyaient d'jà futur cadre
Alors qu'aucun d'nous rêvait d'ça, la pression sociale nous y oblige
Dépression au taf, même la routine bousille nos vies.
—  So clock - jeunesse 
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les rappeurs français, ça fait des années qu’ils sont woke sur les Rohingyas

premier et deuxième gifs: Abdallah - 1435 (2014)

troisième, quatrième et cinquième gifs: Enfant du destin (Nour) - Médine (2017)
paroles (à écouter en entier, promis) 

sixième gif: Kery James - Dernier MC (2012)

septième gif: El Matador - Polémiquement Incorrect 2 (2015)

huitième gif: Kohndo Ft. Nekfeu - Faut qu'je tienne (2016)

A Medical Emergency Pt.2

Howdy friends! It’s wee bairn Marlo, coming to you live from a family holiday to Montreal. So many of you asked for a second part to my prompt surrounding doctor Claire and patient Jamie, which I have since dubbed A Medical Emergency (which you can read here). And, considering how angsty the last few TSS fics have been (blame Kaitlyn and Mikayla), I figured it was time to deliver some fluff for your amusement!

As always, a major thank you to my Kilt Kult buddies and fellow TSS mods for keeping me on track and reassuring me that my writing isn’t trash. Also, I owe all of you a major shout out as well, as I would never have written this fic without your overwhelming positive response. So, thank you thank you thank you from the very bottom of my heart!

Enjoy!


It was two weeks before Claire could stomach facing Jamie again. The surgery had been a success, and Claire had meticulously mended the shattered bones of Jamie’s hand. She hadn’t counted on the infection that set in, keeping him bedridden and feverish for nearly a week. Claire couldn’t help but feel responsible.

“It happens all the time LJ. I wouldn’t worry about it.” said Joe Abernathy, Claire’s fellow doctor and hospital confidante. She knew that there was nothing she could have done, that infections happen and it was out of her control, but the thought of seeing Jamie in more pain, with even the smallest chance of it being by her hand, was too much to bear. She didn’t know what is was about this Scot: his bull-headedness, the way his nose crinkled when he smiled at her as she was wheeling him into surgery, or how peaceful and innocent he looked under anesthesia, the softness of his face making him look like a child. Whatever it was, Claire found herself experiencing feelings she had never felt before, and it left her simultaneously terrified and exhilarated.

It was a Tuesday afternoon, and Claire had just finished a run of the mill appendectomy. Granted with a brief reprieve, she quickly cleaned herself off before heading to the on-call room, eager to take a quick rest before her pager summoned her again. Unfortunately, she found herself having to cross through the recovery wing, where Jamie lay behind the closed door of room 263. Claire had continued to follow his case, coercing nurses into providing valuable intel on his condition and moral.

“Yes, he is eating.”

“No. He doesn’t have a fever.”

“If you’re so interested Doctor, why don’t you go ask him yourself?”

Still, Claire refused to step foot in that room. The nagging guilt in her stomach surrounding his prolonged hospitalization, coupled with the more puzzling stirrings deep in the pit of her stomach, wouldn’t allow her to walk down the white tile hall leading up to his room. Unfortunately, she currently had no other option.

Keep reading

J'te parle de ma jeunesse qui se démène, ma jeunesse qui se démerde
La jeunesse qui peut saigner mais la jeunesse qui veut régner
Celle qu'on peut pas endormir, qu'écoute pas les codes des doyens
Celle qui f'ra tout pour s'en sortir par ses propres moyens
J'te parle ici d'la jeunesse comme toi et moi
Qui garde tous les sacrifices de ses ancêtres dans sa mémoire
Celle qui continue d'combattre le système, pour tout ceux qui sont tombés sour l'horreur
Pour l'honneur de tout ceux qu'ils ont plombés
Celle qui tend la main aux démunis
Mais celle qui veut être unique, mais qui sait qu'on peut résister si on reste unis
Qu'a des valeurs d'entraides, qui sait où les malheurs entraînent
Qui force les portes du succès même quand c'est pas l'heure d'entrer
—  so clock -  jeunesse
“Vous pouvez citer quelques pharaons ?” “Ben y a Ramsès II, Toutânkhamon...” “Madame, Madame ! Akhenaton !” “Ah tu connais Akhenaton ?” “Ben oui m’dame, c’est un rappeur !””Ah oui c’est vrai. D’ailleurs dans le groupe IAM, les membres ont tous choisi pour pseudonyme le nom d’un pharaon : Akhenaton, Kheops, Khephren... Oui ?” “Mais m’dame, Booba, c’était un pharaon ou pas ?”

(Dédicace à A. )

Nekfeu : Prométhée et le don du ‘Feu’


Je découvre Nekfeu au début de l’année 2012, sans doute lors d’un après-midi de Février ou de Mars. Ce jour-là, exclu de mon lycée et, comme tout bon branleur, je cherchais à combler l’ennui en me perdant sur YouTube.

Bref.

De fil en aiguille, je tombe sur un clip: ‘Monsieur Sable’, un morceau élaboré par deux rappeurs (qui me sont) inconnus. La vidéo commence… Un bruit assourdissant… Celui des roues d’un skate qui gratte l’asphalte… Un gringalet qui remonte une pente, assis sur ce même skate, accompagné par des potes qui marchent à reculons… D’accord. C’est du montage, on effectue un retour vers le passé. Puis, silence. Carton. Et là… Là… j’entends le sample, le fameux ‘pom pom pom pom pom’, extrait de ‘Mister Sandman’ de The Chordettes. Je suis séduit. La production me semble brillante. Et je suis bien plus ébahi encore par l’aisance que ces types ont à magner les mots. Particulièrement le p’tit gringalet blanc à l’air arrogant.

On est si impressionnable quand on a 15 ans.

Trois ans plus tard. Nous sommes en juin. Le gringalet est devenu une des figures de proue du rap indépendant français. Lui qui évoluait dans quatre groupes différents - le S-Crew, initialement; puis P.O.S, rebaptisé ensuite 1995; L’Entourage, un collectif qui réunit différents artistes (mais surtout des rappeurs); et 5 Majeur, un crew de MCs issus des quatre coins de la France - se décide enfin à sortir son album solo ! Grande était la hype ! Ouais, parce qu’à la base, ce type est quand même le mec le plus populaire des groupes dans lesquels il apparait. Les groupies ne juraient que par sa p’tite tête de grec et les jeunes boutonneux, pas forcement habitués à écouter du rap, s’identifiaient à son attitude, plus sobre que celle des rappeurs mainstream, souvent jugés bien trop extravagants.

Je dois dire que j’attendais son album avec impatience. Pourtant, Nek’ avait bien fini par me blaser, je trouvais sa popularité injustifiée et ses pirouettes techniques ne m’impressionnaient plus. Il me fallait quelque chose en plus… Je voulais des paroles sensées, pas des amoncellements de rimes multi-syllabiques. Toutefois, je me suis ravisé.

Grâce un album.

En 2013, 5 Majeur sort son deuxième projet, intitulé ‘Variation’. La progression, déjà perceptible sur ‘Paris Sud Minute’, est désormais indéniable. Nekfeu joue déjà avec la rythmique, il accélère puis marque des temps de pause. Il s’adaptait aux productions, maintenant il se les appropries. Sa maitrise du storytelling est bien moins maladroite. Nekfeu évolue et ça se confirme ! Les quatre crew qu’il représente, aux influences et aux styles bien différents, lui auront appris à s’adapter. Le Nek’ qu’on retrouve chez 1995 (aux inspirations très éclectiques) est ainsi différent de celui du S-Crew (plutôt proche du ‘rap de la rue’ ; Scred Connexion, 113, la Mafia K’1 Fry…) qui est aussi différent de celui de 5 Majeur (souvent boom bap et toujours dans la démonstration technique) ou encore de celui de L’Entourage (là aussi, aux influences très variées) !

Le 8 juin arrive. ‘Feu’, le premier album de l’artiste originaire de Nice (representin’), sort.

Un bruit de fond ambiant, quelques notes au piano… L’atmosphère est similaire à celle d’un film d’horreur des 70s… La voix de Ken se fait entendre. Différentes références à différents animes… à un jeu vidéo aussi… Puis, l’explosion !

Une détonation artistique !

Les productions sont variées - ce qui s’explique par le nombre de producteurs différents - et flirtent avec des genres jusque là rarement abordés dans le rap français, tels que la Dream Pop. Ainsi, le morceau ‘Rêve d’avoir des rêves’ dévoile l’intérêt que Nekfeu porte au groupe britannique The XX et on notera aussi ‘Reuf’, en featuring avec Ed Sheeran, qui prend des accents de Synthpop moderne et festive, finalement rompue dans une outro en Chopped and Screwed. Des influences trap sont perceptibles dans des titres comme ‘Martin Eden’, ‘Tempête’ ou encore ‘Laisse Aller (de manière assez similaire chez Drake aussi, notamment dans sa dernière mixtape).

Mais…!

Que les pseudo-puristes se calment, l’influence old school est toutefois toujours présente sur le beat, comme dans le track ‘Point d’interrogation’ - en featuring avec Alpha Wann, véritable florilège technique, les rimes s’entrecroisent, les phases sont pertinentes - ou encore dans ‘Princesse’ qui permet au MC de placer un shout out au Doc.

La forme s’emboite finalement avec le fond, l’un repose sur l’autre, dans une harmonie dialectique. Nekfeu s’inspire de Kendrick Lamar, Drake et Eminem pour ajouter une véritable musicalité à son flow. Sa voix est tantôt grave tantôt nasale, elle s’étire lors des ego-trips (’Égérie’, ‘Martin Eden’) puis devient saccadée et part dans les aiguës lorsqu’il accélère son débit (’Nique les clones pt. II’). L’aspect rythmique, sur lequel il se concentre plus intensément depuis ‘Variations’, est maîtrisé comme jamais auparavant, chaque syllabe, chaque accent est pensé pour coller à la structure de l’instru’, le Fennek recherche la symétrie sonore. Ses phases sont travaillées avec intelligence. Les jeux de mot se multiplient, tout comme les mesures polysémiques qui, nécessitent pour certaines, plusieurs écoutes avant d’être pleinement comprises. L’écriture de cet album est le fruit d’une réflexion poussée (certaines bribes de texte remontent à quelques années en arrière et ont été repensées depuis) où l’argot se mêle au langage soutenu (’Être Humain’, ‘Martin Éden’) où le rap prend même des accents rimbaldiens (’Des astres’).

Cependant, la cohérence et l’unité se trouvent bien plus dans l’aspect thématique de l’œuvre. Ken Samaras est en plein cheminement existentiel, perdu dans ses propres contradictions. Perdu entre Nekfeu, le rappeur réfléchis, souvent pessimiste, et Nek Le Fennek, celui qui prend le dessus lors des egotrips, l’insolent, l’impertinent. Perdu entre des relations futiles, celles qui ne sont stimulées que par le désir, par les pulsions, et l’intérêt qu’il porte aux filles un peu paumées (celles de ‘Elle en avait Envie’, ‘Princesse’ ou ‘Risibles Amours’) et à certaines conquêtes qu’il ne peut oublier (‘Des astres’). Perdu entre le sentiment de révolte qui s’empare de lui lorsqu’il parle des institutions comme l’Éducation Nationale (’Nique les clones pt. II’) et le pessimisme qu’il exprime lorsqu’il décrit des destins en perdition (’Tempête’, ‘Elle en avait envie’). L’album est ainsi jonché d’oppositions, d’antithèses, de dissonances. Comme le souligne l’intéressé, son rap est une conversation.

‘Feu’ est une œuvre introspective mais sa portée est universelle. Nekfeu se cherche, se questionne, tente de trouver en lui les fils conducteurs avant de comprendre, finalement, que ‘les seules vraies réponses sont des questions’.

Cette seule maxime pourrait résumer l’idée exprimée par cette album. L’existence est une perpétuelle confusion, un amas de contradictions, mais plutôt que de chercher à expliquer la réalité, ne serait-il pas préférable de l’appréhender en la questionnant ? Ces mêmes questions ne permettent-elles pas d’obtenir un semblant de compréhension, d’élever les consciences ?

Bon, je m’arrête là, ça commence à partir en couilles, façon devoir de philo’.