rancho's

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POST-SCRIPTUM 514

THE DESERT SESSIONS

VOLUMES 1 & 2

Man’s Ruin Records (1998)

Le Rancho de la Luna pourrait être le nom d’un de ces endroits étranges qui hantent les films de David Lynch, boîtes de nuit surgies du milieu de nulle part et résonnant de musiques lourdes et hypnotiques. Dans la réalité, le Rancho de la Luna est une vielle ferme délabrée, située en plein désert californien, et transformée en studio d’enregistrement dont Josh Homme fera son repaire et sa cour de recréation à partir de 1997 pour ses légendaires Desert Sessions. En outre, cet antre abritera l’enregistrement du premier EP de Nebula, celui de Kyuss sur lequel est repris « Into The Void » de Black Sabbath, comme ceux de certains des disques de Masters Of Reality ou Mark Lanegan. Quand Kyuss arrive à terme en 1995, Josh Homme prend d’abord une année sabbatique en emménageant à Seattle, avant de se retrouver sur scène derrière Screaming Trees pendant la tournée itinérante Lollapalooza, en 1996. Mais Josh Homme s’ennuie… Lui vient alors l’idée de réunir une bande de copains musiciens (souvent les mêmes), et de faire la fête comme au bon vieux temps, en faisant de la musique sans aucune restriction ni obligation de résultat, les enregistrements – effectués en direct – n’étant au départ pas destinés à être publiés : en somme, il s’agit d’une sorte de thérapie pour musiciens se laissant aller à délirer au gré de leurs envies, à expérimenter et à s’amuser. Bâti autour de Josh Homme et de ses compères de Kyuss (Brant Bjork, Alfredo Hernandez, Nick Oliveri), mais aussi de musiciens de Soungarden, Monster Magnet, Goatsnake, Earthlings ou Masters Of Reality, ce qui n’était à l’origine qu’un défoulement collectif finit par devenir une sorte de séminaire annuel réunissant des invités différents ayant pour objectif la réalisation d’un album sur une semaine. Entre 1997 et 2003, dix volumes verront ainsi le jour, et l’on retrouvera même la chanteuse PJ Harvey sur l’un d’eux. A chaque fois, et plus encore sur ces deux premiers volumes figurant parmi les meilleurs, le résultat possède tout du fourre-tout joyeusement bordélique fidèle au concept initial consistant à tenter des choses sans se prendre la tête. Ici principalement instrumentale, la musique mélange des choses bizarres et pas forcément répertoriées, telle la country psychédélique de « Monkey In The Middle ». Bien qu’inégales, les Desert Sessions demeurent une référence pour qui s’intéresse de près au stoner.