portail

Il est vrai qu’il n’y a pas assez de beauté dans le monde.
Il est vrai aussi qu’il n’est pas de ma compétence de lui en redonner.
(…)

Je suis
au travail, bien que silencieuse.

La fade

misère du monde
nous serre de chaque côté, comme une allée

bordée d’arbres ; nous sommes

ensemble ici, sans parler,
chacun dans ses pensées ;

derrière les arbres le fer forgé
des portails de maisons privées,
pièces aux volets fermés,

l’air désert, abandonné,

comme si l’artiste avait
le devoir de créer
de l’espoir, mais avec quoi ? avec quoi ?

le mot lui-même,
faux, un artifice pour réfuter
la perception – À l’intersection,

les lumières ornementales de la saison.

J’étais jeune alors. Voyageant
en métro avec mon petit livre
comme pour me défendre

contre ce même monde :

tu n’es pas seule,
disait le poème,
dans le sombre tunnel.

—  Louise GlückIl

Ce monde me désole tellement qu'il me semble que la lourdeur qu'il engendre chez moi n'a pour but que de provoquer un effondrement local de l'espace temps sur lui-même et produire un portail vers une autre dimension. Si c'est le cas, je vous fais signe ? Je crois que je ne suis pas le seul à vouloir get the fuck outta here.

2

Le Ciel de la réalité est gris le jour, noir la nuit. Seule la lune, astre léger, semble flotter au dessus de l’oppression, semble danser avec les étoiles. Une d’entre elle est unique, une d’entre elle est particulière. C’est une porte, un portail, l’adresse vers un monde merveilleux, un monde meilleur. L’adresse de Peter Pan, royaume des enfants immortels.