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Je sais que tu me détestes.  Je le vois, chaque jour, chaque minute, chaque seconde. Je sais que je t’ai fait de la peine. Je sais tout ça. Je souhaite tellement pouvoir tout t’expliquer et qu’on puisse en discuter calmement. Mais ça n’arrivera jamais puisque tu l’as dit toi-même, je suis une chienne à tes yeux. C’est fou comment je peux être la plus belle fille sur la Terre une journée, et que tu m’envoies chier le lendemain… Mais c’est de ma faute tout ça.
Alors, je vais écrire, comme je le fais tout le temps. Tu ne verras probablement jamais ce texte, mais ça va m’aider à sortir ce que j’ai à dire et je pourrai passer à autre chose.
Pour commencer, si nous étions ensemble en ce moment en train de prendre un café pour s’expliquer, la première chose que je te dirais serait que je suis désolée. Sincèrement. Je sais que ce ne sont que des excuses. Je sais que tu t’en fous, que tu ne m’aimes plus à cause de tout ce que je t’ai fait. Mais je suis tout de même désolée. La moindre des choses serait d’accepter ces excuses.
Ensuite, je t’expliquerais mes raisons de pourquoi je suis partie sans prévenir. Je savais au fond qu’avec toi, je ne serais pas heureuse. Car depuis toujours, je suis plus amoureuse de mes souvenirs avec toi et de mes sentiments pour toi, que de toi en tant que tel. C’est pour cela que quand je t’ai eu et que tu me disais que tu m’aimais après tant de temps à essayer de te conquérir, j’ai réalisé qu’être avec toi n’était pas nécessairement ce que je souhaitais. Je t’ai donc repoussé de manière très méchante, je l’avoue.
Une autre de mes raisons… c’était lui. « Il » était encore dans mon cœur. Mes sentiments étaient encore présents. Tu n’avais pas le droit de venir chambouler notre couple ainsi. Tu n’avais pas le droit de venir me dire que tu m’aimais au moment que je te disais que ça allait mal avec « lui ». Si tu avais fermé ta gueule, rien de cela ne se serait passé, j’aurais secrètement continué à penser à toi en étant avec « lui », et nous serions restés amis. Ça, c’est la partie qui est de ta faute.
La partie que c’est de ma faute, c’est mon indécision. « Lui » ou toi? Lequel choisir? L’un est attentionné, l’autre se prend moins au sérieux. L’un est plus studieux, l’autre s’en fout plus ou moins. Tant de différences et pourtant tant de ressemblances. Étant donné que mes sentiments étaient présents pour les deux, j’ai dû choisir lui qui ne m’avait jamais abandonnée, lui qui avait toujours été là pour moi depuis le début, lui qui me connaissait mieux que quiconque, lui qui savait comment m’aimer. Et ce n’était pas toi.
On va se l’avouer, tu n’avais jamais su m’aimer comme il faut. Oui, « je t’ai brisé le cœur quand nous avions douze ans et tu as eu de la peine donc tu m’as ignoré durant les trois dernières années ». C’est ce que tu dis. Je ne le crois pas. C’est comme toi qui préfère croire que je suis partie parce qu’au fond, je jouais la comédie et que je n’avais aucun sentiment pour toi. C’est plus facile de me détester ainsi. Eh bien moi, je crois que tu as inventé tout cela car c’est plus facile aussi de te détester quand je me dis cela.
Trois ans. De mes douze ans à mes quinze ans, tu faisais semblant de ne plus m’aimer quand au fond, oui, si je crois tes belles paroles.
Le nombre de nuits que j’ai passées à pleurer à cause de toi. Le nombre de matins que je me suis réveillée les larmes aux yeux car je venais de rêver à toi qui me disait que tu ne voulais pas de moi. Le nombre de journées que j’ai passées à te regarder sourire, rire avec d’autre filles et leur dire qu’elles étaient belles, les chatouiller, les coller. Le nombre de filles avec qui tu es sortie, que ce soit une relation de deux semaines ou de deux mois. Le nombre de petites choses inutiles qui me faisaient penser à toi chaque jour de ma vie et que je devais garder pour moi parce que je gossais trop mes amies avec mon amour intense pour toi. Le nombre de chansons qui me font penser à la peine que tu m’as fait. Le nombre de mensonges que tu m’as dit pour juste me garder en « back-up », au cas où ça ne marcherait pas avec n’importe quelle autre fille. Pendant trois ans, tu me disais que tu m’aimais, mais que tu ne voulais pas de quelqu’un dans ta vie ou que tu n’aimais pas assez pour être avec moi. Le nombre de faux espoirs que je me suis fait à cause de ces paroles. Je voyais tout cela aller. Après, tu oses dire que je t’ai fait des faux espoirs, que j’ai brisé ton cœur? Rappelle-toi toutes ces choses. Rappelle-toi ce que tu me faisais croire. Rappelle-toi toutes les conneries que tu m’as dit, tous les câlins que tu me donnais et qui me mettaient tout à l’envers et qu’au fond, je souhaitais seulement que je sois la seule à qui tu donnes ces câlins. J’ai tellement souffert à cause de toi. Je le réalise aujourd’hui. Ma vie dépendait littéralement de toi. Je savais quasiment ton horaire de cours pour pouvoir « accidentellement » te croiser dans les corridors et que tu me parles. Quand tu ne venais pas me voir, j’étais triste pour le reste de la journée intérieurement.  Quand nous avions un cours ensemble, je te regardais de loin et écrivait des phrases quétaines qui me faisaient penser à toi dans mon agenda. Ce n’était même pas une vie. J’aurais pu faire n’importe quoi pour toi. Honnêtement n’importe quoi. Je t’aimais tellement. Comme tu me disais que tu m’aimais tellement que ça te faisait peur il y a quelques mois. Désolé, tu étais quelques années en retard.
Et ta raison pour me faire souffrir ainsi? Je t’ai brisé le cœur à douze ans quand j’ai cassé avec toi après deux semaines. J’étais jeune, merde! Je ne savais pas ce que je faisais! À douze ans, tu ne veux pas d’une relation sérieuse! Je ne savais pas que tu me gâcherais la vie les trois prochaines années! Si j’avais su, je serais resté avec toi!
Tout ça pour dire que tu n’as tout simplement pas le droit de jouer la victime dans cette histoire. Je ne suis pas la méchante, et toi non plus. Nous sommes deux gentils qui ont VRAIMENT mal contrôlé nos sentiments et que tout s’est passé de travers.
Mais tu n’as pas le droit d’aller me traiter de chienne, ou d’aller dire à quiconque veut l’entendre à quel point ton petit cœur est brisé par ma faute. Oui, il y a quelques années, je t’ai traité de noms. Mais jamais je ne suis allé parlé à ton dos à tous ceux que ça intéressait pour nuire à ta réputation.

Pour finir, quand on se serait engueulé pendant de longues minutes et que nos cafés seraient devenus froids, malgré que je viens de me souvenir que tu n’aimes pas le café, je me serais calmée. Et je t’aurais dit que je veux faire la paix avec notre passé. Que je veux pouvoir te parler sans qu’on se souvienne toute notre histoire, qu’on soit des amis comme on l’a toujours été.  Qu’on puisse des fois se donner des nouvelles après notre adolescence, voir comment l’autre va. Car après tout, je crois que c’est la même chose pour nous deux, nous avons marqué l’adolescence de l’autre.
Tant de pleurs, tant de rires, tant d’histoire. Dommage que cette discussion n’arrivera jamais. Dommage qu’après tout cela, ça se soit finit là.
Mais oui… il ne reste plus qu’à officiellement accepter et tourner la page.

—  justedesmauxdecoeur